

Tribune des Lyonn(es)aises en solidarité avec les femmes Iranniennes
Le problème
"C’est un jeu que je fais depuis que je suis enfant. J’aime bien regarder les maisons, les gens, imaginer leur histoire, leur vie… à l’ère des réseaux sociaux, c’est encore plus facile, parce que des milliers d’images s’offrent à nous, tout le temps et partout. Ces jours-ci, je suis tombée sur des photos qui m’ont procuré un étrange sentiment de familiarité. Vous savez, cette impression de contempler des personnes qui vous sont à la fois étrangères et aussi très proches. Comme des gens qu’on connaitrait un peu sans les avoir jamais rencontrés.
Par exemple, l’autre jour, mon regard a été attiré par une jeune fille ravissante, avec de longs cheveux d’une couleur difficile à définir. J’ai souri parce que je connais ce truc, quand le contraste entre les racines et les pointes sont plus marqués. « Bronde », ça s’appelle. C’est la contraction entre brune (sur le haut de la tête) et blonde (sur les longueurs) en langage de coiffeur. Bronde donc. Ma fille m’avait cassé les pieds il y a quelques années pour faire ça. Au final, j’avais trouvé ça plutôt « ratussi », c’est la contraction entre raté et réussi. Voilà pourquoi la jeune fille de la photo me parait si familière. Je la regarde et je sais qu’elle a dû mettre un soin infini, chaque matin à faire ses ondulations. J’imagine sans peine sa mère, mi-amusée, mi-agacée, levant les yeux au ciel : « Pfff, que de temps passé pour des cheveux !». `
J’en regarde une autre. Celle-ci aussi est jolie, elle est plus jeune, ses joues ont encore la rondeur de l’enfance et la douceur de la peau des pêches. Je dirais qu’elle a 17 ans. Elle penche la tête pour faire son selfie, comme font toutes les jeunes filles du monde. Son sourire est hésitant, elle l’aimerait sans doute radieux et éclatant, mais elle porte un appareil dentaire. Ça la complexe. Elle aussi j’ai l’impression de la connaitre, je suis sûre qu’elle compte les jours qui la séparent du moment où elle pourra enlever ces maudites bagues. J’imagine que sa mère aura essayé de la consoler en lui disant qu’elle aura un sourire de star plus tard. Mais tout de même… C’est long plus tard. Surtout quand on a 17 ans.
Et ces deux-là que je découvre… L’une avec ses lunettes et un air sérieux, l’autre que j’imagine plus malicieuse, parce qu’elle sourit et parce qu’elle a gardé les fossettes de son enfance. Je les imagine, partant à la fac, le matin, un peu en retard, comme toujours. Et leur mère, qui s’impatiente « dépêchez-vous les filles, vous allez encore être en retard ». L’une a dû soupirer, lever les yeux au ciel, l’autre à dû répondre « c’est booon, maman, c’est boon ».
Peut-être que si ces jeunes filles me paraissent si souvent familière, d’où qu’elles viennent, c’est que, partout dans le monde, elles sont un peu les mêmes. Les mêmes rêves, la même impatience de vivre, la même soif de liberté. Et partout, nous sommes les mêmes parents, inquiets à l’idée de laisser ceux qu’on aime affronter l’extérieur. « Tu fais attention dis ? » « Tu es prudente ? » « Je ne plaisante pas, s’il te plait, fais attention ».
Je suis presque certaine que les jeunes filles dont je contemple les visages ont écouté ces recommandations avant de sortir de chez elle. Peut-être même est ce que ce sont les derniers mots aimants et amicaux qu’elles auront entendus ?
La fille aux cheveux mi brun mi blond s’appelle Hadis Najafi.
Non, elle s’appelait Hadis Najafi.
Elle avait coupé ses beaux cheveux, en signe de révolte, parce qu’elle ne voulait plus les cacher. Elle voulait être libre. Elle est une des jeunes filles mortes dans les manifestations en Iran, tuée par la police. 6 balles, dans le torse et le visage. Elle avait 20 ans.
