Un miroir d'eau à Desmichels : Un projet pertinent à l'ère du réchauffement climatique ?
Un miroir d'eau à Desmichels : Un projet pertinent à l'ère du réchauffement climatique ?
Le problème
Installation d’un miroir d’eau sur le parking Desmichels : Un projet pertinent à l’ère du réchauffement climatique ?
Dès la mi-juin, le parking Desmichels sera soumis à un vaste programme de réaménagement, afin de se convertir en une belle esplanade occupée en partie par un miroir d’eau, en dessous de laquelle se trouvera un parking souterrain de trois niveaux, permettant d’optimiser la capacité de
stationnement existante. L’objectif ? Créer une entrée attractive dans le centre-ville, liant éléments esthétiques, espace ludique et accès facilité aux commerces du centre.
Un projet pouvant faire rêver au premier abord, mais qui nous amène à réfléchir à sa cohérence avec le contexte climatique, tout en considérant les investissements nécessaires à sa concrétisation : Le budget initialement prévu était de 7 500 000 euros. Au terme du concours
lancé par la ville de Gap, il est passé à 13 millions d'euros et, compte tenu des imprévus envisageables et des travaux non prévus dans le cahier des charges, il est fort probable que l'enveloppe grimpe aux alentours des 18 millions d'euros.
Outre ces coûts démesurés, ce projet témoigne d’une perspective des années soixante-dix portée sur l’aménagement d’un centre-ville. La municipalité de Gap prend une orientation opposée aux enjeux climatiques et environnementaux, alors qu'elle avait réalisé certaines opérations utiles
jusqu'à présent, telles que l'aménagement de parkings relais en périphérie de l'agglomération équipés pour certains de garages à vélos sécurisés qui, associés à la gratuité des transports urbains, constituent de véritables solutions.
Plutôt que de persévérer dans l’autonomie par la voiture, n’est-il pas temps de réfléchir à un réseau de transports plus développé avec l’extérieur de la ville ? D’accorder plus de place, aussi, aux mobilités douces ?
De même, bien que le miroir d’eau constitue un moyen de lutter contre les îlots de chaleur en ville, ne serait-il pas nécessaire d’axer la réflexion autour de projets faisant appel à moins de technologie (donc réclamant moins de dépenses et d’entretien sur le long terme), mais se fondant sur des
moyens plus durables ? Pour cela, il pourrait être pertinent de planter plus d’arbres sur l’esplanade, ou de végétaliser davantage. La mairie pourrait faire appel au Conservatoire Botanique National Alpin pour aiguiller la conception d’un tel projet.
La municipalité ne doit pas oublier qu'elle réalise ces travaux avec l'argent de ses administrés et qu'il pourrait être envisagé, sur un projet d'une telle envergure financière et d'un tel impact sur l'avenir, de les consulter, voire d'organiser une réunion d'information où chacun pourrait poser les questions lui permettant de comprendre le projet et de donner son avis. Comme le souligne Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, dans un entretien accordé au journal Le Monde* : « Pour créer une dynamique collective, les villes ont un atout : leur proximité avec les
habitants et la volonté qu’ils ont de protéger et préserver leur habitat ».
Par ailleurs, la ville œuvre avant tout pour les générations futures. Les projets qu’elle entreprend aujourd’hui constitueront le quotidien des habitants de demain. Dès lors, réfléchir en termes de durabilité, en adéquation avec la réalité climatique, plutôt que d’entrevoir uniquement les aspects esthétique et ludique d’une installation, nous semble être un bon point de départ pour concevoir de futurs projets.
Pour plus d’informations sur les travaux envisagés, les incohérences que nous relevons et notre position face au projet, nous vous invitons à consulter notre "Texte complémentaire - Miroir d'eau" https://publuu.com/flip-book/142833/360260
* Lien vers l’article du Monde : https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/10/04/valerie-masson-delmotte-en-matiere-de-changement-climatique-les-villes-doivent-eviter-la-mal-adaptation_6144388_3244.html
Le problème
Installation d’un miroir d’eau sur le parking Desmichels : Un projet pertinent à l’ère du réchauffement climatique ?
