Lettre pour M. Pierre Paradis : Amelioration sur la loi 54 pour les animaux.

Cette pétition avait 1 756 signataires

Le problème

M. Pierre Paradis,

Je constate, à mon grand désarroi, qu’en dépit de la loi 54 passée en décembre dernier qui définit les animaux comme des êtres doués de sensibilité et qui vise à améliorer leur situation juridique, le sort réservé aux animaux de compagnie ne cesse de se détériorer.

Je peux en témoigner ainsi que des dizaines de mes collègues intervenants en sauvetage animal. Rien de cette nouvelle législation ne se traduit concrètement sur le terrain jusqu’à maintenant. Le nombre de cas que nous avons dû secourir est sans précédent depuis les derniers six mois, et ceux-ci sont de plus en plus lourds. 

En effet, plusieurs de ces sauvetages ont nécessité l’intervention immédiate de soins vétérinaires d’urgence. Des montants, de plus en plus élevés, ont dû être payés pour permettre à ces animaux d’être soignés afin d’être adoptés et non euthanasiés. Nous sommes de plus en plus à bout de souffle. Cette situation a trop longtemps durée et doit cesser.

Je vous soumets donc quelques actions qui, prises en compte par votre ministère, pourraient faire avancer les choses de façon significative:

1) L’interdiction de tout recours à l’euthanasie non justifiée d’un animal au Québec. L’animal devrait être mis en adoption, et ce, après un délai minimum de 15 jours pour permettre que soit effectué des vérifications sérieuses afin que les propriétaires puissent retrouver leurs animaux.

Les délais actuels sont beaucoup trop courts. Le transfert d’animaux hors Québec et particulièrement vers l’Ontario devrait être interdit également, ceci diminue largement les chances d’un gardien de retrouver et de récupérer son animal perdu.

De plus, il devrait être interdit pour le propriétaire d’un animal qui désire s’en séparer de demander à un vétérinaire de l’euthanasier à moins qu’il soit malade très avancé dans l'impossibilité d'améliorer sa qualité de vie.

2) Seul un vétérinaire devrait être autorisé à euthanasier un animal pour éviter toute forme d’exécution par des méthodes qui engendrent des souffrances inutiles. On tolère beaucoup trop le recours à l’euthanasie au Québec, particulièrement dans les fourrières à but lucratif. C’est un véritable gaspillage de tuer des animaux qui ne demande qu’à vivre et qui pourraient avoir de longues années devant eux. C'est une pratique très abusive et connue chez les fourrières.

Enfin, des centres de soins ou sanctuaires devraient être mis en place pour accueillir chiens ou chats sauvages (feral) qui ne peuvent être adoptés mais qui ont le droit de poursuivre leur vie et de mourir dignement. Ces centres pourraient faire l’objet de projets de réinsertion sociale auprès de différentes clientèles ayant des difficultés sur le plan intellectuel, psychique ou social.

3) L’établissement d’un programme de stérilisation subventionné à la grandeur de la province. L’accès à des services de stérilisation à faible coût est crucial pour régler de façon définitive le problème de surpopulation de chiens et de chats et pour éliminer complètement le recours à l’euthanasie comme outil de contrôle animalier.

Obligation de faire stériliser tous les chats et les chiens actuellement détenus par les propriétaires. Stérilisation obligatoire des animaux avant leur adoption dans les refuges et dans les groupes de sauvetage sous peine d’amendes.

4) Abolition des licences municipales au Québec et création d’un système de d’identification obligatoire des animaux au moyen de micropuces. Ce système comprendrait une banque centrale de données qui faciliterait la localisation de l’animal, ses antécédents ainsi que les coordonnées du propriétaire. De plus, ce-dernier aurait l’obligation de signaler au responsable de la banque de données le transfert de son animal à nouveau propriétaire.

5) Interdiction de la vente commerciale des animaux dans les animaleries et autorisation exclusive d’adoption d’animaux provenant de refuges enregistrés et de groupes de sauvetage sur les sites d’annonces classées, interdiction aussi de la vente commerciale par des éleveurs tel que stipulé dans la pétition de Barbara Lapointe qui circule actuellement.

6) Interdiction pour le site d’annonces classées Kijiji Canada de promouvoir la vente d’animaux de compagnie. Les sites d’annonces classées sur Internet ne sont pas des endroits pour rechercher un animal car il est pratiquement impossible d’y faire la différence entre éleveurs réputés et usines à chiots. Une autre pétition de Barbara Lapointe circule à cet effet.

7) Annulation de toutes clauses de bail interdisant de posséder un animal de compagnie dans un logement locatif au Québec.

8) Abolition des fourrières privées au Québec pour les remplacer par des organismes à but non lucratif pour recueillir, traiter et faire adopter les animaux abandonnés.

9) Sensibilisation des corps policiers face à la loi 54, lors d’interventions suite à un signalement concernant : La cruauté animale, les vols d'animaux, les cas d'abus et de négligence, ainsi que tout autre clause faisant partie de la loi 54.

Monsieur le Ministre, le Québec ne peut se dérober à ses responsabilités face à ces dizaines de milliers d’animaux qui sont sacrifiés parce que les dispositions législatives qui encadrent leur bien-être et leur protection tardent à être mises en vigueur sur le terrain ou sont tout simplement ignorées.

La préoccupation du bien-être animal fait beaucoup trop lentement son chemin au Québec. Je peux en témoigner. Il faut agir!

Nancy Lamarre

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Nancy LAMARRELanceur de pétition

Les décisionnaires

Carolyne Bilodeau
Carolyne Bilodeau
SOS Rescues Animaux du Québec
Nancy Lamarre
Nancy Lamarre
SOS Rescues Animaux du Québec

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