Migrant·es : face au virus, l’État doit faire plus !

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À l’heure où la France vit un épisode épidémique sans précédent, nous sommes furieux·ses que les pouvoirs publics et leurs affidé·es démontrent une nouvelle fois leur incompétence dans la prise en charge des publics précaires et des migrant·es en particulier. Un bref rappel de leurs manquements s’impose :

La rue : qu'est il prévu pour que les populations à la rue puissent s’alimenter? si Les Restos du Cœur et les maraudeurs solidaires (coucou L' Assiette Migrante, Solidarité migrants Wilson, Les Midis du Mie ... ) se battent pour pouvoir continuer à fournir un repas, on ne peut que s’étonner que ces tâches incombent encore et toujours à un monde associatif, souvent bénévole, peu ou prou équipé pour faire face à la pandémie.

Qu’attend la mairie de paris pour réquisitionner les logements vides comme la loi l’y autorise ? Les migrant·es qui vivent sur les camps, privé·es d’eau, regroupé·es sous des tentes ne peuvent clairement pas se confiner. 230 000 logements parisiens sont inoccupés selon l'Insee. 17% du parc immobilier, cela en fait de la place ! Étrange comme des “évacuations” peuvent vite être organisées quand Paris reçoit la visite du CIO pour les jeux olympiques et comme la préfecture et la marie détournent les yeux quand il s’agit des campements sous épidémie. Pardon on est mauvaises langue... la mairie de Paris a réquisitionné des gymnases supplémentaires pour les personnes sans abris. Pratique pour se confiner n'est-ce pas ?

Les centre d’hébergements : chaque jour, les militant·es du BAAM, des associations et des collectifs de soutien reçoivent leur lot de messages paniqués de migrant·es hébergé·es en centre. Les personnel·les ont déserté (Salut Adoma Nanterre, Adoma 19e, Adoma 11e, COALIA Aubervilliers, HUDA Ségré ...on vous voit) laissant les migrant·es sans équipement et sans information claire. Heureusement que leurs parcours d’exil les a bien renseigné sur la déficience de la prise en charge et qu’ils s’auto-organisent localement.

Les préfectures et leurs “bureau des étrangers” : hé merci les gars de pas avoir traduit les informations COVID 19 de vos sites internets. Pas grave, des bénévoles l’ont fait pour vous me direz vous ? Ben oui, mais ça leur fout la rage en fait. Parce que vous voyez, donner des consignes de santé publique ça doit se faire dans toutes les langues. Pourtant vous savez bien faire appel à des interprètes ( salut bis : ISM ) quand il s’agit de délivrer des arrêtés de transfert et des OQTF ! Une spéciale dédicace en forme de pavé pour la préfecture des Hauts-de-Seine qui à l’heure où nous écrivons n’a toujours pas fermé ses guichets pour les personnes dublinées, ne respectant même pas les consignes du ministère de l’intérieur, elle pourtant s’y prompte à s’y plier d’habitude! (coucou le Préfet des Hauts-de-Seine)

L'Ofpra : chargé de statuer sur les demandes d'asile, il maintient la date d'envoi des dossiers ainsi que certains entretiens, au mépris de la sécurité de ses agent·es et des personnes convoquées, et propose d'en mener d'autres par visioconférence, comme pour se débarrasser au plus vite d'une étape pourtant cruciale du parcours d'un·e demandeur·se.

Les CRA : si on pouvait, on gerberait dessus d'énervement. Ça vous fait quoi de maintenir des personnes enfermées au seul prétexte qu'elles sont étrangeres et qu'elles crèvent dans vos taules d’exception ? Les prisonnier·es y sont entassé·es, privé·es de toute protection et de visite chez le médecin, au point que certaines associations chargées de les accompagner ont dû déserter les lieux.
À Lille, Vincennes, Lyon ou Mesnil-Amelot, des mobilisations dont des des grèves de la faim sont en cours ! Véritables antichambres aux expulsions, les CRA n'ont de toute façon plus aucune raison d'être actuellement avec la fermeture des frontières. Cela n'a pas empêché Nicole Belloubet, ministre de la Justice, d'intégrer les procédures de prolongation de rétention à la liste des contentieux maintenus dans les tribunaux malgré l'épidémie.

Et comme on vous sent en déroute de bonnes idées voire de volonté, voici celles que l’on veut voir appliquer dès maintenant :

- La réquisition de tous les logements libres
- Le report de tous les entretiens Ofpra, de l'envoi des dossiers et des recours
- La fermeture de toutes les préfectures
- La libération immédiate des personnes retenues en CRA et leur mise à l'abri
- La régularisation de tous·tes les Sans-papier·es

Responsables institutionnel·les, décideur·ses politiques, vous ne pouvez ignorer la situation plus longtemps. Le masque, c'est sur la bouche qu'il faut le mettre, pas sur les yeux !