Touche pas à la Monnaie. Signez pour préserver les activités industrielles & culturelles !

Le problème

Touche pas à la Monnaie !!!

 

« Pousse toi de là que je m’y mette » : c’est ainsi que démarrait l’article du journal Le Monde du 27 avril 2024 annonçant que la future Maison des mondes africains, MansA, envisageait son implantation au sein de l’hôtel de la Monnaie, quai de Conti dans le 6ème arrondissement, siège parisien de la Monnaie de Paris. Le projet d’une Maison des mondes africains, porté conjointement par le ministère de la Culture et le ministère des Affaires étrangères, a été annoncé par le président Emmanuel Macron en 2021 lors du Nouveau Sommet Afrique-France suite au rapport remis par l’universitaire Achille Mbembé. Il s‘agit d’un « lieu pluridisciplinaire de création, de rassemblement, de découverte, d’information et d’innovation ». Le projet a pris corps avec la constitution par arrêté du 7 mai 2024 d’un groupement d’intérêt public « Mission de préfiguration MansA-Maison des mondes Africains » dirigé par Liz Gomis. La recherche d’un lieu parisien s’est accélérée ces derniers mois pour y déployer son programme. 

 

L’incrédulité et l’incompréhension face à l’hypothèse d’une installation d’une autre institution dans l’hôtel de la Monnaie de Paris, corroborée par un article dans Libération du 23 juillet, se sont transformées en inquiétude pour les collaborateurs de l’institution. L’hypothèse a en effet été confirmée lors d’un récent arbitrage rendu à Matignon, sans concertation préalable avec la Monnaie de Paris quant aux impacts et conséquences sur ses activités. 

 

Voici en quelques lignes 3 raisons majeures pour expliquer pourquoi il ne faut pas toucher à l’Hôtel des Monnaies.

 

1.   Histoire et patrimoine :

Le bâtiment du 11 quai de Conti face au musée du Louvre s’apprête à fêter ses 250 ans en 2025. Bâti en 1775 par volonté du roi Louis XV, ce vaste « palais-usine » a gardé son architecture et ses fonctions d’origine depuis sa création : la frappe de monnaies, médailles et produits d’art dans un ensemble classé monument historique. Partout sur le site les symboles monétaires rappellent sa fonction régalienne : inscriptions, sculptures, bas-reliefs, qui font de ce lieu maintenu en fonction un exemple unique au monde.

 

Achevé en 2017, un vaste programme de travaux et de réaménagement, appelé en interne projet « Métalmorphoses » a donné jour à un nouveau musée offrant des vues directes sur ses ateliers de production et sa fonderie, et sur les artisans qui y travaillent, ce qui en fait son caractère unique. A l’époque, 80 millions d’euros, entièrement financés par la Monnaie de Paris, ont été investis. 

 

Cette exception d’un lieu à la fois industriel, patrimonial et culturel participe à l’image et au rayonnement de la Monnaie de Paris et offre un atout commercial majeur pour ses marchés en France et à l’étranger. 

 

Le site parisien de la Monnaie de Paris est d’ailleurs la dernière usine en activité au cœur de la capitale.

 

350 personnes travaillent au quotidien sur le site entre salariés et prestataires. 

 

Ces espaces imbriqués forment un ensemble cohérent. Ils sont largement interconnectés et intégralement utilisés. Le musée a été construit autour de l’usine. Les expositions, évènements et privatisations se déploient dans les salons du Palais néoclassique. Les six cours extérieures accueillent une soixantaine d’évènements annuels. Elles permettent la déambulation des publics et l’accès des camions vers l’usine. 

 

L’Hôtel des Monnaies a été pensé et créé il y a 250 ans. Il s’est transformé, il s’est « métalmorphosé », mais aujourd’hui, nous sommes un tout, tel une manufacture. Plusieurs missions sont effectuées à la Monnaie de Paris. En supprimer une, et tout le projet s’écroule.

 

En conclusion, cet édifice n’est pas juste le siège social de la Monnaie de Paris. C’EST la Monnaie, au sens propre comme au sens figuré. Pourquoi le mettre en péril ?

