Justice pour les Tamouls

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Nous, Tamouls issus de la diaspora, sommes très inquiets de ce qui se passe de jour en jour au Sri Lanka. Par exemple, la nuit du 8 janvier 2021, les autorités sri-lankaises se sont faufilées dans l'Université de Jaffna et ont utilisé un bulldozer pour détruire complètement une statue commémorative de guerre réalisée par les Tamouls du Sri Lanka.

Pourquoi cette statue compte-t-elle beaucoup pour les Tamouls ?

Pendant les dernières années de la guerre civile opposant le gouvernement sri-lankais et les Tigres de Libération de l'Eelam Tamoul, plus de 40 000 civils innocents capturés à Mullivaikal ont été brutalement abattus: ils tentaient de fuir craignant pour leur vie.
La statue détruite a été construite en hommage aux Tamouls ayant perdu leur vie pendant cette période.

Un autre exemple, bien plus récent : les terres d'un ancien temple hindou ont été envahies par le Département d'Archéologie sri-lankais au mois de janvier 2021. Accompagnés de l'armée sri-lankaise, ces agents ont pénétré la région de Kurunthur (Mullaitheevu) et, après avoir procédé à l’enlèvement d’une sculpture liée au culte hindou, ils y installèrent une statue de Bouddha.
Encore une fois, notre histoire et notre culture sont bafouées et la voix des citoyens Tamouls vivant au Sri-Lanka est réduite au silence.

C’est pourquoi nous envoyons une lettre à l’intention de l’Organisation des Nations Unies et ses états membres. 

À l’intention de l'Organisation des Nations Unies et ses états membres


Objet : 46ème session du CDH et la nouvelle résolution sur le Sri Lanka


Nous soussignés, qui incluons des représentants de la communauté tamoule ainsi que d’autres organisations et citoyens intéressés, parlons au nom des Tamouls d’Eelam contre lesquels l’État sri lankais, des acteurs parrainés par l’État, et les forces de sécurité ont commis de multiples actes de génocide de l’indépendance du Sri Lanka jusqu’à nos jours. Le Sri Lanka a commis les actes de génocide les plus odieux du XXIe siècle dans la phase finale de la guerre en 2008 et 2009.


Nous appelons les Nations Unies et leurs états membres à :


1. Adopter fermement et sans équivoque une résolution limitée dans le temps à la 46ème session du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies prescrivant une enquête internationale, impartiale et indépendante sur la conduite de l'état sri-lankais et de son armée d'occupation pendant la phase finale de la guerre, et dans les actes de génocide et la violation des droits de l'homme en cours.


2. Adopter au Conseil de sécurité des Nations Unies et/ou à l’Assemblée générale une résolution semblable à la résolution ci-dessus, mais renvoyant en outre le Sri Lanka devant la Cour pénale internationale (CPI).


3. Agir rapidement pour punir sévèrement les personnes reconnues responsables d'actes de génocide ou d'autres abus, et mettre en place un mécanisme de protection qui empêchera nous l’espérons, la répétition d’actes de violence envers la communauté tamoule.


Nous faisons cette demande en notant que :


1. L’État sri lankais et ses forces de sécurité sont accusés d’avoir commis un génocide contre les Tamouls de l’Eelam et d’avoir commis des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et de nombreuses violations des droits de la personne contre les Tamouls de l’Eelam (voir ici) ;


2. Certaines des pires atrocités commises par le Sri Lanka, ont été commises en 2009, lorsque des dizaines de milliers de civils tamouls de l’Eelam ont été massacrés dans le cadre d’un génocide prémédité. Le Sri Lanka a délibérément sous-estimé la population civile tamoule dans la zone de guerre (en affirmant que 70 000 personnes y vivaient, au lieu des 429 000) avant de couper l’approvisionnement en nourriture et en médicaments. Par la suite, ils ont tenté de détruire la zone dans laquelle ces centaines de milliers de civils s'étaient réfugiés, bien que le gouvernement sri-lankais ait admis que seulement quelques centaines de combattants des LTTE y vivaient (voir ici);


3. 146 679 civils tamouls de l’Eelam sont toujours portés disparus après la dernière phase de la guerre, beaucoup ayant disparu après avoir été saisis par les forces de sécurité sri-lankaises (voir ici ou ici) ;


4. Près de 12 ans se sont écoulés depuis les actes de génocide susmentionnés, au cours desquels aucun progrès tangible n'a été réalisé en vue d'une enquête indépendante sur le comportement des forces de sécurité sri-lankaises, et le temps qui passe a aidé le Sri Lanka à dissimuler ses atrocités en détruisant les preuves ;


5. Au cours des 12 dernières années, les forces de sécurité sri-lankaises ont bénéficié d'une impunité totale et l'état sri-lankais a éludé toute responsabilité, créant un dangereux précédent pour de futurs actes de génocide non seulement au Sri Lanka mais aussi ailleurs ;


6. Les actes de génocide se poursuivent encore aujourd’hui, les Tamouls de l’Eelam étant la cible d’abus tels que le viol, les conditions de vie désastreuses (en particulier parmi les déplacés internes), l’ethnocide et le nettoyage ethnique systématique des Tamouls de leurs terres sévit encore ;


7. La motivation de type nazi pour le génocide (l’idéologie selon laquelle le peuple cinghalais est un « peuple élu » et donc supérieur, et le Sri Lanka est leur « terre promise » et les Tamouls Eelam seraient une menace), et un appareil d’état de soutien, pourrait déclencher d’autres actes de génocide contre les Tamouls de l’Eelam à tout moment ;


8. Toute enquête interne sur la conduite du Sri Lanka serait intrinsèquement compromise, car elle équivaudrait à ce que l’auteur d’un crime juge sa propre innocence ;


9. Il ne peut y avoir de paix ou de stabilité durable dans la région sans responsabilité et réparation pour les crimes de guerre susmentionnés contre les civils tamouls d'Eelam.


Cette pétition a été lancée et menée par la prochaine génération de la diaspora tamoule. Pour plus d'informations, veuillez visiter justiceforeelam.org