Kampanya güncellemesiExigeons la création du Musée territorial dédié à l'Esclavage colonial en MartiniqueReconnaître l’esclavage colonial en Martinique comme Fait fondateur de la société.
Sylvère FARRAUDIERESainte-Luce, Martinik
12 May 2021

L’esclavage colonial qui a perduré en Martinique, jusqu’au 22 mai 1848 n’est pas une parenthèse africaine dans l’histoire de la Martinique, mais le fait fondateur de la société martiniquaise.

En Martinique, tout a été tenté pour refouler l’Esclavage colonial dans le domaine de l’Oubli : « Ne pas regarder dans le rétroviseur », « ne pas être esclave de l’esclavage » sont peut-être les arguments les plus faciles à verbaliser dans la panoplie d’incitations instillées jour et nuit par les guides d’opinion politiques, culturels, religieux, philanthropiques …, pendant près de deux siècles pour dissuader toute prise de conscience objective de l’esclavage colonial, sa réalité historique et son rôle dans la construction de la société martiniquaise.

Le pouvoir biaise avec l’enseignement de l’histoire de l’esclavage colonial, prévu par la loi Taubira.

Et, pourtant, subitement, en ce début de décennie 2020, la jeunesse martiniquaise se rebiffe. Elle refuse de reproduire la situation subie par les générations précédentes. Elle ne fuit pas pour autant la dureté de son temps. Elle casse les symboles mémoriels de l’establishment. Elle s’expatrie, en refusant le destin de soumission domestique tracé pour elle par les élites. Elle exprime sa vibrante ardeur de vivre en affrontant les dangers du grand large, les horizons inconnus, plutôt que de s’attarder à résoudre des problèmes que les générations précédentes veulent lui transmettre en héritage, parce qu’elles n’ont pas osé les aborder ou les ont abordés si mal que ces problèmes ne sont toujours pas résolus.

Il est donc plus qu’urgent pour ceux de ces anciens qui sont encore en responsabilité de discerner ce qui dysfonctionne dans la société martiniquaise au point de justifier aujourd'hui cette situation catastrophique rejetée par la jeunesse. L’émission télévisée animée par Serge Bilé sur Martinique la Première mardi 11 mai 2021, sur le thème du déboulonnage des statues, conforte amplement cette idée. Qui peut rester insensible devant les témoignages délivrés par les jeunes activistes interviewés ? Un enseignant chercheur a fort brillamment ancré le sens de ce mouvement qui oppose le ressenti des gens à la pratique scientifique de l’histoire, par des prises de positions et des prises de vue particulièrement réussies au Cap 110 du Diamant. Mais, ce même Professeur a aussitôt montré son attachement au monde ancien en déclarant que « l’esclavage est une parenthèse africaine de l’histoire de la Martinique ». Le rapprochement de ce propos avec l’insoutenable « détail de l’histoire » utilisé pour nier l’atroce réalité de la Shoa et des fours crématoires qui a marqué l’histoire du Peuple Juif est immédiat. De plus, il est facile de faire constater au Professeur que l’esclavage a toujours existé en Afrique et que la Traite négrière vers les Amériques n’aurait certainement pas eu cette ampleur si les Caraïbes et les autres ethnies amérindiennes qui ont résisté aux colons européens n’avaient pas préféré le suicide à l’esclavage.

La mise en esclavage ratée des Amérindiens, réussie des Nègres, est bien le nœud des relations des colons européens avec les autres occupants potentiels de la Martinique et des Îles à sucre, en général. Nous sommes donc de ceux qui affirment que l’esclavage colonial qui a perduré en Martinique, jusqu’au 22 mai 1848 est le fait fondateur de la société martiniquaise.

C’est pourquoi, nous lançons un appel confiant à chaque Martiniquais-se pour nous rejoindre au sein du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage Colonial en Martinique (CMECM).

Cette association déclarée au JORF du 04 mai 2021 se donne pour objectif d’affirmer par tous les moyens légaux que l’esclavage colonial qui a perduré en Martinique, jusqu’au 22 mai 1848 est le fait fondateur de la société martiniquaise, et qu’à ce titre, il fait l’objet du devoir de mémoire de la communauté martiniquaise.

Cette association est porteuse du projet de création du Musée Territorial dédié à l’Esclavage Colonial en Martinique soumis à pétition depuis septembre 2019.

Signer cette pétition et militer au sein du CMECM sont vraiment le minimum que chacun peut faire pour honorer le 22 mai 1848 et adhérer à la réalité de notre époque.

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