Petition update

Statement of the Black, Indigenous and People of Colour (BIPOC) Professors and Librarians Caucus at

Baljit Nagra
Ottawa, Canada

Dec 5, 2020 — 

Déclaration du caucus des professeur.e.s et bibliothécaires Noir.e.s, Autochtones et  Racisé.e.s de l'Université d'Ottawa au sujet de la création d’un nouveau comité  d’antiracisme par l’Université 

* English version follows 

Le Caucus des professeur.e.s et bibliothécaires Noir.e.s, Autochtones et Racisé.e.s (NAR  ou BIPOC) de l'Université d'Ottawa est solidaire des étudiants autochtones et Noir.e.s qui  continuent de faire face aux effets les plus néfastes de la suprématie blanche sur notre  campus. Les luttes contre le racisme et la décolonisation sont profondément  interdépendantes et doivent être la plus haute priorité de notre administration  universitaire. 

Le Caucus remet en question la nécessité d'un autre comité sur le racisme systémique sur  le campus, alors qu'il existe déjà une abondante littérature et une connaissance approfondie sur ces questions. Nous craignons que le comité ne soit qu’un moyen d’éviter  ou de retarder la mise en œuvre des nombreuses recommandations contenues dans les  propres rapports de l’Université ainsi que dans celles proposées par les communautés  Noires, Autochtones et Racisées (NAR ou BIPOC) . Les communautés BIPOC sont épuisées  par les comités, les discussions, les retards et les nombreuses façons dont notre travail et  notre temps sont exploités de manière à ce que l'Université puisse créer une image de  soutien au travail antiraciste par des actes performatifs. 

L'Université d'Ottawa n'a pas besoin d'un comité antiracisme supplémentaire. Elle a  plutôt besoin que l'administration universitaire investisse le temps, l'argent et les  ressources nécessaires pour apporter un réel changement structurel. Cette déclaration  n'est pas une critique des individus qui choisissent d'être impliqués dans le nouveau  comité antiracisme, mais une critique de l'administration universitaire et de son inaction  depuis trop longtemps. 

Pour de nombreuses raisons, le Caucus du BIPOC refuse l'invitation à participer au  nouveau Comité d'action de l'Université d'Ottawa sur la lutte contre le racisme et  l'inclusion nouvellement formé. Nous remettons en question la légitimité de ce nouveau  comité antiracisme et la dissolution de l'ancien comité antiracisme pour les raisons  suivantes. 

• Premièrement, et la création et la dissolution des comités ont été effectuées sans  consultation avec nous ou, à notre connaissance, avec quiconque de la  communauté du BIPOC. L'exécutif de l'université et l'administration centrale, y  compris le bureau des droits de la personne, ont pris des mesures unilatérales  pour déterminer le mandat de ce nouveau comité, le président, la composition et 

la composition du comité sans consulter ceux et celles que le racisme affecte le  plus. 

• Deuxièmement, la critique selon laquelle l'ancien comité n'était pas suffisamment  orienté vers l'action repose sur la responsabilité de la direction de l'université.  Celle-ci a pendant des mois refusé de faire du premier comité un comité d'action  et l’a finalement dissous en réponse à cette demande. En fin de compte, la  responsabilité devrait être assumée par les hauts dirigeants de l’Université et non  sur ceux et celles qui se sont engagé.e.s avec l'ancien comité. L'absence de  changements substantiels à l'université signale le manque d'engagement, de  ressources et d'action de celles et ceux qui ont le pouvoir d'instaurer les  changements concrets préconisés depuis longtemps par les communautés BIPOC. Aussi, les étudiant.e.s et professeur.e.s BIPOC qui avaient siégé sur l’ancien comité  ont passé de nombreuses heures à parler de leurs expériences, à donner leur  travail et leurs connaissances gratuitement, et à s'engager pleinement dans un  comité qui finalement n’a rien donné. Nous sommes troublé.e.s non seulement  par le traumatisme qui a été infligé aux membres du BIPOC, mais aussi par la façon  dont leurs idées et leurs recommandations ont été ignorées, mises de côté sinon rejetées. Lors d'un événement sur le racisme anti-noir qui a eu lieu la fin de  semaine dernière, les étudiant.e.s ont décrit leurs expériences négatives de faire  partie du premier comité antiracisme. 

