

Tribune – Pour la sécurité sociale de demain
Le problème
Il n'est pas coutumier, pour les salariés de la Sécurité sociale, de chercher à faire entendre leurs voix dans le débat public.
Mais l'heure est grave.
La crise politique actuelle, qui succède aux crises sociales de ces dernières années, nous oblige.
D'abord, à rappeler que l'essence de la Sécurité sociale est d'être un appui tant individuel que collectif dans les moments les plus critiques. C'est d’ailleurs une institution qui nous accompagne tout au long de notre vie. Depuis la naissance, avec les allocations familiales et les congés parentaux, en passant par les remboursements des soins de santé lors de maladies ou d'accidents, et ce jusqu'à la retraite. La Sécurité sociale a pour vocation d’offrir un soutien continu qui réponde aux besoins des citoyens à chaque étape de leur vie et puisse leur donner confiance en l’avenir.
Ensuite, à affirmer que la Sécurité sociale sert des valeurs fondamentales de notre démocratie. A cet égard, sa discrétion ne doit pas nous empêcher de rappeler qu'elle constitue l'une des fondations les plus essentielles du pacte social. Mise en place au sortir de la seconde guerre mondiale, elle repose sur le principe de solidarité puisqu’elle « est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes »[1]. C'est cette logique qui a permis de bâtir un système inclusif, qui protège le plus grand nombre. Par ce principe de solidarité, la Sécurité sociale contribue à réduire les inégalités et participe ainsi à la cohésion sociale en garantissant à tous un accès équitable aux soins et aux prestations sociales.
Enfin, et peut-être surtout, à prévenir que les mutations du monde et de la France nécessitent de pouvoir compter sur des institutions capables d’atténuer le choc des crises. La Sécurité sociale a toujours été au rendez-vous de l’histoire récente du pays. Preuve en a été faite lors de la crise du COVID-19. Que vous ayez dû garder votre enfant, arrêter votre travail, retarder le paiement de vos cotisations ou protéger vos salariés, la sécurité sociale a mis en œuvre des dispositifs exceptionnels pour vous soutenir.
Disons-le, la Sécurité sociale a été, est, et doit rester un pilier de notre société. Pour cela, elle ne peut être qu’un service public fédérateur, ouvert et universel, faisant vivre notre pacte social. Bien sûr, toute personne est légitime à questionner l’organisation publique, à réclamer une plus grande transparence et une meilleure efficience, comme une plus grande qualité de service. Encore plus envers la Sécurité sociale qui représente des flux financiers près de 1,5 fois supérieurs au budget de l’Etat, rappelons-le. C’est pourquoi, demain, à travers la démocratie sociale, il nous faudra imaginer à nouveau notre horizon commun, celui qui devra faire avec le changement climatique et les évolutions sociétales.
Ce qui a été difficilement et patiemment construit, grâce aux aspirations citoyennes, ne doit pas être fragilisé, sous peine d'ajouter aux enjeux actuels celui d'une déstabilisation sociale et économique.
Concluons en répétant que c’est par ses valeurs historiques que la Sécurité sociale pourra continuer à incarner l’avenir et la fierté des Français.
[1] Exposé des motifs de l’ordonnance du 4 octobre 1945 portant création de la sécurité sociale
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Le problème
Il n'est pas coutumier, pour les salariés de la Sécurité sociale, de chercher à faire entendre leurs voix dans le débat public.
Mais l'heure est grave.
La crise politique actuelle, qui succède aux crises sociales de ces dernières années, nous oblige.
D'abord, à rappeler que l'essence de la Sécurité sociale est d'être un appui tant individuel que collectif dans les moments les plus critiques. C'est d’ailleurs une institution qui nous accompagne tout au long de notre vie. Depuis la naissance, avec les allocations familiales et les congés parentaux, en passant par les remboursements des soins de santé lors de maladies ou d'accidents, et ce jusqu'à la retraite. La Sécurité sociale a pour vocation d’offrir un soutien continu qui réponde aux besoins des citoyens à chaque étape de leur vie et puisse leur donner confiance en l’avenir.
Ensuite, à affirmer que la Sécurité sociale sert des valeurs fondamentales de notre démocratie. A cet égard, sa discrétion ne doit pas nous empêcher de rappeler qu'elle constitue l'une des fondations les plus essentielles du pacte social. Mise en place au sortir de la seconde guerre mondiale, elle repose sur le principe de solidarité puisqu’elle « est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes »[1]. C'est cette logique qui a permis de bâtir un système inclusif, qui protège le plus grand nombre. Par ce principe de solidarité, la Sécurité sociale contribue à réduire les inégalités et participe ainsi à la cohésion sociale en garantissant à tous un accès équitable aux soins et aux prestations sociales.
Enfin, et peut-être surtout, à prévenir que les mutations du monde et de la France nécessitent de pouvoir compter sur des institutions capables d’atténuer le choc des crises. La Sécurité sociale a toujours été au rendez-vous de l’histoire récente du pays. Preuve en a été faite lors de la crise du COVID-19. Que vous ayez dû garder votre enfant, arrêter votre travail, retarder le paiement de vos cotisations ou protéger vos salariés, la sécurité sociale a mis en œuvre des dispositifs exceptionnels pour vous soutenir.
Disons-le, la Sécurité sociale a été, est, et doit rester un pilier de notre société. Pour cela, elle ne peut être qu’un service public fédérateur, ouvert et universel, faisant vivre notre pacte social. Bien sûr, toute personne est légitime à questionner l’organisation publique, à réclamer une plus grande transparence et une meilleure efficience, comme une plus grande qualité de service. Encore plus envers la Sécurité sociale qui représente des flux financiers près de 1,5 fois supérieurs au budget de l’Etat, rappelons-le. C’est pourquoi, demain, à travers la démocratie sociale, il nous faudra imaginer à nouveau notre horizon commun, celui qui devra faire avec le changement climatique et les évolutions sociétales.
Ce qui a été difficilement et patiemment construit, grâce aux aspirations citoyennes, ne doit pas être fragilisé, sous peine d'ajouter aux enjeux actuels celui d'une déstabilisation sociale et économique.
Concluons en répétant que c’est par ses valeurs historiques que la Sécurité sociale pourra continuer à incarner l’avenir et la fierté des Français.
[1] Exposé des motifs de l’ordonnance du 4 octobre 1945 portant création de la sécurité sociale
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Pétition lancée le 2 juillet 2024