Contre la tenue unique à l'école Maurice de Vlaminck- Chartres

Le problème

Hostiles par principe à cette proposition de tenue unique, nous avons le sentiment de ne pas avoir eu jusqu’ici la possibilité d’exposer nos arguments. Vous répondrez probablement que les parents délégués ont été consultés en amont et que nous l’avons été, nous aussi, par l’intermédiaire d’un sondage. Les parents délégués semblent avoir été pris de court, ne nous ont pas sondés et ont répondu en leur nom propre.

Bien qu’elles semblent minoritaires en apparence, les 42,7 % des familles s’étant prononcées contre le port de l’uniforme méritent d’être entendues, prises en compte et, pourquoi pas, reçues, à l’occasion d’une rencontre.
Dépenser plusieurs dizaines de milliers d’euros d’argent public (200 euros par enfant pour une école d’environ 150 élèves, cela fait près de 30 000 euros) dans l’achat d’uniformes nous paraît insensé dans la mesure où cela ne devrait pas constituer une priorité.

Si la municipalité tient à investir de l’argent dans l’école, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir, elle devrait privilégier l’encadrement périscolaire, l’amélioration des locaux, l’achat de matériel pédagogique, le financement de projets et de sorties. Nous apprenons, au même moment, que les études du soir deviendront payantes, pour des raisons budgétaires. Or, selon les chiffres avancés par madame l’adjointe à l’éducation au conseil d’école, le budget dédié à l’uniforme financerait plus d’un mois d’études. Puisque vous invoquez la lutte en faveur de l’égalité à l’école, il paraît évident qu’on combat davantage les inégalités par des études du soir gratuites pour tous les enfants que par une tenue unique. Il faut soigner le fond et non la forme.


À propos d’égalité, croyez-vous vraiment qu’il suffira de masquer les inégalités pour les faire disparaître ? Il va de soi qu’après quelques semaines de classe, l’état de l’uniforme et le reste de la tenue ne manqueront pas de rendre visibles les différences qu’on prétend cacher.
D’ailleurs, ne vaudrait-il pas mieux pour nos enfants cultiver ces différences et apprendre à les respecter chez les autres, dès lors qu’elles ne portent pas atteinte au vivre ensemble ? N’est-ce pas là l’un des enjeux fondamentaux de l’École et une valeur essentielle de la République ?
Nous vivons une époque de sur-consommation, notamment dans le domaine du textile, remise en question par les dommages environnementaux que celle-ci occasionne. À l’école primaire, les enfants apprennent à prendre soin de leurs vêtements et il arrive tout de même fréquemment qu’il y ait des ratés, à savoir des affaires abîmées ou perdues, l’erreur étant source d’apprentissage. De toute évidence, le trousseau offert à chaque enfant ne couvrira pas les besoins de l’année, ne serait-ce que parce que les enfants sont en pleine croissance. De nombreuses familles n’auront pas les moyens de renouveler les kits, la somme de 200 euros pour 2 blouses et 2 tee-shirts nous paraissant exorbitante d’autant que ce coût augmentera proportionnellement au nombre d’enfants.


Pour justifier cette mesure, vous invoquez le besoin de créer un sentiment d’appartenance chez les élèves. Alors que l’uniforme ne crée qu’une appartenance artificielle et de façade, il nous semblerait plus judicieux de fédérer les élèves en encourageant les rencontres entre écoles autour de projets culturels, de compétitions sportives, etc., ou par des kermesses, des soirées ou des portes ouvertes au sein de l’école pour faire se rencontrer les familles. Fortement attachés à l’école publique, nous ne comprenons pas ce besoin de singer les pratiques de l’enseignement privé.


Enfin, de nombreuses questions restent à ce jour en suspens. Qu’en sera-t-il des familles qui s’opposent à ce que leur(s) enfant(s) porte(nt) l’uniforme ? Quelles sanctions seront prévues ? L’accès à l’école leur sera-t-il interdit, au mépris du droit le plus élémentaire à l’instruction ? Certaines situations ne manqueront pas d’arriver : le vendredi soir, un enfant chute, déchire son uniforme devenu inutilisable et il est impossible d’en commander un le week-end. Que se passera-t-il pour lui le lundi ?
Les enseignantes et enseignants du premier degré, a fortiori les directrices et directeurs d’école, ont une multitude de problèmes à régler en plus de leurs missions pédagogiques et sont souvent à la limite de l’épuisement. Des événements tragiques viennent parfois nous le rappeler. Il est notoire que les relations avec les familles sont un sujet épineux. Est-il judicieux de leur imposer de nouveaux tracas ? Ne faudra-t-il pas contrôler chaque matin à la grille la tenue de 150 enfants, écrire dans les cahiers de liaison des mots aux parents dont les enfants n’auraient pas une tenue
conforme au règlement, téléphoner, engager les procédures disciplinaires le cas échéant ? Nous préférerions les savoir occupés à des tâches plus pédagogiques. Il nous faudra aussi, en tant que parents, accepter de voir nos enfants contrôlés chaque matin comme s’ils entraient dans un aéroport. Est-ce comme cela que l’on crée de la confiance et de l’apaisement ?


Nous demandons que cette mesure soit abandonnée. Si tel n’était pas le cas, nous demandons que ses tenants et aboutissants soient clarifiés via une réunion d’information ouverte à tous. Dans tous les cas, nous jugeons que l’argent public est mal employé et nous dénonçons l’abandon des études gratuites qui nous semblaient être une véritable plus-value.

