Appel pour les femmes Afghanes

Le problème

Appel à Madame Elisabeth Baume-Schneider ainsi qu'à l'ensemble du Conseil fédéral pour délivrer des visas humanitaires à toutes les femmes afghanes ayant fui leur pays.

Le 15 août 2021, les Talibans reprenaient Kaboul. Ce brutal et soudain retournement de situation anéantissait 20 ans de démocratisation et d’émancipation féminine.

En décembre 2022, le régime des mollahs durcissait encore la répression en devenant le seul pays au monde où les fillettes ne peuvent plus aller à l’école au-delà de l’âge de 12 ans ; où les femmes n’ont plus le droit d’accès à l’université, ni de travailler dans les 1260 ONG nationales ou internationales ni même pour l’ONU, ou encore dans le secteur public. Ce qui de facto, les invisibilise dans l'espace public. Ceci dans un pays où près de deux tiers des personnes dépendent de l’aide humanitaire ; où près de 3 millions d’enfants sont menacés de malnutrition.

Depuis l'apparition de ce régime arbitraire et liberticide, elles sont quelques milliers de femmes afghanes à être parvenues à fuir et à rejoindre des pays limitrophes où elles ne sont pas en sécurité. Menacées dans leur intégrité, elles tentent désespérément d’obtenir un visa humanitaire. Comment peut-on, en Occident, rester de marbre face à de tels destins ? Comment peut-on rester sourd à leurs appels ?

En septembre 2021, le Parlement européen avait appelé à la création d’un visa humanitaire spécifique pour accueillir les femmes afghanes. Hélas, aucune politique européenne coordonnée n’a été mise en oeuvre. Seuls la Suède et le Danemark octroient systématiquement l’asile aux femmes et filles afghanes en raison de leur sexe et des dangers qu’elles encourent au sens de la Convention relative au statut des réfugiés, conclue en 1951 à Genève.

La Suisse peut et doit agir de la même manière. D'une manière générale, les visas humanitaires devraient être délivrés sur la base de critères clairs et transparents, et non laissés à la discrétion des ambassades ou du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM). Or, à ce jour, notre pays applique une politique d'asile extrêmement restrictive, de l'aveu même de collaboratrices et de collaborateurs du SEM. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: au cours des deux dernières années, 2183 demandes de visas humanitaires ont été déposées par des ressortissants afghans, dont 135 ont été acceptées – 76 pour des demandeurs de sexe féminin, 59 pour des demandeurs de sexe masculin. Soit un taux d'acceptation d'à peine plus de 6%.

Comment en arrive-t-on à des chiffres aussi dérisoires? Parce que la Confédération demande aux ressortissantes afghanes de déposer leur demande dans une représentation suisse… fermée depuis la prise de pouvoir des Talibans! Une fois qu’elles ont fui dans un pays limitrophe, le SEM considère qu’elles sont dans un lieu sûr. Or, de nombreux reportages ont démontré que nombre d’entre elles vivent dans le dénuement le plus total, parfois avec leurs enfants, voire qu’elles sont des proies pour les trafiquants d’êtres humains.

Le cas emblématique de Madame Malalai H. atteste la rigidité dont la Confédération fait preuve en la matière. Le SEM, qui dépend du Département fédéral de justice et police (DFJP), a refusé la demande de la ressortissante afghane d’obtenir un visa humanitaire pour la Suisse, du fait de l’absence d’un lien étroit et actuel avec notre pays, au prétexte que ses ex-employeurs ne perçoivent pas de subvention de la Confédération. Pourtant, Mme Malalai H. a travaillé pendant près de 20 ans auprès d’ONG suisses dont les sièges sont à Zoug et à Genève, oeuvrant dans le domaine de la promotion et de la protection des droits humains, et plus particulièrement des droits des femmes et des filles.

Nous avons la conviction que le non-financement d’une ONG suisse par la Confédération ne devrait pas être un critère de refus de l’octroi d’un visa humanitaire, ce d’autant plus si cette association bénéficie de financements communaux et cantonaux, comme dans le cas de Mme Malalai H.

