Contre les droits d’inscription différenciés et pour une Université réellement ouverte

Signataires récents:
Juliette MACHYNIA et 17 autres ont signé récemment.

Le problème

Nous, chercheur.es, enseignant.es-chercheur.es, personnels administratifs et techniques et étudiant.es, condamnons avec la plus grande fermeté, l’application de la politique de « droits différenciés » dans le cadre du programme dit « Bienvenue en France », pour nos étudiants et étudiantes internationaux désormais qualifié.es d’« extracommunautaires ». Nous déplorons aussi le refus – inédit – de la présidente de l’Université de Strasbourg de recevoir une délégation de l’intersyndicale composé de 10 organisations, qui souhaitait l’alerter sur la situation dramatique dans laquelle se trouvent de nombreus.es étudiant.es internationaux.

Personne ne peut croire que ces frais différenciés résoudront quoi que ce soit du sous-financement de l’Université – qui n’est que la conséquence de choix politiques. Par contre, ils trahissent les promesses émancipatrices et les valeurs universelles de l’Université auxquelles nous voulons encore croire. 

Nous condamnons la multiplication par 15,5 des droits d’inscription en master, passés d’un montant de 254 euros à 3941 euros. 

Nous refusons l’introduction de cette sélection par l’argent qui fragilise un peu plus encore le service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et qui constitue tout simplement un ballon d’essai ouvrant la voie à une augmentation généralisée des frais d’inscription, aveugle aux ressources et aux situations sociales des étudiant.es. Si nous acceptons, aujourd’hui, qu’il en soit ainsi pour les étudiant.es internationaux, nous n’aurons plus de raison, demain, de refuser qu’il en soit de même pour toutes et tous les étudiant.es. 

Enfin et peut-être surtout, à l’heure où l’extrême droite est un peu partout aux portes du pouvoir – quand elle n’y est pas déjà –, nous refusons de servir de terrain d’expérimentation à ce qui s’apparente à une politique de préférence nationale à peine corrigée, sinon masquée, par la logique d’intégration européenne. 

Alors que ces étudiant.es ont fait l’objet d’une sélection exigeante, se sont investi.es dans leur cursus et n’aspiraient qu’à le suivre sereinement, ils et elles n’ont d’autre choix que de rechercher dans l’urgence des emplois précaires et/ou de s’endetter pour s’acquitter de frais déjà disproportionnés par rapport au budget moyen d’un.e étudiant.e communautaire. Le stress constant de ne savoir quelle sera leur situation dans les semaines et les mois qui viennent dégrade leur santé physique et mentale. Faut-il attendre des signaux d’alerte plus graves encore, sinon un drame, pour que la présidence de l’Université de Strasbourg daigne recevoir les organisations qui accompagnent ces étudiant.es en détresse ?  

De surcroît cette politique est également maltraitante pour tous les personnels de l’Université. Elle trahit le sens que nous donnons à nos métiers tout en nous laissant démunis face aux situations critiques – voire dramatiques – générées par ces frais différenciés. L’application de cette politique discriminatoire est tout simplement indigne d’une grande université fortement internationalisée et se revendiquant de « l’Humanisme rhénan ». 

Nous exigeons donc : 

-        La réinscription immédiate des étudiant.es désinscrit.es ;

-        Le réalignement des droits des étudiant.es dits extracommunautaires sur les droits des étudiant.es communautaires ;

-        La réception rapide par la présidence d’une délégation réunissant syndicats étudiants et des personnels qui souhaitent échanger pour trouver des solutions pérennes à un accueil décent des étudiant.es internationaux qui participent à la richesse de nos formations et de notre recherche.

Organisations signataires : SNESUP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, Sud éducation Alsace, SES-CGT, SNTRS-CGT, FO ESR, FSE Strasbourg, Alternative Etudiante Strasbourg, Solidaires Etudiant-e-s Strasbourg.

Une version développée de ce texte peut être consultée ici.

