Contre l’entrée de l’approche par compétences dans les écoles. [Appel.]

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JOSEPH PLICHART et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Présentation :

La « compétence » entre aujourd’hui dans les écoles – et les universités. Un grand nombre d’enseignantes et d’enseignants sont, comme on sait, hostiles au néolibéralisme et à son entrée dans l’école. Comment expliquer que contre la compétence aucun front de résistance, pourtant, ne se constitue ? Que font, que disent, les enseignants et enseignantes hostiles au néolibéralisme quand est employé en leur présence le mot de « compétence » ou quand on les invite à le relayer ? Le sens de cet appel est de faire exister simultanément dans tous les établissements scolaires (de la maternelle à l’université) une prise de parole d’opposition, apte à dessiner sur le terrain une ligne de front suffisamment nette autour de ce « concept » : car les implications de l’entrée de la compétence dans les écoles sont absolument considérables. La compétence est elle-même envisagée comme ressource et elle fonctionne par exploitation – ou mobilisation – de ressources. Par elle, l’élève comme le futur salarié devient ressource ; l’enseignant devient ressource ; et le monde même (s’il ne sert plus qu’à acquérir ou faire acquérir des compétences) devient ressource.

 

*

 

Appel des enseignantes et des enseignants à lutter contre l’entrée de l’approche par compétences dans les écoles – de la maternelle à l’université.

 

ou


Appel de Villejean –

janvier 2024.

 

Nous, soussignés enseignantes et enseignants des écoles maternelles, primaires, secondaires (collèges, lycées), ainsi que du supérieur (universités et grandes écoles), nous déclarons ensemble solennellement et fermement opposés à l’entrée de l’« approche par compétences » dans nos classes et nos amphithéâtres : nous récusons cette approche comme faisant violence à l’enseignement que nous avons à donner, et comme modifiant de façon nocive le rapport ayant à exister, en cet enseignement, entre nous, nos élèves, et le monde dans lequel nous vivons.

 La compétence est une notion qui vient du management de l’homme par l’homme, dont les effets sont destructeurs, partout dans la société. Les sciences de l’éducation, ces vingt-cinq dernières années, ont contribué à acclimater la notion dans le champ pédagogique : en prétendant dépasser les polémiques, elles se targuent d’avoir bâti un concept de compétence « pédagogique » qui n’a plus rien à voir avec le concept managérial. Ce faisant, les sciences de l’éducation ont endormi notre vigilance ; elles ont surtout organisé une immense confusion (en employant le même mot). Or quel est le sens qui s’impose finalement : dans parcoursup ? dans les bilans de compétences qui attendent nos élèves tout au long de leur cursus, voire tout au long de leur vie ? Est-ce si sûr que ce soit le sens des pédagogues ? N’est-ce pas (aussi) (plutôt) le sens des gestionnaires de la ressource humaine ? Même adaptée au milieu seulement scolaire et prétendument libérée de son origine managériale (par les préconisations et efforts de pédagogues possiblement sincères), la notion de « compétence » ne peut être déconnectée du schéma néolibéral avec lequel elle est liée : l’individu mis au centre ; et la logique du développement de soi (de soi comme ressource)... 

 La compétence est un concept. (Ce n’est pas qu’un mot.) On ne la relaie pas innocemment.

 Le problème de la compétence n’est donc pas seulement qu’on puisse la mettre au service du management néolibéral (et que les compétences des référentiels scolaires soient en fait destinées à devenir, sans rupture ou presque, les compétences requises sur un marché du travail néolibéralisé) ; le problème de la compétence est la compétence elle-même. Cette notion, en effet, contient un renversement et une subversion ou destitution de l’enseignement.

 Pour le dire en quelques mots : en enseignant par compétences, nous cessons de livrer (de désigner) un monde à nos élèves (un monde, donné chaque fois par le biais de la ou des disciplines, qu’il nous est donné d’enseigner) ; à la place, nous avons la mission de munir un petit individu autocentré de « capacités » (abilities, skills) pour se défendre dans une « vie » (possiblement hostile, complexe, concurrentielle et angoissante). Or ceci n’est pas donner un monde ; c’est seulement reproduire la vie (permettre au petit moi la survie en un milieu de plus en plus hostile). Enseigner par compétences implique nécessairement qu’on ne rencontre plus le monde que dans un deuxième temps : le monde, les objets du monde (le poème, le théorème, le petit animal), n’entrent plus dans la salle de classe que comme matériaux pour servir à l’acquisition et à l’exercice des compétences des petits « moi ». Les objets enseignés n’entrent plus dans la salle de classe pour eux-mêmes et parce qu’ils vaudraient la peine d’être vus, montrés, enseignés, accueillis… mais pour être mis au service de l’augmentation de mes habiletés, de mes ressources. L’approche par compétences fait fond sur un oubli du monde. Le but de l’enseignement est tout autre. Et il est double : car l’enseignement n’a pas seulement pour but de munir un individu de ce qui possiblement lui manquerait (pour vivre ou survivre) en un milieu et en un monde ; le but de l’enseignement est de donner le monde à l’élève ; et de continuer à faire exister ce monde (qui est fragile) (qui disparaît, s’il n’est transmis). La pédagogie de la compétence destitue l’intentionnalité de l’enseignement. En cela, elle est contraire à tout enseignement.

 Mais se pose de surcroît, avec l’approche par compétences, un deuxième problème, considérable. Dès lors qu’on ne conçoit plus l’enseignement à partir des disciplines, mais qu’on pense l’enseignement et sa finalité à partir de référentiels de compétences externalisés et transversaux, se pose la question de savoir quelle instance, quelle institution, se trouve munie du pouvoir exorbitant de décider des compétences à faire acquérir à la population des élèves. Ce qu’on peut dès actuellement constater, c’est que les référentiels des différents systèmes scolaires, dans les pays européens, sont des décalques de préconisations faites par l’OCDE ou le Conseil de l’Europe ; et des référentiels semblables, légèrement variés ou adaptés localement, s’appliquent dans le monde entier. Autrement dit, c’est le pouvoir politique (gouvernements respectifs des différents États) qui a directement la main sur les référentiels ; et qui peut les modifier (et les modifie en effet au gré de ses préoccupations du moment : apparition de compétences sanitaires, citoyennes, informationnelles, émotionnelles, psychosociales, etc., au gré des crises à gérer). Faut-il dire pourquoi un tel système est dangereux ?

 Quand on enseigne au contraire disciplinairement (c’est-à-dire dans le cadre donné par les disciplines scolaires), ce qui est enseigné est « garanti » et « discuté » (parfois très âprement) par des spécialistes d’une discipline donnée : que l’on soit ou non d’accord avec les programmes finalement décidés (et il y a mille raisons de ne pas être d’accord), la décision est prise à l’intérieur d’une discipline, qui a son histoire, sa méthode, ses institutions, ses habitudes, son inertie, ses travers, ses grandeurs. Et dans chaque discipline, l’enseignant, l’enseignante, est libre de faire jouer à l’intérieur de son enseignement les divers courants contradictoires qui sont à l’œuvre en son sein (car toute discipline est vivante : les mathématiques ou la philosophie, bien que très vieilles, sont vivantes ; la sociologie ou l’économie, bien que très jeunes, le sont aussi). Chaque discipline est traversée par l’âpreté et la contradiction. Et chaque discipline, de surcroît, vient buter contre ses voisines, et dialogue et échange avec elles (interdisciplinarité). (Et des savoirs nouveaux naissent de ces échanges, interférences, accouplements – voire, parfois, une discipline nouvelle…) Mais la logique de la compétence, elle, voudrait dire (d’en haut) (par-dessus les disciplines) ce que doivent faire les disciplines, et à quoi elles sont destinées à servir. L’approche par compétences n’est pas interdisciplinaire (comme elle le prétend), mais extra-disciplinaire. Elle est une capture de l’enseignement (des disciplines) par le pouvoir politique gestionnaire. Cet état de fait constitue un danger politique considérable.

 

*

 

Que le Ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ait pris le parti de traiter son personnel (nous) par les moyens et méthodes de la ressource humaine (Direction des personnels remplacée par la Direction des Ressources Humaines ; et ce n’est pas qu’un changement de nom, comme on commence à le sentir au quotidien…), ne pourra jamais impliquer que les enseignantes et enseignants soient contraints à leur tour de traiter et de considérer – une seule seconde – leurs élèves selon ces mêmes catégories.

 

 Pour cette raison, nous, enseignantes et enseignants signataires de cet appel, nous engageons aujourd’hui solennellement :

 1° à cesser de relayer, en bannissant de notre vocabulaire, les mots qui sont ceux de cette pédagogie : le mot de « compétence » et le mot de « ressource », pris en ces sens.

 Si pour quelque raison nous sommes contraints (par des obligations légales liées à notre statut de fonctionnaire, de vacataire, de contractuel, etc.) d’employer ces mots malgré tout, alors nous ne le ferons qu’en les mettant à distance, par exemple en usant de guillemets, ou en les faisant suivre de la mention, à l’écrit comme à l’oral : « ... comme disent les pédagogues des rectorats de France » ; ou « comme on dit en gestion des ressources humaines » ; ou de toute autre formule que nous inspirera l’instant.

 2° à nous opposer partout où cela est possible et par tous les moyens à disposition à ce que l’approche par compétences progresse – et symboliquement à ne pas manquer une occasion de dire (devant les élèves, devant les parents d’élèves, devant nos supérieurs hiérarchiques, devant nos collègues, devant les représentants du peuple, devant nos syndicats, etc.), en en expliquant les raisons, notre hostilité au concept de « compétence ».

 (Et ce, en nous réclamant si nécessaire de cet appel commun, nommé de la façon la plus générale possible « Appel des enseignantes et des enseignants à lutter contre l’entrée de l’approche par compétences dans les écoles », afin que les résistances locales n’apparaissent pas isolées, mais puissent se fédérer en un mouvement de refus général, qui s’étende sur tout le pays, et sur tous les niveaux d’enseignement.)

 Pour le reste, l’École enseigne, comme elle l’a toujours fait, des savoirs et des savoir-faire. Le mot de « compétence » est inutile. Nous ferons mieux notre travail sans. (En aucune manière, nous ne voulons dire par là que l’École doit rester ce qu’elle est ; elle peut et doit changer ; mais cette voie de la « compétence », qui se donne volontiers l’image d’un changement émancipateur pour les élèves, est en réalité la voie vers une école du contrôle biopolitique et néolibéral.) 

 (Et ceci ne veut pas dire non plus qu’il ne serait pas nécessaire et possible d’inventer, comme le font au quotidien tant de collègues du primaire et de la maternelle notamment, au moyen des pédagogies alternatives par exemple, de meilleures façons d’aider nos élèves, et de mettre en avant, quand il est absolument nécessaire de les évaluer, des manières de faire plus adéquates et différenciées que la note chiffrée. Mais de tels efforts n’impliquent pas du tout la nécessité de passer à la « compétence », comme essaient de nous le faire croire les sciences de l’éducation depuis vingt ans ; et n’impliquent pas même d’employer ce mot, qui n’est pas le nôtre. Parlons en ce cas de « savoir-faire » ; et traitons cette question comme une question pédagogique, c’est-à-dire comme une question relevant de l’enseignement – et de lui seul.)

