Mettons fin aux violences et abus dans le milieu littéraire québécois

Mettons fin aux violences et abus dans le milieu littéraire québécois

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Chère communauté littéraire,

 

Nous sommes des femmes et minorités de genre œuvrant dans le milieu littéraire. En plein cœur de cette nouvelle vague du mouvement #metoo/#moiaussi, nous avons entamé un échange à propos de notre environnement de travail. Force est de reconnaître que les violences à caractère sexuel y sont répandues, protéiformes, banalisées et tacitement acceptées. Au-delà du sentiment de libération que peuvent créer les témoignages et les dénonciations, au-delà de la beauté de ce temps d’écoute, de solidarité et de soutien, il en ressort les constats suivants :

 

1.      Une culture du silence, favorisant les violences à caractère sexuel, sévit dans le milieu littéraire depuis plusieurs années, voire des décennies.

 

2.      Elle provient certainement, en partie, de l’oppression patriarcale et des mythes que ce système véhicule. Ces mythes ont pour effet pervers de banaliser la violence. On peut penser au discours sur la nécessaire ambiguïté des rapports de séduction, à la défense d’un désir irrépressible et sacro-saint, à la mystique du poète maudit à qui tout est pardonné à l’avance en raison de son pseudo-génie ou de sa notoriété. On peut également songer à la valorisation, dans le milieu littéraire, de la liberté, de la transgression, de l’ouverture d’esprit et de l’anticonformisme, ces valeurs détournées de leur signification profonde pour masquer, faciliter et légitimer des comportements abusifs.

 

3.      Les femmes et minorités de genre ne se sentent pas à l’aise de créer dans un environnement où la performance passe trop souvent par le fait de plaire et les dynamiques qui en découlent, parfois fondées sur l’insidieuse association entre valeurs littéraire et sexuelle.

 

4.      Cette culture du silence a plusieurs impacts :

•      Elle tolère les violences à caractère sexuel et laisse proliférer les traumas qui s’ensuivent.

•      Elle génère et entretient un climat malsain, toxique, qui subsiste grâce à la peur (de la mise au ban, de la violence), et mène à la souffrance, au doute et à la solitude des femmes et minorités de genre subissant des violences à caractère sexuel.

•      Elle abandonne les victimes en n’assignant pas directement et clairement la honte aux agresseurs, bien souvent protégés par leur position ou leur notoriété au sein d’un réseau puissant qui, en ne les dénonçant pas, en détournant le regard, en banalisant leurs comportements, les protège et perpétue ces agressions.

•      Elle isole et musèle les victimes de violences à caractère sexuel, murées dans la honte de dénoncer une figure appréciée et figées par la peur du rejet de leurs collègues. Ce faisant, elle empêche les solidarités et résistances qui viendraient d’une libération de la parole sur le long terme.

•      Elle renforce les liens entre le milieu et les agresseurs, dont certains occupent des positions de pouvoir et d’autorité. Ce boys club, que soutient la culture du silence, peut mener à l’exclusion de certaines femmes et minorités de genre du milieu littéraire et même, à l’auto-exclusion. En effet, les personnes subissant un comportement abusif vont souvent s’isoler et avoir peur et honte de prendre la parole.

•      Une charge mentale et des comportements d’évitement sont imposés aux femmes et minorités de genre qui, pour exister et évoluer en toute sécurité dans ce milieu, doivent policer leur attitude, se méfier de leurs collègues, quitter tôt un événement, refuser de collaborer à un projet, couper les ponts avec le milieu, entre autres.

•      Les discriminations et violences liées au genre croisent trop souvent, dans le milieu littéraire, celles associées à la race, à l’âge ou à l’orientation sexuelle. La culture du silence ne permet pas d’aborder franchement ces problèmes que dénonce le féminisme intersectionnel. Elle ne permet pas la circulation des pouvoirs; elle maintient des femmes et minorités de genre racisées en dehors du milieu littéraire.

•      Le milieu de travail de toutes et tous en est ainsi affecté, privant le public et la population d’œuvres pouvant témoigner de réalités sociales jusqu’alors ignorées, cachées ou refoulées.

