

Contre le retrait du CNRS de l'UMR CITERES : solidarité
Le problème
C’est avec grande inquiétude que nous, membres du laboratoire CITERES, avons appris, à la veille de la fermeture estivale, le souhait du CNRS de retirer sa tutelle principale au laboratoire dès le 1er janvier 2026 pour ne conserver à partir de janvier 2029, qu'une Équipe Mixte de Recherche parmi les 4 équipes qui composent notre Unité Mixte de Recherche (UMR). Cette volonté a été confirmée le 24 octobre 2025 par une lettre d'Antoine Petit envoyée à l'ensemble des tutelles de CITERES. Nous dénonçons ici le fond et la forme de cette décision.
CITERES est une UMR en sciences sociales, dont l'Université de Tours et le CNRS sont co-tutelles depuis 2004, et qui rassemble 230 chercheuses, chercheurs et personnels ingénieurs, techniques et administratifs, incluant 16 personnels CNRS actuellement en place (11 ingénieurs, technicien·nes et personnel administratif, 5 chercheur·es). Les rapports scientifiques par l'HCERES et ses sections CNRS de rattachement ont toujours été positifs. L'UMR compte à son actif entre 4 à 6 millions d'euros par an de programmes de recherche nationaux, européens et internationaux. Elle est un acteur important de la recherche à l'échelle nationale et occupe une place incontournable dans la Région Centre-Val-de Loire, qui compte 3 UMR en SHS. Au moment de la prise de décision, CITERES entrait seulement dans sa deuxième année de contrat, et aucune des sections de rattachement de CITERES, qui s’opposent à la décision, n’avaient été informées. Cela témoigne d’un profond mépris pour les principes constitutifs de l’évaluation des scientifiques par leurs pairs. L’évaluation des laboratoires par le CNRS repose sur un processus collégial confié à des scientifiques élus à cette fin. Les sections scientifiques auxquelles l’UMR est rattachée sont seules habilitées à juger de la qualité des travaux produits et de la pertinence du soutien du CNRS à une unité.
Ce mépris pour le travail des sections se retrouve à l’égard du personnel de l’UMR et de ses partenaires. L’annonce a été faite oralement au directeur d'unité le 2 juillet, puis toujours oralement à deux agents du CNRS à qui il a été demandé de réfléchir à une nouvelle affectation d'ici janvier 2029 et de ne pas divulguer la nouvelle aux autres agents CNRS. Ni les sections CoNRS de rattachement de CITERES, ni le conseil scientifique de l'Institut CNRS Sciences humaines et sociales (institut principal de rattachement), ni l'Université de Tours, ni la délégation régionale n'étaient alors informés. Elle intervient en outre à la suite d'une demande de l'Institut CNRS Sciences humaines et sociales, en mars 2025, auprès de la direction de CITERES, de restructuration de l'UMR dans le but de renforcer son interdisciplinarité et alors que l'impulsion d'un tel travail a effectivement été lancé par la direction de CITERES pour le contrat en cours. Cette manière de procéder exerce une violence institutionnelle profonde, qui réduit le personnel du CNRS à de simples variables d’ajustement. Depuis les premières fuites au cœur de l’été – à la veille des vacances de juillet – et jusqu’à la lettre du président Antoine Petit reçue en pleine période de vacances d’automne, aucune communication directe, aucun dispositif d’accompagnement, ni soutien psychologique ou administratif n’a été mis en place par le CNRS. Cette procédure qui est amenée à bouleverser la vie d’une partie des membres du laboratoire a un impact délétère sur la santé mentale, physique et les conditions de travail des membres du laboratoire CITERES, comme en témoignent les signalements effectués sur le registre de sécurité.
Cette manière de faire ne détruit pas seulement des structures et la confiance des agents. In fine, elle compromet durablement l’avenir de la recherche publique en France. Si un laboratoire de cette taille, avec 16 agents CNRS, peut se voir notifier aussi brutalement une décision unilatérale et injustifiée, qu'en est-il des UMR où le nombre d'agents est moins nombreux, et qui représentent 72% des UMR CNRS Sciences Humaines et sociales ? Le CNRS nous a affirmé vouloir concentrer ses moyens sur les laboratoires de grandes métropoles. Cette politique s’apparente au projet des key-labs : privilégier quelques laboratoires jugés « excellents » au détriment de tous les autres, au détriment d’un maillage territorial indispensable. Sous couvert d’une communication laissant entendre que ce projet avait été mis en sommeil, le CNRS semble au contraire accélérer la mise en place de sa réforme, sans lui en donner le nom. Imposée par le haut, sans consultation des tutelles et des pairs, elle bafoue le principe même de dialogue entre les tutelles et avec les collectivités territoriales. Nous nous opposons à ce processus de concentration, régressif, qui menace la recherche publique dans notre pays.
Par la présente pétition, nous demandons donc :
• que la décision annoncée à CITERES soit instamment suspendue par le CNRS,
• que toute décision à venir concernant CITERES se fasse dans le respect des procédures et des calendriers impartis,
• et qu'il en soit ainsi pour toutes les UMR du CNRS concernées par ces procédures de retrait.