 

*

 

 L’avenir n’appartient pas à la compétence, mais à l’enseignement. Nous saurons faire preuve de résistance, mais aussi de patience. Nous savons que la pédagogie de la compétence aura disparu comme nouveau gadget des sciences de l’éducation (après les familles de situations, la pédagogie par objectifs, etc.), mais aussi et surtout comme moyen néolibéral d’appréhender les personnes (et donc comme instance destructrice de la société) quand nous, dans les écoles, les collèges, les lycées, les universités, continuerons à enseigner le théorème de Pythagore, la reproduction sexuée des plantes, 1859, Pantagruel, Toussaint-Louverture, les règles d’accord des verbes, le parfait présent, Hegel, l’arpège, 1792, la courbure de l’univers, Rimbaud, et la joie du saut en longueur ou de la gambade par-dessus les barrières.

 Car tout apprentissage, tout enseignement est joyeux. (Et la Compétence est institution de la tristesse et de l’« attendu ».)

 

Rennes, 

janvier 2024.

 

PS. Nous, soussignées et soussignés, adressons notre solidarité à toutes et tous les collègues engagés dans cette lutte depuis des années, et qui subissent directement ou indirectement (mais de plus en plus durement) la répression de la part des instances académiques et rectorales. (On a vu des DSDEN et des rectorats agir avec une brutalité impressionnante à l’encontre de collègues.) 

 

N. B.

– La signature de cet appel se fait de deux façons : soit par le biais de la plateforme électronique « change.org » (à partir du 15 janvier 2024) ; soit, de façon personnelle, en passant par les comités d’action qui se mettent en place dans différentes villes (ces signatures peuvent ensuite être recueillies à Rennes, par transmission à cette adresse : comite.action.competence.rennes@gmail.com).


– Le texte de l’appel au format pdf, pour impression et diffusion, peut être téléchargé à cette adresse : https://www.pontcerq.fr/appel-des-enseignantes-et-des-enseignants-a-lutter-contre-lentree-de-lapproche-par-competences-dans-les-ecoles-de-la-maternelle-a-luniversite-appel-de-villejean/.

 

Liste des premières et premiers signataires (13 mai 2025) : 