La Ville de Genève a déjà appelé à deux reprises Mmes Karin Keller-Sutter et Baume-Schneider, qui se sont succédées au DFJP, à délivrer un visa humanitaire à Mme Malalai H, qui a mis sa vie en danger pour en sauver d'autres, et qui a aujourd'hui un urgent besoin de protection de la part de notre pays.

A Berne, plusieurs textes ont été déposés pour demander l'octroi de visas humanitaires pour les défenseur.e.s des droits humains afghan.e.s., ou encore pour accueillir davantage de personnes réfugiées d'Afghanistan, en particulier des femmes.

A travers cet Appel, nous demandons à Mme Elisabeth Baume-Schneider ainsi qu'à l'ensemble des membres du Conseil fédéral d’agir au plus vite pour :

  1. Protéger les femmes afghanes en établissant des voies diplomatiques qui permettent à celles qui le souhaitent et dans des conditions dignes, de rejoindre la Suisse.
  2. Mettre en place des moyens en Suisse pour loger correctement ces femmes dans des centres d’hébergements ou mieux, dans des logements, à l'abri des violences.
  3. Procéder, tant en Suisse que dans les sièges diplomatiques de la Suisse à l’étranger, à l'octroi des permis humanitaires.

Premières et premiers signataires

  • Alfonso Gomez - Maire de la Ville de Genève
  • Christina Kitsos - Conseillère administrative, vice-présidente de la Ville de Genève
  • Marie Barbey-Chappuis - Conseillère administrative - Ville de Genève
  • Frédérique Perler - Conseillère administrative - Ville de Genève
  • Sami Kanaan - Conseiller administratif - Ville de Genève
  • Ruth Dreiffuss - Ancienne Conseillère fédérale
  • Micheline Calmy-Rey - Ancienne Conseillère fédérale
  • Lisa Mazzone - Conseillère aux Etats
  • Carlo Sommaruga - Conseiller aux Etats
  • Walder Nicolas - Conseiller national
  • Laurence Fehlmann-Rielle - Conseillère nationale
  • Delphine Klopfenstein - Conseillère nationale
  • Isabelle Pasquier-Eichenberger - Conseillère nationale
  • Stefania Prezioso-Batou - Conseillère nationale
  • Michel Matter - Conseiller national
  • Christian Dandrès - Conseiller national
  • Maryam Yunus Ebener - Conseillère administrative - Onex - ancienne réfugiée politique
  • Leyla Ahmari - Candidate au Conseil national, ancienne réfugiée politique
  • Cathy Day - Co-présidente de la section genevoise de la Ligue Suisse des Droits de l'Homme
  • Sophie Malka - Coordinatrice de Vivre Ensemble | asile.ch
  • Maurozia Carmona Fischer - Présidente de Camarada
  • Badia El Koutit - Fondatrice et Directrice exécutive - Association pour les droits humains (APDH)
  • Inge Hoffmann - Présidente de l'Observatoire romand du droit d'asile et des étrangers - ODAE
  • Léna Strasser - Députée au Grand Conseil de Genève - Présidente du Collectif de soutien aux sans papiers de Genève
  • Manuel Tornare - Co-président de la Ligue Internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) - Ancien Conseiller national
  • Marjorie De Chastonay - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Céline Bartolomucci - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Diane Barbier-Muller - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Sophie Demaurex - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Louise Trottet - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Laura Mach - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Caroline Marti - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Nicole Valiquer Grecuccio - Ancienne Députée au Grand Conseil de Genève
  • Ana Maria Barciela Villar - Conseillère municipale
  • Joëlle Bertossa - Conseillère municipale
  • Corinne Bonnet-Mérier - Conseillère municipale
  • Oriana Brücker - Conseillère municipale
  • Uzma Khamis Vannini - Conseillère municipale
  • Dorothée Marthaler Ghidoni - Conseillère municipale
  • Christel Saura - Conseillère municipale
  • Brigitte Studer - Conseillère municipale
  • Maryelle Budry - Conseillère municipale
  • Omar Azzabi - Conseiller municipal
avatar of the starter
Alfonso GOMEZLanceur de pétitionMaire / Conseiller administratif de la Ville de Genève.