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Parents ÉLÈVESLanceur de pétition

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Le problème

Hostiles par principe à cette proposition de tenue unique, nous avons le sentiment de ne pas avoir eu jusqu’ici la possibilité d’exposer nos arguments. Vous répondrez probablement que les parents délégués ont été consultés en amont et que nous l’avons été, nous aussi, par l’intermédiaire d’un sondage. Les parents délégués semblent avoir été pris de court, ne nous ont pas sondés et ont répondu en leur nom propre.

Bien qu’elles semblent minoritaires en apparence, les 42,7 % des familles s’étant prononcées contre le port de l’uniforme méritent d’être entendues, prises en compte et, pourquoi pas, reçues, à l’occasion d’une rencontre.
Dépenser plusieurs dizaines de milliers d’euros d’argent public (200 euros par enfant pour une école d’environ 150 élèves, cela fait près de 30 000 euros) dans l’achat d’uniformes nous paraît insensé dans la mesure où cela ne devrait pas constituer une priorité.

Si la municipalité tient à investir de l’argent dans l’école, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir, elle devrait privilégier l’encadrement périscolaire, l’amélioration des locaux, l’achat de matériel pédagogique, le financement de projets et de sorties. Nous apprenons, au même moment, que les études du soir deviendront payantes, pour des raisons budgétaires. Or, selon les chiffres avancés par madame l’adjointe à l’éducation au conseil d’école, le budget dédié à l’uniforme financerait plus d’un mois d’études. Puisque vous invoquez la lutte en faveur de l’égalité à l’école, il paraît évident qu’on combat davantage les inégalités par des études du soir gratuites pour tous les enfants que par une tenue unique. Il faut soigner le fond et non la forme.


À propos d’égalité, croyez-vous vraiment qu’il suffira de masquer les inégalités pour les faire disparaître ? Il va de soi qu’après quelques semaines de classe, l’état de l’uniforme et le reste de la tenue ne manqueront pas de rendre visibles les différences qu’on prétend cacher.
D’ailleurs, ne vaudrait-il pas mieux pour nos enfants cultiver ces différences et apprendre à les respecter chez les autres, dès lors qu’elles ne portent pas atteinte au vivre ensemble ? N’est-ce pas là l’un des enjeux fondamentaux de l’École et une valeur essentielle de la République ?
Nous vivons une époque de sur-consommation, notamment dans le domaine du textile, remise en question par les dommages environnementaux que celle-ci occasionne. À l’école primaire, les enfants apprennent à prendre soin de leurs vêtements et il arrive tout de même fréquemment qu’il y ait des ratés, à savoir des affaires abîmées ou perdues, l’erreur étant source d’apprentissage. De toute évidence, le trousseau offert à chaque enfant ne couvrira pas les besoins de l’année, ne serait-ce que parce que les enfants sont en pleine croissance. De nombreuses familles n’auront pas les moyens de renouveler les kits, la somme de 200 euros pour 2 blouses et 2 tee-shirts nous paraissant exorbitante d’autant que ce coût augmentera proportionnellement au nombre d’enfants.


Pour justifier cette mesure, vous invoquez le besoin de créer un sentiment d’appartenance chez les élèves. Alors que l’uniforme ne crée qu’une appartenance artificielle et de façade, il nous semblerait plus judicieux de fédérer les élèves en encourageant les rencontres entre écoles autour de projets culturels, de compétitions sportives, etc., ou par des kermesses, des soirées ou des portes ouvertes au sein de l’école pour faire se rencontrer les familles. Fortement attachés à l’école publique, nous ne comprenons pas ce besoin de singer les pratiques de l’enseignement privé.


Enfin, de nombreuses questions restent à ce jour en suspens. Qu’en sera-t-il des familles qui s’opposent à ce que leur(s) enfant(s) porte(nt) l’uniforme ? Quelles sanctions seront prévues ? L’accès à l’école leur sera-t-il interdit, au mépris du droit le plus élémentaire à l’instruction ? Certaines situations ne manqueront pas d’arriver : le vendredi soir, un enfant chute, déchire son uniforme devenu inutilisable et il est impossible d’en commander un le week-end. Que se passera-t-il pour lui le lundi ?
Les enseignantes et enseignants du premier degré, a fortiori les directrices et directeurs d’école, ont une multitude de problèmes à régler en plus de leurs missions pédagogiques et sont souvent à la limite de l’épuisement. Des événements tragiques viennent parfois nous le rappeler. Il est notoire que les relations avec les familles sont un sujet épineux. Est-il judicieux de leur imposer de nouveaux tracas ? Ne faudra-t-il pas contrôler chaque matin à la grille la tenue de 150 enfants, écrire dans les cahiers de liaison des mots aux parents dont les enfants n’auraient pas une tenue
conforme au règlement, téléphoner, engager les procédures disciplinaires le cas échéant ? Nous préférerions les savoir occupés à des tâches plus pédagogiques. Il nous faudra aussi, en tant que parents, accepter de voir nos enfants contrôlés chaque matin comme s’ils entraient dans un aéroport. Est-ce comme cela que l’on crée de la confiance et de l’apaisement ?


Nous demandons que cette mesure soit abandonnée. Si tel n’était pas le cas, nous demandons que ses tenants et aboutissants soient clarifiés via une réunion d’information ouverte à tous. Dans tous les cas, nous jugeons que l’argent public est mal employé et nous dénonçons l’abandon des études gratuites qui nous semblaient être une véritable plus-value.

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