Ninon Grangé, Cannelle Gignoux, Alain Brossat, Alexander Neumann, Plínio Prado, Marie-Dominique Garnier, Michèle Cohen-Halimi (Paris 8), Gérard Raulet (Paris 4), Marcelle Stroobants, Isabelle Stengers (ULB), Anselm Jappe (Rome), Frédéric Lordon (CNRS), Florent Perrier, Olivier Sarrouy, Emmanuel Parent, Christian Le Moënne, Christophe David, Jil Daniel, Marius Muller, Clément Rouillier, Romain Huët (Rennes 2), Pierre Bergounioux (écrivain), Catherine Malabou (Université de Californie, Irvine), Michaël Crevoisier, Étienne Ménard, Daniel Lebaud, Aurélie Deny (Université de Franche-Comté), Guillaume Burnod (Lycée français, Berlin), Jacques-Olivier Bégot (Rennes 1), Sylvie Monchatre (Lyon 2), Chantal Jaquet, Aurore Koechlin, Franck Fischbach (Paris 1), Serge Martin (Paris 3), Alain Naze, Sandra Lucbert, Christian Prigent (écrivains), Alain Jugnon (Cahiers Artaud), Sonia Dayan-Herzbrun (Paris-Diderot), Manuel Tostain, Patrick Vassort (Université de Caen-Normandie), Jean-Pierre Terrail (Université de Versailles-St-Quentin), Olivier Neveux (ENS, Lyon), Christophe Camus, Anne Bondon, Pierre-Antoine Chabriac (École Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne), Leïla Frouillou, Pascal Sévérac (Université Paris-Nanterre), Nico Hirtt (Aped, Bruxelles), Miguel Benasayag (Paris), Matthieu Renault (Université Toulouse - Jean Jaurès), Joana Desplat-Roger, Bernard Aspe (Collège International de Philosophie), Philippe Nabonnand (Université de Lorraine), Marc Guillaumie (Limoges), Stefano Marchesoni (Lycée italien, Paris), Marc Berdet (Université Fédérale de Rio de Janeiro), Déborah Brosteaux (Université Libre de Bruxelles / Paris Lumières), Anne Roche (Université d’Aix-Marseille), Claudia Girola (IHSS, Université Paris Cité), Stéphane Haber (Paris-Nanterre), Renaud Garcia (Appel de Beauchastel contre l’école numérique), Perrine Wilhelm (Paris 8 / Lycée M. Berthelot, Pantin), Vincent Chanson (chercheur rattaché SOPHIAPOL, Paris-Nanterre), Thibault Barrier (Paris 1), Vincent Gibelin (Snuipp-FSU), Pauline Hachette (IUT de Sceaux), Arthur Lannuzel (UTBM, Belfort-Montbéliard), François Jarrige (Dijon, Université de Bourgogne), Gérard Hamon (SNES-FSU), Clément Cordier, Laurent Zwaenepoel, Morgan Marc, Yann Lupec (SUD éducation 35), Gabriel Mahéo, Philippe Boursier (Rennes), Hervé Ferrière (Université de Bretagne Occidentale), Jean-Paul Engelibert, Jean-Michel Gouvard (Université de Bordeaux-Montaigne),  Christiane Vollaire (CNAM/EHESS), Jean-Luc Gautero (Université de Nice), Sämi Ludwig (Université de Haute-Alsace), Lionel Jacquot (Université de Lorraine), Jean-Michel Devésa, Philippe Colin, Florent Gabaude (Université de Limoges), Françoise Salvan-Renucci (Université Côte d’Azur), Samuel Chaîneau, Raphaël Perrod (SNES 25), Frédéric Metz (Pontcerq), Marie Cuillerai, Éric Marty (Université Paris-Cité), Marc Chatellier (Université de Nantes), Francis Cohen (écrivain), Jérôme Lèbre (Louis-le-Grand), Letitia Mouze (Université Toulouse Jean Jaurès), Thomas Bouchet (Lausanne), Peter Andersen (Université de Strasbourg), Hélène Tordjman (Paris 13), Pauline Juvenez (Université de Nantes), Frederico Lyra de Carvalho (UPJV/USP), Hervé Le Meur (CNRS / Université de Picardie), Nathalie Quintane (écrivain), Florent Lahache (École supérieure des Beaux Arts de Bordeaux), Jorge Nóvoa, Soleni Biscouto Fressato (Université Fédérale de Bahia, Brésil), Geneviève Azam (Université de Toulouse Jean Jaurès), Michèle Gally (Université d’Aix-Marseille CIELAM), Thibault Catel (Université de Limoges), Philippe Roy (Besançon), Caroline Panis, Michel Savaric, Stefan Neuwirth, Laurent Perreau, Claire Mallet, Pauline Chevalier, Séverin Guignard, Mina Aït’Mbark, Corinne Raynal-Astier (Université de Franche-Comté), Farid Ammar Khodja (INSPE/Université de Franche-Comté), Cécile Tannier (CNRS/Université de Franche-Comté), Chloé Lavalette (Rennes 2), Véronique Labrot, Julien Fuchs, Hervé Guyon (Université de Brest), Laurent Jeanpierre, David Lapoujade (Paris 1), Davide Gallo Lassere (University of London), Isabelle Bruno (Université de Lille), Léo Charles (Rennes 2), Catherine Coquio (Université Paris-Cité), « Agrupación Pedagógica Siglo XXI » (Asamblea Técnica de Enseñanza Media de Uruguay), Maria Teresa Ricci (Université de Tours), Christophe Hanna (écrivain), Sébastien Charbonnier (Université de Lille), Walter Ferrer (Universidad de la República, Maldonado, Uruguay), Claudia Rodríguez (Universidad de la República, Montevideo, Uruguay), Luca Paltrinieri (Université de Rennes 1), Bertrand Ogilvie (Paris 8), Frédéric Neyrat (Université de Madison-Wisconsin), François Dosse (Université Paris 12), Marc Goldschmit, Florence Naugrette (Sorbonne Université), Thomas Lamarche (Université Paris Cité), Patrick Vauday (Université Paris 8), Philippe Minard (Université Paris 8 / EHESS), Céline Hervet (Université d'Amiens / Collège international de philosophie), Corinne Rondeau (Université de Nîmes), Paul Dirkx (Université de Lille), Christine Baron (Université de Poitiers), Mario Denti (Université Rennes 2), Yannick Séité (Université de Tours), Hubert Heckmann (Université de Rouen), Benjamin Saccomanno (Toulouse 2), Alexis Nuselovici (Aix-Marseille Université), Cecilia D’Ercole (EHESS), Pascal Montlahuc (Université Paris Cité), Catherine Milkovitch-Rioux (Université Clermont-Auvergne), Ludmila Charles (Université de Tours), Olivier Bochet (Université Rennes 1), Stewen Corvez, Étienne Delprat, Ali Ait Abdelmalek (Université Rennes 2), Jean-Baptiste Bonnard (Université de Caen), Antonin Wiser (Gymnase de Beaulieu, Lausanne), Jérôme Meizoz (Université de Lausanne), Alan Hervé (Sciences Po Rennes), Lucas Kervegan (Sorbonne Université), Mireille Bruyère (Université de Toulouse Jean Jaurès), Gérard Bras (Université Populaire des Hauts-de-Seine), Katia Schwerzmann (Ruhr-Universität Bochum), Jochen Krautz (GBW / Bergische Universität Wuppertal), Andreas Gruschka (Goethe-Universität Frankfurt), Éric Thouvenel (Université de Nanterre), Julie Sermon (Lyon 2), Diane Watteau (EAS, Université Paris 1), Aurélie Ledoux (Université Paris Nanterre), Christoph Türcke (Hochschule für Grafik und Buchkunst Leipzig), Judith Bernard (lycée, 93), Pierre Dardot (Université Paris Nanterre), Nicolas Da Silva (Sorbonne Paris-Nord), Raoul Vaneigem (écrivain), Philippe Huneman (CNRS / Université Paris 1 Sorbonne), Daniel Serceau (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Christian Laval (Université Paris-Nanterre), Marguerite Vappereau (Université Bordeaux-Montaigne), Alexis Cukier (Université de Poitiers), Laure Murat (Université de Californie, Los Angeles) , Katia Genel (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Cécile Canut (Université Paris Cité), Karine Pinel (Université Montpellier III Paul Valéry), Sylvie Rollet (Université de Poitiers), Sylvie Lindeperg (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), François Cusset (Université de Paris-Nanterre), Marie Martin  (Université de Poitiers), Ann Smock (Université de Berkeley), Mickaël Lavaine (Université de Brest), David Faroult (École Nationale Supérieure Louis-Lumière), Xavier Lambert (Université de Toulouse Jean Jaurès), Élie Guéraut (Université Clermont-Auvergne), Andreas Gelhard (GWZ, Université de Leipzig), Olivia de Graef (Paris), Karin Fischer (Université d’Orléans), Emmanuel Quenson (Université d’Evry-Paris Saclay), Christophe Granger (Université Paris-Saclay), Jean-Louis Siroux (Université libre de Bruxelles), Benoît Leroux, Arnaud Francois, Harmony Dewez (Université de Poitiers), Florent Gaudez (Université Grenoble-Alpes), Alain Refalo (professeur des écoles, Haute-Garonne, initiateur du mouvement des enseignants-désobéisseurs du 1er degré, 2008-2012), Fanny Madeline (Université Paris 1), Maria Kakogianni (écrivaine), Pieter Lagrou, Sylvain Delcomminette (Université libre de Bruxelles), Antoine Janvier (Université de Liège), Guillaume Dye (Université libre de Bruxelles), SUD Éducation 28 (Eure-et-Loir), SUD Éducation 41 (Loir-et-Cher), SUD Éducation 94 (Val-de-Marne), Vincent de Coorebyter, Francine Bolle, Chloé Deligne, Pierre Brasseur (Université Libre de Bruxelles), Wenceslas Lizé (Université de Poitiers), Norbert R. Vetter (Redaktion GBW, Allemagne), Laurent Ott (La Rage du social), David Jamar (Université de Mons), Bettina Horsch (École nationale supérieure d’architecture de Nantes), Sauver les lettres (sauv.net), Richard Abauzit (CNRBE, Solidaires 34), Anne Morelli (Université Libre de Bruxelles), Pierre-Damien Huyghe (Université Paris 1), Groupe « La Sociale » de la Fédération Anarchiste (Rennes), Cécile Fournel (CPGE, lycée Martinière Diderot, Lyon), Catherine Naugrette (Université Sorbonne Nouvelle), ATTAC Rennes, Filippo Del Lucchese (Università di Bologna), Elettra Stimilli (Sapienza Università di Roma), Francesco Toto (Università degli Studi Roma Tre), Francesco Verde (Sapienza Università di Roma), Frédéric Adelbert Kinkani Mvunzi Kamosi (Université Loyola du Congo, membre Associé SPH Université Bordeaux Montaigne), Sébastien Garnier (Paris 1), Iris Chionne (Université de Nantes), Clifford Baverel (Université d'Angers), Maryline Heck, Élisabeth Gavoille (Université de Tours), Céline Frigau Manning (Université Jean Moulin - Lyon 3), Nicholas Manning (Université Grenoble Alpes / Institut universitaire de France), Laurent Gavoille (Université Bordeaux-­Montaigne), Pascale Gillot, Cristina Terrile (Université de Tours), Maria Dolores Chevallier (Université d’Angers), Laurence Mullaly (Université de Tours), Catherine Pomeyrols (Université de Nantes / École Normale Supérieure de Saint Cloud), Céline Vaz (Université Polytechnique Hauts-de-France), Roland Pfefferkorn (Université de Strasbourg), Thierry Pécout (Université Jean Monnet, Saint-Étienne), Edward Lee-Six (Université Paris 1), Catherine Bouve (Université Sorbonne Paris Nord), Federico Ferrari (École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais), Alice Grégoire (École nationale supérieure d’architecture de Versailles), Steven Melemis (École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais), Marie Durand (École nationale supérieure d’architecture de Marseille), Florence Rudolf (INSA Strasbourg), Zoé Carle (Université Paris 8), Nicolas Fréry (Université Gustave Eiffel), Oded Rabinovitch (Université de Tel Aviv), Pascal David (Université de Bretagne occidentale, Brest), Fanny Lopez (École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais), Jean-Manuel Warnet (Université de Bretagne Occidentale, Brest), Patrick Garcia (Cergy Paris Université), Suzanne Duval (Université Gustave Eiffel), Remi Astruc (Cergy Paris Université), Yohann Deguin (Université de Rouen), Alix Meyer (Université Clermont Auvergne), Floriane Daguisé (Université de Rouen), Jean-Pierre Vallier (École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais), Joël Gayraud (écrivain), Colin Debuiche (Université de Tours), Caroline Julliot (Université Jean Moulin - Lyon 3), Alice De Georges (Université de Côte d’Azur), Fanny Darbus (Université de Nantes), Laurens Sylvain (EHESS), Ilias Yocaris (Université de Côte d’Azur), Charlotte Brives (CNRS, Centre Émile Durkheim Bordeaux), Federico Chicchi (Università di Bologna), Sylvie Morel (CENS, Université de Nantes), Pierre Dufour (Université Toulouse Jean Jaurès), Jacques David (Cergy Paris Université), Florian Vaurs (Université de Paris 8), Riccardo Stracuzzi  (Università di Bologna), Benjamin Thomas (Université de Strasbourg), Albert Ogien (CNRS), Fabio Martelli (Università di Bologna), Éric Gondard (Université de Montpellier Paul-Valéry), Joël Laillier (Université d’Orléans), Mauro Folci (Accademia di belle arti di Brera, Milan), Francesca Gallo (Sapienza Università di Roma), Milena Doytcheva (Université de Caen), Camillo Neri (Università di Bologna), Mario Caramitti (Università di Roma), Michelle Dobré (Université de Caen), Sonia Gentili (Sapienza Università di Roma), Frank Greiner (Université de Lille), Irene Vannelli (Università di Roma 1), Marie-Pierre Julien (Université de Lorraine), Bernard Balzani (Université de Lorraine, IAE Nancy), Vincenzo Lavenia  (Università di Bologna), Jessica Wilker (Université de Lille), Jean-Pierre Durand (Université d’Évry Paris-Saclay), Francesca Santoni (Sapienza Università di Roma), Giuseppina Brunetti (Università di Bologna), Gloria Casas Vila (Université Toulouse Jean Jaurès), Claudio Cerreti (Università Roma Tre, Presidente della Società Geografica Italiana), Guillaume Vernet (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Fabio Coden (Università di Verona), Yaël Kreplak (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Christophe Imbert (Université Toulouse Jean Jaurès), Nathalie Vanara (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Pierre-Stanislas Nouvel (Université de Bourgogne), Anne Laure Imbert (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Modesta Suárez (Framespa, Université Toulouse Jean Jaurès), Évelyne Toussaint (Université Toulouse Jean Jaurès), Kélina Gotman (King’s College London), Marianne Dautrey (critique, traductrice), Nello Bertoletti (Università di Torino), Hervé Joubert-Laurencin (Université Paris Nanterre, Institut Universitaire de France), Pietro Kobau (Università di Torino), Éric Anceau (Université de Lorraine), Aurélien Berlan (Université de Toulouse Jean Jaurès), Ophélie Naessens (Université de Lorraine), Jan Sprenger (Università di Torino), Jérôme Viret (Université de Lorraine), Elena Casetta (Università di Torino), Philippe Claudon (Université de Lorraine), Jacques David (CY Cergy Paris Université & INSPE de Versailles), Benoît Losson (Université de Lorraine), Barbara Houbre (Université de Lorraine), Nicolas Rialland (Université de Rouen), Céline Cherici (Université de Picardie), Jean-Luc Kop (Université de Lorraine), Onofrio Romano (Università Roma Tre),  Hélène Maire (Université de Lorraine), Éric Léonard (IRD, UMR SENS Montpellier), Charlotte Lacoste (Université de Lorraine), Jean-Marc Duhé (Université de La Réunion), Hervé Huntzinger (Université de Lorraine), Paul Allies (Université de Montpellier), Pascal Navarro (Aix Marseille Université), Michel Deshaies (Université de Lorraine), Nikolas Foure  (ENSA Normandie), Ecem Okan (Université de Lorraine), Nicolas Prognon (Framespa, Université de Toulouse 