Abattage des plus vieux et grands arbres de Montréal et du Québec

Signataires récents:
Annick CARRIER et 17 autres ont signé récemment.

Le problème

Lette ouverte a la ville de Montréal

Parc La Fontaine : un précédent à ne pas négliger

Objet : Demande de moratoire immédiat sur l’abattage des huit arbres centenaires et tenue d’une consultation citoyenne publique

Madame la Mairesse, Mesdames et Messieurs les élu·e·s,

Le parc La Fontaine, véritable cœur vert du Plateau-Mont-Royal, est sur le point de subir une transformation majeure : l’abattage de huit arbres centenaires. Cette décision, prise sans consultation publique ni débat transparent, ne peut rester sans réponse citoyenne. Nous, résidents et usagers du parc, souhaitons signifier notre profond désaccord avec cette manière de faire. Car il ne s’agit pas ici uniquement d’arbres, mais d’un précédent démocratique, territorial et écologique.

Dans un élan de mobilisation rapide et spontanée, plus de 1 000 personnes ont signé une pétition citoyenne en moins de 48 heures pour demander un moratoire sur l’abattage et la mise en place d’une consultation publique. Ce geste témoigne de l’attachement profond des Montréalais·es à leur patrimoine arboricole, mais aussi de leur désir de participer aux décisions qui affectent leur cadre de vie. Cette pétition continue de circuler, rassemblant des voix diverses qui partagent une même conviction : nous devons traiter ces enjeux avec transparence, justice et imagination collective.

Préserver ces arbres n’est pas une lubie. C’est un acte de rigueur, de lucidité et de responsabilité dans un contexte où chaque geste posé sur le territoire doit être pensé avec justesse. La Ville affirme vouloir renforcer sa résilience climatique. Pourtant, elle accepte ici une perte écologique et affective irréversible, sans ouvrir l’espace à la contradiction, à l’écoute et à la co-construction.

Nous avons bien conscience que les arbres ont une durée de vie, que la sécurité publique est importante, et que l’arboriculture repose sur des diagnostics. Mais ces diagnostics, issus de rapports d’experts, ne sont pas des vérités absolues. Ils sont influencés par un mandat, un cadre budgétaire, et souvent la pression des assureurs. Or, ce qui manque cruellement dans ce processus, c’est une vision plurielle et interdisciplinaire : celle qui croise les savoirs techniques, les connaissances citoyennes, les mémoires du lieu et les alternatives artistiques ou pédagogiques.

Ce que nous demandons, ce n’est pas l’impossible. C’est la base :

Un moratoire temporaire sur l’abattage des arbres identifiés ;
Une consultation citoyenne publique ;
Une expertise croisée, ouverte, incluant divers corps de métier et disciplines, afin de soulever des alternatives potentielles. 
Dans le cas où l’abattage s’avérerait inévitable, il est essentiel de réfléchir collectivement à des façons de donner une seconde vie à ces arbres.
Cette lutte n’est pas une fin en soi. Elle est le symptôme d’un problème plus large : la gouvernance technocratique et descendante de nos espaces publics. Il est temps de repolitiser notre rapport au territoire. De sortir de la pensée en silos. De s’inspirer des approches biorégionalistes qui reconnaissent les spécificités écologiques, affectives et culturelles des lieux. De créer un précédent montréalais fort, inspirant, cohérent avec les engagements écologiques de la Ville. Il est vrai que nous devons choisir nos combats, et c’est justement dans cette perspective que nous nous impliquons : ce projet représente à nos yeux des "low hanging fruits", des actions concrètes et locales qui permettent d’amorcer un changement plus vaste. Préserver les arbres centenaires dans un quartier n’est pas une cause isolée ou "mineure", mais une manière de poser un précédent : celui du droit d’être consulté lorsque le territoire public est transformé.

Car parler de démocratie, ce n’est pas opposer les émotions populaires à la froideur scientifique. C’est articuler les savoirs citoyens, le patrimoine vivant et les diagnostics spécialisés. C’est reconnaître que chaque arbre centenaire qu’on abat, c’est une perte qu’on ne pourra jamais réparer. C’est exiger qu’on traite ces pertes avec dignité, rigueur, imagination, dans la collectivité et surtout avec respect.

