Séverine MFrance
Jun 5, 2017
Bonjour, Beaucoup d'entre vous sont au courant, un rapport a été établi concernant les violences sexuelles sur enfants, présidé par Flavie Flament. Ce rapport propose un allongement du délai de prescription de 10 ans, ce qui permettrait de porter plainte jusqu'à 48 ans après la majorité. Certaines personnes pourraient trouver ça plutôt bien. Je dénonce ce rapport et et dénonce ce rallongement du délai. La raison... Voilà : Les crimes ayant un délai de prescription dérogatoire de 30 ans : L’article 1er de la loi dite « Fenech-Tourret » du 27 février 2017 précise que « l'action publique des crimes mentionnés aux articles 706-16,706-26 et 706-167 du présent code, aux articles 214-1 à 214-4 et 221-12 du code pénal et au livre IV bis du même code se prescrit par trente années révolues à compter du jour où l'infraction a été commise ». 706-16 du code de procédure pénale  Les actes de terrorisme et infractions connexes 706-26 du code de procédure pénale  Le trafic de stupéfiants 706-167 du code de procédure pénale  Les infractions relatives à la prolifération d’armes de destruction massive et de leurs vecteurs 214-1 à 214-4 du code pénal  Les crimes d’eugénisme et de clonage reproductif 221-12 du code pénal  Les atteintes à la personne constituées par les disparitions forcées Livre IV bis du code pénal  Les crimes de guerre On veut nous mettre dans le même sac que ces crimes là ? Nous ne valons pas plus que ça ? Nos vies brisées, nos séquelles à perpétuité ne représentent pas un aspect qui nécessite une imprescriptibilité ? Pourquoi l'imprescriptibilité demanderont certains ? Parce que violer un enfant est un acte de barbarie qui relève, de l'avis de nombreuses personnes, du crime contre l'humanité. Parce que l'imprescriptibilité c'est lancer un message fort aux victimes : nous comprenons votre douleur et la perpétuité de vos séquelles. Et aux pédocriminels : vous ne serez jamais à l'abri. C'est lancer à la société un message clair et donc permettre un changement de regard sur les victimes. Nous ne serions plus regardés comme des exagérateurs de nos maux, comme des emmerdeurs qui pètent les plombs pour rien. Et si le regard de la société change, si les gens comprennent à quel point le viol d'un enfant est un acte barbare qui détruit la personnalité et le "moi" profond de la personne, si l'on arrête de nous regarder avec pitié ou pire avec méfiance, alors nous pourrons peut-être prendre la parole plus facilement. De plus, il y a une très grande différence entre trouver la force d'en parler, après un parcours de vie souvent chaotique et le fait d'être prêt à porter plainte c'est à dire, notamment dans les cas d'inceste de s'attirer les foudres d'une famille dans le déni. Donc non. Nous ne voulons pas de ce rapport. Nous voulons l’imprescriptibilité. Et nous ne nous laisserons pas enfumer par un rapport qui ignore nos plus de 168 400 signatures ! Nous existons ! Nous sommes indignés et écoeurés d'être mis au rang de trafic de stupéfiants ! Nous valons mieux. Nous sommes des adultes brisés à perpétuité. Je viens de remplir mon dossier de demande d'invalidité catégorie 2 à cause de mes séquelles... Je n'ai que 45 ans. Combien sommes nous dans ce cas. Nous devons survivre au lieu de vivre. Je passe mon temps entre psychiatre, psychologue, médecin, yogathérapeuthe... Et pour l'aspect physique, c'est la rhumatologie, la gynécologie... Combien sommes nous dans ce cas . Je devrais considérer que ce qu'on m'a fait est comme un trafic de stupéfiant ? Un crime de guerre ? Mais je vivais dans un pays en paix, dans une famille aux apparences normales. Pas de guerre, seulement de la barbarie... Violer un enfant = CRIME CONTRE L'HUMANITE. Alors continuons, si nous atteignons 200 000 signatures, nous aurons réussi quelque chose que personne n'a jamais fait dans ce "domaine"... Je vous en prie, continuez de partager la pétition, les vidéos... Lisez et faites lire le livre Stop Prescription. Et sollicitez vos élus, les anciens et ceux qui se présentent aux législatives. Nous devons réussir. Si nous réussissons, nous aurons franchi la première étape d'une démarche globale qui vise à mettre en place une vraie prise en charge des victimes, à faire plus de prévention auprès des enfants et surtout une meilleure prévention des adultes y compris en formant les personnes au contact des enfants à repérer des signes subtiles de maltraitance... Les enfants et ados qui subissent sauront que le degré de gravité de ce qui leur est infligé les autorise à parler. Alors on ne lâche rien. Ce n'est pas un rapport pour lequel nous n'avons pas été pris en considération qui doit décider de notre avenir. Merci à tous ! Séverine (Le livre Stop Prescription, ici : https://www.amazon.fr/dp/1520467974 )
Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X