3 824

Signataires récents:
Juliette MACHYNIA et 17 autres ont signé récemment.

Le problème

Nous, chercheur.es, enseignant.es-chercheur.es, personnels administratifs et techniques et étudiant.es, condamnons avec la plus grande fermeté, l’application de la politique de « droits différenciés » dans le cadre du programme dit « Bienvenue en France », pour nos étudiants et étudiantes internationaux désormais qualifié.es d’« extracommunautaires ». Nous déplorons aussi le refus – inédit – de la présidente de l’Université de Strasbourg de recevoir une délégation de l’intersyndicale composé de 10 organisations, qui souhaitait l’alerter sur la situation dramatique dans laquelle se trouvent de nombreus.es étudiant.es internationaux.

Personne ne peut croire que ces frais différenciés résoudront quoi que ce soit du sous-financement de l’Université – qui n’est que la conséquence de choix politiques. Par contre, ils trahissent les promesses émancipatrices et les valeurs universelles de l’Université auxquelles nous voulons encore croire. 

Nous condamnons la multiplication par 15,5 des droits d’inscription en master, passés d’un montant de 254 euros à 3941 euros. 

Nous refusons l’introduction de cette sélection par l’argent qui fragilise un peu plus encore le service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et qui constitue tout simplement un ballon d’essai ouvrant la voie à une augmentation généralisée des frais d’inscription, aveugle aux ressources et aux situations sociales des étudiant.es. Si nous acceptons, aujourd’hui, qu’il en soit ainsi pour les étudiant.es internationaux, nous n’aurons plus de raison, demain, de refuser qu’il en soit de même pour toutes et tous les étudiant.es. 

Enfin et peut-être surtout, à l’heure où l’extrême droite est un peu partout aux portes du pouvoir – quand elle n’y est pas déjà –, nous refusons de servir de terrain d’expérimentation à ce qui s’apparente à une politique de préférence nationale à peine corrigée, sinon masquée, par la logique d’intégration européenne. 

Alors que ces étudiant.es ont fait l’objet d’une sélection exigeante, se sont investi.es dans leur cursus et n’aspiraient qu’à le suivre sereinement, ils et elles n’ont d’autre choix que de rechercher dans l’urgence des emplois précaires et/ou de s’endetter pour s’acquitter de frais déjà disproportionnés par rapport au budget moyen d’un.e étudiant.e communautaire. Le stress constant de ne savoir quelle sera leur situation dans les semaines et les mois qui viennent dégrade leur santé physique et mentale. Faut-il attendre des signaux d’alerte plus graves encore, sinon un drame, pour que la présidence de l’Université de Strasbourg daigne recevoir les organisations qui accompagnent ces étudiant.es en détresse ?  

De surcroît cette politique est également maltraitante pour tous les personnels de l’Université. Elle trahit le sens que nous donnons à nos métiers tout en nous laissant démunis face aux situations critiques – voire dramatiques – générées par ces frais différenciés. L’application de cette politique discriminatoire est tout simplement indigne d’une grande université fortement internationalisée et se revendiquant de « l’Humanisme rhénan ». 

Nous exigeons donc : 

-        La réinscription immédiate des étudiant.es désinscrit.es ;

-        Le réalignement des droits des étudiant.es dits extracommunautaires sur les droits des étudiant.es communautaires ;

-        La réception rapide par la présidence d’une délégation réunissant syndicats étudiants et des personnels qui souhaitent échanger pour trouver des solutions pérennes à un accueil décent des étudiant.es internationaux qui participent à la richesse de nos formations et de notre recherche.

Organisations signataires : SNESUP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, Sud éducation Alsace, SES-CGT, SNTRS-CGT, FO ESR, FSE Strasbourg, Alternative Etudiante Strasbourg, Solidaires Etudiant-e-s Strasbourg.

Une version développée de ce texte peut être consultée ici.

Voix de signataires

Mises à jour sur la pétition