 

 

2.   Musée et lieu culturel :

A l’intérieur, on y trouve entremêlés des ateliers d’art et de production industrielle, un musée labellisé « musée de France », des salons d’exposition, une boutique et deux restaurants, dont le restaurant étoilé Guy Savoy. 

 

C’est un lieu vivant ouvert sur la ville, où se déploie un large programme culturel et éducatif visant à mettre en partage son patrimoine matériel et immatériel pour tous les publics, notamment à travers la découverte et la transmission des métiers d’art et des savoir-faire. 

Sont ainsi organisés des expositions temporaires, visites, activités et évènements, régulièrement en partenariat avec d’autres acteurs culturels comme le Centre Georges Pompidou, le festival Jazz à Saint Germain, le festival Paris l’Eté, Radio France, le conservatoire du 6ème arrondissement, les écoles d’art et de design, l’Académie des beaux-arts. La programmation porte sur des sujets d’actualité, de société ou innovants, et soutient la création contemporaine. Le site a accueilli 163 000 visiteurs en 2023.

Une place centrale est donnée à la transmission avec l’accueil régulier de classes de tous niveaux et des projets d’éducation artistique et culturelle, traduits par la signature de conventions avec les ministères de l’Education nationale et de la Culture. 

Il s’agit également de promouvoir une destination de tourisme de savoir-faire et industriel, et de soutenir ainsi deux axes importants de la politique gouvernementale : l’industrialisation (dernière usine en activité dans la capitale), et la stratégie nationale en faveur des métiers d’art (la Monnaie de Paris est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant). 

Le programme culturel de la Monnaie de Paris ne bénéficie d’aucune subvention publique et s’autofinance intégralement avec ses ressources propres (billetterie, location d’espaces et concessions de restauration). En cela, c’est un modèle d’équilibre unique dans le panorama des institutions culturelles. 

En conclusion, le site situé au 11 quai de Conti est déjà un site culturel. Et qui fonctionne. Et qui ne coute rien. Petit rappel pour Madame La Ministre Rachida Dati, pourquoi vouloir le remplacer par un autre projet, quel qu’il soit ? Nous sommes déjà un lieu de culture. Aidez-nous à le développer, à le valoriser. Pas à le fermer.

 

 

3.   Conséquences pour la Monnaie de Paris :

Il n’existe pas d’espace disponible à la Monnaie de Paris pour accueillir un autre établissement public. Cela remettrait profondément en cause l’assemblage complexe des espaces et des activités culturelles, industrielles et commerciales sur le site, tout comme l’équilibre économique et la trajectoire du plan stratégique. 

Les espaces occupés seraient à court terme les grands salons historiques et des bureaux de l’aile Est du palais. Cette occupation remet directement en question le développement culturel de la Monnaie de Paris. 

Une co-activité entre deux établissements publics, qui n’ont aucune synergie commune, créera incontestablement une confusion sur le lieu et son identité pour les publics et partenaires respectifs des deux institutions. Quel est le rapport entre ce projet et la Monnaie de Paris ? Aucun. 

Il faudra également des bureaux pour ce nouveau projet. Ou s’installeront alors les salariés qui y sont actuellement installés et qui y travaillent ? Qui financera le déménagement, les frais de location d’autres bureaux ? Nous n’avons pas cette capacité financière.  

A terme, le développement du projet pourrait même conduire à une plus large utilisation de tout ou partie des espaces de la Monnaie de Paris. De ce fait, cette implantation fait craindre un plan social pour les salariés qui n’auraient plus d’activité dans l’entreprise et une délocalisation partielle voire complète de l’activité parisienne de la Monnaie de Paris. 

 

En conclusion, ce n’est pas le tout de vouloir installer un projet sans aucun point commun d’ailleurs avec notre ADN. Qui va financer les coûts que devra subir le budget de la Monnaie de Paris. Et tout cela en pleine restriction budgétaire, quelle gabegie !

 

Merci pour votre participation.

 

Pétition initiée par la CFE-CGC, l'un des syndicats de la Monnaie de Paris.

Pour toute information complémentaire, vous pouvez vous adresser à Rodolphe KREMPP (portable 06 76 12 52 59 ou cfe-cgc@monnaiedeparis.fr)

Crédits photo : © vikscy (Vicky Pozzobon)

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Rodolphe KREMPPLanceur de pétition
Victoire
Cette pétition a abouti avec 2 384 signatures !