Celle qui porte un appareil dentaire s’appelle Mahsa Mohammadi ; elle a été emprisonnée et torturée pour un tweet jugé « blasphématoire ».
La jeune fille aux fossettes s’appelle Dorsa. Elle et sa sœur ont été arrêtées avec deux amis masculins, à un poste de contrôle dans le nord du pays. Lorsque deux bombes de peinture ont été trouvées dans le sac de sa sœur, tout a basculé. Elles ont été emmenées dans un bâtiment où on les a forcées à signer des aveux indiquant qu’elles manifestaient, avant de les séparer. Seule dans une salle d’interrogatoire, Dorsa a entendu les cris de ses deux amis masculins qui étaient torturés à proximité. Lorsque son tour est venu d’être interrogée, elle a été battue et frappée à plusieurs reprises. Ensuite, elle a été déshabillée, on lui a bandé les yeux avec son foulard et on l’a violée. Ses amis masculins seront peut-être pendus, comme Mohammad Mehdi Karami, ce judoka de 22 ans, dont les derniers mots au téléphone auront été « papa je suis condamné à mort. Ne le dis pas à maman, s’il te plait ».
Il y a aussi Sara, cette femme kurde d’une quarantaine d’années, arrêtée avec d’autres femmes lors de la première vague de protestations. Elle raconte que les agents de sécurité ont utilisé leurs hijabs pour leur bâillonner la bouche, les ont agressées sexuellement et les ont frappées. L’une des femmes a été si violemment battue qu’elle est restée paralysée.
J’aimerai vous parler aussi de Astiyazh Haghighi et de son fiancé Amir Mohammad Ahmadi, tous deux âgés de 20 ans et condamnés à 10 ans de prison pour avoir dansé amoureusement devant la tour Azadi, à Téhéran. Pour avoir dansé !!
4 825 kilomètres nous séparent de Hadis, Mahsa, Dorsa, Mohammad et les autres. Un peu moins à vol d’oiseaux.
C’est loin. Suffisamment loin pour que nous n’entendions plus beaucoup les cris et les clameurs qui s’élèvent du pays.
Bien sûr ce n’est pas qu’une question d’éloignement. C’est aussi une question de lassitude il faut bien l’avouer. Il y a les guerres, les tremblements de terre, les manifestations, les scandales, la crise économique… il y a tant de fracas dans le monde, tant de bruits.
Plus de 4000 kilomètres nous séparent et pourtant, quand nous prenons le temps de regarder leurs visages, ces jeunes gens nous paraissent si familiers. Ils pourraient être nos filles, nos fils, nos amis.
Pensez-y. Parce que, si c’était le cas, si c’était nos enfants, nos proches qui croupissaient dans des prisons infectes, qui se faisaient violer, torturer pour avoir réclamé un peu de liberté, je suis sûre que nous aimerions savoir que, au moins, partout dans le monde, même à 4 825 kilomètres, nous ne les oublions pas. »
Texte rédigé par Nathalie Bianco, écrivain, pour L’Equipe des Lyonnes, dans l’objectif de témoigner de la solidarité des femmes Lyonnaises en direction des femmes Iraniennes, et leur dire que nous ne les oublions pas, et que nous sommes admiratives de leur courage et de leur combat pour la liberté. Aujourd’hui en Iran, comme en Afghanistan, les femmes sont battues, violées, emprisonnées, tuées parce qu’elles ne portent pas “correctement” le voile ou parce qu’une mèche de cheveux en dépasse.
Merci de co-signer cette tribune si vous souhaitez vous associer à ce modeste témoignage de soutien qui sera publié à l’occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, le 8 mars 2023.
