Travaux sur le parvis de la cathédrale de Valence: arrêtons ce scandale archéologique!

Signataires récents:
Vincent MALOSSE et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Scandale archéologique sur le parvis de la cathédrale de Valence : l’austérité rase notre passé !

Des travaux liés au projet d’aménagement du parvis de la cathédrale de Valence démarreront au mois d’octobre, sans étude préalable des vestiges qui pourraient être détruits.

La parcelle impactée par ces travaux d’aménagement est cependant connue pour receler des vestiges exceptionnels, témoignage de l’occupation de Valence à l’époque romaine et médiévale. Parmi ceux-ci, le baptistère, daté du Ve siècle qui évolue en église pour devenir l’église canoniale au XIIe siècle. C’est un lieu fort de la première communauté chrétienne valentinoise: on y baptise les premiers chrétiens et au cours du temps, quand ce baptistère devient église, il est probable que des personnalités ecclésiastiques aient voulu s’y faire inhumer.

Des fouilles archéologiques ont été menées en 1866 puis entre 1952 et 1954 et en 2001, mais elles ont permis de documenter seulement une partie des vestiges conservés. Le sous-sol du parvis renferme encore des informations capitales pour la compréhension de l’histoire de Valence, dans le prolongement des fouilles de la Place des Ormeaux et du musée. En effet, on ne connaît pas le lien entre le baptistère et les bains datés de la même période, qui ont été découverts lors de la fouille de la place des Ormeaux en 2004 plus à l’est, ni sa relation avec le premier palais épiscopal qui se situe juste au sud, ni son rapport avec le rempart situé à l’ouest, sur la rupture de pente. Le démarrage de travaux de réseau, sans suivi archéologique, compromettrait irrémédiablement la liaison entre tous ces vestiges.

Par conséquent, il est regrettable que ces travaux se fassent sans opération d’archéologie préventive préalable (opération qui permet de documenter des vestiges archéologiques avant leur destruction) comme le prévoit le Code du Patrimoine.

Pourquoi les travaux sur le parvis de la cathédrale de Valence constituent-ils un danger pour la tutelle du patrimoine historique valentinois?

Le directeur régional des affaires culturelles (DRAC) a décidé de prendre des libertés avec le Code du patrimoine en ne prévoyant pas des travaux d’archéologie préventive en préalable aux travaux d’aménagement, sous couvert qu’il ne s’agira que d’une reprise superficielle du parvis. Les travaux ont pourtant lieu dans un secteur qui est inclus dans une zone de préemption de prescription archéologique (ZPPA) qui permet à l’Etat de prendre en compte par une étude scientifique ou une conservation éventuelle « les éléments du patrimoine archéologique affectés ou susceptibles d'être affectés par les travaux publics ou privés concourant à l’aménagement » (article L521-1 du Code du patrimoine). Ils ont lieu de surcroît au pied de la cathédrale, un monument classé au titre des Monuments historiques depuis 1862. Les vestiges archéologiques sont situés à 20 cm de profondeur sous la surface actuelle du parvis et leur mise à nu lors de travaux les abimerait fortement. De même, les travaux de terrassement et la pose de réseaux en creusant des tranchées conduira à des destructions irrémédiables du patrimoine valentinois. Tout cela dans un secteur qui est connu depuis 160 ans pour son importance archéologique.

Par ailleurs, c’est un service de la DRAC, la Conservation Régionale des Monuments Historiques (CRMH), qui est maître d’ouvrage des travaux. Donc l’Etat décide de ne pas s’appliquer à lui-même la législation archéologique.

EXIGEONS LE RESPECT DE LA LOI ET L'ARRÊT DU PROJET JUSQU'À CE QUE DES FOUILLES SOIENT MENÉES ! Après Valence, où sera le prochain massacre ?

Focus: l’énième attaque contre l’archéologie préventive française !

Ce dossier concernant les travaux du parvis de la cathédrale de Valence constitue une nouvelle attaque contre l’archéologie préventive française : en 2024, la nouvelle ministre de la Culture, Rachida Dati, déclarait peu de temps après sa prise de fonction qu’« Il ne faut pas faire des fouilles pour se faire plaisir » . Par la suite, le projet de loi de Simplification de la vie économique, examiné en juin 2025, prévoyait des dérogations au Code du patrimoine en exonérant les projets dits d'intérêt national des obligations d'archéologie préventive dans son article 15bis (article abrogé grâce à la mobilisation des archéologues qui ont dénoncé le fait que cet article contrevenait à la législation française et européenne en matière de tutelle du patrimoine). Depuis, le budget octroyé aux services publics qui œuvrent pour l’archéologie préventive ne cesse de baisser, ce qui entrave leur bon fonctionnement et la réalisation de leurs missions. 

Pourtant, le dispositif d’archéologie préventive français a fait ses preuves.

Le sous-financement des services publics qui œuvrent pour l’archéologie préventive a des effets palpables :  travail en sous-effectifs, manque de moyens pour assurer les missions, précarité d’un bon nombre d’archéologues. Ce sous-financement répond à des logiques de rentabilité au sein même de l’État. Il aboutit à la remise en question des politiques scientifiques de prescription archéologique, dans le but de réduire le volume des prescriptions et de l’adapter aux capacités opérationnelles et budgétaires des opérateurs publics, sans aucune préoccupation pour la destruction du patrimoine que cela engendre, ni pour les conséquences sociales immédiates. 

Signez donc cette pétition afin de sauver le patrimoine archéologique de Valence et demander le respect du Code du patrimoine partout en France, face aux logiques d'austérité imposées au secteur de la culture. 