868

Le problème

Appel à Madame Elisabeth Baume-Schneider ainsi qu'à l'ensemble du Conseil fédéral pour délivrer des visas humanitaires à toutes les femmes afghanes ayant fui leur pays.

Le 15 août 2021, les Talibans reprenaient Kaboul. Ce brutal et soudain retournement de situation anéantissait 20 ans de démocratisation et d’émancipation féminine.

En décembre 2022, le régime des mollahs durcissait encore la répression en devenant le seul pays au monde où les fillettes ne peuvent plus aller à l’école au-delà de l’âge de 12 ans ; où les femmes n’ont plus le droit d’accès à l’université, ni de travailler dans les 1260 ONG nationales ou internationales ni même pour l’ONU, ou encore dans le secteur public. Ce qui de facto, les invisibilise dans l'espace public. Ceci dans un pays où près de deux tiers des personnes dépendent de l’aide humanitaire ; où près de 3 millions d’enfants sont menacés de malnutrition.

Depuis l'apparition de ce régime arbitraire et liberticide, elles sont quelques milliers de femmes afghanes à être parvenues à fuir et à rejoindre des pays limitrophes où elles ne sont pas en sécurité. Menacées dans leur intégrité, elles tentent désespérément d’obtenir un visa humanitaire. Comment peut-on, en Occident, rester de marbre face à de tels destins ? Comment peut-on rester sourd à leurs appels ?

En septembre 2021, le Parlement européen avait appelé à la création d’un visa humanitaire spécifique pour accueillir les femmes afghanes. Hélas, aucune politique européenne coordonnée n’a été mise en oeuvre. Seuls la Suède et le Danemark octroient systématiquement l’asile aux femmes et filles afghanes en raison de leur sexe et des dangers qu’elles encourent au sens de la Convention relative au statut des réfugiés, conclue en 1951 à Genève.

La Suisse peut et doit agir de la même manière. D'une manière générale, les visas humanitaires devraient être délivrés sur la base de critères clairs et transparents, et non laissés à la discrétion des ambassades ou du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM). Or, à ce jour, notre pays applique une politique d'asile extrêmement restrictive, de l'aveu même de collaboratrices et de collaborateurs du SEM. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: au cours des deux dernières années, 2183 demandes de visas humanitaires ont été déposées par des ressortissants afghans, dont 135 ont été acceptées – 76 pour des demandeurs de sexe féminin, 59 pour des demandeurs de sexe masculin. Soit un taux d'acceptation d'à peine plus de 6%.

Comment en arrive-t-on à des chiffres aussi dérisoires? Parce que la Confédération demande aux ressortissantes afghanes de déposer leur demande dans une représentation suisse… fermée depuis la prise de pouvoir des Talibans! Une fois qu’elles ont fui dans un pays limitrophe, le SEM considère qu’elles sont dans un lieu sûr. Or, de nombreux reportages ont démontré que nombre d’entre elles vivent dans le dénuement le plus total, parfois avec leurs enfants, voire qu’elles sont des proies pour les trafiquants d’êtres humains.

Le cas emblématique de Madame Malalai H. atteste la rigidité dont la Confédération fait preuve en la matière. Le SEM, qui dépend du Département fédéral de justice et police (DFJP), a refusé la demande de la ressortissante afghane d’obtenir un visa humanitaire pour la Suisse, du fait de l’absence d’un lien étroit et actuel avec notre pays, au prétexte que ses ex-employeurs ne perçoivent pas de subvention de la Confédération. Pourtant, Mme Malalai H. a travaillé pendant près de 20 ans auprès d’ONG suisses dont les sièges sont à Zoug et à Genève, oeuvrant dans le domaine de la promotion et de la protection des droits humains, et plus particulièrement des droits des femmes et des filles.

Nous avons la conviction que le non-financement d’une ONG suisse par la Confédération ne devrait pas être un critère de refus de l’octroi d’un visa humanitaire, ce d’autant plus si cette association bénéficie de financements communaux et cantonaux, comme dans le cas de Mme Malalai H.

