

Nous voulons être le plus nombreux possible pour défendre ce projet pour les raisons suivantes:
En Martinique, l’actualité met en premier plan les questions d’ordre mémoriel. Les réponses données à la jeunesse et à la population sont confuses et improvisées.
Le Comité pour la Mémoire de l’Esclavage colonial en Martinique, CMECM, se constitue et entend œuvrer avec tous les acteurs soucieux d’apporter des réponses relevant de la raison.
Son choix prioritaire porte sur la réalisation d’un Musée dédié à la Mémoire de l’esclavage colonial en Martinique. Ce musée est d’abord un instrument pédagogique tant au niveau scolaire que de l’éducation populaire. En effet, il apparaît comme la formule la mieux adaptée pour satisfaire les dispositions de l’article 2 de la loi Taubira du 23 mai 2001.
« Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent. La coopération qui permettra de mettre en articulation les archives écrites disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances archéologiques accumulées en Afrique, dans les Amériques, aux Caraïbes et dans tous les autres territoires ayant connu l'esclavage sera encouragée et favorisée. »
Le travail pédagogique patient, méthodique et apaisé attendu des éducateurs au sein de l’espace muséal dédié à l’Esclavage colonial en Martinique est la meilleure garantie contre les débordements et les velléités de négationnisme ou de vengeance. Il donne à l’expression populaire autour du 22 mai, sa pleine signification en termes d’adhésion au devoir de mémoire et d’exploration de voies nouvelles pour la réparation et la justice, gages de réconciliation.
L’objectif visé est la libération de la conscience historique du peuple et l’ajustement des comportements individuels à la réalité du fait que l’esclavage colonial qui a perduré en Martinique, jusqu’au 22 mai 1848 est le fait fondateur de la société martiniquaise, et qu’à ce titre, il fait l’objet du devoir de mémoire de toute la communauté.
Conçu comme une œuvre d’utilité publique, le musée sera réalisé collectivement, en ce sens que la participation de chacun sera sollicitée. Car l’enjeu est avant tout l’unité de la société martiniquaise dans toutes ses composantes.
Le Musée Territorial dédié à la Mémoire de l’Esclavage colonial en Martinique sera la fabrique d’une de ces armes miraculeuses dont parle Aimé Césaire et dont l’utilisation est indispensable pour atteindre la cohésion du peuple martiniquais, en ce sens qu’elle permettra aux uns de recevoir le pardon sans l’avoir demandé et aux autres de se disposer à pardonner sans jamais oublier, dans le respect de la dignité de chacun.