

Écoutons les !
Le problème
Nous, éducateur(e)s, au côté des élèves et qui leur faisons confiance, nous avons ressenti le besoin de rédiger ce texte que nous ouvrons aujourd’hui à tou.te.s celles et ceux qui s’y retrouvent.
Tribune parue dans Le Monde le 03/10/2026 « Plutôt que de les écouter, de les rencontrer, on leur oppose un mur de violences »
Retrouvez le lien sur le café pédagogique
À vos signatures !
Le texte intégral de la tribune :
« Nous, enseignants et enseignantes, personnels d’éducation, qui travaillons, réfléchissons, discutons avec les jeunes chaque jour, nous qui les voyons changer, se tromper, rebondir, nous qui les guidons dans leur construction, dans leurs échecs et dans leurs réussites, nous leur faisons entièrement confiance. Cette confiance n’est pas une posture mais le résultat de cette relation humaine quotidienne : nous savons les écouter et ils et elles savent pouvoir compter sur nous pour les aider à se construire et les protéger.
Alors, que nous disent aujourd’hui ces jeunes, si tant est que l’on sache et que l’on veuille les écouter ? Ils ne font que crier leur attachement à l’école de la République et à sa promesse d’égalité. Ils expriment ainsi un mal-être de plus en plus prégnant, dont les causes sont connues et documentées. C’est ce mal-être que traduit en partie le dernier classement PISA(Programme international pour le suivi des acquis des élèves), qui voit la France reculer à la 27e place des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, et confirme que le système éducatif français non seulement reproduit, mais aggrave les inégalités sociales.
Que peuvent reprocher aujourd’hui nos autorités à ces jeunes ? De rêver d’un avenir meilleur, comme n’importe quel jeune dans le monde ? De s’intéresser à la chose publique et de s’impliquer dans la cité, alors que nous passons notre temps à les dire désintéressés par le débat public et purement consuméristes ? N’est-ce pas justement une des premières missions de l’école que de former de futurs citoyens et citoyennes ?
Or, plutôt que de les écouter, de les rencontrer et de les laisser se rassembler dans leurs établissements pour construire démocratiquement leurs revendications, on leur oppose un mur de violences. On les abandonne devant leurs établissements, face aux forces de l’ordre, tandis que des professeurs, des personnels d’éducation, des parents, des habitants, font tout ce qu’ils peuvent pour éviter les débordements. Combien de temps allons-nous laisser pourrir cette situation ? Combien de temps les autorités vont-elles attendre avant de répondre à leurs demandes ? Si l’on voulait que la situation dégénère pour discréditer ce mouvement social et le faire taire, on ne s’y prendrait pas autrement. Doit-on attendre qu’il y ait des morts ?
Etre à la hauteur de la jeunesse
Un enfant de 14 ans a été victime d’un tir de lance-grenades en pleine tête à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), un autre a été éborgné par l’impact d’une balle de défense de type LBD à Tours. Comment en sommes-nous arrivés à utiliser des armes de guerre contre nos propres enfants ? Aurions-nous si peur de notre jeunesse et de ce qu’elle porte en elle d’espoir pour l’avenir ?
Depuis des années, nombreux sont celles et ceux qui alertent face à l’accumulation de réformes ou décisions prises sans aucune concertation : Parcoursup, réforme du baccalauréat de Jean-Michel Blanquer [ministre de l’éducation nationale de mai 2017 à mai 2022], ou mise en place de groupes de niveau. Tous en dénoncent les effets épuisants et démoralisants pour les familles, les enfants et les personnels qui les accompagnent. Les territoires populaires subissent le plus durement la violence de leurs effets : peut-on s’étonner que ce soit dans leurs lycées que les adolescentes et adolescents s’expriment le plus fort ?
Dans un contexte de baisse démographique qui devrait nous permettre de mieux accompagner les élèves, le gouvernement a fait le choix de supprimer encore 4 000 postes d’enseignants à la rentrée de septembre, et s’apprête à en supprimer encore plus de 1 500 en 2027. D’autres choix sont pourtant possibles : prendre au sérieux la promesse de l’école républicaine et lui accorder autant de sens que lui en accorde la jeunesse de notre pays.
La jeunesse crie son attachement aux valeurs de la République. Soyons à la hauteur de ses espoirs, montrons-nous aussi responsables qu’elle l’est. N’insultons pas l’avenir alors que le monde que nous offrons à nos enfants est déjà bien sombre. Et rendons-nous compte de la chance que nous avons d’avoir une jeunesse aussi prête à construire son avenir et celui de son pays. »
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Le problème
Nous, éducateur(e)s, au côté des élèves et qui leur faisons confiance, nous avons ressenti le besoin de rédiger ce texte que nous ouvrons aujourd’hui à tou.te.s celles et ceux qui s’y retrouvent.