 

5.      Nous constatons également que le milieu littéraire, dans sa structure et son quotidien, se caractérise par son aspect collaboratif. On pense ici, notamment, aux revues, aux collectifs, et plus largement, à une hiérarchie relevant de l’appui, de l’avis et de la critique des pairs. Cela engendre une complexité supplémentaire lorsque vient le temps de réfléchir aux actes de nos collègues.

 

6.      Lorsqu’on parle des identités de genre en littérature, c’est souvent dans une perspective analytique, mais dans la vie littéraire et paralittéraire gravitent des corps, des corps bien réels, les corps des autrices, des corps qui font aussi les textes et qui s’inscrivent, à divers degrés, dans l’écriture. Rappelons que la frontière entre le privé et le public est particulièrement floue dans le milieu littéraire, ne serait-ce que par l’aspect intime qui se dégage parfois de l’écriture. Nous remarquons que des personnes utilisent ce lien entre le texte et le corps des autrices pour faire preuve de coercition, insidieuse ou pas, ce qui a un impact sur la prise de parole des femmes et des minorités de genre et, en définitive, sur la parité au sein du milieu littéraire.

 

7.      La multiplication des postes occupés par une même personne engendre aussi sa propre complexité, parce qu’ainsi le pouvoir symbolique et réel se dédouble et s’étend à plus d’un projet ou d’un groupe de travail. L’écosystème littéraire étant restreint, nous refusons que le milieu soit le « terrain de chasse » de prédateurs, terrain de chasse d’autant plus dangereux qu’une culture de l’alcool teinte le milieu et est un facteur de vulnérabilité pour les femmes et minorités de genre.

 

8.      Nous ne soulignerons jamais assez que le milieu littéraire est précaire. Cette précarité rend possibles divers abus de pouvoir et violences sexuelles. Les personnes commettant ces abus et ces violences ont bien souvent le prestige et les moyens de faire basculer une carrière littéraire. En littérature, le parcours professionnel ou commercial d’une autrice ou d’un auteur repose sur un réseau de relations humaines et professionnelles, parfois entremêlées. On le sait : plus une sphère de production est restreinte, plus le capital symbolique y est puissant. Il nous incombe, par conséquent, dans un petit milieu comme le nôtre, de prendre la mesure de ce pouvoir dont disposent certains éditeurs, programmeurs littéraires, professeurs et écrivains, qu’on associerait parfois à juste titre au vedettariat littéraire. Il est impératif de réfléchir à ce que ce pouvoir peut autoriser, dans l’esprit de certains, et à l’abri des regards.

 

Notre milieu manie trop bien le verbe pour ignorer qu’il dispense parfois de l’action, et que cela est terriblement coûteux. Ceci est un appel à l’action. Les mots ne suffisent plus. C’est assez.

 

Nous demandons aux intervenantes et intervenants du milieu littéraire que les mots soient suivis de gestes, de prises de position fermes, de réformes, d’actions réparatrices claires, concrètes et transparentes, afin de briser cette culture du silence et de faire cesser les violences qu’elle dissimule et entretient.

 

Nous demandons aux éditrices et éditeurs ainsi qu’aux programmeuses et programmeurs littéraires de réfléchir à la cohabitation de victimes et d’agresseurs au sein de leur catalogue, de leurs lancements et de leurs événements littéraires. Nous leur demandons de trouver une solution qui tienne compte des besoins des victimes : être à l’aise, ne pas avoir à endurer la présence d’un agresseur réactivant des traumas, ne pas devoir décliner des invitations/des opportunités pour éviter celui-ci, etc. Nous demandons aux éditrices et éditeurs ainsi qu’aux programmeuses et programmeurs littéraires d’accepter cette charge mentale pour éviter que les survivantes et survivants n’aient à porter ce fardeau supplémentaire.

 

Nous demandons également aux éditrices et éditeurs ainsi qu’aux programmeuses et programmeurs littéraires et aux directrices et directeurs de revues littéraires un processus d’embauche vigilant et lucide, qui s’assure, par un mécanisme de consultation des femmes et minorités de genre du milieu, que les candidates et candidats retenus n’ont pas commis de violences à caractère sexuel.

