Petition updateAutoriser Socialfave a récupérer ses comptes Twitter, suspendus le 19 mars 2018
Réseaux sociaux. La jeune pousse brestoise «bloquée» par Twitter © Le Télégramme

Philippe TREBAULBREST, France
Apr 12, 2018
Philippe Trebaul, fondateur de « Socialfave », explique être aujourd'hui dans l'impossibilité de vendre son outil. (Photo DR)
Leur start-up avait développé une plateforme permettant d'accroître aisément son audience sur Twitter. Mais depuis un mois, sans plus d'explication, l'outil et la société ont vu leur accès au réseau social bloqué. Et la jeune entreprise est dans l'impasse.
L'homme n'est pas totalement inconnu du paysage économique brestois. En 1992, c'est lui qui avait lancé, au port de commerce, AGN, une filiale du groupe Adn. Une petite entreprise spécialisée dans l'impression numérique qui avait compté jusqu'à 52 salariés, avant de s'effondrer, avec la crise économique, et de baisser le rideau en 2011.
Depuis, Philippe Trebaul a cherché à rebondir. Avec l'un de ses anciens ex-collaborateurs, brillant informaticien, il a monté « Socialfave » en 2014. Sous ce nom se cache une puissante boîte à outil permettant de gérer au mieux son activité sur le réseau social : sauvegarder, classer, analyser ses publications, animer une communauté, créer des journaux thématiques, etc. Bref, le couteau suisse idéal pour gérer son activité et développer son audience.
Pour l'heure, environ 3.000 utilisateurs avaient été séduits par l'outil commercialisé sous forme d'abonnement et estimé, par beaucoup, comme le plus puissant de sa catégorie. Un succès d'estime, au moins, qui lui a permis de très bien figurer au concours « Let's go France » et de hisser son compte Twitter au premier rang des influenceurs du « made in France » sur le réseau.
Pétition en ligne et courrier à Macron
Seulement, le 18 mars dernier, Twitter décidait de couper l'accès de la société brestoise à son API (interface de programmation) et de suspendre tous ses comptes, sans préavis. Aujourd'hui, Philippe Trebaul assure que Socialfave respectait « scrupuleusement » l'ensemble des règles Twitter. Et a bien une idée sur l'origine de cette sanction : des tweets où il accusait, en creux, Twitter de plagier sa solution dans son nouvel outil maison.
Depuis, malgré plusieurs mails adressés aux équipes dirigeantes de Twitter France (que nous n'avons pu joindre) et de Twitter à San Francisco, Socialfave est toujours « bloqué ». Résultat, la petite entreprise est à l'arrêt, « alors qu'un investisseur important s'apprêtait à nous rejoindre ». Face à cette situation, Philippe Trebaul a lancé une pétition sur la plateforme Change. org, (« Autoriser Socialfave à récupérer ses comptes Twitter ») et écrit au président Macron. Le chef de cabinet de ce dernier lui a répondu, précisant avoir transmis le dossier au Secrétaire d'État en charge du numérique.
Philippe Trebaul espère enfin pouvoir interpeller directement les représentants de Twitter France lors d'un salon professionnel, cette semaine, à Paris. Pour l'entrepreneur, il y a urgence : depuis un mois, l'entreprise dans laquelle il a investi toutes ses économies est « réduite au silence total, dans l'impossibilité de vendre, de satisfaire ses clients existants ».
Pierre Chapin
© Le Télégramme
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