
Les droits de l'homme sont le grand argument de vente des démocraties. Les régimes démocratiques respectent les droits de l'homme, les régimes non démocratiques ne les respectent pas. De la sorte, la démocratie s'identifie aux droits de l'homme. Ils sont en quelque sorte des synonymes. Mais avons-nous réellement besoin des droits de l'homme ? Fermons les yeux et faisons une supposition. Imaginons un instant que la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 n'existe pas. Imaginons encore qu'aucune autre déclaration des droits de l'homme n'existe. Il y a en eu trois en France, celle de 1789, celle de 1793 et celle de 1795. Les gens ne le savent pas toujours. Certains pensent qu'il n'y en a eu qu'une seule, celle de 1789, parce que c'est la seule qu'on évoque, on se demande pourquoi. Mais imaginons qu'aucune de ces trois déclarations n'existe. Que se passerait-il alors ? Dirions-nous aux CRS : « Allez-y les gars, défoulez-vous, tirez dans le tas autant qu'il vous plaira. Peu importe si vous mutilez des manifestants pacifiques, ou même si vous les tuez, puisque il n'existe aucune déclaration de droits de l'homme. » Je ne le pense pas. Je pense que même si aucune déclaration des droits de l'homme n'existait, le bon sens nous dirait qu'il n'est pas acceptable de mutiler des innocents. Ainsi, les droits de l'homme ressemblent à un coup de billard indirect. Pour atteindre une boule, on dirige le tir sur la bande du billard. La boule rebondit sur la bande et va toucher la boule visée. Mais, au lieu de ce coup indirect, ne pourrions-nous faire un coup direct et viser directement la boule à atteindre. Ainsi, si nous devons condamner l'usage d'armes de mutilation par les forces de répression policière, ce n'est pas parce que les déclarations des droits de l'homme nous le disent, mais parce que nous pensons qu’elles ne le doivent pas. Les déclarations des droits de l'homme nous sont par conséquent inutiles. Un jour, Bonaparte a demandé à Laplace pourquoi il ne parlait pas de Dieu dans son rapport. Celui-ci lui a répondu : « Je n'ai pas besoin de cette hypothèse. » Avons-nous réellement besoin de l'hypothèse des droits de l'homme ?