De la culture et des pratiques artistiques pour tous les lycéens

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Les perspectives que dessine Pierre Mathiot pour l’évolution du baccalauréat et des années lycées qui y conduisent suscitent les plus vives inquiétudes de l’APEMu. 

Si nous partageons volontiers nombre des principes qui fondent la réflexion engagée et les perspectives qui en découlent (parmi ceux-ci : la nécessité de réformer de lycée et le baccalauréat, la volonté de contribuer à une culture commune et celle de développer de nouvelles compétences autour de l’oral), nous nous inquiétons de la place des plus marginales prise par les cultures et pratiques artistiques dans l’analyse des enjeux et formes de la formation au lycée pour qu’elle soit ouverte sur le monde contemporain tel qu’il évolue comme sur la poursuite des études supérieures.

Les pistes de réforme envisagées par Pierre Mathiot entérinent la situation actuelle qui, d’une part exclut les cultures et pratiques artistiques du tronc commun de formation générale et, d’autre part,  enferme un parcours substantiel en ces domaines (couples de disciplines majeures) sur les lettres et les humanités. En cela, il conforte une situation largement dénoncée depuis des décennies par les observateurs de l’Ecole qui se soucient d’une formation engageant les élèves à découvrir d’autres langages, d’autres formes d’expression pour interroger le monde dans lequel ils vivent et diversifier leurs ressources pour communiquer avec lui. Au même titre que, par exemple, l’éducation physique et sportive, les cultures et pratiques artistiques doivent prendre place chaque année dans le tronc commun de formation générale des lycéens.

En outre, par facilité sans doute mais combien réductrice, le rapport de Pierre Mathiot considère « les arts » au mépris des spécificités des différents domaines de langage et d’expression artistiques. De longue date, la musique entretient des liens étroits avec les sciences. La discipline musicale doit pouvoir être associée au sein d’un couple de disciplines majeures avec les sciences : il en va de la modernité de la réforme envisagée.

Alors qu’une réforme nécessaire et majeure du baccalauréat et de la structure lycée qui y conduit se dessine, il serait regrettable que cette occasion ne soit pas saisie pour remédier à des carences héritées de notre histoire scolaire (l’absence des cultures et pratiques artistiques pour tous dans la formation générale de tous les lycéens), et confirme par ailleurs une vision étriquée des vertus de la musique et de ses parentés avec les autres disciplines de formation.

Représentative des professeurs de musique et d’éducation musicale, l’APEMu est l'une des rares associations à ne pas avoir été reçue par la mission de Pierre Mathiot. La pertinence de son rapport s’en ressent.

Nous demandons à monsieur le Ministre de l’éducation nationale de remédier à ce regrettable oubli – en espérant qu’il ne s’agisse pas d’un choix délibéré – et nous faire l’honneur de pouvoir lui présenter notre réflexion sur l’intérêt d’offrir à tous les élèves des lycées de profiter, comme au collège (où nous nous réjouissons des annonces sur le développement des chorales scolaires), une formation générale intégrant les cultures et pratiques artistiques et la possibilité de parcours de formation associant musique et sciences.

Le C.A. de l'APEMu, Association des professeurs d'éducation musicale



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