2), Arnaud Zucker (Université Côte d’Azur), Marie Scarpa (Université de Lorraine), Élodie Cassan (Université de Rouen), Franck Varenne (Université de Rouen), Clotilde Nouët (Université Mohammed VI Polytechnique, Maroc), Valéry Pratt (Centre Simmel/EHESS, CPGE Lycée Thuillier, Amiens), Hervé Mayer (Université de Montpellier Paul-Valéry), Andrea Angelini (Université Paris 8), Eva Raynal (Université de Mayotte / Université de Montpellier), Valérie Aucouturier (UC Louvain Saint-Louis Bruxelles), Élisa Ruozzi (Università di Torino), Luciano Allegra (Università di Torino), Philippe Quenet (Université de Strasbourg – CNRS), Pascal Bué (Université Sorbonne Paris Nord), Franck Renucci (Université de Toulon), Tibere Schweizer (Université de Fribourg, Suisse), Céline Masoni (Université Côte d’Azur), Nicolas Piluso (CERTOP, Université de Toulouse), Julien Reysz (Université Toulouse Jean Jaurès), Antoine Gaudin (Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle), Alexis Blanchet (Sorbonne Nouvelle), Giusy Pisano (ENS Louis-Lumière / IRCAV), Sébastien Broca (Université Paris 8), Bruno Péquignot (Paris Sorbonne Nouvelle), Andrea Cerroni (Università di Milano-Bicocca), Perrine Boutin (Sorbonne Nouvelle Paris 3), Massimiliano Guareschi (Università di Milano-Bicocca), Hervé Zénouda (Laboratoire IMSIC, Université de Toulon), Fabienne Galangau-Querat (Muséum national d’Histoire naturelle), Marco Maggiore (Università di Pisa), Pietro Dini (Università di Pisa), Joëlle Le Marec (Muséum national d’Histoire naturelle), Michela Sassi (Università di Pisa), Alan Ouakrat (Université Sorbonne Nouvelle), Françoise Poyet (INSPE, Université Lyon 1), Perrine Val (Université de Montpellier Paul-Valéry), Mathilde Vassor (Université Rennes 2), Marion Poirson (Université Montpellier III), Hélène Fleckinger (Université Paris 8), Evgenia Giannouri (Université Sorbonne Nouvelle), Jessie Martin (Université de Lille), Katalin Pór (Université Paris 8), Clément Schneider (cinéaste et chercheur SACRe – Université Paris Sciences et Lettres), Sarah Leperchey (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Myriam Juan (Université de Caen), Mélanie Forret  (Université Paris 8), Giuseppe Tomassini (Scuola Normale Superiore di Pisa), Jennifer Verraes (Université Paris 8), Lee Amaduzzi (Scuola Normale Superiore di Pisa), Hélène Baby (Université Côte d'Azur), Camille Manfredi (Université de Bretagne Occidentale), Thierry Gobert (Université de Perpignan), Federica Schiaffino (Scuola Normale Superiore di Pisa), Guillaume Cot (Université Paul Valéry, Montpellier), Lucie Taïeb (écrivaine, Université de Bretagne Occidentale), Karine Pinel (Université Paul Valéry, Montpellier), Malika Kaheraoui (Université de Poitiers / INSPE), Estèle Dupuy (Université de Poitiers), Gwenthalyn Engélibert (Université de Bretagne Occidentale), Aurélie Ledoux (Université Paris Nanterre), Liêm-Khê Luguern (Gaillac, Tarn), Corinne Denoyelle (Université Grenoble Alpes), Julien Dubruque (Lycée Henri IV, Paris / CESR, Université de Tours), Olivia Chambard (Université d’Évry Paris-Saclay), Anne-Violaine Houcke (Université Paris Nanterre), Benjamin Mauer (Université d’Évry Paris-Saclay), Philippe Brunet (Université Gustave Eiffel – LISIS), Dominique Glaymann (Université d’Évry Paris-Saclay), Renaud Hétier (Université catholique de l’Ouest, Angers), François Sarfati (Université d’Évry Paris-Saclay), Christophe Couderc (Université de Paris Nanterre), Oriana Scarpati (Università di Napoli Federico II), Marie-Barbara Le Gonidec (LESC, Université Paris Nanterre), Nadine Herry Benit (Université Paris Nanterre), Raphaëlle Doyon (Université Paris 8), Alessandro Naso (Università di Napoli Federico II), Patrick Geffard (Université Paris 8), Igor Babou (Université Paris Cité), Anne Emmanuelle Berger (Université Paris 8), Barbara De Rosa (Università di Napoli Federico II), Claire Pagès (Université Paris Nanterre), Vincent Godard (Université Paris 8), Laure Emperaire (Institut de recherche pour le développement), Norbert Waszek (Université Paris 8), Jean-Louis Fournel (Université Paris 8), Ruggero Iori (EMA, Cergy Paris Université), Sophie Marret-Maleval (Université Paris 8), Léandre de Lajonquière (Université Paris 8), Paul-Louis Rinuy (Université Paris 8), Stefania De Vido (Università Ca' Foscari Venezia), Aurélie Pfauwadel (Université Paris 8), Enrico Euli (Università di Cagliari), Aliocha Imhoff (Université de Paris 8), Gaël Eismann (Université de Caen Normandie), Daphné Le Sergent (Université Paris 8), Typhaine Haziza (Université de Caen Normandie), Bernard Hours (Cessma, Université Paris Cité), Emeric Lendjel (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Vincent Bollenot (Université de Caen Normandie), Nathalie Coutelet (Université Paris 8), Pascal Bartout (Université d’Orléans), Frédérique Barnier (IUT de Bourges – Université d'Orléans), Anne Zribi-Hertz (CNRS/Université Paris 8), Rémi Lemoy (Université de Rouen Normandie), Fabio Gasparini (Freie Universität Berlin), Béatrice Ménard (Université Paris Nanterre), Alessio Collura (Università degli Studi di Palermo), Christophe Mileschi (Université Paris Nanterre), Jean-Louis Milhorat (Université de Nantes), Pierre-Arnaud Chouvy (CNRS, UMR Prodig), Eduardo Viveiros de Castro (Museu Nacional, Rio de Janeiro), Appep (Association des professeurs de philosophie de l’Enseignement public), Laurent Piriou (Université de Nantes), Magali Aigoin (Éducation nationale), Simon Renoir (Avignon Université), Nina Iharimalala (Université d’Antananarivo), Jean-Claude Dupont (Université de Picardie Jules Verne), Pascal Maugis (École Centrale Marseille), Pierre Guignard (Université de Nantes), Carmen Palacios (Université de Perpignan), Fabrice Thuriot (Université de Reims), Blaise Douglas (Université de Rouen), Francois Taglioni (Université de La Réunion), Mélanie Duval (CNRS), Caroline Meynet (Université de Savoie), Monique Chastanet (CNRS), Sébastien Galliot (CNRS, UMR CREDO), Valérie Daux (Université de Versailles Saint-Quentin), Jean Martial Mari (Université de la Polynésie française), Lionel Laslaz (Université de Savoie), Victor Cannilla (Université de Lausanne), Christophe Gauchon (Université de Savoie), Anne Volvey (Université d’Artois), Alberto Bondolfi (Université de Genève), Jean-Luc Guichet (Université de Picardie), Thierry Lecerf  (Université de Genève), Andreas Pfersmann (Université de la Polynésie française), Jorge Onrubia-Pintado (Université de Castilla-La Mancha, Espagne), Aurore Val (Université Aix-Marseille), Agathe Torti Alcayaga (Paris 13), Emmanuèle Caire (Université Aix-Marseille), Olivier Gaudin (École de la nature et du paysage, Blois), Olivier Legros (Université de Tours), Guillaume Étienne (Université de Tours), Christian Boudignon (Université d’Aix-Marseille), Alexandre Frondizi (Paris 1), Olivier Sanmartin (Université de Tours), Jean-Louis Jeannelle (Sorbonne Université), Myriam Tsikounas (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Claire Lamy (Sorbonne Université), Christian Jambet (membre honoraire du LEM, Académie française), Romain Telliez (Sorbonne Université), Sébastien Fray (Université Jean Monnet Saint-Étienne), Juliette Virié (Collège Travail Langevin de Bagnolet), Cédric Tartaud-Gineste (École Pratique des Hautes Études), Sylvain Janniard (Université de Tours), Camille Girault (Université de Savoie), Corinne Bléry (Université Polytechnique Hauts-de-France), Cyrille Dounot (Université Toulouse Capitole), Alain Desreumaux (CNRS, « Orient & Méditerranée »), Manuel Porcheron (IUT de Tours), Rémy Gareil (Université Lyon 3), Bérénice Lagarce-Othman (enseignante du secondaire / CRES, Sorbonne), Morgan Rogers (Université Sorbonne Paris Nord), Bérenger Boulay (Université Paris 13, IUT de Villetaneuse), Claire Martinot (Sorbonne Université, INSPE de Paris), Farah Cherif Zahar (Université Paris 8), Jean-Christophe Marcel (Université de Bourgogne Europe), Aziza Boucherit(Université Paris Cité), François Migeot (écrivain, Université de Franche-Comté), Christelle Reggiani (Sorbonne Université), APLettres (Association des Professeurs de Lettres), Jean Rivière (Université de Nantes), SUD Éducation 44, Nedjma Moussaoui  (Université Lumière Lyon 2), Pierre-Alain Caltot (Université d’Orléans), Emma Gobin (Université Paris 8), Jonathan Cornillon (Sorbonne Université), Nathalie Bulle (CNRS), Thomas Bruckert (Université de Poitiers), Floriana Gargiulo (CNRS), Luca Greco (Université de Lorraine), Raphaëlle Legrand (Sorbonne Université), Sylvain Starck (Université de Lorraine), Stéphane Pages (Université d’Aix-Marseille), Clément Fernandez (CREDO, Université d’Aix-Marseille), Pascale Barthes (Ministère de la Culture), Dante Barrientos (Université d’Aix-Marseille), Hélène Charton (CNRS), Mathias Valex (Université Lumière Lyon 2), Jean-Philippe De Oliveira (Université Lyon 3), Laurent Thévenot (EHESS), Mitchka Shahryari (Université d’Helsinki), Dominique Pradelle (Sorbonne Université, Archives Husserl), Antoine Collin (École Pratique des Hautes Études), Clara Romero  (Université Paris Cité), Christine Mennesson (Sciences Po Toulouse), Elena Partene (ENS, Paris), Cécile Kovacshazy (Université de Limoges), Anne Roche (Université d’Aix-Marseille), Séverine Denieul (IUT Poitiers), Marc Béghin, (Université Grenoble Alpes), Simone Leotta (EHESS), Claudine Le Blanc (Université Sorbonne Nouvelle), Laurent Fedi (Université de Strasbourg), Mathieu Frèrejouan (Université Paris 1), Christine Noël Lemaitre (Université d’Aix Marseille), Francis Yaiche (Université Paris Cité), Christian Berner (Université Paris-Nanterre), Xavier Garnier (Université Sorbonne Nouvelle), Sebastian Kock (Université Toulouse 2 Jean-Jaurès), Valeria De Luca (Université de Limoges), Bertrand Binoche (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Anna C. Zielinska (Université de Lorraine), Virginie Sebbane (Collège G. Tillion, Paris XIIe), Jean-Igor Ghidina (Université Clermont-Auvergne), Gwendal Roblin (GRESCO, Université de Poitiers), Gilles Moreau (Université de Poitiers), Régis Gayraud (Université Clermont Auvergne), Marlaine Cacouault-Bitaud (Université de Poitiers), Nathalie Vienne-Guerrin (Université de Montpellier Paul-Valéry), Frédéric Charles (Université Picardie Jules Verne), Touriya Fili (Université Lyon 2), Élodie Bouygues (Université de Franche-Comté), Beat Föllmi (Université de Strasbourg), Judith Michalet (Université Paris 1), Pierre Baumann (Université Bordeaux Montaigne), Catherine Chomarat-Ruiz (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Alexandre Jaunait (Université de Poitiers), Pierre Vilar (Université de Pau, CEEI de Bayonne), Mathias Millet (Gresco, Université de Poitiers), Henri Eckert (Université de Poitiers), Éric Lecerf (Université de Paris 8), Frédérique Berthet (Université Paris Cité), Vincent Jouve (École Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne), Laure Lévêque (Université de Toulon), Christophe Bouton (Université Bordeaux Montaigne), Martine Sekali (Université Paris Nanterre), Alexia Blin (Université Sorbonne Nouvelle), Anne Lemonde (Université Grenoble Alpes), Hélène Laplace-Claverie (Université de Pau), Chiara Palermo (Université Paris 1), Florent Gabarron-Garcia (Université Paris 8), Jacopo Rasmi (Université Jean Monnet), Jean-Marie Ruiz (Université de Savoie), Alexandra Sippel (Université de Toulouse Jean Jaurès), Gaspard Lion (Université Sorbonne Paris Nord), Rosemeire Reis (Université fédérale d’Alagoas, Brésil), Sophie Fétro (Université de Paris 1), Andrée Chauvin-Vileno (universitaire retraitée), Marius Bertolucci (Université d’Aix-Marseille), Maria da Conceição Coelho Ferreira (Université Lumière Lyon 2), Sylvie Brodziak (Université de Cergy Paris), Monique Clavel-Lévêque (Université de Franche-Comté), Mustapha Bencheikh (Université Ibn Tofail, Maroc), Jean-Philippe Trias (Université de Montpellier Paul Valéry), Olga Kobryn (Université Paris Cité), Marco Assennato (ENSA Paris-Malaquais, Université Paris Sciences et Lettres), Brent Patterson (ENSA Paris-Malaquais et ENSA Paris-La Villette), Marie Menant (ENSA Paris Malaquais), Ariane Wilson (ENSA, Paris-Malaquais), Gaëlle Métois (FORELLIS, Université de Poitiers), Hélène Stevens (Université de Poitiers), Corinne Ferrero (Université de Pau), Maud Santini (ENSA Versailles), Marie-Pierre Julien (Université de Lorraine), Alain Kerhervé (Université de Brest), Nicolas Bianchi (Université Toulouse 2 Jean-Jaurès), Cécile Bourgade (Université de Montpellier), Stéphanie Le Briz-Orgeur (CEPAM, Université Côte d'Azur), Alain Genestier (Université de Lorraine), Laurence Giavarini (Université de Bourgogne), Juliette Morice (Université du Mans), Pouneh Mochiri (Université de Bretagne Occidentale), Patrick Garcia (Cergy Paris Université / INSPE de Versailles), Stéphane Boissellier (Université de Poitiers), Luz Zapata (Université de Brest), Christophe Apprill (URMIS, Université Côte d’Azur / Université Paris Cité), Benjamin Sautter (Université Bretagne Sud), Paul Alliès (Université de Montpellier), François Ripoll (Université de Toulouse 2 Jean Jaurès), Benoîte Decup-Pannier (ENSA Paris-Malaquais), Anne Combarnous (Université de Pau), Pascale Absi (IRD, Université Paris Cité), Sabine Barles (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Dominique Rivière (Université Paris Cité), Laurent Bétermin (Université Claude Bernard Lyon 1), Christian Magné (IUT de Brest), Alban Gautier (Université de Caen), Laura Goudet (Université de Rouen), Nicolas Pech (Université d’Aix-Marseille), Anna Madoeuf (Université de Tours), Isabelle Hillenkamp (Institut de recherche pour le développement), Antoine Follain (Université de Strasbourg), Nathalie Vanara (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Bénédicte Gastineau (Institut de recherche pour le développement), Jean-Christophe Marcel (Université de Bourgogne), Jean-Yves Masson (Sorbonne Université), Christophe Imbert (Université de Toulouse Jean-Jaurès), Larisa Dryansky (Sorbonne Université), Thomas Guglielmo (Université de Poitiers), Laurent Di Filippo (Université de Lorraine), Ariane Bazan (Université de Lorraine), Thierry Lamote (Université de Lorraine), Camille Gendrault (Université Bordeaux Montaigne), Angela Biancofiore (Université de Montpellier Paul-Valéry), Henri Louis Go (Université de Lorraine).

