Petition updateStop the impunity of NestléIntoxication alimentaire avec les pizzas Buitoni du groupe Nestlé/Food poisoning with Buitoni pizzas
Yasmine MOTARJEMINyon, Switzerland
Apr 6, 2022

English translation follows after the French text.

Français
C'est avec un grand regret que je vous informe de la survenue d'un foyer national d'Escherichia coli producteur de Shiga-toxines O26 (STEC), qui a fait des dizaines de victimes dans 12 régions de la France.  La plupart des victimes sont jeunes âgées de 1 à 18 ans. Deux enfants sont décédés des complications de l’infection : le syndrome hémolytique et urémique (SHU) entraînant une insuffisance de la fonction rénale.
 
Malheureusement, de telles flambées de maladies ne sont pas rares. En lien avec divers aliments d'origine animale, tels que le lait cru, la viande crue ou insuffisamment cuite, ou d'autres produits alimentaires contaminés, elles se sont produites dans le monde entier.  
 
Cependant, cette fois-ci, elle est liée à la consommation de pizzas Buitoni Fraich'Up du groupe Nestlé.  Nestlé affirme produire entre 100 000 et 150 000 pizzas par semaine dans 9 saveurs différentes.  Depuis la mi-mars, Nestlé a procèdé au rappel de ses pizzas.
 
L'épidémie fait l'objet d'une enquête et les informations sur les causes de la contamination doivent encore être clarifiées.  Mais, le vendredi 1er avril, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «homicides involontaires», «tromperie» et «mise en danger d'autrui ».
 
Commentaires
 
Cette épidémie rappelle le souvenir amer d'une autre épidémie survenue aux États-Unis en 2009.  À l'époque, déjà depuis quelques années, j’avais tiré la sonnette d'alarme et j’avais rapporté des défaillances dans la gestion de la sécurité sanitaire des aliments. A ce sujet voir :   https://www.linkedin.com/pulse/case-nestl%C3%A9-my-journey-whistleblower-yasmine-motarjemi/   ou le site de France culture pour un reportage en français.
 
Lorsqu'en avril 2009, 2 mois avant l'épidémie de 2009, j'ai rencontré le directeur des opérations, José Lopez, pour lui faire part des problèmes et lui proposer des solutions, au lieu de m'écouter, il m'a menacée.   Pour plus de détails sur cet événement, veuillez voir :  https://www.linkedin.com/pulse/memory-whistleblowing-failure-e-coli-o157-outbreak-linked-motarjemi/
 
En ce qui concerne l'épidémie actuelle, je voudrais faire les commentaires suivants.
 
Il est clair que dans le monde du vivant, le « risque zéro » n'existe pas. Malgré tous les efforts, aucune entreprise n'est à l'abri d'incidents, d'autant plus que de nombreux agents pathogènes font partie de notre environnement.
 
Cependant, aujourd'hui, grâce à nos sciences et technologies, nous avons la capacité de neutraliser ces agents et de nous protéger. Les entreprises ont le devoir d'appliquer les mesures d'hygiène nécessaires et de garantir la sécurité des aliments qu’ils vendent. Leur responsabilité est d'autant plus grande quand l'agent pathogène et les méthodes de prévention sont connus.
 
Ceci dit, l'erreur est humaine  et des incidents peuvent toujours survenir.  Les industriels font souvent des retraits de produits. Là, où un incident devient particulièrement fâcheux et impardonnable, c'est lorsqu'il y a eu négligence dans l'application des mesures prescrites. 
 
Contrairement à la perception créée par les médias, les mesures d'hygiène ne se limitent pas à la propreté des locaux, mais devrait inclure l'application de traitements appropriés et le bon fonctionnement du système de gestion de la sécurité sanitaire des aliments.  Elles impliquent également des décisions en amont de la chaîne de commandement. Par exemple, la décision de Nestlé en 2005 de lier les primes des managers aux retraits de produits, pénalisant ainsi les managers qui tentent de retirer des produits contaminés, est contraire à la santé publique et à la sécurité des consommateurs.
 
Certaines ONG ont déjà réclamé davantage de contrôles réglementaires et d'autres mesures telles que la traçabilité. Je tiens à souligner que même si les contrôles effectués par les services d'inspection sont nécessaires et importants, ils ne peuvent pas empêcher les incidents, car d'une part, les inspecteurs n'ont pas toujours les connaissances  nécessaires pour pouvoir rechercher toutes les défaillances potentielles. Parfois, de petites failles difficiles à détecter peuvent provoquer des accidents graves. D'autre part, ils ne sont pas toujours sur place pour vérifier les pratiques.  L'article ci-joint rapporte un épisode de mon expérience professionnelle qui illustre ce point.
https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/caudry/affaire-buitoni-le-scandale-des-pizzas-contaminees-etait-il-previsible-2516680.html 
 
Selon mon expérience, même en cas d’incidents, les enquêtes sont bâclées. En 10 ans, comme cheffe de la sécurité des aliments chez Nestlé, je n’ai jamais été interrogée lors de nos divers incidents.
 