Le problème

Touche pas à la Monnaie !!!

 

« Pousse toi de là que je m’y mette » : c’est ainsi que démarrait l’article du journal Le Monde du 27 avril 2024 annonçant que la future Maison des mondes africains, MansA, envisageait son implantation au sein de l’hôtel de la Monnaie, quai de Conti dans le 6ème arrondissement, siège parisien de la Monnaie de Paris. Le projet d’une Maison des mondes africains, porté conjointement par le ministère de la Culture et le ministère des Affaires étrangères, a été annoncé par le président Emmanuel Macron en 2021 lors du Nouveau Sommet Afrique-France suite au rapport remis par l’universitaire Achille Mbembé. Il s‘agit d’un « lieu pluridisciplinaire de création, de rassemblement, de découverte, d’information et d’innovation ». Le projet a pris corps avec la constitution par arrêté du 7 mai 2024 d’un groupement d’intérêt public « Mission de préfiguration MansA-Maison des mondes Africains » dirigé par Liz Gomis. La recherche d’un lieu parisien s’est accélérée ces derniers mois pour y déployer son programme. 

 

L’incrédulité et l’incompréhension face à l’hypothèse d’une installation d’une autre institution dans l’hôtel de la Monnaie de Paris, corroborée par un article dans Libération du 23 juillet, se sont transformées en inquiétude pour les collaborateurs de l’institution. L’hypothèse a en effet été confirmée lors d’un récent arbitrage rendu à Matignon, sans concertation préalable avec la Monnaie de Paris quant aux impacts et conséquences sur ses activités. 

 

Voici en quelques lignes 3 raisons majeures pour expliquer pourquoi il ne faut pas toucher à l’Hôtel des Monnaies.

 

1.   Histoire et patrimoine :

Le bâtiment du 11 quai de Conti face au musée du Louvre s’apprête à fêter ses 250 ans en 2025. Bâti en 1775 par volonté du roi Louis XV, ce vaste « palais-usine » a gardé son architecture et ses fonctions d’origine depuis sa création : la frappe de monnaies, médailles et produits d’art dans un ensemble classé monument historique. Partout sur le site les symboles monétaires rappellent sa fonction régalienne : inscriptions, sculptures, bas-reliefs, qui font de ce lieu maintenu en fonction un exemple unique au monde.

 

Achevé en 2017, un vaste programme de travaux et de réaménagement, appelé en interne projet « Métalmorphoses » a donné jour à un nouveau musée offrant des vues directes sur ses ateliers de production et sa fonderie, et sur les artisans qui y travaillent, ce qui en fait son caractère unique. A l’époque, 80 millions d’euros, entièrement financés par la Monnaie de Paris, ont été investis. 

 

Cette exception d’un lieu à la fois industriel, patrimonial et culturel participe à l’image et au rayonnement de la Monnaie de Paris et offre un atout commercial majeur pour ses marchés en France et à l’étranger. 

 

Le site parisien de la Monnaie de Paris est d’ailleurs la dernière usine en activité au cœur de la capitale.

 

350 personnes travaillent au quotidien sur le site entre salariés et prestataires. 

 

Ces espaces imbriqués forment un ensemble cohérent. Ils sont largement interconnectés et intégralement utilisés. Le musée a été construit autour de l’usine. Les expositions, évènements et privatisations se déploient dans les salons du Palais néoclassique. Les six cours extérieures accueillent une soixantaine d’évènements annuels. Elles permettent la déambulation des publics et l’accès des camions vers l’usine. 

 

L’Hôtel des Monnaies a été pensé et créé il y a 250 ans. Il s’est transformé, il s’est « métalmorphosé », mais aujourd’hui, nous sommes un tout, tel une manufacture. Plusieurs missions sont effectuées à la Monnaie de Paris. En supprimer une, et tout le projet s’écroule.

 

En conclusion, cet édifice n’est pas juste le siège social de la Monnaie de Paris. C’EST la Monnaie, au sens propre comme au sens figuré. Pourquoi le mettre en péril ?