Les premières Lyonnaises engagées :
Nathalie BIANCO, Alexandra CARRAZ-CESELLI, Marie-Sophie OBAMA, Sophie AJELLO, Violaine BERTHON, Sylvie BLES-GAGNAIRE, Virginie BOISSIMON-SMOLDERS, Marianne BORTHAYRE, Carole BURILLON, Laurence CARRY, Nathalie CHAIZE, Lolo CHATENAY, Martine COLLONGE, Marie CONTENT SOYER, Sophie CRUZ, Olivia CUIR, Marie DE CONIHOUT, Annie DE STARODOUBSKY, Anne DELAIGLE, Aurélie DROUVIN, Carole DUFOUR, Angélique ENDERLIN, Cécile EYNARD, Laurence FAUTRA, Maryline FOLLEAS, Marie-Odile FONDEUR, Sophie GAILLOT MICZKA, Eloïse GIRAULT, Christiane GRANGER, Isabelle GROSMAITRE, Corinne HARDY, Roya HATAMINIA, Djezia HENNAOUI, Emmanuelle JALLIFIER-VERNE, Aygun KARIMOVA, Marie-Josephe LAURENT, Elsa LOURDEAU, Zoélie MACAUDIERE, Nicole MARGUIN, Fara MAROUNDOU, Céline MELON, Marylène MILLET, Marie-Anne MOMEIN, Sophie MOREAU, Muriel MURE, Armelle NARDONE, Roksana NASERZADEH, Virginie NOGUERAS, Virginie PAQUIEN, Céline PARAVY-ATLAN, Valérie POINSOT LORENTZ, Isabelle-Marie POLI, Sandrine POUQUINE, Nathalie PRADINES, Sophie RENARD, Olivia RYEZ, Anne-Françoise SARGER, Véronique SARSELLI, Marie SOYER, Mojgan TASHVIGHI, Nathalie TOMOLILLO, Patricia TRONEL, Patricia VAREILLES DEMANGE, Madelijn VERVOORD, Michèle VIANES, Florence VINCENT, Isabelle VRAY-ECHINARD.

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Le problème
"C’est un jeu que je fais depuis que je suis enfant. J’aime bien regarder les maisons, les gens, imaginer leur histoire, leur vie… à l’ère des réseaux sociaux, c’est encore plus facile, parce que des milliers d’images s’offrent à nous, tout le temps et partout. Ces jours-ci, je suis tombée sur des photos qui m’ont procuré un étrange sentiment de familiarité. Vous savez, cette impression de contempler des personnes qui vous sont à la fois étrangères et aussi très proches. Comme des gens qu’on connaitrait un peu sans les avoir jamais rencontrés.
Par exemple, l’autre jour, mon regard a été attiré par une jeune fille ravissante, avec de longs cheveux d’une couleur difficile à définir. J’ai souri parce que je connais ce truc, quand le contraste entre les racines et les pointes sont plus marqués. « Bronde », ça s’appelle. C’est la contraction entre brune (sur le haut de la tête) et blonde (sur les longueurs) en langage de coiffeur. Bronde donc. Ma fille m’avait cassé les pieds il y a quelques années pour faire ça. Au final, j’avais trouvé ça plutôt « ratussi », c’est la contraction entre raté et réussi. Voilà pourquoi la jeune fille de la photo me parait si familière. Je la regarde et je sais qu’elle a dû mettre un soin infini, chaque matin à faire ses ondulations. J’imagine sans peine sa mère, mi-amusée, mi-agacée, levant les yeux au ciel : « Pfff, que de temps passé pour des cheveux !». `
J’en regarde une autre. Celle-ci aussi est jolie, elle est plus jeune, ses joues ont encore la rondeur de l’enfance et la douceur de la peau des pêches. Je dirais qu’elle a 17 ans. Elle penche la tête pour faire son selfie, comme font toutes les jeunes filles du monde. Son sourire est hésitant, elle l’aimerait sans doute radieux et éclatant, mais elle porte un appareil dentaire. Ça la complexe. Elle aussi j’ai l’impression de la connaitre, je suis sûre qu’elle compte les jours qui la séparent du moment où elle pourra enlever ces maudites bagues. J’imagine que sa mère aura essayé de la consoler en lui disant qu’elle aura un sourire de star plus tard. Mais tout de même… C’est long plus tard. Surtout quand on a 17 ans.