 

Nous demandons aux personnes qui n'ont pas commis d'abus, mais qui ont volontairement fermé les yeux sur les abus de leurs collègues, de prendre publiquement position contre ces abus et de s’engager activement à les dénoncer et à ne plus les tolérer. Nous leur demandons de devenir des alliées et des alliés, qui joignent la parole aux actes.

 

Nous proposons aux festivals, aux librairies et à tout autre organisme culturel, entreprise ou individu organisant des événements littéraires – du plus officiel des galas au plus officieux des partys – de s’assurer de la présence d’un minimum de deux femmes et minorités de genre compétentes et bienveillantes qui restent sobres tout le long de l’événement. Leur rôle serait de veiller au bien-être et à la sécurité de tout le monde. Nous leur demandons également de mettre en place une politique de tolérance zéro lors de leurs événements. Considérant que les relations de pouvoir continuent en dehors du cadre professionnel, il est à noter que les événements et rassemblements privés se doivent de faire régner le respect et de participer au bien-être collectif.

 

Nous demandons un effort supplémentaire pour que les jurys, les comités de travail et les directions littéraires soient paritaires. Nous croyons que la parité est la pierre angulaire d’un changement de culture, les rapports de forces inégalitaires étant au fondement de ce qui pourrit notre milieu.

 

Nous demandons à ce qu’il existe, au niveau du financement par des organismes comme le CALQ, des structures de soutien pour recevoir les préoccupations des membres du jury relativement aux enjeux de harcèlement, que ce soit de la part d’une employée ou d’un employé de l’institution, d’une ou d’un membre du jury ou bien d’une personne soumettant une demande.

 

Nous demandons que les critiques littéraires réfléchissent à la fétichisation de la « jeune autrice », de « l’autrice endommagée/traumatisée » ou de « l’autrice trash ». Ce sont des archétypes dangereux, car en plus d'être capacitistes et âgistes, ils accentuent la vulnérabilité des principales intéressées. Ils détournent l’attention des œuvres en plus d’attirer les prédateurs du côté des autrices.

 

Lors des Salons du livre et des tournées de promotion, il est primordial que les éditrices et éditeurs ainsi que les programmeuses et programmeurs littéraires s’assurent de la sécurité des femmes et minorités de genre. On ne devrait jamais leur imposer une cohabitation, une chambre partagée. Si on leur laisse la responsabilité de se loger, il faut s’assurer de leur bien-être et ne jamais rester dans un flou impressionniste qui les fragilise. Nous demandons à ce qu’on rende sécuritaires leur hébergement, mais aussi leurs déplacements. La sécurité des femmes et minorités de genre devrait être assurée en tout temps par les responsables des Salons et tournées de promotion.

 

Nous reconnaissons que l’UNEQ est un partenaire essentiel, qui a été proactif dès les débuts de cette crise. Et c’est en tant que partenaire que nous demandons à notre syndicat et à sa cellule de crise d’entamer une réflexion sur les processus de justice alternative. Comme syndicat, l'UNEQ pourrait offrir de la médiation, la formation de comités de justice réparatrice, la prise en charge collective, etc. Tout le monde ne veut pas passer par le système de justice pour les raisons qu'on connaît, ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut rien faire d'autre comme communauté littéraire. Il serait possible de se doter d’un organisme à part qui ferait respecter nos droits en tenant compte de la spécificité du milieu littéraire.

 

Nous demandons à l’UNEQ de produire et de diffuser un document qui s’adresserait aux jeunes autrices qui en sont à leurs premières armes, et qui serait accessible à toutes et à tous sur le site de l'UNEQ (comme le « Guide de l'impôt »). Ce document répertorierait le type de comportements abusifs de certaines personnes en situation de pouvoir (exemple : « conseillers littéraires » : quoi éviter). Il offrirait des balises éthiques, des mises en garde et une liste des ressources pour les victimes de violences à caractère sexuel.

 

Nous demandons à l’UNEQ de réfléchir à un moyen de protéger les victimes quand l’agresseur est l’éditeur.

