Dénoncer les défaillances graves de la protection de l’enfance en France...


Dénoncer les défaillances graves de la protection de l’enfance en France...
Le problème
Tribune
- L’avenir commence par l’enfance protégée
La République se juge à la manière dont elle protège ses enfants. Elle s’élève ou elle s’effondre selon qu’elle tend la main à ceux qui n’ont rien ou qu’elle détourne le regard. Aujourd’hui, le constat est implacable : la France, pays des droits de l’homme, faillit à l’un de ses devoirs les plus élémentaires. Elle laisse ses enfants livrés à des institutions défaillantes, parfois violentes, trop souvent indifférentes.
Derrière les mots abstraits – « placements », « mesures éducatives », « ASE » – se cachent des vies brisées. Des enfants arrachés à leur mère protectrice et confiés à un père accusé d’inceste. Des adolescents livrés à eux-mêmes dans des foyers où l’on ferme les yeux sur les violences, jusqu’à se donner la mort dans un moment de désespoir. Des fratries éclatées, des parcours scolaires brisés, des jeunes majeurs mis à la rue dès dix-huit ans, sans toit ni accompagnement.
Ces drames ne sont pas des accidents. Ils ne sont pas des « bavures ». Ils révèlent une maltraitance institutionnelle, une faillite structurelle de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), aggravée par les inégalités territoriales et le silence judiciaire.
Et comme si ce constat ne suffisait pas, un chiffre récent a fait l’effet d’un coup de tonnerre : près de 2 000 employés de l’ASE ont été identifiés comme prédateurs sexuels grâce à la plateforme nationale d’honorabilité. Deux mille agents qui, sans ce filtre tardif, auraient continué à travailler au contact direct des enfants. Ce simple chiffre dit tout de la gravité des défaillances : le système censé protéger recelait en son sein ses propres dangers.
- Une mécanique d’abandon
Dans le Nord, des enfants ont été confiés à des familles sans agrément, dans des conditions indignes. À Besançon, un adolescent s’est pendu dans un foyer ; son père, brisé par la douleur, a été placé en détention provisoire pour avoir crié sa rage. En Gironde, une société privée a détourné des millions d’euros de fonds destinés aux foyers, pendant que des enfants dormaient dans des chambres d’hôtel, sans suivi éducatif.
Ce qui devrait rester exceptionnel – une maltraitance, un suicide, un placement abusif – devient ordinaire. Partout, des juges des enfants débordés, contraints de gérer jusqu’à 800 dossiers chacun, rendent des décisions expéditives. Des départements investissent sérieusement, d’autres abandonnent presque toute prise en charge. Des associations privées, devenues prestataires de services, privilégient la logique financière au détriment de la protection. Et les contrôles sont inexistants ou purement formels.
- Quand la pseudo-science s’invite dans la justice
L’ONU l’a dénoncé en mai 2025 : la France continue de recourir à des notions pseudo-scientifiques, comme le concept d’« aliénation parentale », pour justifier des placements ou des transferts de garde. Cette idéologie, rejetée par toutes les instances internationales, inverse les rôles : elle disqualifie la parole des enfants victimes, accuse le parent protecteur d’instrumentalisation, et renforce les droits de l’agresseur.
En s’entêtant à recourir à ces constructions intellectuelles douteuses, la France viole ses engagements internationaux et inflige aux enfants une victimisation secondaire, assimilable à un traitement cruel et inhumain.
- L’injustice institutionnelle
Les responsabilités se diluent. Les présidents de conseils départementaux se retranchent derrière leurs services, les juges derrière leur surcharge, les procureurs derrière leur « opportunité des poursuites ». Les bâtonniers protègent des administrateurs ad hoc qui défendent davantage l’institution que l’enfant.
Pendant ce temps, des mères protectrices sont poursuivies pour « non-représentation d’enfant » alors qu’elles tentaient simplement de protéger leur fils ou leur fille. Le sort des familles devient une loterie territoriale : ici un accompagnement digne, là un abandon brutal.
À ce tableau s’ajoute une autre vérité insoutenable : en France, un enfant sur dix est victime d’inceste. Un sur dix. Et pourtant, 86 % des plaintes sont classées sans suite. Sur celles qui survivent, à peine 1 % aboutissent à une condamnation. L’impunité n’est pas un accident, elle est devenue la norme. Mais ce ne sont pas les agresseurs qui sont traqués : ce sont les mères. L’ASE et la justice brandissent un classement sans suite comme s’il s’agissait d’un certificat d’innocence, et accusent la mère de manipulation. Alors, la garde est transférée… chez le prédateur. Ou l’enfant est placé à l’ASE. Autrement dit : un enfant qui parle est puni. Une mère qui protège est broyée. Voilà la réalité française.
- L’appel à une action collective
Les plaintes individuelles ne suffisent plus. Les parents, les enfants, les éducateurs, chacun isolé, se heurtent au mur institutionnel. Les procédures sont trop longues, trop coûteuses, trop décourageantes.
