Non à l'exclusion d'élèves considérés comme bloqueurs au lycée Charlemagne

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CETTE PÉTITION EST OUVERTE À TOUS


Le jeudi 16 janvier 2020, un blocus a eu lieu au lycée Charlemagne pour dénoncer le manque de préparation aux E3C qui auront lieu dans deux semaines, en même temps que le bac blanc qui a été annoncé à des classes tardivement, et contre la réforme des retraites. 
Des élèves vont sûrement être à cause de ce blocus exclus du lycée car ils sont considérés comme "bloqueurs".
Tout d'abord certains de ces élèves n'ont pas bloqué hier, et ce sont juste assis sur des poubelles quelques minutes, mais n'empêchaient pas des élèves de passer, ne les bloquaient pas.
Ensuite un vote a été fait le matin du blocus, et les élèves qui votaient n'allaient pas forcément aux AG habituellement, ce vote était donc représentatif des élèves du lycée. De plus les deux élèves qui étaient contre ont pu s'exprimer. On peut donc considérer que les "bloqueurs" ne sont que les représentants d'une majorité d'élève.
Par conséquent les élèves convoqués, pour peu qu'ils aient participé à l'aménagement d'un blocus, empêchaient, dans une moindre mesure, le déroulement des cours, puisque l'empêchement de ce déroulement provenait plus d'une majeur partie des élèves considérés comme "bloqués".
La convocation de certains élèves  avec la menace d'exclusion n'apparaît donc que comme la volonté de sanctionner des représentants pour donner un exemple, et c'est la raison pour laquelle ces élèves ne devraient pas être sanctionnés.

Voici ci-dessous une lettre ouverte à l’intention du proviseur écrite par un.e élève :

Cher monsieur,
Je vous écris en raison de votre décision d’exclure potentiellement des élèves ayant bloqué le lycée. Je ne suis moi-même pas bloqueur.se, et n’ai jamais envisagé de participer à ce blocus. On peut donc considérer que j’en ai été une « victime ». Et pourtant, je trouve cette sanction absolument anormale.

Je comprends tout à fait qu’un blocus puisse apporter nombre de conséquences négatives. Mais comment en vouloir à vos élèves de s’être saisis de l’un des derniers moyens de protestation auquel ils ont accès ? Aller manifester est devenu extrêmement dangereux. On ne peut plus protester dans la rue, même pacifiquement, sans risquer de se faire nasser, gazer, blesser par les forces de l’ordre. Lorsque les manifestants sont peu, ils ne sont pas pris au sérieux. Lorsqu’ils sont trop nombreux, la répression des CRS crée inévitablement des mouvements de foules qui mettent en danger nos personnes. De même, lorsque nous, adolescents, tentons d’exprimer notre colère ou notre désaccord par des moyens plus passifs que le blocus, nos propos ne sont pas pris au sérieux, moqués, réprimés, oubliés. Même lorsque notre avenir est en jeu, nous ne semblons être que de simples pantins dont l’avis ne demande même pas à être considéré.

Comment en vouloir à vos élèves de vouloir changer cela ? Le blocus a beau être maladroit, il n’en est pas moins efficace lorsqu’il est mené à bien. Nous sommes en temps de crise, et il est naturel de vouloir être entendus coûte que coûte, quitte à faire des sacrifices.

J’admets que l’absence d’AG avant l’évènement puisse paraître condamnable. Il s’agit d’ailleurs d’une des principales raisons pour laquelle j’ai choisi de ne pas bloquer jeudi matin. Pourtant, elle est elle aussi compréhensible. Lorsqu’une AG a lieu, et que l’administration est informée du résultat, les élèves se voient encourager à ne pas venir au lycée. Ainsi, cela nous prive de tout contact entre les élèves bloqueurs et non-bloqueurs, de tout partage, de toute explication. Les bloqueurs, qui pourtant ne manquent pas de revendications et de motifs à leur action, se voient attribuer malgré eux le rôle d’élèves voulant simplement sécher les cours et rester dans l’entre-soi. Les blocus précédents ont souvent paru complètement inutiles, car les élèves les subissant ne savaient même pas pourquoi on les empêchait d’aller au lycée. Ce jeudi 16 janvier, pour la première fois, des échanges ont eu lieu, des informations ont été partagées, et élèves bloqueurs comme non bloqueurs se sont parfois rejoints autour d’idées communes à défendre. On peut juger ce moyen un peu déplacé, mais le fait de tenter d’être mieux entendu, en restant pacifique et en filtrant le passage des élèves, ne semble mériter des sanctions à la hauteur de celle que vous prévoyez.

L’exclusion temporaire est une des sanctions les plus graves pouvant être appliquée à un élève. On la réserve habituellement à des comportements nuisant à autrui, telle que de la violence verbale. Or les personnes que vous convoquez n’ont nullement eu l’intention de nuire à qui que ce soit. Peut-être est-ce ainsi que vous le voyez, mais à mon humble avis, partagé par une majorité d’élèves, il s’agit au contraire de gens cherchant à améliorer les conditions de vie des différentes générations, et de pour cela protester contre un système qui nous oppresse. Bloquer un lycée n’a rien de particulièrement plaisant, et pourtant les élèves entreprennent ces actions avec l’espoir de faire changer les choses à leur échelle. Cela n’a rien de condamnable, et l’enseignement au lycée charlemagne n’a pas cessé de fonctionner à cause de ses quelques tentatives. C’est pourquoi je demande, et je sais être suivi.e par la majorité des lycéens de Charlemagne, le retrait des sanctions d’exclusion pour les élèves bloqueurs.

Bien Cordialement,
Un.e élève du lycée