
Si nous en croyons ce que nos maîtres nous ont mis dans le crâne à l'école, les droits de l'homme c'est génial. Lorsque l'Etat les reconnaît, il n'existe plus que pour protéger l'individu. Et nous, nous sommes heureux et fiers d'avoir toutes sortes de droits : la liberté, l'égalité, l'expression, une justice indépendante et impartiale, le droit à un procès équitable, en veux-tu en voilà.
La déclaration française des droits de l'homme de 1789 n'était déjà pas mauvaise dans le registre des promesses de Gascon. Mais celle qui surpasse toutes les autres en termes de démagogie et de cynisme, c'est la déclaration universelle de 1948. Avec elle, c'est bien simple, nous avons droit à tout. Liberté de circuler, d'expression, droit à la dignité, à l'éducation, à la nationalité, à la vie privée, etc. C'est Noël tous les jours. Les cadeaux s'entassent au pied du sapin.
En fait, la déclaration de 1948 n'a aucun caractère contraignant. Elle n'engage pas les Etats qui l'on signée. Elle n'est qu'un recueil de vœux pieux et de promesses platoniques.
On nous vend la déclaration de 1948 comme un idéal à atteindre, comme un projet. En fait, elle est plutôt un prospectus publicitaire des Etats signataires. Elle est une sorte de vitrine. Elle est la description de ce que les Etats prétendent être. Elle décrit la manière dont ces Etats voudraient que nous les considérions.
En vérité, la déclaration universelle de 1948, loin d'être libératrice, est profondément oppressive. C'est une vraie saloperie. Elle n'apporte strictement rien à l'individu. Il serait parfaitement vain pour lui de s'en réclamer. Pensez-vous qu'un seul prisonnier de Guantanamo ou d'Abou Ghraib (Irak) a un jour invoqué la déclaration de 1948 ? Evidemment non. S'il l'avait fait, il aurait reçu une sévère correction de ses tortionnaires "pour lui apprendre le respect". En revanche, la déclaration universelle de 1948 est très utile aux Etats parce qu'elle est le masque derrière lequel ils font leurs saloperies en toute tranquillité. Nous, des tortionnaires ? Mais enfin, pas du tout, voyons. Nous avons pris l'engagement de respecter la dignité de l'individu. Regardez, c'est écrit là. Alors, vous voyez bien.
Ne soyons pas dupes, ne soyons pas des nigauds. Nous aurons fait un pas en avant le jour où nous aurons compris la véritable fonction des déclarations des droits : nous opprimer, nous réduire à l'obéissance et au silence. Comme d'autres brûlent le drapeau américain, brûlons la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Marre de cette saloperie !