 

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* *Lanceur de pétition

990

Signataires récents:
JOSEPH PLICHART et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Présentation :

La « compétence » entre aujourd’hui dans les écoles – et les universités. Un grand nombre d’enseignantes et d’enseignants sont, comme on sait, hostiles au néolibéralisme et à son entrée dans l’école. Comment expliquer que contre la compétence aucun front de résistance, pourtant, ne se constitue ? Que font, que disent, les enseignants et enseignantes hostiles au néolibéralisme quand est employé en leur présence le mot de « compétence » ou quand on les invite à le relayer ? Le sens de cet appel est de faire exister simultanément dans tous les établissements scolaires (de la maternelle à l’université) une prise de parole d’opposition, apte à dessiner sur le terrain une ligne de front suffisamment nette autour de ce « concept » : car les implications de l’entrée de la compétence dans les écoles sont absolument considérables. La compétence est elle-même envisagée comme ressource et elle fonctionne par exploitation – ou mobilisation – de ressources. Par elle, l’élève comme le futur salarié devient ressource ; l’enseignant devient ressource ; et le monde même (s’il ne sert plus qu’à acquérir ou faire acquérir des compétences) devient ressource.

 

*

 

Appel des enseignantes et des enseignants à lutter contre l’entrée de l’approche par compétences dans les écoles – de la maternelle à l’université.

 

ou


Appel de Villejean –

janvier 2024.

 

Nous, soussignés enseignantes et enseignants des écoles maternelles, primaires, secondaires (collèges, lycées), ainsi que du supérieur (universités et grandes écoles), nous déclarons ensemble solennellement et fermement opposés à l’entrée de l’« approche par compétences » dans nos classes et nos amphithéâtres : nous récusons cette approche comme faisant violence à l’enseignement que nous avons à donner, et comme modifiant de façon nocive le rapport ayant à exister, en cet enseignement, entre nous, nos élèves, et le monde dans lequel nous vivons.

 La compétence est une notion qui vient du management de l’homme par l’homme, dont les effets sont destructeurs, partout dans la société. Les sciences de l’éducation, ces vingt-cinq dernières années, ont contribué à acclimater la notion dans le champ pédagogique : en prétendant dépasser les polémiques, elles se targuent d’avoir bâti un concept de compétence « pédagogique » qui n’a plus rien à voir avec le concept managérial. Ce faisant, les sciences de l’éducation ont endormi notre vigilance ; elles ont surtout organisé une immense confusion (en employant le même mot). Or quel est le sens qui s’impose finalement : dans parcoursup ? dans les bilans de compétences qui attendent nos élèves tout au long de leur cursus, voire tout au long de leur vie ? Est-ce si sûr que ce soit le sens des pédagogues ? N’est-ce pas (aussi) (plutôt) le sens des gestionnaires de la ressource humaine ? Même adaptée au milieu seulement scolaire et prétendument libérée de son origine managériale (par les préconisations et efforts de pédagogues possiblement sincères), la notion de « compétence » ne peut être déconnectée du schéma néolibéral avec lequel elle est liée : l’individu mis au centre ; et la logique du développement de soi (de soi comme ressource)... 

 La compétence est un concept. (Ce n’est pas qu’un mot.) On ne la relaie pas innocemment.

 Le problème de la compétence n’est donc pas seulement qu’on puisse la mettre au service du management néolibéral (et que les compétences des référentiels scolaires soient en fait destinées à devenir, sans rupture ou presque, les compétences requises sur un marché du travail néolibéralisé) ; le problème de la compétence est la compétence elle-même. Cette notion, en effet, contient un renversement et une subversion ou destitution de l’enseignement.

 Pour le dire en quelques mots : en enseignant par compétences, nous cessons de livrer (de désigner) un monde à nos élèves (un monde, donné chaque fois par le biais de la ou des disciplines, qu’il nous est donné d’enseigner) ; à la place, nous avons la mission de munir un petit individu autocentré de « capacités » (abilities, skills) pour se défendre dans une « vie » (possiblement hostile, complexe, concurrentielle et angoissante). Or ceci n’est pas donner un monde ; c’est seulement reproduire la vie (permettre au petit moi la survie en un milieu de plus en plus hostile). Enseigner par compétences implique nécessairement qu’on ne rencontre plus le monde que dans un deuxième temps : le monde, les objets du monde (le poème, le théorème, le petit animal), n’entrent plus dans la salle de classe que comme matériaux pour servir à l’acquisition et à l’exercice des compétences des petits « moi ». Les objets enseignés n’entrent plus dans la salle de classe pour eux-mêmes et parce qu’ils vaudraient la peine d’être vus, montrés, enseignés, accueillis… mais pour être mis au service de l’augmentation de mes habiletés, de mes ressources. L’approche par compétences fait fond sur un oubli du monde. Le but de l’enseignement est tout autre. Et il est double : car l’enseignement n’a pas seulement pour but de munir un individu de ce qui possiblement lui manquerait (pour vivre ou survivre) en un milieu et en un monde ; le but de l’enseignement est de donner le monde à l’élève ; et de continuer à faire exister ce monde (qui est fragile) (qui disparaît, s’il n’est transmis). La pédagogie de la compétence destitue l’intentionnalité de l’enseignement. En cela, elle est contraire à tout enseignement.

 Mais se pose de surcroît, avec l’approche par compétences, un deuxième problème, considérable. Dès lors qu’on ne conçoit plus l’enseignement à partir des disciplines, mais qu’on pense l’enseignement et sa finalité à partir de référentiels de compétences externalisés et transversaux, se pose la question de savoir quelle instance, quelle institution, se trouve munie du pouvoir exorbitant de décider des compétences à faire acquérir à la population des élèves. Ce qu’on peut dès actuellement constater, c’est que les référentiels des différents systèmes scolaires, dans les pays européens, sont des décalques de préconisations faites par l’OCDE ou le Conseil de l’Europe ; et des référentiels semblables, légèrement variés ou adaptés localement, s’appliquent dans le monde entier. Autrement dit, c’est le pouvoir politique (gouvernements respectifs des différents États) qui a directement la main sur les référentiels ; et qui peut les modifier (et les modifie en effet au gré de ses préoccupations du moment : apparition de compétences sanitaires, citoyennes, informationnelles, émotionnelles, psychosociales, etc., au gré des crises à gérer). Faut-il dire pourquoi un tel système est dangereux ?

 Quand on enseigne au contraire disciplinairement (c’est-à-dire dans le cadre donné par les disciplines scolaires), ce qui est enseigné est « garanti » et « discuté » (parfois très âprement) par des spécialistes d’une discipline donnée : que l’on soit ou non d’accord avec les programmes finalement décidés (et il y a mille raisons de ne pas être d’accord), la décision est prise à l’intérieur d’une discipline, qui a son histoire, sa méthode, ses institutions, ses habitudes, son inertie, ses travers, ses grandeurs. Et dans chaque discipline, l’enseignant, l’enseignante, est libre de faire jouer à l’intérieur de son enseignement les divers courants contradictoires qui sont à l’œuvre en son sein (car toute discipline est vivante : les mathématiques ou la philosophie, bien que très vieilles, sont vivantes ; la sociologie ou l’économie, bien que très jeunes, le sont aussi). Chaque discipline est traversée par l’âpreté et la contradiction. Et chaque discipline, de surcroît, vient buter contre ses voisines, et dialogue et échange avec elles (interdisciplinarité). (Et des savoirs nouveaux naissent de ces échanges, interférences, accouplements – voire, parfois, une discipline nouvelle…) Mais la logique de la compétence, elle, voudrait dire (d’en haut) (par-dessus les disciplines) ce que doivent faire les disciplines, et à quoi elles sont destinées à servir. L’approche par compétences n’est pas interdisciplinaire (comme elle le prétend), mais extra-disciplinaire. Elle est une capture de l’enseignement (des disciplines) par le pouvoir politique gestionnaire. Cet état de fait constitue un danger politique considérable.

 

*

 

Que le Ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ait pris le parti de traiter son personnel (nous) par les moyens et méthodes de la ressource humaine (Direction des personnels remplacée par la Direction des Ressources Humaines ; et ce n’est pas qu’un changement de nom, comme on commence à le sentir au quotidien…), ne pourra jamais impliquer que les enseignantes et enseignants soient contraints à leur tour de traiter et de considérer – une seule seconde – leurs élèves selon ces mêmes catégories.

 

 Pour cette raison, nous, enseignantes et enseignants signataires de cet appel, nous engageons aujourd’hui solennellement :

 1° à cesser de relayer, en bannissant de notre vocabulaire, les mots qui sont ceux de cette pédagogie : le mot de « compétence » et le mot de « ressource », pris en ces sens.

 Si pour quelque raison nous sommes contraints (par des obligations légales liées à notre statut de fonctionnaire, de vacataire, de contractuel, etc.) d’employer ces mots malgré tout, alors nous ne le ferons qu’en les mettant à distance, par exemple en usant de guillemets, ou en les faisant suivre de la mention, à l’écrit comme à l’oral : « ... comme disent les pédagogues des rectorats de France » ; ou « comme on dit en gestion des ressources humaines » ; ou de toute autre formule que nous inspirera l’instant.

 2° à nous opposer partout où cela est possible et par tous les moyens à disposition à ce que l’approche par compétences progresse – et symboliquement à ne pas manquer une occasion de dire (devant les élèves, devant les parents d’élèves, devant nos supérieurs hiérarchiques, devant nos collègues, devant les représentants du peuple, devant nos syndicats, etc.), en en expliquant les raisons, notre hostilité au concept de « compétence ».

 (Et ce, en nous réclamant si nécessaire de cet appel commun, nommé de la façon la plus générale possible « Appel des enseignantes et des enseignants à lutter contre l’entrée de l’approche par compétences dans les écoles », afin que les résistances locales n’apparaissent pas isolées, mais puissent se fédérer en un mouvement de refus général, qui s’étende sur tout le pays, et sur tous les niveaux d’enseignement.)

 Pour le reste, l’École enseigne, comme elle l’a toujours fait, des savoirs et des savoir-faire. Le mot de « compétence » est inutile. Nous ferons mieux notre travail sans. (En aucune manière, nous ne voulons dire par là que l’École doit rester ce qu’elle est ; elle peut et doit changer ; mais cette voie de la « compétence », qui se donne volontiers l’image d’un changement émancipateur pour les élèves, est en réalité la voie vers une école du contrôle biopolitique et néolibéral.) 

 (Et ceci ne veut pas dire non plus qu’il ne serait pas nécessaire et possible d’inventer, comme le font au quotidien tant de collègues du primaire et de la maternelle notamment, au moyen des pédagogies alternatives par exemple, de meilleures façons d’aider nos élèves, et de mettre en avant, quand il est absolument nécessaire de les évaluer, des manières de faire plus adéquates et différenciées que la note chiffrée. Mais de tels efforts n’impliquent pas du tout la nécessité de passer à la « compétence », comme essaient de nous le faire croire les sciences de l’éducation depuis vingt ans ; et n’impliquent pas même d’employer ce mot, qui n’est pas le nôtre. Parlons en ce cas de « savoir-faire » ; et traitons cette question comme une question pédagogique, c’est-à-dire comme une question relevant de l’enseignement – et de lui seul.)

