
Il existe trois catégories d'infractions au droit pénal français. Les infractions les moins graves sont les contraventions. Les délits sont des infractions intermédiaires. Les crimes sont les infractions les plus graves. L'homicide, c'est-à-dire le fait de causer la mort d'autrui, fait partie des crimes. On distingue trois catégories d'homicides. L'homicide involontaire est le fait de causer la mort d'autrui par maladresse, imprudence, inattention ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence. Le meurtre est le fait de donner volontairement la mort à autrui. Le meurtre commis avec préméditation constitue un assassinat. Tous les crimes ne sont pas des homicides, mais tous les homicides sont des crimes au regard du droit pénal.
Ces rappels faits, la première question à laquelle nous devons répondre est : Adama Traoré, Lamine Dieng, Shaoyo Liu, Aboubacar Gueye, Gaye Camara, Cédric Chouviat ou Malik Oussekine sont-ils encore en vie ? La réponse est indiscutablement non, ils ne le sont pas. Il n'y a aucune contestation sur ce point. Personne ne soutient qu'ils ne sont pas morts, qu'en réalité ils sont détenus dans une prison secrète et que leurs corps, lors de l'enterrement, ont été remplacés par ceux de vagabonds.
Leurs décès ne faisant l'objet d'aucune contestation, la question cruciale est celle de la cause de leur mort. Étant donné que, dans chaque cas, des policiers ou des gendarmes étaient présents sur les lieux du décès, la question qui se pose inévitablement est de savoir si ces derniers sont ou non pour quelque chose dans ces décès que nul ne conteste. Si certains de ces hommes sont morts des suites d'une intervention policière, il y a homicide. Un homicide qui peut être involontaire, volontaire ou prémédité. Mais en tout cas un homicide. Si, au contraire, la mort s'explique par une cause étrangère à l'intervention policière, il n'y a pas homicide. Voilà pourquoi la question posée est celle de l'homicide et non celle de la violence. Cela ne signifie pas, naturellement, que les policiers ou les gendarmes sont coupables d'homicides. Cela signifie seulement que le décès de certaines personnes dans des circonstances où des policiers ou des gendarmes étaient présents au moment du décès pose la question d'un éventuel homicide. Poser une question, ce n'est pas y répondre.
La question qui se pose, par conséquent, n'est pas simplement celle de la violence, mais précisément celle de l'homicide. Utiliser le mot « violences » lorsqu'il s'agit d'homicides, c'est minimiser la gravité des faits. Bien sûr, un homicide est une violence. C'est pourquoi le mot n'est pas tout à fait faux. Mais un homicide n'est pas n'importe quelle violence. C'est la plus grave de toutes parce qu'elle est irréparable. Voilà pourquoi il faut poser la question des homicides policiers, non celle des violences policières.
Les sociétés démocratiques sont des sociétés criminelles entre autres parce que la terminologie qu'elles utilisent est criminelle. C'est pourquoi l'utilisation d'une terminologie correcte et précise est importante dans le combat contre le crime organisé.