Une vraie Taxe Lapin pour tous les soignants

Le problème

Mesdames, messieurs, membres du gouvernement ,

 

Aujourd’hui en France nous sommes plusieurs centaines de milliers de soignants libéraux en exercice. 

Parmi nous se trouvent bien évidemment des médecins. Mais la santé représente un panel beaucoup plus large que cette seule discipline. Ainsi nous retrouvons les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes, les dentistes, les sages-femme, les podologues, les psychologues, les ostéopathes, les diététiciens, et tant d’autres.


Cette disparité de professions n’est pas la seule. Les différentes professions ne voient pas le même nombre de patients par jour. Par exemple si un médecin généraliste peut voir 50 patients par jour, un psychologue libéral ne le pourra absolument pas. Certains soignants ne peuvent voir qu’un nombre extrêmement restreint de patients par jour.


A cela s’ajoute aussi un éventail très grand dans les honoraires. Quand un Kinésithérapeute percevra environ 16 euros par consultation, un chirurgien pourra percevoir des montant allants jusqu’a plusieurs centaines d’euros pour une consultation.


Chaque soignant a des charges professionnelles qui sont dépendantes de sa profession mais aussi de sa localisation. Un soignant parisien aura un loyer beaucoup plus important qu’un soignant travaillant dans le Creusot. Un dentiste aura des frais beaucoup plus importants qu’un psychologue.


De toutes ses différences qui font aussi la richesse de l’offre de soin dans notre pays, découlent aussi des problématiques différentes.


Mais un problème nous concerne tous : les consultations non honorées ou annulées en dernière minute. 

Ce fléau est devenu le quotidien de certains.

Et là aussi, encore une fois cela n’impacte pas tout le monde de la même manière. Un médecin ayant des dizaines de patients par jour avec une salle d’attente toujours remplie, et des patients que l’on peut appeler en dernière minute, n’aura pas le même problème qu’un ostéopathe ou un psychologue qui ne voit que 8 à 10  patients par jour maximum et fait des consultations longues. Ces derniers seront extrêmement touchés par la désorganisation de leur planning, mais aussi par une perte financière non négligeable.


Il semble impératif de rappeler à l’ensemble de la population que nos honoraires de praticiens indépendants représentent notre salaire. Pas de l’argent allant à une structure, une entité indistincte, mais bien notre unique source de revenus.

Si certains gagnent très bien leur vie, pour d’autres ce n’est pas le cas. Encore une fois il y a des différences entre les métiers mais aussi entre les régions.

La perte financière due à ces mauvais comportements en constante hausse peuvent amener à des faillites, mais aussi à des dépressions nerveuses, des burn out, des suicides.


Il faut que cela cesse et que les choses évoluent. 


Pour cela il faudrait aussi remettre notre salaire dans une perspective plus grande : cette baisse financière au delà de descendre notre pouvoir d’achat de manière immédiate, descend nos cotisations obligatoires. Si nous cotisons moins, alors nous sommes moins indemnisés en cas d’arrêt de travail pour cause d’accident, de maladie, de congé maternité. Mais cela diminue aussi nos futures pensions de retraite obligatoire.

Aucun salarié ne pourrait accepter cette situation.

Car la seule chose que nous demandons c’est de pouvoir travailler. Et de pouvoir travailler dans des bonnes conditions.


Lorsqu’un patient nous pose un lapin ou annule sa consultation en dernière minute, nous sommes nombreux à être de fait au chômage technique mais sans possibilité de toucher[une compensation] le chômage.
Qui peut tolérer cette situation?

Dans quelle entreprise pourrait-on supprimer le travail de quelqu’un quelques heures avant ou bien même par surprise? Il y aurait des procès de suite. 

Mais pas pour nous.

Pour nous cela semble aller de soi. 


Pourtant de plus en plus de français peinent à se soigner, a trouver un rdv. Mais on continue à avoir de plus en plus de créneaux de rdv gaspillés. Pour rien. Par l’impolitesse ou la désinvolture de patients se considérant comme des clients rois.

Avec cette augmentation de faux bonds et de changements de dernière minute, c’est aussi l’agressivité, les insultes ,les menaces qui sont en augmentation pour les soignants. 
Ce n’est plus acceptable.


Nous ne voulons pas la charité. Nous ne voulons pas être consolés. Nous voulons du respect basique et le respect de notre cadre de travail. Mais aussi avoir le choix de nos règlements intérieurs.


La plupart d’entre nous affichent dans leur salle d’attente, sur leurs site internet, sur leurs agendas en ligne, que toute consultation non honorée ou non annulée dans un certains délai sera due. 

Seulement la loi et les plateformes leaders du marché nous en empêchent.


Nous connaissons la loi ( L'article R. 4127-53 du Code de la santé publique dispose que les honoraires ne peuvent être réclamés qu'à l'occasion d'actes réellement effectués. ). Mais cette loi ne s’adresse qu’aux médecins. Et ne fait pas garde de la situation actuelle.