 

*

 

 L’avenir n’appartient pas à la compétence, mais à l’enseignement. Nous saurons faire preuve de résistance, mais aussi de patience. Nous savons que la pédagogie de la compétence aura disparu comme nouveau gadget des sciences de l’éducation (après les familles de situations, la pédagogie par objectifs, etc.), mais aussi et surtout comme moyen néolibéral d’appréhender les personnes (et donc comme instance destructrice de la société) quand nous, dans les écoles, les collèges, les lycées, les universités, continuerons à enseigner le théorème de Pythagore, la reproduction sexuée des plantes, 1859, Pantagruel, Toussaint-Louverture, les règles d’accord des verbes, le parfait présent, Hegel, l’arpège, 1792, la courbure de l’univers, Rimbaud, et la joie du saut en longueur ou de la gambade par-dessus les barrières.

 Car tout apprentissage, tout enseignement est joyeux. (Et la Compétence est institution de la tristesse et de l’« attendu ».)

 

Rennes, 

janvier 2024.

 

PS. Nous, soussignées et soussignés, adressons notre solidarité à toutes et tous les collègues engagés dans cette lutte depuis des années, et qui subissent directement ou indirectement (mais de plus en plus durement) la répression de la part des instances académiques et rectorales. (On a vu des DSDEN et des rectorats agir avec une brutalité impressionnante à l’encontre de collègues.) 

 

N. B.

– La signature de cet appel se fait de deux façons : soit par le biais de la plateforme électronique « change.org » (à partir du 15 janvier 2024) ; soit, de façon personnelle, en passant par les comités d’action qui se mettent en place dans différentes villes (ces signatures peuvent ensuite être recueillies à Rennes, par transmission à cette adresse : comite.action.competence.rennes@gmail.com).


– Le texte de l’appel au format pdf, pour impression et diffusion, peut être téléchargé à cette adresse : https://www.pontcerq.fr/appel-des-enseignantes-et-des-enseignants-a-lutter-contre-lentree-de-lapproche-par-competences-dans-les-ecoles-de-la-maternelle-a-luniversite-appel-de-villejean/.

 

Liste des premières et premiers signataires (13 mai 2025) : 