 

Nous demandons à l’UNEQ d’offrir des ateliers éduquant ses membres sur les violences à caractère sexuel. L’UNEQ pourrait embaucher ponctuellement des intervenantes et intervenants psychosociaux spécialisés dans les violences à caractère sexuel afin d’animer ces ateliers d’information. Ceux-ci pourraient être conçus en collaboration avec le Conseil des arts et des lettres du Québec. On peut imaginer qu’ils soient rendus obligatoires pour celles et ceux qui feraient une demande de bourse, par exemple.

 

Nous demandons que l’adhésion à l’UNEQ et/ou les contrats d’édition soient accompagnés d'un contrat de nature éthique, afin de ne pas reproduire le modèle qui fait que la responsabilité de subir des violences à caractère sexuel ou de s'en protéger n'incombe qu'aux femmes et minorités de genre. Pour que tout le monde soit impliqué et que le rappel de cette responsabilité soit clair et net, un tel engagement nous semble nécessaire.

 

Nous demandons à l’ANEL de se doter des outils adéquats et d’un lieu pour recueillir anonymement les témoignages de ses membres. Nous demandons à ce que soit dispensée une formation obligatoire aux éditrices et éditeurs ainsi qu’aux programmeuses et programmeurs littéraires pour s’assurer du bien-être des membres de leur entreprise et de leur communauté. Nous demandons aussi la création d’un code déontologique ainsi que l’instauration d’une ressource externe constituée de personnes n’œuvrant pas dans le milieu littéraire.

 

Nous demandons que les journalistes, critiques, libraires, professeures et professeurs réfléchissent à leur façon d’entrer en contact avec les autrices. Nous souhaitons que cette réflexion transforme leurs habitudes et leur code de déontologie. Le courriel est un mode de communication adéquat. Il permet de conserver une saine distance professionnelle, ce qui n’est pas le cas des réseaux sociaux. Le moment où ces intervenantes et intervenants entrent en contact avec les autrices est aussi important : la nuit n’est jamais propice aux propositions de nature professionnelle.

 

Nous demandons enfin, avec insistance, aux personnes en position d’autorité dans le milieu littéraire de réfléchir, à partir d’une perspective intersectionnelle, aux difficultés supplémentaires que rencontrent les femmes racisées, les minorités de genre et les orientations non-hétéros dans notre environnement, celles-ci participant à l’isolement des victimes et/ou à leur discrédit.

 

Nous espérons votre écoute, nous espérons votre soutien, nous espérons votre soif de justice, nous espérons votre rage et votre amour et votre désir de transformer le milieu littéraire pour qu’il devienne un environnement plus sécuritaire et plus égalitaire.

 

Nous valons mieux que cela, toutes et tous.

 

À vous la parole. Nous écoutons.

 

Les signataires

 

