Organisons des renforts bénévoles pour les EHPAD, vite !


Organisons des renforts bénévoles pour les EHPAD, vite !
Le problème
Ehpad : après les masques, apportons du renfort bénévole aux équipes, vite !
C’est dans les Ehpad que résident les personnes les plus exposées au risque de décès en cas d’infection par le Covid-19[1]. Mais à ce risque inhérent à la maladie pourrait s’ajouter le risque d’une prise en charge désastreuse et indigne.
Alors ne nous résignons pas à un drame annoncé.
Faisons l’hypothèse favorable que le matériel de protection qui a tant tardé, est sur le point d’arriver quand il n’est pas déjà là.
Faisons l’hypothèse, encore plus favorable, que toute personne intervenant en Ehpad sera prioritaire pour être testée quand les tests arriveront en nombre.
Faisons l’hypothèse que le personnel des Ehpad, soignant, hôtelier, logistique, d’accueil, d’encadrement, d’animation, que ce monde qui a parfois fait grève, qui a fait la une des médias…mais n’a rien vu venir, ou si peu…faisons l’hypothèse que ce monde va poursuivre dans la tourmente les efforts consentis depuis tant d’années.
Faisons l’hypothèse que les protocoles de soins palliatifs seront appliqués malgré des ressources soignantes rationnées, et que les résidents en fin de vie ne souffriront pas, qu’ils soient victimes du Covid-19 ou qu’ils décèdent de tant d’autres pathologies fatales quand le corps est à bout de ressources au très grand âge.
Faisons l’hypothèse que grâce au professionnalisme de nombre d’établissements, ce temps d’épidémie préservera à l’abri du virus la plupart des personnes hébergées.
Faisons l’hypothèse qu’il y a beaucoup à dire sur le modèle des Ehpad, mais que ce n’est vraiment pas le moment de gloser. L’art du commentaire ni ne soigne ni ne sauve.
Mais, si tout cela est hypothétique, il est un fait qui lui est certain : même sans flambée virale, pour un Ehpad, le Covid-19, c’est du travail en plus. Du travail en plus dans des établissements qui nous expliquent depuis longtemps n’avoir pas de quoi faire « du bon travail » faute de moyens humains. Le Covid-19 c’est de façon certaine : un surcroît de travail de désinfection, un surcroît de soins, un surcroît de temps pour donner des repas en chambre et non en salle à manger, un surcroit de logistique s’il faut réorganiser les lieux, un surcroît de temps pour compenser ce que les familles faisaient avant d’être interdites de visite, un surcroit de procédure et de travail d’organisation, un surcroit de stress, un surcroît de troubles du comportement chez nombre de résidents, un surcroit de tristesse si des personnes meurent. Etc. Etc. Etc. Du travail, encore du travail, technique, pratique, relationnel, émotionnel. L’aide à la vie quotidienne ne permet aucune pause.
Une autre certitude est que le Covid-19 touche le personnel comme les résidents, et que jusqu’au « pic » et au-delà, il y aura parmi les personnels de plus en plus d’absents pour maladie. Il y en a d’ailleurs certainement déjà beaucoup dans certaines régions.
Faisons enfin l’hypothèse que le Covid-19 et le confinement qu’il impose est porteur d’un risque de maltraitance institutionnelle majeur. Malgré la bonne volonté, malgré les formations, malgré des années de progrès massif dans l’art d’accompagner des personnes âgées malades et pour une bonne partie désorientées. Malgré tout cela, ce risque est aujourd’hui fortement accru par les circonstances : il y aura dans les semaines à venir encore moins de temps et moins de personnels pour le travail relationnel, pour repérer des signaux d’alerte chez un résident ou pour prendre des décisions graves en collégialité. La contention chimique ou physique pourra apparaître comme le seul recours.
Ce n’est pas faire un procès d’intention aux responsables d’établissement que d’envisager tous ces risques. Ce n’est pas manquer de confiance et de reconnaissance aux collectifs et à leurs cadres que d’envisager cela. C’est au contraire souhaiter les préserver de ces risques que de les envisager.
Beaucoup plus de travail, beaucoup moins de personnel, beaucoup plus de risque de maltraiter involontairement, alors il ne reste que deux choses à faire dans l’immédiat. Une : exiger de l’administration de la santé du matériel et des ressources soignantes pour les Ehpad. Deux : sans plus attendre, mettre à leur disposition des aidants, des ressources humaines bénévoles pour aider aux tâches élémentaires qui ne relèvent pas du soin médical ou paramédical. Il faut apporter une aide concrète : ménage, aide à la marche, au repas, conversation, liaison avec les familles, logistique….
Quelques personnes actives en plus dans chaque établissement pourraient faire la différence.
Définissons les règles minimales nécessaires pour permettre ce soutien bénévole.
Des volontaires, là comme ailleurs, faisons l’hypothèse qu’il y en aura.
_______________________
[1] Parce que résident en Ehpad les personnes âgées parmi les plus « malades », le risque de décès lié au virus y est maximum. Le taux de létalité de l’infection au Covid (ratio du nombre de morts sur le nombre de cas déclarés) est en effet croissant avec l’âge et accru par la préexistence d’une pathologie notamment cardiovasculaire. En Corée, il a été estimé à 0.5% entre 50 et 60 ans et à 13% après 80 ans. En Italie pour ces mêmes âges il est estimé respectivement à 1% et 20,2%. Tous âges confondus, il est également de 10,5% pour des personnes ayant des pathologies cardiovasculaires préexistantes, de 7,3% pour des diabétiques et de 0.9% pour des personnes sans pathologies (source université d’Oxford, https://ourworldindata.org/ - consulté le 29/03/2020)
Le problème
Ehpad : après les masques, apportons du renfort bénévole aux équipes, vite !