Nous ne disons pas qu’il ne faudra pas les couper. Nous disons que, pour prendre une telle décision, il faut se donner les moyens d’explorer toutes les alternatives. D’écouter. D’imaginer. D’honorer ce que l’on détruit. Au lieu de les abattre sans rien faire avec eux, sans avoir exploré les alternatives, sans avoir pensé à une seconde vie, une seconde utilité ou forme pour les commémorer. Pourquoi ne pas sortir de cette logique restreinte ? Lorsqu'on donne seulement trois choix à ce corps de métier (Arboriculteur): couper, élaguer ou ne rien faire, cela génère une pensée en silos. Or, nous avons besoin de croiser davantage de disciplines pour faire émerger d'autres possibles. Pourquoi être en désaccord avec cette exigence minimale ? C'est juste la base.

Cela peut même être une opportunité de transformer ces arbres en œuvres d’art collectives, de leur offrir une seconde vie qui rende hommage à leur présence passée et qui nourrisse l’imaginaire des générations futures.

Plusieurs villes dans le monde ont appris à vivre avec leurs arbres centenaires, à les intégrer dans l’urbanisme et à accompagner leur cycle de vie jusqu’au bout avec soin. Pourquoi Montréal ne pourrait-elle pas, elle aussi, devenir une référence dans cette voie, en innovant plutôt qu’en tranchant ?

De plus, nous avons entendu de nombreux récits de citoyens ayant vu leurs arbres de quartier abattus pour des raisons souvent extérieures à leur santé réelle. Cela a laissé un profond sentiment d’impuissance, d’injustice et de dépossession. Ce n’est peut-être pas exactement le cas ici, nous avons bien pris connaissance des vidéos explicatives et nous ne remettons pas nécessairement en cause l’expertise technique fournie. Mais l’enjeu, ensuite, devient celui de la gestion de cette situation : comment l’aborder, avec qui, dans quel cadre, avec quelles finalités ? C’est précisément à ce moment-là qu’il faut élargir le cercle, impliquer d’autres disciplines, et inclure les citoyens dans la recherche d’alternatives sensées et respectueuses.

Espérant une réponse positive et une ouverture au dialogue de la part de votre administration, nous vous prions d’agréer, Madame la Mairesse, Mesdames et Messieurs les élu·e·s, l’expression de nos salutations citoyennes distinguées.

 

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Annick CARRIER et 17 autres ont signé récemment.

Le problème

Lette ouverte a la ville de Montréal

Parc La Fontaine : un précédent à ne pas négliger

Objet : Demande de moratoire immédiat sur l’abattage des huit arbres centenaires et tenue d’une consultation citoyenne publique

Madame la Mairesse, Mesdames et Messieurs les élu·e·s,

Le parc La Fontaine, véritable cœur vert du Plateau-Mont-Royal, est sur le point de subir une transformation majeure : l’abattage de huit arbres centenaires. Cette décision, prise sans consultation publique ni débat transparent, ne peut rester sans réponse citoyenne. Nous, résidents et usagers du parc, souhaitons signifier notre profond désaccord avec cette manière de faire. Car il ne s’agit pas ici uniquement d’arbres, mais d’un précédent démocratique, territorial et écologique.

Dans un élan de mobilisation rapide et spontanée, plus de 1 000 personnes ont signé une pétition citoyenne en moins de 48 heures pour demander un moratoire sur l’abattage et la mise en place d’une consultation publique. Ce geste témoigne de l’attachement profond des Montréalais·es à leur patrimoine arboricole, mais aussi de leur désir de participer aux décisions qui affectent leur cadre de vie. Cette pétition continue de circuler, rassemblant des voix diverses qui partagent une même conviction : nous devons traiter ces enjeux avec transparence, justice et imagination collective.

Préserver ces arbres n’est pas une lubie. C’est un acte de rigueur, de lucidité et de responsabilité dans un contexte où chaque geste posé sur le territoire doit être pensé avec justesse. La Ville affirme vouloir renforcer sa résilience climatique. Pourtant, elle accepte ici une perte écologique et affective irréversible, sans ouvrir l’espace à la contradiction, à l’écoute et à la co-construction.

Nous avons bien conscience que les arbres ont une durée de vie, que la sécurité publique est importante, et que l’arboriculture repose sur des diagnostics. Mais ces diagnostics, issus de rapports d’experts, ne sont pas des vérités absolues. Ils sont influencés par un mandat, un cadre budgétaire, et souvent la pression des assureurs. Or, ce qui manque cruellement dans ce processus, c’est une vision plurielle et interdisciplinaire : celle qui croise les savoirs techniques, les connaissances citoyennes, les mémoires du lieu et les alternatives artistiques ou pédagogiques.