Aussi nous vous demandons par la présente de bien vouloir accepter de modifier la loi pour la rendre ouverte à tous les soignants. Mais aussi de nous permettre de prendre les empreintes de carte bancaire si nous le souhaitons au moment des prises de rdv. Et de pouvoir encaisser tout ou partie d’une somme définie par chacun à condition que la règle soit énoncée bien en amont de la prise de rdv à chaque patient, et que cette somme ne fasse l’objet d’aucun remboursement par la sécurité sociale ou par les mutuelles.


Nous devons pouvoir vivre de nos métiers. Correctement. Nous devons pouvoir avoir un biais pour mettre fin aux mauvais comportements d’un nombre non négligeables de patients qui déstabilisent toute la santé par leur comportements.


Nous sommes certes des soignants, mais avant tout nous sommes des travailleurs. Comme tout le monde. 

Si dorénavant il devient banal de payer en amont, ou de laisser son empreinte de carte bancaire, lorsque nous allons chez le coiffeur, chez l’esthéticienne, chez un masseur, mais aussi en réservant dans un restaurant. 

Pourquoi les soignants indépendants n’auraient pas le droit à cette sécurité? Pourquoi notre sort financier est-il différent de celui des autres travailleurs? 

Cela ne veut pas dire que tous les soignants utiliseront cette possibilité. Comme tous les restaurateurs, coiffeurs, et autres ne l’utilisent pas tous. Nous trouveront toujours des solutions pour les personnes ne possédant pas de CB.

Mais à l’heure actuelle nous ne voyons que cette solution pour nous sécuriser et nous empêcher de commencer à avoir des mauvaises pratiques pour compenser ( raccourcir le temps de consultations , prendre plusieurs patients en même temps, faire du surbooking quitte à annuler des patients de manière impolie etc ).


Nous sommes indépendants et nous voulons avoir le choix.

Choix que certains ont déjà fait sans attendre.

Mais nous voulons que cela se fasse légalement. Et que le gouvernement demandent aux grandes plateformes de prise de rdv de mettre un terme à l’épidémie de mauvais comportement, en nous autorisant cette possibilité.

Très cordialement 


Dans l’attente d’une réponse de votre part.


Des soignants libéraux.

 

 

avatar of the starter
chloé ARNOUXLanceur de pétition

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Le problème

Mesdames, messieurs, membres du gouvernement ,

 

Aujourd’hui en France nous sommes plusieurs centaines de milliers de soignants libéraux en exercice. 

Parmi nous se trouvent bien évidemment des médecins. Mais la santé représente un panel beaucoup plus large que cette seule discipline. Ainsi nous retrouvons les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes, les dentistes, les sages-femme, les podologues, les psychologues, les ostéopathes, les diététiciens, et tant d’autres.


Cette disparité de professions n’est pas la seule. Les différentes professions ne voient pas le même nombre de patients par jour. Par exemple si un médecin généraliste peut voir 50 patients par jour, un psychologue libéral ne le pourra absolument pas. Certains soignants ne peuvent voir qu’un nombre extrêmement restreint de patients par jour.


A cela s’ajoute aussi un éventail très grand dans les honoraires. Quand un Kinésithérapeute percevra environ 16 euros par consultation, un chirurgien pourra percevoir des montant allants jusqu’a plusieurs centaines d’euros pour une consultation.


Chaque soignant a des charges professionnelles qui sont dépendantes de sa profession mais aussi de sa localisation. Un soignant parisien aura un loyer beaucoup plus important qu’un soignant travaillant dans le Creusot. Un dentiste aura des frais beaucoup plus importants qu’un psychologue.


De toutes ses différences qui font aussi la richesse de l’offre de soin dans notre pays, découlent aussi des problématiques différentes.


Mais un problème nous concerne tous : les consultations non honorées ou annulées en dernière minute. 

Ce fléau est devenu le quotidien de certains.

Et là aussi, encore une fois cela n’impacte pas tout le monde de la même manière. Un médecin ayant des dizaines de patients par jour avec une salle d’attente toujours remplie, et des patients que l’on peut appeler en dernière minute, n’aura pas le même problème qu’un ostéopathe ou un psychologue qui ne voit que 8 à 10  patients par jour maximum et fait des consultations longues. Ces derniers seront extrêmement touchés par la désorganisation de leur planning, mais aussi par une perte financière non négligeable.


Il semble impératif de rappeler à l’ensemble de la population que nos honoraires de praticiens indépendants représentent notre salaire. Pas de l’argent allant à une structure, une entité indistincte, mais bien notre unique source de revenus.

Si certains gagnent très bien leur vie, pour d’autres ce n’est pas le cas. Encore une fois il y a des différences entre les métiers mais aussi entre les régions.