Toute mesure préconisée devrait être fondée sur la connaissance des causes profondes des problèmes, y compris l'examen des informations fournies par les lanceurs d'alerte. Mon expérience personnelle montre que l'une des causes profondes de certains incidents est l'impunité accordée aux dirigeants des grandes industries.
 
Seules l'éthique et la compétence des employés et surtout les responsables de la sécurité alimentaire peuvent garantir l’innocuité des produits, dans la mesure où les consommateurs respectent également les mesures d’hygiène. Celles-ci dépendent étroitement de la bonne gestion journalière de la sécurité des aliments, de la culture d'entreprise, des décisions et du comportement de la direction, ainsi que leurs communications transparentes aux consommateurs. 
 
Il est utile de rappeler qu’avec les produits industriels, il est parfois difficile de détecter les foyers d’infection, car les cas apparaissent de façon sporadique dans diverses régions/places.  Tel a été le cas de cet incident lié aux pizzas de Nestlé. Dans les pays industrialisés, c’est grâce à leur système de surveillance des laboratoires que certains incidents sont détectés. Dans les pays en voie de développement qui ne bénéficient pas des mêmes avancées, la détection des épidémies liées aux produits industriels sont plus difficiles.
 
Bien que nous ne connaissions pas encore la raison exacte de cet incident, je ne peux pas dire que tous les efforts nécessaires pour une bonne gestion de la sécurité des aliments ont été faits, car inévitablement de tels efforts impliquent l’examen des alertes et une culture d’entreprise adéquate.
 
Alors, étant donné i) que Nestlé a déjà connu un tel incident aux États-Unis en 2009, ii) que déjà des alertes concernant les défaillances de leur système de gestion de la sécurité des aliments avaient été données, iii) que Nestlé a refusé de revoir et de corriger sa gestion, iv) que la direction de l'entreprise viole impunément les principes de la sécurité alimentaire et la loi, et v)  que Nestlé mène une culture de peur et de harcèlement de ses employés, je considère qu'il y a eu négligence et que par son approche à la gestion de la sécurité des aliments Nestlé est responsable. 
 
Mais ce n'est pas tout, nos autorités sanitaires qui ont également ignoré mes avertissements, ainsi que les médias grand public qui ont couvert les alertes et ont manqué à leur devoir d'investigation et d'analyse approfondie des événements sont indirectement co-responsables. 
 
Ainsi, comme je rapportais dans mon reportage sur France Culture  https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/yasmine-motarjemi-seule-contre-nestle   en relation avec Nestlé, on peut voir la défaillance de notre système de gestion de  la sécurité des aliments  
 
Tant que les employés sont soumis à une culture de la peur et du harcèlement, et que ceux qui ont peu d'éthique sont promus, comme cela a été avec mon supérieur, Roland Stalder, la sécurité des produits ne peut être garantie.  C'est un principe qui a été démontré à maintes reprises, également à travers mon expérience personnelle.  Étonnement par leur propos dans les médias, les dirigeants de Nestlé ne comprennent pas ce principe qu’au-delà  de leurs manquements dans les mesures d’hygiène et de la sécurité des aliments, la culture de harcèlement chez Nestlé est en soi un risque pour la sécurité des aliments.
 
Dans un système où les dirigeants de Nestlé, les autorités, les médias, les ONG refusent d’examiner les alertes, j’invite les citoyens de soutenir ma pétition et de me donner les moyens de forcer la direction de Nestlé de revoir leurs pratiques. 
 
 
 
English
 
It is with great regret that I inform you of a nationwide outbreak of Shiga-toxin O26 (STEC)-producing Escherichia coli, which has claimed dozens of victims in 12 regions of France.  Most of the victims are young people aged between 1 and 18 years. Two children died from complications of the infection: haemolytic uraemic syndrome (HUS) leading to kidney failure.
 
Unfortunately, such outbreaks are not uncommon. Linked to various foods of animal origin, such as raw milk, raw or undercooked meat, or other contaminated food products, they have occurred worldwide.
 
However, this time it is linked to the consumption of Nestlé Group's Buitoni Fraich'Up pizzas.  Nestlé claims to produce between 100,000 and 150,000 pizzas per week in 9 different flavors.  Since mid-March, Nestlé has recalled its pizzas.
 
The outbreak is under investigation and the reason for the contamination has yet to be clarified.  However, on Friday 1 April, the Paris public prosecutor's office opened an investigation for  “manslaughter”, “deception”, and “endangering others”.
 
