Petition updateLes mutilations commencent au bureau de vote.Éligibilité universelle
SOS men bashing
Sep 2, 2020

On parle du suffrage universel sans jamais parler d'éligibilité universelle. Pourtant le suffrage et l'éligibilité forment un couple indissociable. De la même manière qu'il faut deux jambes pour marcher, de même le suffrage ne va pas sans l’éligibilité.
Sous la Restauration (1814–1830) et sous la monarchie de juillet (1830-1848) le suffrage était censitaire. Pour être électeur il fallait payer un cens électoral de 300 Francs. Mais l'éligibilité, aussi, était censitaire. Pour être éligible, il fallait payer un cens « éligibilital » (remarquablement, cet adjectif n'existe pas) de 1000 Francs.
En 1848, le cens électoral et le cens d’éligibilité ont tous les deux été supprimés. Mais, remarquablement, seul le suffrage a droit aux honneurs et à la célébration. On célèbre « l'avènement du suffrage universel », on n'a pas un mot pour l'avènement de l'éligibilité universelle.
Pourtant le suffrage sans condition de cens n'est rien sans l’éligibilité sans condition de cens. Imaginez que la loi électorale de 1849 ait institué un suffrage sans condition de cens, tout en conservant l’éligibilité censitaire telle qu’elle existait sous la monarchie de juillet : pour être éligible, il faut payer un cens « éligibilital » de 1000 Francs. Le suffrage sans condition de cens n’aurait alors eu aucun sens puisque les ouvriers n’auraient pas eu d’autre possibilité que refuser le vote ou voter pour l'aristocratie de la propriété (banquiers, financiers, industriels, armateurs, grands propriétaires terriens, grands commerçants, etc.).
Nous voyons que le suffrage non censitaire n'est rien sans l'éligibilité non censitaire. N'est-il pas remarquable, dans ces conditions, que la doctrine officielle occulte entièrement l'avènement de l'éligibilité universelle ? Ce fait ne doit-il pas nous interpeller.

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