1.    Caroline Allard

2.    Pascale André

3.    Audrée Archambault

4.    Alexa Asselin

5.    Rosalie Asselin

6.    Soline Asselin

7.    Marie-Charlotte Aubin

8.    Daphné B.

9.    Stéphanie Barahona

10.  Zéa Beaulieu-April

11. Alex Beausoleil

12. Sophie Bédard

13. Vanessa Bell

14. Marjorie Benny

15. Marie-Andrée Bergeron

16. Juliette Bernatchez

17. Pascale Bérubé

18. Krystel Bertrand

19. Marido Billequey

20. Marie-Ève Blais

21. Isabelle Boisclair

22. Julie Bosman

23. Hélène Bughin

24. Anne-Renée Caillé

25. Ariane Caron-Lacoste

26. Anne Caumartin

27. Marie-Hélène Charron-Cabana

28. Margot Cittone

29. Daria Colonna

30. Myriam Comtois

31. Catherine Cormier-Larose

32. Mélina Cornejo

33. Adeline Corrèze

34. Myriam Côté

35. Marilou Craft

36. Véronique Cyr

37. Marie Darsigny

38. Carole David

39. Shelbie Deblois

40. Monique Deland

41. Julie Delporte

42. Martine Delvaux

43. Fanie Demeule

44. Denise Desautels

45. Roxane Desjardins

46. Nelly Desmarais

47. Gabrielle Doré

48. Kim Doré

49. Véronique Drouin

50. Alycia Dufour

51. Andréanne Dufour

52. Geneviève Dufour

53. Nathaly Dufour

54. Isabelle Dumais

55. Catherine Dupuis

56. Catherine Dussault Frenette

57. Virginie Fauve

58. Stéphanie Filion

59. Marie-Julie Flagothier

60. Véronique Fontaine

61. Natalie Fontalvo

62. Valérie Forgues

63. Anne-Marie Fortin

64. Cato Fortin

65. Carolanne Foucher

66. Charlotte Francoeur

67. Andréane Frenette-Vallières

68. Mireille Gagné

69. Marie-Noëlle Gagnon

70. Andrey-Ann Gascon

71. Mélissa Gasse

72. Évelyne Gauthier

73. Gabrielle Giasson-Dulude

74. Amélie Gillenn

75. Nadia Gosselin

76. Andréanne Gratton

77. Véronique Grenier

78. Marie-Ève Groulx

79. Roxanne Guérin

80. Sara Hébert

81. Laila Héloua

82. Céline Huyghebaert

83. Mélanie Jannard

84. Sophie Jeukens

85. Pénélope Jolicoeur

86. Natasha Kanapé Fontaine

87. Madioula Kébé

88. Alice van der Klei

89. Rosalie Ladouceur

90. Chloé LaDuchesse

91. Véronique Laforest

92. Marie-Pierre Laëns

93. Annie Lafleur

94. Marie-Pier Lafontaine

95. Roseline Lambert

96. Clara Lamy

97. Annie Landreville

98. Mélanie Landreville

99. Eve Landry

100.    Joëlle Landry

101.    Sophie-Anne Landry

102.    Juliette Langevin

103.    Tania Langlais

104.    Valérie Langlois

105.    Catherine Lavarenne

106.    Élisabeth Lavoie

107.    Alex-Sandrine Leblanc

108.    Laurence Leduc-Primeau

109.    Geneviève Lefebvre

110.    Valérie Lefebvre-Faucher

111.    Catherine Lefrançois

112.    Marie-Christine Lemieux-Couture

113.    Kateri Lemmens

114.    Ari Lessard

115.    Rosalie Lessard

116.    Mélissa Gasse

117.    Mélissa Grégoire

118. Alice Lienard

119. Caroline Louisseize

120. Véronique Marcotte

121. Stéphane Martelly

122. Ellie Martineau-Lavoie

123. Alice Michaud-Lapointe

124. Marie-Andrée Morache

125. Kateri Lemmens

126. Charlotte Moffet

127. Annabelle Moreau

128. Geneviève Morin

129. Pascale Morin

130. Leïka Morin

131. Roxane Nadeau

132. Mélodie Nelson

133. Maude Nepveu-Villeneuve

134. Mikella Nicol

135. Catherine Ocelot

136. Sarah-Jane Ouellet

137. Anaïs Paquin

138. Véronique Pascal

139. Annie Perreault

140. Lucille Pesloûan

141. Valérie Picard

142. Lily Pinsonneault

143. Si Poirier

144. Catherine Poulin

145. Marie-Hélène Poitras

146. Noémie Pomerleau-Cloutier

147. Marie-Hélène Racine

148. Nathalie Ranger

149. Katherine Raymond

150. Diane Régimbald

151. Ariane Renard

152. Sandrine Rocheleau

153. Kiev Renaud

154. Alice Rivard

155. Valérie Roch-Lefebvre

156. Sarah Rocheville

157. Karine Rosso

158. Stéphanie Roussel

159. Mélanie Roy

160. Jolène Ruest

161. Lucille Ryckebusch

162. Virginie Savard

163. Chloé Savoie-Bernard

164. Caroline Scott

165. Marie-Ève Sévigny

166. Jeanne Simoneau

167. Romy Snauwaert

168. Érika Soucy

169. Jessica St-Pierre

170. Olivia Tapiero

171. Camille Toffoli

172. Karianne Trudeau Beaunoyer

173. Rosalie Trudel

174. Élise Turcotte

175. Émilie M. Turmel

176. Sarah Turner

177. Justina Uribe

178. Mélodie Vachon Boucher

179. Christiane Vadnais

180. Chloé Varin

181. Laurence Veilleux

182. Maude Veilleux

183. Mélissa Verreault

184. Aimée Verret

185. Myriam Vincent

186. Catherine Voyer-Léger