Ninon Grangé, Cannelle Gignoux, Alain Brossat, Alexander Neumann, Plínio Prado, Marie-Dominique Garnier, Michèle Cohen-Halimi (Paris 8), Gérard Raulet (Paris 4), Marcelle Stroobants, Isabelle Stengers (ULB), Anselm Jappe (Rome), Frédéric Lordon (CNRS), Florent Perrier, Olivier Sarrouy, Emmanuel Parent, Christian Le Moënne, Christophe David, Jil Daniel, Marius Muller, Clément Rouillier, Romain Huët (Rennes 2), Pierre Bergounioux (écrivain), Catherine Malabou (Université de Californie, Irvine), Michaël Crevoisier, Étienne Ménard, Daniel Lebaud, Aurélie Deny (Université de Franche-Comté), Guillaume Burnod (Lycée français, Berlin), Jacques-Olivier Bégot (Rennes 1), Sylvie Monchatre (Lyon 2), Chantal Jaquet, Aurore Koechlin, Franck Fischbach (Paris 1), Serge Martin (Paris 3), Alain Naze, Sandra Lucbert, Christian Prigent (écrivains), Alain Jugnon (Cahiers Artaud), Sonia Dayan-Herzbrun (Paris-Diderot), Manuel Tostain, Patrick Vassort (Université de Caen-Normandie), Jean-Pierre Terrail (Université de Versailles-St-Quentin), Olivier Neveux (ENS, Lyon), Christophe Camus, Anne Bondon, Pierre-Antoine Chabriac (École Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne), Leïla Frouillou, Pascal Sévérac (Université Paris-Nanterre), Nico Hirtt (Aped, Bruxelles), Miguel Benasayag (Paris), Matthieu Renault (Université Toulouse - Jean Jaurès), Joana Desplat-Roger, Bernard Aspe (Collège International de Philosophie), Philippe Nabonnand (Université de Lorraine), Marc Guillaumie (Limoges), Stefano Marchesoni (Lycée italien, Paris), Marc Berdet (Université Fédérale de Rio de Janeiro), Déborah Brosteaux (Université Libre de Bruxelles / Paris Lumières), Anne Roche (Université d’Aix-Marseille), Claudia Girola (IHSS, Université Paris Cité), Stéphane Haber (Paris-Nanterre), Renaud Garcia (Appel de Beauchastel contre l’école numérique), Perrine Wilhelm (Paris 8 / Lycée M. Berthelot, Pantin), Vincent Chanson (chercheur rattaché SOPHIAPOL, Paris-Nanterre), Thibault Barrier (Paris 1), Vincent Gibelin (Snuipp-FSU), Pauline Hachette (IUT de Sceaux), Arthur Lannuzel (UTBM, Belfort-Montbéliard), François Jarrige (Dijon, Université de Bourgogne), Gérard Hamon (SNES-FSU), Clément Cordier, Laurent Zwaenepoel, Morgan Marc, Yann Lupec (SUD éducation 35), Gabriel Mahéo, Philippe Boursier (Rennes), Hervé Ferrière (Université de Bretagne Occidentale), Jean-Paul Engelibert, Jean-Michel Gouvard (Université de Bordeaux-Montaigne),  Christiane Vollaire (CNAM/EHESS), Jean-Luc Gautero (Université de Nice), Sämi Ludwig (Université de Haute-Alsace), Lionel Jacquot (Université de Lorraine), Jean-Michel Devésa, Philippe Colin, Florent Gabaude (Université de Limoges), Françoise Salvan-Renucci (Université Côte d’Azur), Samuel Chaîneau, Raphaël Perrod (SNES 25), Frédéric Metz (Pontcerq), Marie Cuillerai, Éric Marty (Université Paris-Cité), Marc Chatellier (Université de Nantes), Francis Cohen (écrivain), Jérôme Lèbre (Louis-le-Grand), Letitia Mouze (Université Toulouse Jean Jaurès), Thomas Bouchet (Lausanne), Peter Andersen (Université de Strasbourg), Hélène Tordjman (Paris 13), Pauline Juvenez (Université de Nantes), Frederico Lyra de Carvalho (UPJV/USP), Hervé Le Meur (CNRS / Université de Picardie), Nathalie Quintane (écrivain), Florent Lahache (École supérieure des Beaux Arts de Bordeaux), Jorge Nóvoa, Soleni Biscouto Fressato (Université Fédérale de Bahia, Brésil), Geneviève Azam (Université de Toulouse Jean Jaurès), Michèle Gally (Université d’Aix-Marseille CIELAM), Thibault Catel (Université de Limoges), Philippe Roy (Besançon), Caroline Panis, Michel Savaric, Stefan Neuwirth, Laurent Perreau, Claire Mallet, Pauline Chevalier, Séverin Guignard, Mina Aït’Mbark, Corinne Raynal-Astier (Université de Franche-Comté), Farid Ammar Khodja (INSPE/Université de Franche-Comté), Cécile Tannier (CNRS/Université de Franche-Comté), Chloé Lavalette (Rennes 2), Véronique Labrot, Julien Fuchs, Hervé Guyon (Université de Brest), Laurent Jeanpierre, David Lapoujade (Paris 1), Davide Gallo Lassere (University of London), Isabelle Bruno (Université de Lille), Léo Charles (Rennes 2), Catherine Coquio (Université Paris-Cité), « Agrupación Pedagógica Siglo XXI » (Asamblea Técnica de Enseñanza Media de Uruguay), Maria Teresa Ricci (Université de Tours), Christophe Hanna (écrivain), Sébastien Charbonnier (Université de Lille), Walter Ferrer (Universidad de la República, Maldonado, Uruguay), Claudia Rodríguez (Universidad de la República, Montevideo, Uruguay), Luca Paltrinieri (Université de Rennes 1), Bertrand Ogilvie (Paris 8), Frédéric Neyrat (Université de Madison-Wisconsin), François Dosse (Université Paris 12), Marc Goldschmit, Florence Naugrette (Sorbonne Université), Thomas Lamarche (Université Paris Cité), Patrick Vauday (Université Paris 8), Philippe Minard (Université Paris 8 / EHESS), Céline Hervet (Université d'Amiens / Collège international de philosophie), Corinne Rondeau (Université de Nîmes), Paul Dirkx (Université de Lille), Christine Baron (Université de Poitiers), Mario Denti (Université Rennes 2), Yannick Séité (Université de Tours), Hubert Heckmann (Université de Rouen), Benjamin Saccomanno (Toulouse 2), Alexis Nuselovici (Aix-Marseille Université), Cecilia D’Ercole (EHESS), Pascal Montlahuc (Université Paris Cité), Catherine Milkovitch-Rioux (Université Clermont-Auvergne), Ludmila Charles (Université de Tours), Olivier Bochet (Université Rennes 1), Stewen Corvez, Étienne Delprat, Ali Ait Abdelmalek (Université Rennes 2), Jean-Baptiste Bonnard (Université de Caen), Antonin Wiser (Gymnase de Beaulieu, Lausanne), Jérôme Meizoz (Université de Lausanne), Alan Hervé (Sciences Po Rennes), Lucas Kervegan (Sorbonne Université), Mireille Bruyère (Université de Toulouse Jean Jaurès), Gérard Bras (Université Populaire des Hauts-de-Seine), Katia Schwerzmann (Ruhr-Universität Bochum), Jochen Krautz (GBW / Bergische Universität Wuppertal), Andreas Gruschka (Goethe-Universität Frankfurt), Éric Thouvenel (Université de Nanterre), Julie Sermon (Lyon 2), Diane Watteau (EAS, Université Paris 1), Aurélie Ledoux (Université Paris Nanterre), Christoph Türcke (Hochschule für Grafik und Buchkunst Leipzig), Judith Bernard (lycée, 93), Pierre Dardot (Université Paris Nanterre), Nicolas Da Silva (Sorbonne Paris-Nord), Raoul Vaneigem (écrivain), Philippe Huneman (CNRS / Université Paris 1 Sorbonne), Daniel Serceau (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Christian Laval (Université Paris-Nanterre), Marguerite Vappereau (Université Bordeaux-Montaigne), Alexis Cukier (Université de Poitiers), Laure Murat (Université de Californie, Los Angeles) , Katia Genel (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Cécile Canut (Université Paris Cité), Karine Pinel (Université Montpellier III Paul Valéry), Sylvie Rollet (Université de Poitiers), Sylvie Lindeperg (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), François Cusset (Université de Paris-Nanterre), Marie Martin  (Université de Poitiers), Ann Smock (Université de Berkeley), Mickaël Lavaine (Université de Brest), David Faroult (École Nationale Supérieure Louis-Lumière), Xavier Lambert (Université de Toulouse Jean Jaurès), Élie Guéraut (Université Clermont-Auvergne), Andreas Gelhard (GWZ, Université de Leipzig), Olivia de Graef (Paris), Karin Fischer (Université d’Orléans), Emmanuel Quenson (Université d’Evry-Paris Saclay), Christophe Granger (Université Paris-Saclay), Jean-Louis Siroux (Université libre de Bruxelles), Benoît Leroux, Arnaud Francois, Harmony Dewez (Université de Poitiers), Florent Gaudez (Université Grenoble-Alpes), Alain Refalo (professeur des écoles, Haute-Garonne, initiateur du mouvement des enseignants-désobéisseurs du 1er degré, 2008-2012), Fanny Madeline (Université Paris 1), Maria Kakogianni (écrivaine), Pieter Lagrou, Sylvain Delcomminette (Université libre de Bruxelles), Antoine Janvier (Université de Liège), Guillaume Dye (Université libre de Bruxelles), SUD Éducation 28 (Eure-et-Loir), SUD Éducation 41 (Loir-et-Cher), SUD Éducation 94 (Val-de-Marne), Vincent de Coorebyter, Francine Bolle, Chloé Deligne, Pierre Brasseur (Université Libre de Bruxelles), Wenceslas Lizé (Université de Poitiers), Norbert R. Vetter (Redaktion GBW, Allemagne), Laurent Ott (La Rage du social), David Jamar (Université de Mons), Bettina Horsch (École nationale supérieure d’architecture de Nantes), Sauver les lettres (sauv.net), Richard Abauzit (CNRBE, Solidaires 34), Anne Morelli (Université Libre de Bruxelles), Pierre-Damien Huyghe (Université Paris 1), Groupe « La Sociale » de la Fédération Anarchiste (Rennes), Cécile Fournel (CPGE, lycée Martinière Diderot, Lyon), Catherine Naugrette (Université Sorbonne Nouvelle), ATTAC Rennes, Filippo Del Lucchese (Università di Bologna), Elettra Stimilli (Sapienza Università di Roma), Francesco Toto (Università degli Studi Roma Tre), Francesco Verde (Sapienza Università di Roma), Frédéric Adelbert Kinkani Mvunzi Kamosi (Université Loyola du Congo, membre Associé SPH Université Bordeaux Montaigne), Sébastien Garnier (Paris 1), Iris Chionne (Université de Nantes), Clifford Baverel (Université d'Angers), Maryline Heck, Élisabeth Gavoille (Université de Tours), Céline Frigau Manning (Université Jean Moulin - Lyon 3), Nicholas Manning (Université Grenoble Alpes / Institut universitaire de France), Laurent Gavoille (Université Bordeaux-­Montaigne), Pascale Gillot, Cristina Terrile (Université de Tours), Maria Dolores Chevallier (Université d’Angers), Laurence Mullaly (Université de Tours), Catherine Pomeyrols (Université de Nantes / École Normale Supérieure de Saint Cloud), Céline Vaz (Université Polytechnique Hauts-de-France), Roland Pfefferkorn (Université de Strasbourg), Thierry Pécout (Université Jean Monnet, Saint-Étienne), Edward Lee-Six (Université Paris 1), Catherine Bouve (Université Sorbonne Paris Nord), Federico Ferrari (École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais), Alice Grégoire (École nationale supérieure d’architecture de Versailles), Steven Melemis (École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais), Marie Durand (École nationale supérieure d’architecture de Marseille), Florence Rudolf (INSA Strasbourg), Zoé Carle (Université Paris 8), Nicolas Fréry (Université Gustave Eiffel), Oded Rabinovitch (Université de Tel Aviv), Pascal David (Université de Bretagne occidentale, Brest), Fanny Lopez (École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais), Jean-Manuel Warnet (Université de Bretagne Occidentale, Brest), Patrick Garcia (Cergy Paris Université), Suzanne Duval (Université Gustave Eiffel), Remi Astruc (Cergy Paris Université), Yohann Deguin (Université de Rouen), Alix Meyer (Université Clermont Auvergne), Floriane Daguisé (Université de Rouen), Jean-Pierre Vallier (École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais), Joël Gayraud (écrivain), Colin Debuiche (Université de Tours), Caroline Julliot (Université Jean Moulin - Lyon 3), Alice De Georges (Université de Côte d’Azur), Fanny Darbus (Université de Nantes), Laurens Sylvain (EHESS), Ilias Yocaris (Université de Côte d’Azur), Charlotte Brives (CNRS, Centre Émile Durkheim Bordeaux), Federico Chicchi (Università di Bologna), Sylvie Morel (CENS, Université de Nantes), Pierre Dufour (Université Toulouse Jean Jaurès), Jacques David (Cergy Paris Université), Florian Vaurs (Université de Paris 8), Riccardo Stracuzzi  (Università di Bologna), Benjamin Thomas (Université de Strasbourg), Albert Ogien (CNRS), Fabio Martelli (Università di Bologna), Éric Gondard (Université de Montpellier Paul-Valéry), Joël Laillier (Université d’Orléans), Mauro Folci (Accademia di belle arti di Brera, Milan), Francesca Gallo (Sapienza Università di Roma), Milena Doytcheva (Université de Caen), Camillo Neri (Università di Bologna), Mario Caramitti (Università di Roma), Michelle Dobré (Université de Caen), Sonia Gentili (Sapienza Università di Roma), Frank Greiner (Université de Lille), Irene Vannelli (Università di Roma 1), Marie-Pierre Julien (Université de Lorraine), Bernard Balzani (Université de Lorraine, IAE Nancy), Vincenzo Lavenia  (Università di Bologna), Jessica Wilker (Université de Lille), Jean-Pierre Durand (Université d’Évry Paris-Saclay), Francesca Santoni (Sapienza Università di Roma), Giuseppina Brunetti (Università di Bologna), Gloria Casas Vila (Université Toulouse Jean Jaurès), Claudio Cerreti (Università Roma Tre, Presidente della Società Geografica Italiana), Guillaume Vernet (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Fabio Coden (Università di Verona), Yaël Kreplak (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Christophe Imbert (Université Toulouse Jean Jaurès), Nathalie Vanara (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Pierre-Stanislas Nouvel (Université de Bourgogne), Anne Laure Imbert (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Modesta Suárez (Framespa, Université Toulouse Jean Jaurès), Évelyne Toussaint (Université Toulouse Jean Jaurès), Kélina Gotman (King’s College London), Marianne Dautrey (critique, traductrice), Nello Bertoletti (Università di Torino), Hervé Joubert-Laurencin (Université Paris Nanterre, Institut Universitaire de France), Pietro Kobau (Università di Torino), Éric Anceau (Université de Lorraine), Aurélien Berlan (Université de Toulouse Jean Jaurès), Ophélie Naessens (Université de Lorraine), Jan Sprenger (Università di Torino), Jérôme Viret (Université de Lorraine), Elena Casetta (Università di Torino), Philippe Claudon (Université de Lorraine), Jacques David (CY Cergy Paris Université & INSPE de Versailles), Benoît Losson (Université de Lorraine), Barbara Houbre (Université de Lorraine), Nicolas Rialland (Université de Rouen), Céline Cherici (Université de Picardie), Jean-Luc Kop (Université de Lorraine), Onofrio Romano (Università Roma Tre),  Hélène Maire (Université de Lorraine), Éric Léonard (IRD, UMR SENS Montpellier), Charlotte Lacoste (Université de Lorraine), Jean-Marc Duhé (Université de La Réunion), Hervé Huntzinger (Université de Lorraine), Paul Allies (Université de Montpellier), Pascal Navarro (Aix Marseille Université), Michel Deshaies (Université de Lorraine), Nikolas Foure  (ENSA Normandie), Ecem Okan (Université de Lorraine), Nicolas Prognon (Framespa, Université de Toulouse 2), Arnaud Zucker (Université Côte