2 099

Signataires récents:
Vincent MALOSSE et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Scandale archéologique sur le parvis de la cathédrale de Valence : l’austérité rase notre passé !

Des travaux liés au projet d’aménagement du parvis de la cathédrale de Valence démarreront au mois d’octobre, sans étude préalable des vestiges qui pourraient être détruits.

La parcelle impactée par ces travaux d’aménagement est cependant connue pour receler des vestiges exceptionnels, témoignage de l’occupation de Valence à l’époque romaine et médiévale. Parmi ceux-ci, le baptistère, daté du Ve siècle qui évolue en église pour devenir l’église canoniale au XIIe siècle. C’est un lieu fort de la première communauté chrétienne valentinoise: on y baptise les premiers chrétiens et au cours du temps, quand ce baptistère devient église, il est probable que des personnalités ecclésiastiques aient voulu s’y faire inhumer.

Des fouilles archéologiques ont été menées en 1866 puis entre 1952 et 1954 et en 2001, mais elles ont permis de documenter seulement une partie des vestiges conservés. Le sous-sol du parvis renferme encore des informations capitales pour la compréhension de l’histoire de Valence, dans le prolongement des fouilles de la Place des Ormeaux et du musée. En effet, on ne connaît pas le lien entre le baptistère et les bains datés de la même période, qui ont été découverts lors de la fouille de la place des Ormeaux en 2004 plus à l’est, ni sa relation avec le premier palais épiscopal qui se situe juste au sud, ni son rapport avec le rempart situé à l’ouest, sur la rupture de pente. Le démarrage de travaux de réseau, sans suivi archéologique, compromettrait irrémédiablement la liaison entre tous ces vestiges.

Par conséquent, il est regrettable que ces travaux se fassent sans opération d’archéologie préventive préalable (opération qui permet de documenter des vestiges archéologiques avant leur destruction) comme le prévoit le Code du Patrimoine.

Pourquoi les travaux sur le parvis de la cathédrale de Valence constituent-ils un danger pour la tutelle du patrimoine historique valentinois?

Le directeur régional des affaires culturelles (DRAC) a décidé de prendre des libertés avec le Code du patrimoine en ne prévoyant pas des travaux d’archéologie préventive en préalable aux travaux d’aménagement, sous couvert qu’il ne s’agira que d’une reprise superficielle du parvis. Les travaux ont pourtant lieu dans un secteur qui est inclus dans une zone de préemption de prescription archéologique (ZPPA) qui permet à l’Etat de prendre en compte par une étude scientifique ou une conservation éventuelle « les éléments du patrimoine archéologique affectés ou susceptibles d'être affectés par les travaux publics ou privés concourant à l’aménagement » (article L521-1 du Code du patrimoine). Ils ont lieu de surcroît au pied de la cathédrale, un monument classé au titre des Monuments historiques depuis 1862. Les vestiges archéologiques sont situés à 20 cm de profondeur sous la surface actuelle du parvis et leur mise à nu lors de travaux les abimerait fortement. De même, les travaux de terrassement et la pose de réseaux en creusant des tranchées conduira à des destructions irrémédiables du patrimoine valentinois. Tout cela dans un secteur qui est connu depuis 160 ans pour son importance archéologique.

Par ailleurs, c’est un service de la DRAC, la Conservation Régionale des Monuments Historiques (CRMH), qui est maître d’ouvrage des travaux. Donc l’Etat décide de ne pas s’appliquer à lui-même la législation archéologique.

EXIGEONS LE RESPECT DE LA LOI ET L'ARRÊT DU PROJET JUSQU'À CE QUE DES FOUILLES SOIENT MENÉES ! Après Valence, où sera le prochain massacre ?

Focus: l’énième attaque contre l’archéologie préventive française !

Ce dossier concernant les travaux du parvis de la cathédrale de Valence constitue une nouvelle attaque contre l’archéologie préventive française : en 2024, la nouvelle ministre de la Culture, Rachida Dati, déclarait peu de temps après sa prise de fonction qu’« Il ne faut pas faire des fouilles pour se faire plaisir » . Par la suite, le projet de loi de Simplification de la vie économique, examiné en juin 2025, prévoyait des dérogations au Code du patrimoine en exonérant les projets dits d'intérêt national des obligations d'archéologie préventive dans son article 15bis (article abrogé grâce à la mobilisation des archéologues qui ont dénoncé le fait que cet article contrevenait à la législation française et européenne en matière de tutelle du patrimoine). Depuis, le budget octroyé aux services publics qui œuvrent pour l’archéologie préventive ne cesse de baisser, ce qui entrave leur bon fonctionnement et la réalisation de leurs missions. 

Pourtant, le dispositif d’archéologie préventive français a fait ses preuves.

Le sous-financement des services publics qui œuvrent pour l’archéologie préventive a des effets palpables :  travail en sous-effectifs, manque de moyens pour assurer les missions, précarité d’un bon nombre d’archéologues. Ce sous-financement répond à des logiques de rentabilité au sein même de l’État. Il aboutit à la remise en question des politiques scientifiques de prescription archéologique, dans le but de réduire le volume des prescriptions et de l’adapter aux capacités opérationnelles et budgétaires des opérateurs publics, sans aucune préoccupation pour la destruction du patrimoine que cela engendre, ni pour les conséquences sociales immédiates. 

Signez donc cette pétition afin de sauver le patrimoine archéologique de Valence et demander le respect du Code du patrimoine partout en France, face aux logiques d'austérité imposées au secteur de la culture. 

Voix de signataires

Mises à jour sur la pétition