Collectivités locales d'Occitanie :vos missions auprès des plus précaires avant Notre Dame

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Nous,

Citoyen·ne·s, associations et collectifs de soutiens aux personnes en situation de précarité, avons appris avec étonnement puis colère, que les Collectivités de notre territoire ont donné avec tant de générosité l'argent dédié aux populations dont ils ont la charge... pour Notre Dame de Paris. Un monument certes important, mais qui dépend d'autres autorités.

Ainsi, le Conseil Régional d'Occitanie a promis 1.5 millions d'Euros, le Conseil
Départemental de la Haute-Garonne, 1 million d'euros et la ville de Toulouse et Toulouse Métropole, 1 million d'euros également.

Nous, citoyen·ne·s et associations demandons à chacune de ces Collectivités d'annuler leur promesse de dons et de dédier cet argent public aux secteurs sanitaires et sociaux dont elles ont la charge.

Le Conseil Régional est responsable des domaines de la formation et de l'aide à la scolarité (bourses, aides financières, Écoles de la deuxième chance...)

Le Conseil Départemental est responsable de l'Aide sociale à l'Enfance et des familles avec enfants en bas âge.
Or, les structures sociales sont débordées par les besoins et fonctionnent avec des budgets trop bas.  le bilan est dramatique :

• des centaines d'enfants à la rue à Toulouse ;
• pour la première fois en 2018, des sorties sèches de maternité, des nourrissons se retrouvent à la rue ;
• les mineur·e·s isolé·e·s étangers laissés à la rue ;
• les jeunes placé·e·s sous l'autorité de l'ASE qui se retrouvent à la rue et sans
accompagnement le jour de leurs 18 ans ;
• des enfants en danger dans leur famille non pris en charge faute de moyens ;
• des travailleuses et travailleurs sociaux épuisés et qui n'ont pas les moyens de mettre en oeuvre leurs missions.

Le Conseil Départemental finance également les Politiques Publiques pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap. Deux populations qui vivent dans une précarité grandissante et dont les prises en charge sont limitées, faute de moyens.

Enfin, la Mairie et la Métropole ont en charge le CCAS (Centre Communal d'Action Sociale), la Petite Enfance, la Politique de la Ville auprès des quartiers prioritaires...
La Veille Sociale, dont fait partie le 115, dépend du CCAS par délégation de l'État.
Le 115 est en grève régulièrement pour dénoncer des politiques absurdes en matière d'hébergement. Faute de moyens encore, l'équipe est réduite au strict minimum et ne peut répondre qu'à 6% des appels des personnes sans solution d'hébergement. Le pôle hôtel est saturé et 3 salarié·e·s doivent gérer 1400 personnes.

A côté de ça :
• Ces collectivités baissent chaque année un peu plus leurs financements aux associations, à l'exemple de « La Case de Santé » pour laquelle la Mairie de Toulouse a presque divisé par deux la dotation en 4 ans.
• Les expulsions reprennent, les fins de prises en charge hôtelières commencent, les centres d’hébergement d'urgence hivernaux ferment, avec des centaines de personnes remises à la rue.

Tous ces secteurs sont connus pour fonctionner avec trop peu de moyens. Les travailleuses et travailleurs du Social et du Sanitaire ainsi que les associations et les personnes accompagnées font des demandes de financements régulièrement. Il leur est répondu que les Collectivités n'ont plus les moyens.
Les situations d'urgence nécessitant des moyens exceptionnels sont quotidiennes : une personne en situation de handicap n'ayant pas de place en institution avant des années, 90% des personnes qui appellent le 115 laissées à la rue, des familles qui ne mangent pas à leur faim, des personnes âgées lavées une fois par semaine par manque de temps et de personnel…

Dans ce contexte actuel, où de plus en plus de personnes sont en situation de grande précarité et où les pouvoirs publics se désengagent chaque année un peu plus, comment peuvent-ils décemment donner des millions pour reconstruire un bâtiment parisien,alors qu'ils ne mènent pas à bien leurs missions sur leur territoire ?
Cette levée de fonds instantanée prouve bien que le manque de crédits alloués à la prise en compte des plus fragiles relève bien d’un choix
politique, et non d’un manque réel de ressources.


NOUS DEMANDONS QUE CET ARGENT PUBLIC SOIT REDISTRIBUÉ AUX
PERSONNES VIVANT CES DRAMES DU QUOTIDIEN.
ET NOUS ENCOURAGEONS CHAQUE CITOYEN-NE-S À EXIGER LA MÊME CHOSE SUR SON TERRITOIRE.

Collectifs Signataires de l'appel :

- Luttes Sociales Toulouse
- Droit Au Logement (DAL) 31
- Collectif d'Entraide et D'Innovation Sociale (Cédis)
- Goutte de Vies
- Collectif Enfance 31
- Groupement Pour la défense du travail Social (GPS)
- Case de Santé
- Sud Santé Sociaux
- Sud Collectivités Territoriales
- Ligue des Droits de l'Homme TOULOUSE            - 
Handi-Social.                                                            - RESF 31                                                                      - FCPE 31                                                                      - Construire