Non à l’élevage intensif de cochons à Plouasne (Côtes-d’Armor)

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Les associations L214 et Halte aux Marées Vertes s'opposent au projet d’extension d’un élevage intensif de cochons, en préparation à Plouasne, dans les Côtes-d'Armor.

Si ce projet voit le jour, chaque année, 6 240 porcelets y seront engraissés. 

Les conséquences de ce projet seraient désastreuses à plusieurs niveaux.

Ce projet soulève des questions quant aux conditions de vie des animaux.

Dans ce type d’élevage, faute de stimulation et de suffisamment d’espace, les cochons développent des troubles du comportement : agressions (combats), caudophagie (morsure des queues des congénères), morsure des oreilles des congénères, ou encore stéréotypies (mouvements répétitifs pathologiques).

Pour limiter les conséquences de ces agressions dues aux conditions d’élevage inadaptées, les porcelets font l’objet de deux types de mutilations dès leur plus jeune âge : meulage des dents et  coupe des queues. Ces opérations, réalisées le plus souvent sans anesthésie, causent des douleurs avérées aux cochons. 

Par ailleurs, la majorité des porcelets mâles font encore l’objet d’une castration à vif, mutilation qui cause elle aussi de vives douleurs.

Les cochons élevés sur caillebotis, au-dessus de leurs excréments, vivent dans des bâtiments nus et une atmosphère chargée en ammoniac. Les dimensions des enclos les condamnent à l’enfermement dans des espaces extrêmement restreints. Leurs besoins fondamentaux, comme l’exploration, la recherche de nourriture, la pratique d’activités variées, ne sont en aucune façon respectés. 

Ces animaux ne sortent que pour partir à l'abattoir.

Cet élevage serait en totale contradiction avec l’article L214-1 du Code rural qui précise que « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». 

Ce projet soulève des problèmes sanitaires et environnementaux.

L’élevage est en soi un facteur de risque pour la santé humaine. Le nombre important d’animaux élevés en confinement, dotés d’une variabilité génétique très pauvre, crée les conditions idéales pour l’émergence et la propagation de nouveaux pathogènes. 

Comme les élevages intensifs sont propices à l’apparition et au développement de maladies infectieuses, les éleveurs sont contraints de distribuer des quantités importantes d’antibiotiques aux animaux pour prévenir et traiter les maladies. Cet usage massif contribue grandement au développement de souches bactériennes résistantes.

En raison des énormes quantités de lisier produites, les élevages de cochons sont de gros émetteurs d’ammoniac.

L'ammoniac émis dans l'atmosphère réagit avec des gaz acides et se transforme en ammonium, qui peut se déposer très loin du lieu d'émission. Ces retombées conduisent à l’acidification des sols. Une concentration élevée d'ammonium acidifie également l'eau des rivières et peut aboutir à la prolifération d’algues et à la disparition progressive d’autres plantes aquatiques et des poissons.

L’impact environnemental des élevages intensifs est donc conséquent et aujourd’hui bien documenté : pollution de la terre, de l’eau et des nappes phréatiques, de l’air… Ce modèle d’élevage contribue aux émissions de gaz à effet de serre, de nitrates, à la déforestation (causée majoritairement par la culture d’aliments à destination des animaux d’élevages intensifs). 

Ce projet soulève des problèmes économiques et sociaux

Ceux qui travaillent dans ce type d’élevage sont exposés à des conditions de travail souvent difficiles, avec de faibles revenus. 

En 2017, en France, où le modèle de l’élevage intensif est majoritaire, 22 % des agriculteurs vivaient sous le seuil de pauvreté et près de 20 % des agriculteurs français n’ont pas pu se verser un revenu. L’endettement moyen est de 431 400 € pour les élevages de cochons. Chez les agriculteurs, le risque de suicide est trois fois plus élevé pour les hommes et deux fois plus élevé pour les femmes que dans les autres professions.

Deux tiers des terres agricoles dans le monde sont consacrées à l’élevage ou à la production d’aliments pour le bétail, alors que près de 800 millions d’humains souffrent de malnutrition. La production de viande contribue à l’insécurité alimentaire des êtres humains les plus pauvres de la planète.

Au niveau local, en plus de la pollution des eaux et des sols, causée par les épandages et le stockage des effluents, les émissions d’odeurs et de poussières ainsi que le bruit (ventilations, camions…) représenteront de véritables nuisances pour les riverains.

Ce projet va à l’encontre de la volonté sociétale puisque 88 % des Français se disent opposés à l’élevage intensif.

Pour toutes ces raisons, je vous demande, monsieur le Préfet, de ne pas donner une réponse favorable à ce projet.