 

 

2.   Musée et lieu culturel :

A l’intérieur, on y trouve entremêlés des ateliers d’art et de production industrielle, un musée labellisé « musée de France », des salons d’exposition, une boutique et deux restaurants, dont le restaurant étoilé Guy Savoy. 

 

C’est un lieu vivant ouvert sur la ville, où se déploie un large programme culturel et éducatif visant à mettre en partage son patrimoine matériel et immatériel pour tous les publics, notamment à travers la découverte et la transmission des métiers d’art et des savoir-faire. 

Sont ainsi organisés des expositions temporaires, visites, activités et évènements, régulièrement en partenariat avec d’autres acteurs culturels comme le Centre Georges Pompidou, le festival Jazz à Saint Germain, le festival Paris l’Eté, Radio France, le conservatoire du 6ème arrondissement, les écoles d’art et de design, l’Académie des beaux-arts. La programmation porte sur des sujets d’actualité, de société ou innovants, et soutient la création contemporaine. Le site a accueilli 163 000 visiteurs en 2023.

Une place centrale est donnée à la transmission avec l’accueil régulier de classes de tous niveaux et des projets d’éducation artistique et culturelle, traduits par la signature de conventions avec les ministères de l’Education nationale et de la Culture. 

Il s’agit également de promouvoir une destination de tourisme de savoir-faire et industriel, et de soutenir ainsi deux axes importants de la politique gouvernementale : l’industrialisation (dernière usine en activité dans la capitale), et la stratégie nationale en faveur des métiers d’art (la Monnaie de Paris est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant). 

Le programme culturel de la Monnaie de Paris ne bénéficie d’aucune subvention publique et s’autofinance intégralement avec ses ressources propres (billetterie, location d’espaces et concessions de restauration). En cela, c’est un modèle d’équilibre unique dans le panorama des institutions culturelles. 

En conclusion, le site situé au 11 quai de Conti est déjà un site culturel. Et qui fonctionne. Et qui ne coute rien. Petit rappel pour Madame La Ministre Rachida Dati, pourquoi vouloir le remplacer par un autre projet, quel qu’il soit ? Nous sommes déjà un lieu de culture. Aidez-nous à le développer, à le valoriser. Pas à le fermer.

 

 

3.   Conséquences pour la Monnaie de Paris :

Il n’existe pas d’espace disponible à la Monnaie de Paris pour accueillir un autre établissement public. Cela remettrait profondément en cause l’assemblage complexe des espaces et des activités culturelles, industrielles et commerciales sur le site, tout comme l’équilibre économique et la trajectoire du plan stratégique. 

Les espaces occupés seraient à court terme les grands salons historiques et des bureaux de l’aile Est du palais. Cette occupation remet directement en question le développement culturel de la Monnaie de Paris. 

Une co-activité entre deux établissements publics, qui n’ont aucune synergie commune, créera incontestablement une confusion sur le lieu et son identité pour les publics et partenaires respectifs des deux institutions. Quel est le rapport entre ce projet et la Monnaie de Paris ? Aucun. 

Il faudra également des bureaux pour ce nouveau projet. Ou s’installeront alors les salariés qui y sont actuellement installés et qui y travaillent ? Qui financera le déménagement, les frais de location d’autres bureaux ? Nous n’avons pas cette capacité financière.  

A terme, le développement du projet pourrait même conduire à une plus large utilisation de tout ou partie des espaces de la Monnaie de Paris. De ce fait, cette implantation fait craindre un plan social pour les salariés qui n’auraient plus d’activité dans l’entreprise et une délocalisation partielle voire complète de l’activité parisienne de la Monnaie de Paris. 

 

En conclusion, ce n’est pas le tout de vouloir installer un projet sans aucun point commun d’ailleurs avec notre ADN. Qui va financer les coûts que devra subir le budget de la Monnaie de Paris. Et tout cela en pleine restriction budgétaire, quelle gabegie !

 

Merci pour votre participation.

 

Pétition initiée par la CFE-CGC, l'un des syndicats de la Monnaie de Paris.

Pour toute information complémentaire, vous pouvez vous adresser à Rodolphe KREMPP (portable 06 76 12 52 59 ou cfe-cgc@monnaiedeparis.fr)

Crédits photo : © vikscy (Vicky Pozzobon)

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Rodolphe KREMPPLanceur de pétition

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