Nils DOLLFUS-DONATIFrance
Jan 30, 2022

Chers signataires, chers pétitionnaires, vous avez sans doute entendu les dernières annonces du Ministre de l'Education nationale sur le report des épreuves de spécialités de terminales en mai. J'ai reçu cette nouvelle de manière paradoxale, entre soulagement d'un côté, et déception de l'autre. 

Soulagement parce qu'il est évident que bon nombre d'élèves français, quel que soit leur lycée d'origine, n'aurait pas pu terminer le programme sereinement. Je parle en connaissance de cause, ayant dû moi-même prendre de l'avance sur le programme de mes spécialités, notamment sur celui d'Humanités, littérature et philosophie (HLP), un programme prévu pour deux semestres mais à terminer en un peu plus de 5 mois (cherchez la logique). Le report des épreuves, au vu des mécontentements des organisations syndicales de professeurs, des fédérations de parents d'élèves, des "syndicats lycéens", s'imposait donc comme un acte de bon sens. 

Mais déception tout de même. Déception puisque cela signifie que ces deux épreuves de spécialités, censées être les derniers vestiges d'un BAC national, n'entreront pas dans les dossiers des lycéens sur Parcoursup. Le risque, je suis persuadé que vous le voyez venir. Celui contre lequel nous nous battons, à travers cette démarche citoyenne depuis maintenant plus de deux mois. Ce risque, qui ne relève pas d'un simple fantasme mais bien de rapports administratifs, d'enquêtes journalistiques, de témoignages d'ex-lycéens : c'est celui du spectre de la discrimination territoriale.  L'édition Parcoursup 2021, qui appartient désormais à l'histoire, nous a montré à quel point la suppression d'une équité nationale, garantie par les épreuves, était synonyme de danger pour les lycéens de France rurale et Périphérique. Au contraire, bien au chaud, les lycéens d'établissements privilégiés de Paris, de Lyon, de Strasbourg, attendent leur ticket gratuit pour les formations d'excellence de la République. 

Est-ce cela que vous voulez ? Moi non ! Parce que je pense que le nom d'un établissement ne saurait se substituer au nom d'un élève, et que les formations sélectives devraient être accessibles à toutes et tous en fonction du mérite personnel, qui devrait représenter la principale boussole des jurys lors de l'examen des candidatures. 

Le temps nous est des plus favorables : saisissons l'occasion, ne regardons pas béats le train passer. J'ai transmis la pétition à tous les présidents de groupe politique à l'Assemblée nationale, qu'importe leur bord. Je prévois d'en faire faire de même pour le Sénat. 

Merci beaucoup pour vos soutiens qui nous sont capitaux, surtout lors de cette période où nous en avons grandement besoin.

Sincèrement vôtre, 

Nils Dollfus-Donati, Vice-président du Conseil de la Vie lycéenne au Lycée Jean Michel à Lons-le-Saunier (Jura). 

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