Et ces deux-là que je découvre… L’une avec ses lunettes et un air sérieux, l’autre que j’imagine plus malicieuse, parce qu’elle sourit et parce qu’elle a gardé les fossettes de son enfance. Je les imagine, partant à la fac, le matin, un peu en retard, comme toujours. Et leur mère, qui s’impatiente « dépêchez-vous les filles, vous allez encore être en retard ». L’une a dû soupirer, lever les yeux au ciel, l’autre à dû répondre « c’est booon, maman, c’est boon ».
Peut-être que si ces jeunes filles me paraissent si souvent familière, d’où qu’elles viennent, c’est que, partout dans le monde, elles sont un peu les mêmes. Les mêmes rêves, la même impatience de vivre, la même soif de liberté. Et partout, nous sommes les mêmes parents, inquiets à l’idée de laisser ceux qu’on aime affronter l’extérieur. « Tu fais attention dis ? » « Tu es prudente ? » « Je ne plaisante pas, s’il te plait, fais attention ».
Je suis presque certaine que les jeunes filles dont je contemple les visages ont écouté ces recommandations avant de sortir de chez elle. Peut-être même est ce que ce sont les derniers mots aimants et amicaux qu’elles auront entendus ?
La fille aux cheveux mi brun mi blond s’appelle Hadis Najafi.
Non, elle s’appelait Hadis Najafi.
Elle avait coupé ses beaux cheveux, en signe de révolte, parce qu’elle ne voulait plus les cacher. Elle voulait être libre. Elle est une des jeunes filles mortes dans les manifestations en Iran, tuée par la police. 6 balles, dans le torse et le visage. Elle avait 20 ans.
Celle qui porte un appareil dentaire s’appelle Mahsa Mohammadi ; elle a été emprisonnée et torturée pour un tweet jugé « blasphématoire ».
La jeune fille aux fossettes s’appelle Dorsa. Elle et sa sœur ont été arrêtées avec deux amis masculins, à un poste de contrôle dans le nord du pays. Lorsque deux bombes de peinture ont été trouvées dans le sac de sa sœur, tout a basculé. Elles ont été emmenées dans un bâtiment où on les a forcées à signer des aveux indiquant qu’elles manifestaient, avant de les séparer. Seule dans une salle d’interrogatoire, Dorsa a entendu les cris de ses deux amis masculins qui étaient torturés à proximité. Lorsque son tour est venu d’être interrogée, elle a été battue et frappée à plusieurs reprises. Ensuite, elle a été déshabillée, on lui a bandé les yeux avec son foulard et on l’a violée. Ses amis masculins seront peut-être pendus, comme Mohammad Mehdi Karami, ce judoka de 22 ans, dont les derniers mots au téléphone auront été « papa je suis condamné à mort. Ne le dis pas à maman, s’il te plait ».
Il y a aussi Sara, cette femme kurde d’une quarantaine d’années, arrêtée avec d’autres femmes lors de la première vague de protestations. Elle raconte que les agents de sécurité ont utilisé leurs hijabs pour leur bâillonner la bouche, les ont agressées sexuellement et les ont frappées. L’une des femmes a été si violemment battue qu’elle est restée paralysée.
J’aimerai vous parler aussi de Astiyazh Haghighi et de son fiancé Amir Mohammad Ahmadi, tous deux âgés de 20 ans et condamnés à 10 ans de prison pour avoir dansé amoureusement devant la tour Azadi, à Téhéran. Pour avoir dansé !!