d’Azur), Marie Scarpa (Université de Lorraine), Élodie Cassan (Université de Rouen), Franck Varenne (Université de Rouen), Clotilde Nouët (Université Mohammed VI Polytechnique, Maroc), Valéry Pratt (Centre Simmel/EHESS, CPGE Lycée Thuillier, Amiens), Hervé Mayer (Université de Montpellier Paul-Valéry), Andrea Angelini (Université Paris 8), Eva Raynal (Université de Mayotte / Université de Montpellier), Valérie Aucouturier (UC Louvain Saint-Louis Bruxelles), Élisa Ruozzi (Università di Torino), Luciano Allegra (Università di Torino), Philippe Quenet (Université de Strasbourg – CNRS), Pascal Bué (Université Sorbonne Paris Nord), Franck Renucci (Université de Toulon), Tibere Schweizer (Université de Fribourg, Suisse), Céline Masoni (Université Côte d’Azur), Nicolas Piluso (CERTOP, Université de Toulouse), Julien Reysz (Université Toulouse Jean Jaurès), Antoine Gaudin (Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle), Alexis Blanchet (Sorbonne Nouvelle), Giusy Pisano (ENS Louis-Lumière / IRCAV), Sébastien Broca (Université Paris 8), Bruno Péquignot (Paris Sorbonne Nouvelle), Andrea Cerroni (Università di Milano-Bicocca), Perrine Boutin (Sorbonne Nouvelle Paris 3), Massimiliano Guareschi (Università di Milano-Bicocca), Hervé Zénouda (Laboratoire IMSIC, Université de Toulon), Fabienne Galangau-Querat (Muséum national d’Histoire naturelle), Marco Maggiore (Università di Pisa), Pietro Dini (Università di Pisa), Joëlle Le Marec (Muséum national d’Histoire naturelle), Michela Sassi (Università di Pisa), Alan Ouakrat (Université Sorbonne Nouvelle), Françoise Poyet (INSPE, Université Lyon 1), Perrine Val (Université de Montpellier Paul-Valéry), Mathilde Vassor (Université Rennes 2), Marion Poirson (Université Montpellier III), Hélène Fleckinger (Université Paris 8), Evgenia Giannouri (Université Sorbonne Nouvelle), Jessie Martin (Université de Lille), Katalin Pór (Université Paris 8), Clément Schneider (cinéaste et chercheur SACRe – Université Paris Sciences et Lettres), Sarah Leperchey (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Myriam Juan (Université de Caen), Mélanie Forret  (Université Paris 8), Giuseppe Tomassini (Scuola Normale Superiore di Pisa), Jennifer Verraes (Université Paris 8), Lee Amaduzzi (Scuola Normale Superiore di Pisa), Hélène Baby (Université Côte d'Azur), Camille Manfredi (Université de Bretagne Occidentale), Thierry Gobert (Université de Perpignan), Federica Schiaffino (Scuola Normale Superiore di Pisa), Guillaume Cot (Université Paul Valéry, Montpellier), Lucie Taïeb (écrivaine, Université de Bretagne Occidentale), Karine Pinel (Université Paul Valéry, Montpellier), Malika Kaheraoui (Université de Poitiers / INSPE), Estèle Dupuy (Université de Poitiers), Gwenthalyn Engélibert (Université de Bretagne Occidentale), Aurélie Ledoux (Université Paris Nanterre), Liêm-Khê Luguern (Gaillac, Tarn), Corinne Denoyelle (Université Grenoble Alpes), Julien Dubruque (Lycée Henri IV, Paris / CESR, Université de Tours), Olivia Chambard (Université d’Évry Paris-Saclay), Anne-Violaine Houcke (Université Paris Nanterre), Benjamin Mauer (Université d’Évry Paris-Saclay), Philippe Brunet (Université Gustave Eiffel – LISIS), Dominique Glaymann (Université d’Évry Paris-Saclay), Renaud Hétier (Université catholique de l’Ouest, Angers), François Sarfati (Université d’Évry Paris-Saclay), Christophe Couderc (Université de Paris Nanterre), Oriana Scarpati (Università di Napoli Federico II), Marie-Barbara Le Gonidec (LESC, Université Paris Nanterre), Nadine Herry Benit (Université Paris Nanterre), Raphaëlle Doyon (Université Paris 8), Alessandro Naso (Università di Napoli Federico II), Patrick Geffard (Université Paris 8), Igor Babou (Université Paris Cité), Anne Emmanuelle Berger (Université Paris 8), Barbara De Rosa (Università di Napoli Federico II), Claire Pagès (Université Paris Nanterre), Vincent Godard (Université Paris 8), Laure Emperaire (Institut de recherche pour le développement), Norbert Waszek (Université Paris 8), Jean-Louis Fournel (Université Paris 8), Ruggero Iori (EMA, Cergy Paris Université), Sophie Marret-Maleval (Université Paris 8), Léandre de Lajonquière (Université Paris 8), Paul-Louis Rinuy (Université Paris 8), Stefania De Vido (Università Ca' Foscari Venezia), Aurélie Pfauwadel (Université Paris 8), Enrico Euli (Università di Cagliari), Aliocha Imhoff (Université de Paris 8), Gaël Eismann (Université de Caen Normandie), Daphné Le Sergent (Université Paris 8), Typhaine Haziza (Université de Caen Normandie), Bernard Hours (Cessma, Université Paris Cité), Emeric Lendjel (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Vincent Bollenot (Université de Caen Normandie), Nathalie Coutelet (Université Paris 8), Pascal Bartout (Université d’Orléans), Frédérique Barnier (IUT de Bourges – Université d'Orléans), Anne Zribi-Hertz (CNRS/Université Paris 8), Rémi Lemoy (Université de Rouen Normandie), Fabio Gasparini (Freie Universität Berlin), Béatrice Ménard (Université Paris Nanterre), Alessio Collura (Università degli Studi di Palermo), Christophe Mileschi (Université Paris Nanterre), Jean-Louis Milhorat (Université de Nantes), Pierre-Arnaud Chouvy (CNRS, UMR Prodig), Eduardo Viveiros de Castro (Museu Nacional, Rio de Janeiro), Appep (Association des professeurs de philosophie de l’Enseignement public), Laurent Piriou (Université de Nantes), Magali Aigoin (Éducation nationale), Simon Renoir (Avignon Université), Nina Iharimalala (Université d’Antananarivo), Jean-Claude Dupont (Université de Picardie Jules Verne), Pascal Maugis (École Centrale Marseille), Pierre Guignard (Université de Nantes), Carmen Palacios (Université de Perpignan), Fabrice Thuriot (Université de Reims), Blaise Douglas (Université de Rouen), Francois Taglioni (Université de La Réunion), Mélanie Duval (CNRS), Caroline Meynet (Université de Savoie), Monique Chastanet (CNRS), Sébastien Galliot (CNRS, UMR CREDO), Valérie Daux (Université de Versailles Saint-Quentin), Jean Martial Mari (Université de la Polynésie française), Lionel Laslaz (Université de Savoie), Victor Cannilla (Université de Lausanne), Christophe Gauchon (Université de Savoie), Anne Volvey (Université d’Artois), Alberto Bondolfi (Université de Genève), Jean-Luc Guichet (Université de Picardie), Thierry Lecerf  (Université de Genève), Andreas Pfersmann (Université de la Polynésie française), Jorge Onrubia-Pintado (Université de Castilla-La Mancha, Espagne), Aurore Val (Université Aix-Marseille), Agathe Torti Alcayaga (Paris 13), Emmanuèle Caire (Université Aix-Marseille), Olivier Gaudin (École de la nature et du paysage, Blois), Olivier Legros (Université de Tours), Guillaume Étienne (Université de Tours), Christian Boudignon (Université d’Aix-Marseille), Alexandre Frondizi (Paris 1), Olivier Sanmartin (Université de Tours), Jean-Louis Jeannelle (Sorbonne Université), Myriam Tsikounas (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Claire Lamy (Sorbonne Université), Christian Jambet (membre honoraire du LEM, Académie française), Romain Telliez (Sorbonne Université), Sébastien Fray (Université Jean Monnet Saint-Étienne), Juliette Virié (Collège Travail Langevin de Bagnolet), Cédric Tartaud-Gineste (École Pratique des Hautes Études), Sylvain Janniard (Université de Tours), Camille Girault (Université de Savoie), Corinne Bléry (Université Polytechnique Hauts-de-France), Cyrille Dounot (Université Toulouse Capitole), Alain Desreumaux (CNRS, « Orient & Méditerranée »), Manuel Porcheron (IUT de Tours), Rémy Gareil (Université Lyon 3), Bérénice Lagarce-Othman (enseignante du secondaire / CRES, Sorbonne), Morgan Rogers (Université Sorbonne Paris Nord), Bérenger Boulay (Université Paris 13, IUT de Villetaneuse), Claire Martinot (Sorbonne Université, INSPE de Paris), Farah Cherif Zahar (Université Paris 8), Jean-Christophe Marcel (Université de Bourgogne Europe), Aziza Boucherit(Université Paris Cité), François Migeot (écrivain, Université de Franche-Comté), Christelle Reggiani (Sorbonne Université), APLettres (Association des Professeurs de Lettres), Jean Rivière (Université de Nantes), SUD Éducation 44, Nedjma Moussaoui  (Université Lumière Lyon 2), Pierre-Alain Caltot (Université d’Orléans), Emma Gobin (Université Paris 8), Jonathan Cornillon (Sorbonne Université), Nathalie Bulle (CNRS), Thomas Bruckert (Université de Poitiers), Floriana Gargiulo (CNRS), Luca Greco (Université de Lorraine), Raphaëlle Legrand (Sorbonne Université), Sylvain Starck (Université de Lorraine), Stéphane Pages (Université d’Aix-Marseille), Clément Fernandez (CREDO, Université d’Aix-Marseille), Pascale Barthes (Ministère de la Culture), Dante Barrientos (Université d’Aix-Marseille), Hélène Charton (CNRS), Mathias Valex (Université Lumière Lyon 2), Jean-Philippe De Oliveira (Université Lyon 3), Laurent Thévenot (EHESS), Mitchka Shahryari (Université d’Helsinki), Dominique Pradelle (Sorbonne Université, Archives Husserl), Antoine Collin (École Pratique des Hautes Études), Clara Romero  (Université Paris Cité), Christine Mennesson (Sciences Po Toulouse), Elena Partene (ENS, Paris), Cécile Kovacshazy (Université de Limoges), Anne Roche (Université d’Aix-Marseille), Séverine Denieul (IUT Poitiers), Marc Béghin, (Université Grenoble Alpes), Simone Leotta (EHESS), Claudine Le Blanc (Université Sorbonne Nouvelle), Laurent Fedi (Université de Strasbourg), Mathieu Frèrejouan (Université Paris 1), Christine Noël Lemaitre (Université d’Aix Marseille), Francis Yaiche (Université Paris Cité), Christian Berner (Université Paris-Nanterre), Xavier Garnier (Université Sorbonne Nouvelle), Sebastian Kock (Université Toulouse 2 Jean-Jaurès), Valeria De Luca (Université de Limoges), Bertrand Binoche (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Anna C. Zielinska (Université de Lorraine), Virginie Sebbane (Collège G. Tillion, Paris XIIe), Jean-Igor Ghidina (Université Clermont-Auvergne), Gwendal Roblin (GRESCO, Université de Poitiers), Gilles Moreau (Université de Poitiers), Régis Gayraud (Université Clermont Auvergne), Marlaine Cacouault-Bitaud (Université de Poitiers), Nathalie Vienne-Guerrin (Université de Montpellier Paul-Valéry), Frédéric Charles (Université Picardie Jules Verne), Touriya Fili (Université Lyon 2), Élodie Bouygues (Université de Franche-Comté), Beat Föllmi (Université de Strasbourg), Judith Michalet (Université Paris 1), Pierre Baumann (Université Bordeaux Montaigne), Catherine Chomarat-Ruiz (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Alexandre Jaunait (Université de Poitiers), Pierre Vilar (Université de Pau, CEEI de Bayonne), Mathias Millet (Gresco, Université de Poitiers), Henri Eckert (Université de Poitiers), Éric Lecerf (Université de Paris 8), Frédérique Berthet (Université Paris Cité), Vincent Jouve (École Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne), Laure Lévêque (Université de Toulon), Christophe Bouton (Université Bordeaux Montaigne), Martine Sekali (Université Paris Nanterre), Alexia Blin (Université Sorbonne Nouvelle), Anne Lemonde (Université Grenoble Alpes), Hélène Laplace-Claverie (Université de Pau), Chiara Palermo (Université Paris 1), Florent Gabarron-Garcia (Université Paris 8), Jacopo Rasmi (Université Jean Monnet), Jean-Marie Ruiz (Université de Savoie), Alexandra Sippel (Université de Toulouse Jean Jaurès), Gaspard Lion (Université Sorbonne Paris Nord), Rosemeire Reis (Université fédérale d’Alagoas, Brésil), Sophie Fétro (Université de Paris 1), Andrée Chauvin-Vileno (universitaire retraitée), Marius Bertolucci (Université d’Aix-Marseille), Maria da Conceição Coelho Ferreira (Université Lumière Lyon 2), Sylvie Brodziak (Université de Cergy Paris), Monique Clavel-Lévêque (Université de Franche-Comté), Mustapha Bencheikh (Université Ibn Tofail, Maroc), Jean-Philippe Trias (Université de Montpellier Paul Valéry), Olga Kobryn (Université Paris Cité), Marco Assennato (ENSA Paris-Malaquais, Université Paris Sciences et Lettres), Brent Patterson (ENSA Paris-Malaquais et ENSA Paris-La Villette), Marie Menant (ENSA Paris Malaquais), Ariane Wilson (ENSA, Paris-Malaquais), Gaëlle Métois (FORELLIS, Université de Poitiers), Hélène Stevens (Université de Poitiers), Corinne Ferrero (Université de Pau), Maud Santini (ENSA Versailles), Marie-Pierre Julien (Université de Lorraine), Alain Kerhervé (Université de Brest), Nicolas Bianchi (Université Toulouse 2 Jean-Jaurès), Cécile Bourgade (Université de Montpellier), Stéphanie Le Briz-Orgeur (CEPAM, Université Côte d'Azur), Alain Genestier (Université de Lorraine), Laurence Giavarini (Université de Bourgogne), Juliette Morice (Université du Mans), Pouneh Mochiri (Université de Bretagne Occidentale), Patrick Garcia (Cergy Paris Université / INSPE de Versailles), Stéphane Boissellier (Université de Poitiers), Luz Zapata (Université de Brest), Christophe Apprill (URMIS, Université Côte d’Azur / Université Paris Cité), Benjamin Sautter (Université Bretagne Sud), Paul Alliès (Université de Montpellier), François Ripoll (Université de Toulouse 2 Jean Jaurès), Benoîte Decup-Pannier (ENSA Paris-Malaquais), Anne Combarnous (Université de Pau), Pascale Absi (IRD, Université Paris Cité), Sabine Barles (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Dominique Rivière (Université Paris Cité), Laurent Bétermin (Université Claude Bernard Lyon 1), Christian Magné (IUT de Brest), Alban Gautier (Université de Caen), Laura Goudet (Université de Rouen), Nicolas Pech (Université d’Aix-Marseille), Anna Madoeuf (Université de Tours), Isabelle Hillenkamp (Institut de recherche pour le développement), Antoine Follain (Université de Strasbourg), Nathalie Vanara (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne), Bénédicte Gastineau (Institut de recherche pour le développement), Jean-Christophe Marcel (Université de Bourgogne), Jean-Yves Masson (Sorbonne Université), Christophe Imbert (Université de Toulouse Jean-Jaurès), Larisa Dryansky (Sorbonne Université), Thomas Guglielmo (Université de Poitiers), Laurent Di Filippo (Université de Lorraine), Ariane Bazan (Université de Lorraine), Thierry Lamote (Université de Lorraine), Camille Gendrault (Université Bordeaux Montaigne), Angela Biancofiore (Université de Montpellier Paul-Valéry), Henri Louis Go (Université de Lorraine).

 

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