La Ville de Genève a déjà appelé à deux reprises Mmes Karin Keller-Sutter et Baume-Schneider, qui se sont succédées au DFJP, à délivrer un visa humanitaire à Mme Malalai H, qui a mis sa vie en danger pour en sauver d'autres, et qui a aujourd'hui un urgent besoin de protection de la part de notre pays.

A Berne, plusieurs textes ont été déposés pour demander l'octroi de visas humanitaires pour les défenseur.e.s des droits humains afghan.e.s., ou encore pour accueillir davantage de personnes réfugiées d'Afghanistan, en particulier des femmes.

A travers cet Appel, nous demandons à Mme Elisabeth Baume-Schneider ainsi qu'à l'ensemble des membres du Conseil fédéral d’agir au plus vite pour :

  1. Protéger les femmes afghanes en établissant des voies diplomatiques qui permettent à celles qui le souhaitent et dans des conditions dignes, de rejoindre la Suisse.
  2. Mettre en place des moyens en Suisse pour loger correctement ces femmes dans des centres d’hébergements ou mieux, dans des logements, à l'abri des violences.
  3. Procéder, tant en Suisse que dans les sièges diplomatiques de la Suisse à l’étranger, à l'octroi des permis humanitaires.

Premières et premiers signataires

  • Alfonso Gomez - Maire de la Ville de Genève
  • Christina Kitsos - Conseillère administrative, vice-présidente de la Ville de Genève
  • Marie Barbey-Chappuis - Conseillère administrative - Ville de Genève
  • Frédérique Perler - Conseillère administrative - Ville de Genève
  • Sami Kanaan - Conseiller administratif - Ville de Genève
  • Ruth Dreiffuss - Ancienne Conseillère fédérale
  • Micheline Calmy-Rey - Ancienne Conseillère fédérale
  • Lisa Mazzone - Conseillère aux Etats
  • Carlo Sommaruga - Conseiller aux Etats
  • Walder Nicolas - Conseiller national
  • Laurence Fehlmann-Rielle - Conseillère nationale
  • Delphine Klopfenstein - Conseillère nationale
  • Isabelle Pasquier-Eichenberger - Conseillère nationale
  • Stefania Prezioso-Batou - Conseillère nationale
  • Michel Matter - Conseiller national
  • Christian Dandrès - Conseiller national
  • Maryam Yunus Ebener - Conseillère administrative - Onex - ancienne réfugiée politique
  • Leyla Ahmari - Candidate au Conseil national, ancienne réfugiée politique
  • Cathy Day - Co-présidente de la section genevoise de la Ligue Suisse des Droits de l'Homme
  • Sophie Malka - Coordinatrice de Vivre Ensemble | asile.ch
  • Maurozia Carmona Fischer - Présidente de Camarada
  • Badia El Koutit - Fondatrice et Directrice exécutive - Association pour les droits humains (APDH)
  • Inge Hoffmann - Présidente de l'Observatoire romand du droit d'asile et des étrangers - ODAE
  • Léna Strasser - Députée au Grand Conseil de Genève - Présidente du Collectif de soutien aux sans papiers de Genève
  • Manuel Tornare - Co-président de la Ligue Internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) - Ancien Conseiller national
  • Marjorie De Chastonay - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Céline Bartolomucci - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Diane Barbier-Muller - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Sophie Demaurex - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Louise Trottet - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Laura Mach - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Caroline Marti - Députée au Grand Conseil de Genève
  • Nicole Valiquer Grecuccio - Ancienne Députée au Grand Conseil de Genève
  • Ana Maria Barciela Villar - Conseillère municipale
  • Joëlle Bertossa - Conseillère municipale
  • Corinne Bonnet-Mérier - Conseillère municipale
  • Oriana Brücker - Conseillère municipale
  • Uzma Khamis Vannini - Conseillère municipale
  • Dorothée Marthaler Ghidoni - Conseillère municipale
  • Christel Saura - Conseillère municipale
  • Brigitte Studer - Conseillère municipale
  • Maryelle Budry - Conseillère municipale
  • Omar Azzabi - Conseiller municipal
avatar of the starter
Alfonso GOMEZLanceur de pétitionMaire / Conseiller administratif de la Ville de Genève.

Mises à jour sur la pétition

Partager la pétition

Pétition lancée le 2 juin 2023