4 825 kilomètres nous séparent de Hadis, Mahsa, Dorsa, Mohammad et les autres. Un peu moins à vol d’oiseaux.
C’est loin. Suffisamment loin pour que nous n’entendions plus beaucoup les cris et les clameurs qui s’élèvent du pays.
Bien sûr ce n’est pas qu’une question d’éloignement. C’est aussi une question de lassitude il faut bien l’avouer. Il y a les guerres, les tremblements de terre, les manifestations, les scandales, la crise économique… il y a tant de fracas dans le monde, tant de bruits.
Plus de 4000 kilomètres nous séparent et pourtant, quand nous prenons le temps de regarder leurs visages, ces jeunes gens nous paraissent si familiers. Ils pourraient être nos filles, nos fils, nos amis.
Pensez-y. Parce que, si c’était le cas, si c’était nos enfants, nos proches qui croupissaient dans des prisons infectes, qui se faisaient violer, torturer pour avoir réclamé un peu de liberté, je suis sûre que nous aimerions savoir que, au moins, partout dans le monde, même à 4 825 kilomètres, nous ne les oublions pas. »
Texte rédigé par Nathalie Bianco, écrivain, pour L’Equipe des Lyonnes, dans l’objectif de témoigner de la solidarité des femmes Lyonnaises en direction des femmes Iraniennes, et leur dire que nous ne les oublions pas, et que nous sommes admiratives de leur courage et de leur combat pour la liberté. Aujourd’hui en Iran, comme en Afghanistan, les femmes sont battues, violées, emprisonnées, tuées parce qu’elles ne portent pas “correctement” le voile ou parce qu’une mèche de cheveux en dépasse.
Merci de co-signer cette tribune si vous souhaitez vous associer à ce modeste témoignage de soutien qui sera publié à l’occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, le 8 mars 2023.
Les premières Lyonnaises engagées :
Nathalie BIANCO, Alexandra CARRAZ-CESELLI, Marie-Sophie OBAMA, Sophie AJELLO, Violaine BERTHON, Sylvie BLES-GAGNAIRE, Virginie BOISSIMON-SMOLDERS, Marianne BORTHAYRE, Carole BURILLON, Laurence CARRY, Nathalie CHAIZE, Lolo CHATENAY, Martine COLLONGE, Marie CONTENT SOYER, Sophie CRUZ, Olivia CUIR, Marie DE CONIHOUT, Annie DE STARODOUBSKY, Anne DELAIGLE, Aurélie DROUVIN, Carole DUFOUR, Angélique ENDERLIN, Cécile EYNARD, Laurence FAUTRA, Maryline FOLLEAS, Marie-Odile FONDEUR, Sophie GAILLOT MICZKA, Eloïse GIRAULT, Christiane GRANGER, Isabelle GROSMAITRE, Corinne HARDY, Roya HATAMINIA, Djezia HENNAOUI, Emmanuelle JALLIFIER-VERNE, Aygun KARIMOVA, Marie-Josephe LAURENT, Elsa LOURDEAU, Zoélie MACAUDIERE, Nicole MARGUIN, Fara MAROUNDOU, Céline MELON, Marylène MILLET, Marie-Anne MOMEIN, Sophie MOREAU, Muriel MURE, Armelle NARDONE, Roksana NASERZADEH, Virginie NOGUERAS, Virginie PAQUIEN, Céline PARAVY-ATLAN, Valérie POINSOT LORENTZ, Isabelle-Marie POLI, Sandrine POUQUINE, Nathalie PRADINES, Sophie RENARD, Olivia RYEZ, Anne-Françoise SARGER, Véronique SARSELLI, Marie SOYER, Mojgan TASHVIGHI, Nathalie TOMOLILLO, Patricia TRONEL, Patricia VAREILLES DEMANGE, Madelijn VERVOORD, Michèle VIANES, Florence VINCENT, Isabelle VRAY-ECHINARD.

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Pétition lancée le 1 mars 2023