Adressée à Madame la ministre, Muriel Pénicaud

Suppression des Contrats Aidés, c'est la fin des Associations !

39 911
signataires

Nous sommes co-présidents de l'association LieU'topie à Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme. Aujourd'hui, notre association voit sa survie être mis en péril par la possible suppression des Contrats Aidés (CUI-CAE) d'ici la fin de l'année. Pour nous, cela ne représente que deux personnes salariées mais à l'échelle Nationale ce sont 293 000 emplois qui sont menacés !

La conjoncture économique et sociale de ce début de mandat présidentiel d’Emmanuel Macron s’annonce catastrophique pour les associations. Après une réduction des aides aux associations de la part des conseils régionaux, c’est au tour de l’État de venir ajouter sa part de coupes budgétaires.

Cette semaine, madame la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, vient d’annoncer la suppression possible des contrats aidés, CUI-CAE, d’ici la fin de l’année. Pour l’instant toutes les personnes non contractualisées avant le 9 Août 2017 voient leurs possibilités d’embauches retoquées par l’agence pour l’emploi et les employeurs ne peuvent plus faire de demandes d’ouverture de dossier.

La redistribution de la richesse nationale auprès des structures d’intérêt collectif et général semble à son crépuscule. Les conséquences s’annoncent désastreuses...

Les associations sont en effet des actrices incontournables de la solidarité, de la culture, et de l’environnement. Elles ont une identité citoyenne et solidaire qui n’a pas vocation à développer un modèle économique basé sur la rentabilité marchande dans un marché concurrentiel. L’émancipation individuelle et collective, l’épanouissement et le bien être, une économie plus solidaire et démocratique… Ces enjeux ne peuvent pas être sacrifiés sur l’autel du libéralisme économique.

Mme la ministre justifie dans une interview cette semaine que selon elle, les contrats aidés « ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage » et « qu’ils ne sont pas un tremplin pour l’insertion professionnelle ».

En tant que structure pilote de l’Economie Sociale et Solidaire nous ne pouvons nous résigner à imaginer que l’économie devrait se résumer au marché concurrentiel. L’économie englobe l’ensemble des activités de production, de distribution, et de consommations des richesses. L’hégémonie du modèle néolibéral n’est pas compatible avec la solidarité, la citoyenneté et le respect de l’environnement.

Aussi, si nous continuons en ce sens, les associations se verront obligées de faire un choix : mourir, ou se tourner unilatéralement vers l’économie de marché pour se financer.

Quel que soit leur choix, mourir ou faire évoluer leur modèle économique, le résultat sera le même : la destruction d’un modèle de société citoyenne, solidaire, et démocratique, au profit d’une société de l’individualisme, de la concurrence et de l’instrumental.

A travers cette mesure, les associations ne sont malheureusement pas les seules à subir cette asphyxie économique mais les établissements d’enseignements et les collectivités locales en prennent leur part car ces deux secteurs portent environs 40% de ces contrats (*source DARES, direction de l’animation de la recherche, des études et statistiques). Au total cette année 293 000 emplois sont concernés, auquel nous pouvons ajouter ceux en cours de création et ceux à venir pour l’année 2018.

Aujourd’hui, notre indignation dépasse la question de l’emploi. Nous voulons alerter ici les pouvoirs publics quant aux hommes et aux femmes qui sont contractualisés dans ces conditions, qui ont retrouvé l’accès à un emploi, une formation en continue rémunérée et la possibilité pour des petites structures de créer des postes adaptés à leurs besoins.

Au nom des activités économiques d’intérêt collectif et général que nous faisons vivre quotidiennement, au nom de la redistribution des richesses et de la justice sociale, valeurs ancrées au cœur de notre république Française, nous demandons que ce dispositif soit maintenu pour que les structures associatives puissent continuer d’assurer leurs missions d’intérêt général.

Jean-Baptiste Pegeon et Geoffrey Volat, co-présidents de l'association LieU'topie

Cette pétition sera remise à:
  • Madame la ministre, Muriel Pénicaud

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