C’est dans les Ehpad que résident les personnes les plus exposées au risque de décès en cas d’infection par le Covid-19[1]. Mais à ce risque inhérent à la maladie pourrait s’ajouter le risque d’une prise en charge désastreuse et indigne.
Alors ne nous résignons pas à un drame annoncé.
Faisons l’hypothèse favorable que le matériel de protection qui a tant tardé, est sur le point d’arriver quand il n’est pas déjà là.
Faisons l’hypothèse, encore plus favorable, que toute personne intervenant en Ehpad sera prioritaire pour être testée quand les tests arriveront en nombre.
Faisons l’hypothèse que le personnel des Ehpad, soignant, hôtelier, logistique, d’accueil, d’encadrement, d’animation, que ce monde qui a parfois fait grève, qui a fait la une des médias…mais n’a rien vu venir, ou si peu…faisons l’hypothèse que ce monde va poursuivre dans la tourmente les efforts consentis depuis tant d’années.
Faisons l’hypothèse que les protocoles de soins palliatifs seront appliqués malgré des ressources soignantes rationnées, et que les résidents en fin de vie ne souffriront pas, qu’ils soient victimes du Covid-19 ou qu’ils décèdent de tant d’autres pathologies fatales quand le corps est à bout de ressources au très grand âge.
Faisons l’hypothèse que grâce au professionnalisme de nombre d’établissements, ce temps d’épidémie préservera à l’abri du virus la plupart des personnes hébergées.
Faisons l’hypothèse qu’il y a beaucoup à dire sur le modèle des Ehpad, mais que ce n’est vraiment pas le moment de gloser. L’art du commentaire ni ne soigne ni ne sauve.
Mais, si tout cela est hypothétique, il est un fait qui lui est certain : même sans flambée virale, pour un Ehpad, le Covid-19, c’est du travail en plus. Du travail en plus dans des établissements qui nous expliquent depuis longtemps n’avoir pas de quoi faire « du bon travail » faute de moyens humains. Le Covid-19 c’est de façon certaine : un surcroît de travail de désinfection, un surcroît de soins, un surcroît de temps pour donner des repas en chambre et non en salle à manger, un surcroit de logistique s’il faut réorganiser les lieux, un surcroît de temps pour compenser ce que les familles faisaient avant d’être interdites de visite, un surcroit de procédure et de travail d’organisation, un surcroit de stress, un surcroît de troubles du comportement chez nombre de résidents, un surcroit de tristesse si des personnes meurent. Etc. Etc. Etc. Du travail, encore du travail, technique, pratique, relationnel, émotionnel. L’aide à la vie quotidienne ne permet aucune pause.
Une autre certitude est que le Covid-19 touche le personnel comme les résidents, et que jusqu’au « pic » et au-delà, il y aura parmi les personnels de plus en plus d’absents pour maladie. Il y en a d’ailleurs certainement déjà beaucoup dans certaines régions.
Faisons enfin l’hypothèse que le Covid-19 et le confinement qu’il impose est porteur d’un risque de maltraitance institutionnelle majeur. Malgré la bonne volonté, malgré les formations, malgré des années de progrès massif dans l’art d’accompagner des personnes âgées malades et pour une bonne partie désorientées. Malgré tout cela, ce risque est aujourd’hui fortement accru par les circonstances : il y aura dans les semaines à venir encore moins de temps et moins de personnels pour le travail relationnel, pour repérer des signaux d’alerte chez un résident ou pour prendre des décisions graves en collégialité. La contention chimique ou physique pourra apparaître comme le seul recours.
Ce n’est pas faire un procès d’intention aux responsables d’établissement que d’envisager tous ces risques. Ce n’est pas manquer de confiance et de reconnaissance aux collectifs et à leurs cadres que d’envisager cela. C’est au contraire souhaiter les préserver de ces risques que de les envisager.
Beaucoup plus de travail, beaucoup moins de personnel, beaucoup plus de risque de maltraiter involontairement, alors il ne reste que deux choses à faire dans l’immédiat. Une : exiger de l’administration de la santé du matériel et des ressources soignantes pour les Ehpad. Deux : sans plus attendre, mettre à leur disposition des aidants, des ressources humaines bénévoles pour aider aux tâches élémentaires qui ne relèvent pas du soin médical ou paramédical. Il faut apporter une aide concrète : ménage, aide à la marche, au repas, conversation, liaison avec les familles, logistique….
Quelques personnes actives en plus dans chaque établissement pourraient faire la différence.
Définissons les règles minimales nécessaires pour permettre ce soutien bénévole.
Des volontaires, là comme ailleurs, faisons l’hypothèse qu’il y en aura.
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[1] Parce que résident en Ehpad les personnes âgées parmi les plus « malades », le risque de décès lié au virus y est maximum. Le taux de létalité de l’infection au Covid (ratio du nombre de morts sur le nombre de cas déclarés) est en effet croissant avec l’âge et accru par la préexistence d’une pathologie notamment cardiovasculaire. En Corée, il a été estimé à 0.5% entre 50 et 60 ans et à 13% après 80 ans. En Italie pour ces mêmes âges il est estimé respectivement à 1% et 20,2%. Tous âges confondus, il est également de 10,5% pour des personnes ayant des pathologies cardiovasculaires préexistantes, de 7,3% pour des diabétiques et de 0.9% pour des personnes sans pathologies (source université d’Oxford, https://ourworldindata.org/ - consulté le 29/03/2020)
Pétition fermée
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Pétition lancée le 29 mars 2020