

À Paris, comme partout en France, le non-remplacement des enseignants absents constitue une source majeure de mécontentement pour les familles. Il s’agit d’un manquement manifeste au principe de continuité du service public d’éducation.
La justice administrative l’a d’ailleurs reconnu : elle accède de plus en plus fréquemment aux demandes des parents d’élèves contestant l’absence de remplacement des enseignants. (notamment via la plate-forme de signalement de la FCPE OUYAPASCOYURS)
Le non-remplacement des enseignant.e.s dans l’académie de Paris constitue également un point d'alerte majeur pour la FCPE Paris, alors même que le rectorat annonce de nouvelles suppressions massives de postes dans le premier comme dans le second degré à la rentrée 2026.
En juin 2025, le Sénateur Olivier PACCAUD[1] a rendu un utile rapport d’information intitulé « Des enseignants de plus en plus irremplaçables : une politique à revoir ».
Son diagnostic est incontestable : le nombre d’absences non remplacées a augmenté de 49 % dans le premier degré et de 93,2 % dans le second degré entre 2018 et 2024.
En raison des absences non remplacées des enseignants, une classe perd en moyenne 4,3 % de temps scolaire
Dont :
- 2,2 % dans le premier degré
- 7,4 % dans le second degré
Si les difficultés de remplacement varient selon les territoires, elles demeurent particulièrement préoccupantes dans l’académie de Paris.
Ainsi :
- Dans le premier degré, le taux d’efficacité du remplacement est inférieur à la moyenne nationale, avec seulement 70 % à Paris, contre 78 % en moyenne dans les académies franciliennes ;
- Dans le second degré, le taux d’efficacité du remplacement des absences de courte et longue durée reste également insuffisant dans l’académie de Paris.
Lors du prochain CDEN de Paris, ses membres doivent pouvoir disposer d’un état des lieux précis du volume d’heures de cours non assurées en 2025 ainsi que du nombre d’élèves impactés, par classe et par discipline, en raison du non-remplacement des enseignants absents.
Ces données existent : elles ont été transmises au sénateur Olivier Paccaud dans le cadre de ses travaux pour l’année 2024. Elles doivent désormais être rendues publiques en toute transparence.
La FCPE Paris partage pleinement la recommandation formulée dans ce rapport selon laquelle : « La baisse démographique des effectifs dans les écoles parisiennes doit conduire à ce qu’une partie des enseignants ainsi libérés puissent se consacrer à des missions de remplacement. »
Pour la FCPE Paris, la baisse démographique ne peut pas servir uniquement de prétexte à supprimer des postes. Elle doit aussi être l’occasion de mieux répondre aux besoins du service public, en renforçant enfin les capacités de remplacement au bénéfice direct des élèves.
Rapport d'information n° 730 (2024-2025), déposé le 11 juin 2025