Tribune parue dans Le Monde le 03/10/2026 « Plutôt que de les écouter, de les rencontrer, on leur oppose un mur de violences »
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Le texte intégral de la tribune :
« Nous, enseignants et enseignantes, personnels d’éducation, qui travaillons, réfléchissons, discutons avec les jeunes chaque jour, nous qui les voyons changer, se tromper, rebondir, nous qui les guidons dans leur construction, dans leurs échecs et dans leurs réussites, nous leur faisons entièrement confiance. Cette confiance n’est pas une posture mais le résultat de cette relation humaine quotidienne : nous savons les écouter et ils et elles savent pouvoir compter sur nous pour les aider à se construire et les protéger.
Alors, que nous disent aujourd’hui ces jeunes, si tant est que l’on sache et que l’on veuille les écouter ? Ils ne font que crier leur attachement à l’école de la République et à sa promesse d’égalité. Ils expriment ainsi un mal-être de plus en plus prégnant, dont les causes sont connues et documentées. C’est ce mal-être que traduit en partie le dernier classement PISA(Programme international pour le suivi des acquis des élèves), qui voit la France reculer à la 27e place des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, et confirme que le système éducatif français non seulement reproduit, mais aggrave les inégalités sociales.
Que peuvent reprocher aujourd’hui nos autorités à ces jeunes ? De rêver d’un avenir meilleur, comme n’importe quel jeune dans le monde ? De s’intéresser à la chose publique et de s’impliquer dans la cité, alors que nous passons notre temps à les dire désintéressés par le débat public et purement consuméristes ? N’est-ce pas justement une des premières missions de l’école que de former de futurs citoyens et citoyennes ?
Or, plutôt que de les écouter, de les rencontrer et de les laisser se rassembler dans leurs établissements pour construire démocratiquement leurs revendications, on leur oppose un mur de violences. On les abandonne devant leurs établissements, face aux forces de l’ordre, tandis que des professeurs, des personnels d’éducation, des parents, des habitants, font tout ce qu’ils peuvent pour éviter les débordements. Combien de temps allons-nous laisser pourrir cette situation ? Combien de temps les autorités vont-elles attendre avant de répondre à leurs demandes ? Si l’on voulait que la situation dégénère pour discréditer ce mouvement social et le faire taire, on ne s’y prendrait pas autrement. Doit-on attendre qu’il y ait des morts ?
Etre à la hauteur de la jeunesse
Un enfant de 14 ans a été victime d’un tir de lance-grenades en pleine tête à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), un autre a été éborgné par l’impact d’une balle de défense de type LBD à Tours. Comment en sommes-nous arrivés à utiliser des armes de guerre contre nos propres enfants ? Aurions-nous si peur de notre jeunesse et de ce qu’elle porte en elle d’espoir pour l’avenir ?
Depuis des années, nombreux sont celles et ceux qui alertent face à l’accumulation de réformes ou décisions prises sans aucune concertation : Parcoursup, réforme du baccalauréat de Jean-Michel Blanquer [ministre de l’éducation nationale de mai 2017 à mai 2022], ou mise en place de groupes de niveau. Tous en dénoncent les effets épuisants et démoralisants pour les familles, les enfants et les personnels qui les accompagnent. Les territoires populaires subissent le plus durement la violence de leurs effets : peut-on s’étonner que ce soit dans leurs lycées que les adolescentes et adolescents s’expriment le plus fort ?
Dans un contexte de baisse démographique qui devrait nous permettre de mieux accompagner les élèves, le gouvernement a fait le choix de supprimer encore 4 000 postes d’enseignants à la rentrée de septembre, et s’apprête à en supprimer encore plus de 1 500 en 2027. D’autres choix sont pourtant possibles : prendre au sérieux la promesse de l’école républicaine et lui accorder autant de sens que lui en accorde la jeunesse de notre pays.
La jeunesse crie son attachement aux valeurs de la République. Soyons à la hauteur de ses espoirs, montrons-nous aussi responsables qu’elle l’est. N’insultons pas l’avenir alors que le monde que nous offrons à nos enfants est déjà bien sombre. Et rendons-nous compte de la chance que nous avons d’avoir une jeunesse aussi prête à construire son avenir et celui de son pays. »
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Pétition lancée le 4 octobre 2026