Il faut un outil juridique qui transforme ces drames dispersés en une exigence commune. Une action de groupe. La France l’a inventée pour les consommateurs, pour l’environnement, pour les discriminations. Pourquoi pas pour l’enfance ? Pourquoi un client floué aurait-il plus de droits qu’un enfant maltraité par les institutions censées le protéger ?
Nous appelons à une action collective nationale, fondée sur :
- Une plainte pénale pour mise en danger d’autrui et non-assistance.
- Une saisine de la Cour européenne des droits de l’homme, au titre des articles 3 (traitements inhumains) et 8 (droit à la vie familiale).
- Une reconnaissance juridique du préjudice subi par chaque enfant abusivement placé, chiffré à 50 000 € par an.
- Une réforme structurelle qui mette fin à la loterie territoriale et crée un comité citoyen de vigilance indépendant.
- La République face à elle-même
La France consacre chaque année près de 10 milliards d’euros à la protection de l’enfance. Mais à quoi servent ces milliards si des adolescents se suicident en foyer, si des enfants sont violés dans des structures d’accueil, si des jeunes majeurs se retrouvent à la rue le jour de leur anniversaire ?
La République n’a pas le droit de fermer les yeux. Elle doit rendre des comptes, non seulement aux victimes, mais aussi à l’ensemble de la société. Car une République qui abandonne ses enfants abandonne son avenir.
L’avenir commence par l’enfance protégée.
Nous appelons les associations, les élus, les professionnels et les citoyens à rejoindre ce combat. Car il ne s’agit pas d’une cause parmi d’autres : il s’agit de la promesse républicaine, de la dignité d’un pays, de l’avenir de notre démocratie.
Premièr(e)s signataires (par ordre alphabétique) :
- Cécile Desmoulin, Présidente de SOS Inceste
- Séverine Durand, Référente parents protecteurs chez SOS Inceste, membre du Collectif French Mothers For Justice
- Arnaud Gallais, Anthropologue, co-fondateur de Mouv’ Enfants
- Stéphane Gemmani, Conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, Fondateur du Samu social de Grenoble, Auteur
- Gabrielle-Moussia Perraudin, Co-fondatrice du Collectif French Mothers For Justice
- Jessica Stéphan, Référente parcours victimes, Formatrice/consultante PEC PLURIPRO VC VIF VSS Féminicide Infanticide
- Eva Thomas, Fondatrice de SOS Inceste, Autrice
- Cynthia.V, Comité Soutien Justice pour C&J

2 110
Le problème
Tribune
- L’avenir commence par l’enfance protégée
La République se juge à la manière dont elle protège ses enfants. Elle s’élève ou elle s’effondre selon qu’elle tend la main à ceux qui n’ont rien ou qu’elle détourne le regard. Aujourd’hui, le constat est implacable : la France, pays des droits de l’homme, faillit à l’un de ses devoirs les plus élémentaires. Elle laisse ses enfants livrés à des institutions défaillantes, parfois violentes, trop souvent indifférentes.
Derrière les mots abstraits – « placements », « mesures éducatives », « ASE » – se cachent des vies brisées. Des enfants arrachés à leur mère protectrice et confiés à un père accusé d’inceste. Des adolescents livrés à eux-mêmes dans des foyers où l’on ferme les yeux sur les violences, jusqu’à se donner la mort dans un moment de désespoir. Des fratries éclatées, des parcours scolaires brisés, des jeunes majeurs mis à la rue dès dix-huit ans, sans toit ni accompagnement.
Ces drames ne sont pas des accidents. Ils ne sont pas des « bavures ». Ils révèlent une maltraitance institutionnelle, une faillite structurelle de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), aggravée par les inégalités territoriales et le silence judiciaire.
Et comme si ce constat ne suffisait pas, un chiffre récent a fait l’effet d’un coup de tonnerre : près de 2 000 employés de l’ASE ont été identifiés comme prédateurs sexuels grâce à la plateforme nationale d’honorabilité. Deux mille agents qui, sans ce filtre tardif, auraient continué à travailler au contact direct des enfants. Ce simple chiffre dit tout de la gravité des défaillances : le système censé protéger recelait en son sein ses propres dangers.
- Une mécanique d’abandon
Dans le Nord, des enfants ont été confiés à des familles sans agrément, dans des conditions indignes. À Besançon, un adolescent s’est pendu dans un foyer ; son père, brisé par la douleur, a été placé en détention provisoire pour avoir crié sa rage. En Gironde, une société privée a détourné des millions d’euros de fonds destinés aux foyers, pendant que des enfants dormaient dans des chambres d’hôtel, sans suivi éducatif.
Ce qui devrait rester exceptionnel – une maltraitance, un suicide, un placement abusif – devient ordinaire. Partout, des juges des enfants débordés, contraints de gérer jusqu’à 800 dossiers chacun, rendent des décisions expéditives. Des départements investissent sérieusement, d’autres abandonnent presque toute prise en charge. Des associations privées, devenues prestataires de services, privilégient la logique financière au détriment de la protection. Et les contrôles sont inexistants ou purement formels.