La perte financière due à ces mauvais comportements en constante hausse peuvent amener à des faillites, mais aussi à des dépressions nerveuses, des burn out, des suicides.


Il faut que cela cesse et que les choses évoluent. 


Pour cela il faudrait aussi remettre notre salaire dans une perspective plus grande : cette baisse financière au delà de descendre notre pouvoir d’achat de manière immédiate, descend nos cotisations obligatoires. Si nous cotisons moins, alors nous sommes moins indemnisés en cas d’arrêt de travail pour cause d’accident, de maladie, de congé maternité. Mais cela diminue aussi nos futures pensions de retraite obligatoire.

Aucun salarié ne pourrait accepter cette situation.

Car la seule chose que nous demandons c’est de pouvoir travailler. Et de pouvoir travailler dans des bonnes conditions.


Lorsqu’un patient nous pose un lapin ou annule sa consultation en dernière minute, nous sommes nombreux à être de fait au chômage technique mais sans possibilité de toucher[une compensation] le chômage.
Qui peut tolérer cette situation?

Dans quelle entreprise pourrait-on supprimer le travail de quelqu’un quelques heures avant ou bien même par surprise? Il y aurait des procès de suite. 

Mais pas pour nous.

Pour nous cela semble aller de soi. 


Pourtant de plus en plus de français peinent à se soigner, a trouver un rdv. Mais on continue à avoir de plus en plus de créneaux de rdv gaspillés. Pour rien. Par l’impolitesse ou la désinvolture de patients se considérant comme des clients rois.

Avec cette augmentation de faux bonds et de changements de dernière minute, c’est aussi l’agressivité, les insultes ,les menaces qui sont en augmentation pour les soignants. 
Ce n’est plus acceptable.


Nous ne voulons pas la charité. Nous ne voulons pas être consolés. Nous voulons du respect basique et le respect de notre cadre de travail. Mais aussi avoir le choix de nos règlements intérieurs.


La plupart d’entre nous affichent dans leur salle d’attente, sur leurs site internet, sur leurs agendas en ligne, que toute consultation non honorée ou non annulée dans un certains délai sera due. 

Seulement la loi et les plateformes leaders du marché nous en empêchent.


Nous connaissons la loi ( L'article R. 4127-53 du Code de la santé publique dispose que les honoraires ne peuvent être réclamés qu'à l'occasion d'actes réellement effectués. ). Mais cette loi ne s’adresse qu’aux médecins. Et ne fait pas garde de la situation actuelle.


Aussi nous vous demandons par la présente de bien vouloir accepter de modifier la loi pour la rendre ouverte à tous les soignants. Mais aussi de nous permettre de prendre les empreintes de carte bancaire si nous le souhaitons au moment des prises de rdv. Et de pouvoir encaisser tout ou partie d’une somme définie par chacun à condition que la règle soit énoncée bien en amont de la prise de rdv à chaque patient, et que cette somme ne fasse l’objet d’aucun remboursement par la sécurité sociale ou par les mutuelles.


Nous devons pouvoir vivre de nos métiers. Correctement. Nous devons pouvoir avoir un biais pour mettre fin aux mauvais comportements d’un nombre non négligeables de patients qui déstabilisent toute la santé par leur comportements.


Nous sommes certes des soignants, mais avant tout nous sommes des travailleurs. Comme tout le monde. 

Si dorénavant il devient banal de payer en amont, ou de laisser son empreinte de carte bancaire, lorsque nous allons chez le coiffeur, chez l’esthéticienne, chez un masseur, mais aussi en réservant dans un restaurant. 

Pourquoi les soignants indépendants n’auraient pas le droit à cette sécurité? Pourquoi notre sort financier est-il différent de celui des autres travailleurs? 

Cela ne veut pas dire que tous les soignants utiliseront cette possibilité. Comme tous les restaurateurs, coiffeurs, et autres ne l’utilisent pas tous. Nous trouveront toujours des solutions pour les personnes ne possédant pas de CB.

Mais à l’heure actuelle nous ne voyons que cette solution pour nous sécuriser et nous empêcher de commencer à avoir des mauvaises pratiques pour compenser ( raccourcir le temps de consultations , prendre plusieurs patients en même temps, faire du surbooking quitte à annuler des patients de manière impolie etc ).


Nous sommes indépendants et nous voulons avoir le choix.

Choix que certains ont déjà fait sans attendre.

Mais nous voulons que cela se fasse légalement. Et que le gouvernement demandent aux grandes plateformes de prise de rdv de mettre un terme à l’épidémie de mauvais comportement, en nous autorisant cette possibilité.

Très cordialement 


Dans l’attente d’une réponse de votre part.


Des soignants libéraux.

 

 

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chloé ARNOUXLanceur de pétition

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Pétition lancée le 14 mai 2024