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Le problème
C’est avec grande inquiétude que nous, membres du laboratoire CITERES, avons appris, à la veille de la fermeture estivale, le souhait du CNRS de retirer sa tutelle principale au laboratoire dès le 1er janvier 2026 pour ne conserver à partir de janvier 2029, qu'une Équipe Mixte de Recherche parmi les 4 équipes qui composent notre Unité Mixte de Recherche (UMR). Cette volonté a été confirmée le 24 octobre 2025 par une lettre d'Antoine Petit envoyée à l'ensemble des tutelles de CITERES. Nous dénonçons ici le fond et la forme de cette décision.
CITERES est une UMR en sciences sociales, dont l'Université de Tours et le CNRS sont co-tutelles depuis 2004, et qui rassemble 230 chercheuses, chercheurs et personnels ingénieurs, techniques et administratifs, incluant 16 personnels CNRS actuellement en place (11 ingénieurs, technicien·nes et personnel administratif, 5 chercheur·es). Les rapports scientifiques par l'HCERES et ses sections CNRS de rattachement ont toujours été positifs. L'UMR compte à son actif entre 4 à 6 millions d'euros par an de programmes de recherche nationaux, européens et internationaux. Elle est un acteur important de la recherche à l'échelle nationale et occupe une place incontournable dans la Région Centre-Val-de Loire, qui compte 3 UMR en SHS. Au moment de la prise de décision, CITERES entrait seulement dans sa deuxième année de contrat, et aucune des sections de rattachement de CITERES, qui s’opposent à la décision, n’avaient été informées. Cela témoigne d’un profond mépris pour les principes constitutifs de l’évaluation des scientifiques par leurs pairs. L’évaluation des laboratoires par le CNRS repose sur un processus collégial confié à des scientifiques élus à cette fin. Les sections scientifiques auxquelles l’UMR est rattachée sont seules habilitées à juger de la qualité des travaux produits et de la pertinence du soutien du CNRS à une unité.
Ce mépris pour le travail des sections se retrouve à l’égard du personnel de l’UMR et de ses partenaires. L’annonce a été faite oralement au directeur d'unité le 2 juillet, puis toujours oralement à deux agents du CNRS à qui il a été demandé de réfléchir à une nouvelle affectation d'ici janvier 2029 et de ne pas divulguer la nouvelle aux autres agents CNRS. Ni les sections CoNRS de rattachement de CITERES, ni le conseil scientifique de l'Institut CNRS Sciences humaines et sociales (institut principal de rattachement), ni l'Université de Tours, ni la délégation régionale n'étaient alors informés. Elle intervient en outre à la suite d'une demande de l'Institut CNRS Sciences humaines et sociales, en mars 2025, auprès de la direction de CITERES, de restructuration de l'UMR dans le but de renforcer son interdisciplinarité et alors que l'impulsion d'un tel travail a effectivement été lancé par la direction de CITERES pour le contrat en cours. Cette manière de procéder exerce une violence institutionnelle profonde, qui réduit le personnel du CNRS à de simples variables d’ajustement. Depuis les premières fuites au cœur de l’été – à la veille des vacances de juillet – et jusqu’à la lettre du président Antoine Petit reçue en pleine période de vacances d’automne, aucune communication directe, aucun dispositif d’accompagnement, ni soutien psychologique ou administratif n’a été mis en place par le CNRS. Cette procédure qui est amenée à bouleverser la vie d’une partie des membres du laboratoire a un impact délétère sur la santé mentale, physique et les conditions de travail des membres du laboratoire CITERES, comme en témoignent les signalements effectués sur le registre de sécurité.
Cette manière de faire ne détruit pas seulement des structures et la confiance des agents. In fine, elle compromet durablement l’avenir de la recherche publique en France. Si un laboratoire de cette taille, avec 16 agents CNRS, peut se voir notifier aussi brutalement une décision unilatérale et injustifiée, qu'en est-il des UMR où le nombre d'agents est moins nombreux, et qui représentent 72% des UMR CNRS Sciences Humaines et sociales ? Le CNRS nous a affirmé vouloir concentrer ses moyens sur les laboratoires de grandes métropoles. Cette politique s’apparente au projet des key-labs : privilégier quelques laboratoires jugés « excellents » au détriment de tous les autres, au détriment d’un maillage territorial indispensable. Sous couvert d’une communication laissant entendre que ce projet avait été mis en sommeil, le CNRS semble au contraire accélérer la mise en place de sa réforme, sans lui en donner le nom. Imposée par le haut, sans consultation des tutelles et des pairs, elle bafoue le principe même de dialogue entre les tutelles et avec les collectivités territoriales. Nous nous opposons à ce processus de concentration, régressif, qui menace la recherche publique dans notre pays.
Par la présente pétition, nous demandons donc :
• que la décision annoncée à CITERES soit instamment suspendue par le CNRS,
• que toute décision à venir concernant CITERES se fasse dans le respect des procédures et des calendriers impartis,
• et qu'il en soit ainsi pour toutes les UMR du CNRS concernées par ces procédures de retrait.
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Pétition lancée le 5 novembre 2025