- Quand la pseudo-science s’invite dans la justice
L’ONU l’a dénoncé en mai 2025 : la France continue de recourir à des notions pseudo-scientifiques, comme le concept d’« aliénation parentale », pour justifier des placements ou des transferts de garde. Cette idéologie, rejetée par toutes les instances internationales, inverse les rôles : elle disqualifie la parole des enfants victimes, accuse le parent protecteur d’instrumentalisation, et renforce les droits de l’agresseur.
En s’entêtant à recourir à ces constructions intellectuelles douteuses, la France viole ses engagements internationaux et inflige aux enfants une victimisation secondaire, assimilable à un traitement cruel et inhumain.
- L’injustice institutionnelle
Les responsabilités se diluent. Les présidents de conseils départementaux se retranchent derrière leurs services, les juges derrière leur surcharge, les procureurs derrière leur « opportunité des poursuites ». Les bâtonniers protègent des administrateurs ad hoc qui défendent davantage l’institution que l’enfant.
Pendant ce temps, des mères protectrices sont poursuivies pour « non-représentation d’enfant » alors qu’elles tentaient simplement de protéger leur fils ou leur fille. Le sort des familles devient une loterie territoriale : ici un accompagnement digne, là un abandon brutal.
À ce tableau s’ajoute une autre vérité insoutenable : en France, un enfant sur dix est victime d’inceste. Un sur dix. Et pourtant, 86 % des plaintes sont classées sans suite. Sur celles qui survivent, à peine 1 % aboutissent à une condamnation. L’impunité n’est pas un accident, elle est devenue la norme. Mais ce ne sont pas les agresseurs qui sont traqués : ce sont les mères. L’ASE et la justice brandissent un classement sans suite comme s’il s’agissait d’un certificat d’innocence, et accusent la mère de manipulation. Alors, la garde est transférée… chez le prédateur. Ou l’enfant est placé à l’ASE. Autrement dit : un enfant qui parle est puni. Une mère qui protège est broyée. Voilà la réalité française.
- L’appel à une action collective
Les plaintes individuelles ne suffisent plus. Les parents, les enfants, les éducateurs, chacun isolé, se heurtent au mur institutionnel. Les procédures sont trop longues, trop coûteuses, trop décourageantes.
Il faut un outil juridique qui transforme ces drames dispersés en une exigence commune. Une action de groupe. La France l’a inventée pour les consommateurs, pour l’environnement, pour les discriminations. Pourquoi pas pour l’enfance ? Pourquoi un client floué aurait-il plus de droits qu’un enfant maltraité par les institutions censées le protéger ?
Nous appelons à une action collective nationale, fondée sur :
- Une plainte pénale pour mise en danger d’autrui et non-assistance.
- Une saisine de la Cour européenne des droits de l’homme, au titre des articles 3 (traitements inhumains) et 8 (droit à la vie familiale).
- Une reconnaissance juridique du préjudice subi par chaque enfant abusivement placé, chiffré à 50 000 € par an.
- Une réforme structurelle qui mette fin à la loterie territoriale et crée un comité citoyen de vigilance indépendant.
- La République face à elle-même
La France consacre chaque année près de 10 milliards d’euros à la protection de l’enfance. Mais à quoi servent ces milliards si des adolescents se suicident en foyer, si des enfants sont violés dans des structures d’accueil, si des jeunes majeurs se retrouvent à la rue le jour de leur anniversaire ?
La République n’a pas le droit de fermer les yeux. Elle doit rendre des comptes, non seulement aux victimes, mais aussi à l’ensemble de la société. Car une République qui abandonne ses enfants abandonne son avenir.
L’avenir commence par l’enfance protégée.
Nous appelons les associations, les élus, les professionnels et les citoyens à rejoindre ce combat. Car il ne s’agit pas d’une cause parmi d’autres : il s’agit de la promesse républicaine, de la dignité d’un pays, de l’avenir de notre démocratie.
Premièr(e)s signataires (par ordre alphabétique) :
- Cécile Desmoulin, Présidente de SOS Inceste
- Séverine Durand, Référente parents protecteurs chez SOS Inceste, membre du Collectif French Mothers For Justice
- Arnaud Gallais, Anthropologue, co-fondateur de Mouv’ Enfants
- Stéphane Gemmani, Conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, Fondateur du Samu social de Grenoble, Auteur
- Gabrielle-Moussia Perraudin, Co-fondatrice du Collectif French Mothers For Justice
- Jessica Stéphan, Référente parcours victimes, Formatrice/consultante PEC PLURIPRO VC VIF VSS Féminicide Infanticide
- Eva Thomas, Fondatrice de SOS Inceste, Autrice
- Cynthia.V, Comité Soutien Justice pour C&J

2 110
Les décisionnaires

Voix de signataires
Partager la pétition
Pétition lancée le 14 novembre 2025