Dès la mi-juin, le parking Desmichels sera soumis à un vaste programme de réaménagement, afin de se convertir en une belle esplanade occupée en partie par un miroir d’eau, en dessous de laquelle se trouvera un parking souterrain de trois niveaux, permettant d’optimiser la capacité de
stationnement existante. L’objectif ? Créer une entrée attractive dans le centre-ville, liant éléments esthétiques, espace ludique et accès facilité aux commerces du centre.
Un projet pouvant faire rêver au premier abord, mais qui nous amène à réfléchir à sa cohérence avec le contexte climatique, tout en considérant les investissements nécessaires à sa concrétisation : Le budget initialement prévu était de 7 500 000 euros. Au terme du concours
lancé par la ville de Gap, il est passé à 13 millions d'euros et, compte tenu des imprévus envisageables et des travaux non prévus dans le cahier des charges, il est fort probable que l'enveloppe grimpe aux alentours des 18 millions d'euros.
Outre ces coûts démesurés, ce projet témoigne d’une perspective des années soixante-dix portée sur l’aménagement d’un centre-ville. La municipalité de Gap prend une orientation opposée aux enjeux climatiques et environnementaux, alors qu'elle avait réalisé certaines opérations utiles
jusqu'à présent, telles que l'aménagement de parkings relais en périphérie de l'agglomération équipés pour certains de garages à vélos sécurisés qui, associés à la gratuité des transports urbains, constituent de véritables solutions.
Plutôt que de persévérer dans l’autonomie par la voiture, n’est-il pas temps de réfléchir à un réseau de transports plus développé avec l’extérieur de la ville ? D’accorder plus de place, aussi, aux mobilités douces ?
De même, bien que le miroir d’eau constitue un moyen de lutter contre les îlots de chaleur en ville, ne serait-il pas nécessaire d’axer la réflexion autour de projets faisant appel à moins de technologie (donc réclamant moins de dépenses et d’entretien sur le long terme), mais se fondant sur des
moyens plus durables ? Pour cela, il pourrait être pertinent de planter plus d’arbres sur l’esplanade, ou de végétaliser davantage. La mairie pourrait faire appel au Conservatoire Botanique National Alpin pour aiguiller la conception d’un tel projet.
La municipalité ne doit pas oublier qu'elle réalise ces travaux avec l'argent de ses administrés et qu'il pourrait être envisagé, sur un projet d'une telle envergure financière et d'un tel impact sur l'avenir, de les consulter, voire d'organiser une réunion d'information où chacun pourrait poser les questions lui permettant de comprendre le projet et de donner son avis. Comme le souligne Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, dans un entretien accordé au journal Le Monde* : « Pour créer une dynamique collective, les villes ont un atout : leur proximité avec les
habitants et la volonté qu’ils ont de protéger et préserver leur habitat ».
Par ailleurs, la ville œuvre avant tout pour les générations futures. Les projets qu’elle entreprend aujourd’hui constitueront le quotidien des habitants de demain. Dès lors, réfléchir en termes de durabilité, en adéquation avec la réalité climatique, plutôt que d’entrevoir uniquement les aspects esthétique et ludique d’une installation, nous semble être un bon point de départ pour concevoir de futurs projets.
Pour plus d’informations sur les travaux envisagés, les incohérences que nous relevons et notre position face au projet, nous vous invitons à consulter notre "Texte complémentaire - Miroir d'eau" https://publuu.com/flip-book/142833/360260
* Lien vers l’article du Monde : https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/10/04/valerie-masson-delmotte-en-matiere-de-changement-climatique-les-villes-doivent-eviter-la-mal-adaptation_6144388_3244.html
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Les décisionnaires
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Pétition lancée le 22 mai 2023