Comments
This epidemic brings back bitter memories of another outbreak in the United States in 2009. At the time, I had already been blowing the whistle for a few years and had reported failures in food safety management. See: https://www.linkedin.com/pulse/case-nestl%C3%A9-my-journey-whistleblower-yasmine-motarjemi/  
 
In April 2009, two months before the 2009 outbreak, I met again with the Director of Operations, José Lopez, to tell him about the problems and propose solutions. Instead of listening to me, he threatened me. For more details on this event, please see: https://www.linkedin.com/pulse/memory-whistleblowing-failure-e-coli-o157-outbreak-linked-motarjemi/   
 
With regard to the current epidemic, I would like to make the following comments.
 
It is clear that in the world of the living, there is no such thing as “zero risk”. Despite all efforts, no company is immune to incidents, especially since many pathogens are part of our environment.
 
However, today, thanks to our science and technology, we can neutralize these agents and protect ourselves. Companies have the duty to apply the necessary hygiene measures and guarantee the safety of the food they sell. Their responsibility is all the greater if the pathogen and the prevention methods are known.
 
However, the error is human, and incidents can always occur. Industry often recalls contaminated products. An incident becomes particularly infuriating and unforgivable when there has been negligence in applying the prescribed measures.

Contrary to the perception created by the media, hygiene measures are not limited to the cleanliness of the premises but should include the application of appropriate treatments and the well functioning of the food safety management system. It also involves decisions up the chain of command. For example, Nestlé's decision in 2005 to link managers' bonuses to product withdrawals, thereby penalizing managers who attempt to withdraw contaminated products, is contrary to public health and consumer safety.
 
Some NGOs have already called for more regulatory controls and other measures such as traceability. I would like to stress that even if the controls carried out by the inspection services are necessary, they cannot prevent incidents. On the one hand, the inspectors do not always have the knowledge required to look for all potential failures. Sometimes minor flaws that are difficult to detect can cause serious incidents. On the other hand, they are not always on-site to check the practices. The attached article reports an episode from my professional experience that illustrates this point. Please see  https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/caudry/affaire-buitoni-le-scandale-des-pizzas-contaminees-etait-il-previsible-2516680.html
 
Even when incidents occur, investigations are sometimes sloppy. In 10 years as head of Food safety at Nestlé, I have never been interrogated in any of our incidents.  
 
Any measures advocated should be based on knowledge of the root causes of the problems, including examining whistleblowers' information. My personal experience shows that one of the root causes of some incidents is the impunity granted to managers of large industries.
  
Only the ethics and competence of employees and especially the food safety managers can guarantee the safety of products, as long as the consumers also respect the hygiene measures.  These are closely linked to the daily management of food safety, the corporate culture, the decisions and behavior of the management, and their transparent communication to consumers. 
 
It is useful to remember that it is sometimes difficult to detect outbreaks with industrial products, as cases appear sporadically in different regions/places. This was the case with the Nestlé pizza incident. In industrialized countries, it is through their laboratory surveillance system that some incidents are detected. In the developing countries that do not benefit from the same advances, detecting epidemics linked to industrial products is more complicated.
 
Although we do not yet know the exact reason for this incident, I cannot say that all the necessary efforts for food safety management have been made, because, inevitably, such efforts involve the review of alerts and an adequate corporate culture.
 
So, given i) that Nestlé had already experienced such an incident in the US in 2009, ii) that there were already alerts about failures in their food safety management system, iii) that Nestlé refused to review and correct its management, iv) that the management of the company violates with impunity the principles of food safety management and the law, and v) that Nestlé leads a culture of fear and harassment of its employees, I consider that there has been negligence and that by its general approach to food safety management Nestlé is responsible. 
 
But that is not all; our health authorities, who also ignored my warnings, and the mainstream media, who covered up the alerts and failed to investigate and analyze events thoroughly, are indirectly co-responsible.
 
Thus, as I reported in my report on France Culture https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/yasmine-motarjemi-seule-contre-nestle  in relation to Nestlé we can see the failure of our food safety management system. 
 
As long as employees are subjected to a culture of fear and harassment, and those with little ethics are promoted, as was the case with my superior, Roland Stalder, product safety cannot be guaranteed. This is a principle that has been demonstrated time and time again, also through my personal experience. Yet, surprisingly by their words in the media, Nestlé executives do not understand this principle that beyond their failures in hygiene and food safety measures, the culture of harassment at Nestlé is in itself a risk to food safety.
 
In a system where Nestlé managers, authorities, media, and NGOs refuse to examine alerts, I invite citizens to support my petition and give me the means to force Nestlé management to review their practices. 

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