Ce que nous demandons, ce n’est pas l’impossible. C’est la base :

Un moratoire temporaire sur l’abattage des arbres identifiés ;
Une consultation citoyenne publique ;
Une expertise croisée, ouverte, incluant divers corps de métier et disciplines, afin de soulever des alternatives potentielles. 
Dans le cas où l’abattage s’avérerait inévitable, il est essentiel de réfléchir collectivement à des façons de donner une seconde vie à ces arbres.
Cette lutte n’est pas une fin en soi. Elle est le symptôme d’un problème plus large : la gouvernance technocratique et descendante de nos espaces publics. Il est temps de repolitiser notre rapport au territoire. De sortir de la pensée en silos. De s’inspirer des approches biorégionalistes qui reconnaissent les spécificités écologiques, affectives et culturelles des lieux. De créer un précédent montréalais fort, inspirant, cohérent avec les engagements écologiques de la Ville. Il est vrai que nous devons choisir nos combats, et c’est justement dans cette perspective que nous nous impliquons : ce projet représente à nos yeux des "low hanging fruits", des actions concrètes et locales qui permettent d’amorcer un changement plus vaste. Préserver les arbres centenaires dans un quartier n’est pas une cause isolée ou "mineure", mais une manière de poser un précédent : celui du droit d’être consulté lorsque le territoire public est transformé.

Car parler de démocratie, ce n’est pas opposer les émotions populaires à la froideur scientifique. C’est articuler les savoirs citoyens, le patrimoine vivant et les diagnostics spécialisés. C’est reconnaître que chaque arbre centenaire qu’on abat, c’est une perte qu’on ne pourra jamais réparer. C’est exiger qu’on traite ces pertes avec dignité, rigueur, imagination, dans la collectivité et surtout avec respect.

Nous ne disons pas qu’il ne faudra pas les couper. Nous disons que, pour prendre une telle décision, il faut se donner les moyens d’explorer toutes les alternatives. D’écouter. D’imaginer. D’honorer ce que l’on détruit. Au lieu de les abattre sans rien faire avec eux, sans avoir exploré les alternatives, sans avoir pensé à une seconde vie, une seconde utilité ou forme pour les commémorer. Pourquoi ne pas sortir de cette logique restreinte ? Lorsqu'on donne seulement trois choix à ce corps de métier (Arboriculteur): couper, élaguer ou ne rien faire, cela génère une pensée en silos. Or, nous avons besoin de croiser davantage de disciplines pour faire émerger d'autres possibles. Pourquoi être en désaccord avec cette exigence minimale ? C'est juste la base.

Cela peut même être une opportunité de transformer ces arbres en œuvres d’art collectives, de leur offrir une seconde vie qui rende hommage à leur présence passée et qui nourrisse l’imaginaire des générations futures.

Plusieurs villes dans le monde ont appris à vivre avec leurs arbres centenaires, à les intégrer dans l’urbanisme et à accompagner leur cycle de vie jusqu’au bout avec soin. Pourquoi Montréal ne pourrait-elle pas, elle aussi, devenir une référence dans cette voie, en innovant plutôt qu’en tranchant ?

De plus, nous avons entendu de nombreux récits de citoyens ayant vu leurs arbres de quartier abattus pour des raisons souvent extérieures à leur santé réelle. Cela a laissé un profond sentiment d’impuissance, d’injustice et de dépossession. Ce n’est peut-être pas exactement le cas ici, nous avons bien pris connaissance des vidéos explicatives et nous ne remettons pas nécessairement en cause l’expertise technique fournie. Mais l’enjeu, ensuite, devient celui de la gestion de cette situation : comment l’aborder, avec qui, dans quel cadre, avec quelles finalités ? C’est précisément à ce moment-là qu’il faut élargir le cercle, impliquer d’autres disciplines, et inclure les citoyens dans la recherche d’alternatives sensées et respectueuses.

Espérant une réponse positive et une ouverture au dialogue de la part de votre administration, nous vous prions d’agréer, Madame la Mairesse, Mesdames et Messieurs les élu·e·s, l’expression de nos salutations citoyennes distinguées.

 

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