
Voici le droit de réponse que nous avons envoyé au Directeur de publication de Libération, Dov Alfon, vendredi 09/10/2020. Nous attendons de ses nouvelles...
Communiqué de presse:
DROIT DE REPONSE A L'ARTICLE PARU DANS Libération
SUR LE TDAH LE 06/10/2020:
Nous, Association TDAH – Pour une égalité des chances et Docteur Kochman Frédéric, pédopsychiatre, demandons un droit de réponse à l’article du 06/10/20 paru dans « Libération » sur le TDAH par le journaliste Eric Favereau.
En effet, cet article est basé uniquement sur une étude que vient de publier Sébastien Ponnou, psychanalyste.
Le TDAH est un sujet tabou encore aujourd’hui ; toutefois, il n’est plus pensable de remettre en question en 2020 l’existence même du TDAH.
L’article dès le début est à charge : « Cette supposée pathologie (…) » dès l’introduction de l’article.
Il aurait été souhaitable, plutôt que de remettre en question le traitement, d’évoquer les préconisations de la HAS : prise en charge multi-modale (Thérapies Cognitivo-Comportementales, suivi en psychomotricité, en ergothérapie, guidance parentale…) en première intention avant la prise du traitement méthylphénidate.
De plus, la psychanalyse est écartée de la prise en charge du TDAH selon les recommandations de la HAS.
Notre combat (cf notre pétition lancée en juin 2018 :change.org/EgaliteTDAH) est d’obtenir une prise en charge recommandée précoce dans un système de santé qui ne le permet pas aujourd’hui: influence de la psychanalyse au sein de trop nombreuses structures telles que la majorité des CMP, CMPP… ; prises en charge en libéral qui ne sont pas remboursées par la sécurité sociale : bilans, rééducations…, et qui ne permettent pas un égal accès aux soins…
De plus, en ce qui concerne le méthylphénidate, sa prescription est très réglementée en France. Puisque votre journaliste aime les chiffres, avez-vous des études sur les complications en France suite à cette prise de traitement ? Car la prise de traitement, quelle qu’elle soit, comporte toujours des risques. Le rapport bénéfice/risque est toujours étudié.
Le manque de formation des enseignants au TDAH et aux aménagements scolaires (naturels) possibles.
Ce n’est pas faute d’avoir sollicité un article auprès, entre autres, de votre journaliste, encore la veille le 05/10/2020 par mail !
Dans la 3ème partie de l’article, Monsieur Favereau écrit : « (…) : pointant des liens d’argent entre les différentes associations qui promeuvent ce type de diagnostic (…) » : nous souhaitons avoir des éclaircissements sur ces propos diffamatoires tout à fait honteux !
Nous pouvons vous affirmer que notre association de loi 1901, nationale, parue au JO le 01/06/19 est financée uniquement par les adhésions et dons des membres de notre association. C’est pourquoi nous vous demandons expressément de rétablir la vérité dans vos colonnes.
Enfin, traiter le sujet du TDAH par un seul point de vue, d’autant plus celui d’un psychanalyste, dans une presse réputée sérieuse comme la vôtre, ne répond pas à la charte qui est la vôtre : « (…) l’exercice même de de notre liberté d’écrire et d’informer suppose dans tous les cas de solliciter la réaction des personnes ou des institutions mises en cause dans le journal (…) » et ajoute une injustice de plus pour les familles qui ont besoin davantage d’être visibles ainsi que leurs combats, soutenus, pour un trouble du neuro-développement, terme validé scientifiquement.
L’étude citée se base d’ailleurs sur une méthodologie tout à fait surprenante.
Le Docteur Frédéric Kochman, pédopsychiatre nous indique : « L’article cité est issu d’une revue de valeur insignifiante sur le plan scientifique. La méthodologie est grotesque : se base sur un nombre de boîtes prescrites pour en déduire un nombre de patients diagnostiqués TDAH… or la majorité de ces patients ne sont pas diagnostiqués ! »
Nous comptons donc sur le sérieux de votre média pour nous accorder un droit de réponse dans votre journal.
Dans l’attente de vos nouvelles, nous restons à votre disposition.
Salutations,
Stéphanie JACQUET - Présidente Association TDAH- Pour une égalité des chances
Docteur Frédéric KOCHMAN, Pédopsychiatre