Pour une enfance sans violences, cessez d’inviter Marcel Rufo !

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Chaque semaine, le magazine « Fémina » donne la parole à Marcel Rufo, pédopsychiatre régulièrement invité des médias, qui y propose des conseils éducatifs aux parents qui en font la demande.

Une nouvelle fois, nous avons été sidérés de la réponse et des conseils de M. Rufo, qui répondait au courrier de Delphine, mère d’un enfant de 7 ans.

Les méthodes de ce pédopsychiatre, auteur de plusieurs ouvrages, sont alarmantes.

A l’heure où l’association Stop VEO, Enfance sans violences vient de lancer une campagne d’information sur les Violences Educatives Ordinaires (VEO) et alors qu’une loi contre les VEO sera probablement inscrite au Code Civil cet été, donner audience à un pédopsychiatre pour écrire de telles inepties est insupportable.

Lorsqu’un enfant raconte à ses parents les problèmes qu’il rencontre, dire que « ce besoin de confession est agressif » et que « les brouilles méritent que l’on se débrouille et non pas qu’on embrouille les parents avec » est particulièrement dangereux. Cette réponse est déjà une violence en soi. Mais comment un enfant qui n’a pas la confiance de ses parents pourrait-il un jour confier un cas de harcèlement ou de violence sexuelle qu’il subit, ce qui est malheureusement loin d’être rare ? La loi du silence mène au pire.

Lorsqu’un enfant dit à sa mère « je ne te trouve pas très belle, je te trouve un peu vieille », M. Rufo conseille aux parents de répondre qu’ils vont « moins l’aimer s’il continue à [leur] casser les pieds » et de le menacer (« si tu continues à m’insulter, je t’aimerais moins »). Ici, M. Rufo propose l’amour conditionnel : si l’enfant n’est pas conforme à nos besoins ou nos attentes, nous devons l’aimer moins. C’est d’une violence extrême. Si le questionnement et le malaise de la maman sont légitimes, beaucoup d’autres analyses et réponses sont possibles.

La menace, le retrait d’amour, l’amour conditionnel sont des violences psychologiques qui abîment le cerveau des enfants.

Tandis que Marcel Rufo déclarait encore il y a quelques mois « qu’un bébé qui mange mal, qui ne dort pas, qui fait des spasmes du sanglot est, à sa façon, un tyran », avec les implications que cela entraîne en termes de modèle éducatif, les neurosciences affectives et sociales ont démontré depuis plus de 15 ans les effets délétères des méthodes coercitives et punitives.

Nous ne pouvons pas laisser ce monsieur continuer à faire l’apologie des Violences Educatives Ordinaires auprès de milliers de parents en étant présenté comme expert du sujet. D’autres approches existent en matière d’accompagnement à la parentalité et de nombreux intervenants ont intégré que la violence n’était pas éducative (Catherine Gueguen, Pédiatre ; Muriel Salmona, Psychiatre ; Gilles Lazimi, médecin…).

Rappelons à Fémina et à l’ensemble des médias que l’accompagnement des enfants est trop important pour être conditionné par les discours de Monsieur Rufo et autres adeptes de la pédagogie noire.