Elle s'appelle Lilie - Pour le respect des personnes transgenres dans les médias

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Bonjour,

Je suis Maxence, un jeune homme transgenre de 21 ans. J'ai été victime de transphobie dès mes 16 ans, et encore actuellement. Cela se traduit par des insultes, des menaces, du harcèlement virtuel et verbal. Cette pétition a pour but d'empêcher qu'une enfant transgenre de 8 ans vive de la transphobie à cause d'une émission de télévision.

Ce dimanche 13 septembre 2020, à 18h20, est diffusé, sur TF1, un "Sept à huit life" intitulé "Mon fils de huit ans est une fille". Le sujet : Chrystelle, une maman, raconte la découverte de la transidentité de Lilie, sa fille de huit ans.

Lilie est une jeune fille qui découvre que son genre de naissance ne lui correspond pas. Plusieurs fois, elle dit à ses parents qu'elle n'est pas un garçon, mais bel et bien une fille.

Tout le problème du reportage qui lui est consacré est qu'il est extrêmement transphobe. Par la suite, des articles sur Femme Actuelle, La Voix du Nord et d'autres seront publiés, tous reprenant les mêmes erreurs citées ci-dessous.

Partons du titre : "Mon fils est une fille". Rien qu'à partir de ce titre, il est facilement devinable que la parole de Lilie n'est pas prise au sérieux. D'autant plus qu'il n'est aucunement question de transidentité, or, il s'agit du sujet, plaçant ainsi les spectateurs non-renseignés dans la confusion.

Sur LCI, une chaîne du groupe TF1 ayant un site d'informations, il est écrit : "Découvrez le combat de Chrystelle et sa famille du Vaucluse pour que la transidentité de leur garçon soit reconnue.". Plusieurs choses ne vont pas dans cette seule phrase. Le mot "combat" rapporte à quelque chose de négatif qu'il faut éliminer. La mère de Lilie dira qu'elle et son mari accompagne leur fille dans sa transition. L'emploi de ce mot est donc très péjoratif. Ensuite, l'utilisation du mot "garçon" est déplacée et transphobe. Lilie est une fille transgenre. Une fille donc. Ramener le terme "garçon" pour la désigner revient à lui associer un genre dans lequel elle ne se reconnait pas puisqu'elle-même dira : "Je suis une fille depuis toujours.".

La journaliste en charge de ce reportage dira aussi que la jeune fille transgenre veut être appelée Lilie. Sauf qu'elle utilisera le deadname de Lilie pour parler de cette dernière. [Le deadname, traduit "morinom", étant le prénom de naissance d'une personne transgenre avant qu'elle en choisisse un qui lui correspond plus.]. Il est très dangereux de morinommer une personne transgenre car cela peut entraîner du harcèlement, d'autant plus que Lilie précisera : "Je ne veux plus qu'on m'appelle par mon autre prénom.". En donnant et répétant son deadname à de multiples reprises, la journaliste ne prend pas en compte le souhait de Lilie de ne plus être associée à ce prénom. Par la suite, la journaliste corrigera la mère de Lilie. Cette dernière, disant « ma fille », sera reprise par la journaliste qui lui dira « votre fils ». Encore une fois, Lilie étant une fille transgenre, les propos de sa mère sont corrects, contrairement à ceux de la journaliste, qui sont transphobes.

Par la suite, il sera mentionné que Lilie est "convaincu d'être une fille enfermée dans un corps de garçon.". L'oublie du "-e" à la fin de "convaincu" montre qu'elle n'est pas prise au sérieux. L'emploi de l'expression "corps de garçon" la raccroche à ce qu'elle a entre les jambes. Cette idée est très déplacée, d'autant plus qu'il s'agit d'une enfant de huit ans. En une phrase, on comprend que Lilie n'est peut-être pas vraiment une fille puisqu'elle a un pénis. Le vrai message devrait être qu'elle n'est pas née assignée au bon genre. On peut dire que l'on en est loin.

Nous ne pouvons pas blâmer Lilie, car elle est trop jeune pour savoir tout ce que ce reportage peut causer par la suite, ni sa mère, qui n'est pas non plus au courant de tous les aspects de la transidentité. 

Nous dénonçons la négligence de la journaliste, et du groupe TF1 de manière générale, sur ce sujet.

TF1 étant assez populaire, leur manière de dire les choses peut être vue comme étant la bonne façon de les dire, ce qui peut constituer un argument d'autorité envers les spectateurs les moins renseignés. L'une des conséquences probable de cette négligence et de cette transphobie intériorisée sera du harcèlement.

Les reportages sur les personnes transgenres doivent exister pour éviter de les rendre invisibles. Des reportages mégenrant, morinommant et ne respectant pas une personne transgenre, peu importe son âge, ne doivent plus être produits.

Il serait préférable de demander de l'aide aux principaux intéressés afin de ne plus commettre d'erreurs.

Par cette pétition, les signataires et moi-même demandons aux chaînes de s'engager à signer une charte pour le respect des personnes transgenres et contre la transphobie. Nous demandons également à ceux que des excuses soient présentées à Lilie et à sa mère.