Un nom à la rue...

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Le problème

Il existe à Tours une rue nommée Bugeaud.

Ce dernier fut gouverneur général d’Algérie entre février 1841 et septembre 1847.

Il participa activement aux conquêtes de l’Algérie dès 1830.

Comme le rapporte Assia Djebar dans son œuvre L’Amour, la fantasia publiée en 1985 aux Editions Jean-Claude Lattès : « Le 11 juin, [...] Bugeaud envoie au colonel Pelissier, qui se dirige vers le territoire des Ouled Riah, un ordre écrit. Cassaigne, l’aide de camps du colonel, en évoquera les termes plus tard :

« Si ces gredins se retirent dans leurs grottes, ordonne Bugeaud, imitez Cavaignac aux Sbéah, enfumez-les à outrance, comme des renards ! » » (p.96).

L’écrivaine académicienne décrit avec précision la technique dite des « enfumades » ordonnée par Bugeaud, consistant à piéger les populations réfugiées dans des grottes des montagnes algériennes. Du bois, des broussailles ou d'autres matériaux combustibles étaient entassés devant les entrées. Les feux étaient ensuite allumés pour saturer la cavité de fumée et de monoxyde de carbone, condamnant les personnes à l’intérieur à périr d'asphyxie. Assia Djebar précise : « La tribu des Ouled Riah – mille cinq cents hommes, femmes, enfants, vieillards, plus les troupeaux par centaine et les chevaux – a été tout entière anéantie par « enfumade » ». (p.105)

Elle rapporte ensuite le spectacle macabre décrit par un officier espagnol présent : « Tous les cadavres étaient nus, dans des positions qui indiquaient les convulsions qu’ils avaient dû éprouver avant d’expirer. Le sang leur sortait par la bouche ; mais ce qui causait le plus d’horreur, c’était de voir les enfants à la mamelle gisant au milieu des débris de moutons, de sacs de fèves, etc. »

Le maréchal Bugeaud est également connu pour avoir mis en œuvre la politique de la terre brûlée « Le but n’est pas de courir après les Arabes, ce qui est fort inutile ; il est d’empêcher les Arabes de semer, de récolter, de pâturer (…) de jouir de leurs champs (…) Allez tous les ans leur brûler leurs récoltes. » (Citation issue des instructions et directives militaires formulées par le général Thomas Robert Bugeaud à destination de ses troupes lors de la conquête de l'Algérie, reprise dans l’ouvrage d’Hubert Bonin, L’Empire colonial français : de l’histoire aux héritages : XXe-XXIe siècle, Armand Colin, 2018.)

Face à ces ignominies passées, il est difficile de concevoir, qu’en 2026, existe encore dans notre ville, une rue en l’honneur de cet ordonnateur.

Cette rue n’est certes pas un cas isolé, tant le passé colonial reste inscrit sur les murs de nos villes. Pourtant, nous sommes convaincus qu’il est possible d’agir et nous demandons donc à la mairie de Tours le remplacement de la rue Bugeaud par la rue Assia Djebar, figure majeure de la littérature algérienne d’expression française.

Conscients que notre action est une goutte d’eau dans l’océan des traumatismes coloniaux et d’un passé qui ne passe pas, elle nous semble néanmoins animée par la volonté d’une reconnaissance des crimes de guerre français et d’une réparation nécessaire pour le futur des relations franco-algériennes.

Nous vous invitons à signer la pétition afin d’œuvrer collectivement à un geste fort et symbolique.

Merci de l’attention portée à notre texte.

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John TACCHINILanceur de pétition

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