• Troisièmement, nous estimons que le temps est venu de mettre en œuvre des  changements structurels. La création d'un nouveau comité retarde la mise en  œuvre des changements structurels qui, selon nous, doivent impérativement être  entrepris le plus rapidement possible. Ce que veulent les communautés du BIPOC  n'est un secret pour personne, et les bonnes pratiques de lutte contre le racisme  dans les universités existent déjà. Nous renvoyons la direction de l'université aux  nombreuses excellentes recommandations qui ont été laborieusement préparées  dans d'innombrables rapports qui ont été «bien reçus» et rapidement ignorés, y  compris leurs propres rapports internes, les recommandations faites par notre  propre caucus et les leaders étudiant.e.s sur notre campus , ainsi que la Fédération  canadienne des étudiant.e.s. Bon nombre de ces recommandations sont les  mêmes, se chevauchent et se complètent. Ces recommandations fournissent des  stratégies bien connues pour lutter contre le racisme dans les universités, en  attente d'être mises en œuvre par notre administration universitaire. 

Par exemple, nous vous prions de vous référer à ce qui suit: 

• Canadian Federation of Students Final Report of the Task Force on Campus  Racism; 

• October 2020 Recommendations by the BIPOC Caucus to Address Systemic  Racist at the University of Ottawa; 

• University of Ottawa Students’ Union President Calls for Action following  Multiple Racist Incidents on Campus;

• Open Letter to the Office of President Jacques Frémont from the UOSU,  BLSA, OPIRG, CUPE 2626, WISE & 16 student governments; 

• Letter from the Black, Indigenous, and People of Colour (BIPOC) Caucus of  the Association of Professors of the University of Ottawa; 

• The APUO-University of Ottawa Committee on Equity, Diversity and  Inclusion (EDIC) 2019-2020 Equity, Diversity and Inclusion Committee  (EDIC) Report; 

• The APUO-University of Ottawa Committee on Equity, Diversity and  Inclusion (EDIC) 2018-2019 Report of the Equity, Diversity and Inclusion  Committee (EDIC) Report 

• Quatrièmement, ce nouveau comité proposé lui-même reproduit le dommage  causé aux professeur.e.s, au personnel et aux étudiant.e.s BIPOC. Entre autres  choses, ce comité nouvellement formé charge les personnes Noires, Autochtones  et Racisées d'assumer un important travail non rémunéré qui devrait être effectué  par du personnel à plein temps dans un bureau de lutte contre le racisme. Les  tâches décrites par l’annonce de ce comité exposent les personnes Noires,  Autochtones et Racisées qui s’y engageraient à une important surcharge de travail  et à des risques d'épuisement professionnel. Ce comité reproduit le modèle de  faire tourner en rond les communautés BIPOC, de voir leur charge de travail  considérablement augmentée ainsi que leur travail approprié, et ce, seulement pour que leurs recommandations soient, non seulement subséquemment  ignorées, mais aussi discréditées lorsqu’elles demandent à leurs institutions de lutter contre le racisme systémique. 

• Cinquièmement, quand était venu le temps de mettre en œuvre une politique sur  le harcèlement sexuel (politique 67) pour prévenir les violences sexuelles,  l'université n'a pas eu besoin de multiples comités, ou d’une collecte  supplémentaire de données, ou encore un forum où les survivant.e.s de  harcèlement sexuel ont dû partager leurs histoires douloureuses, et réactivant  ainsi le traumatisme. Pour les mêmes raisons, nous demandons à l’Université de  prendre le racisme avec autant de sérieux et d’agir rapidement pour mettre en  œuvre une politique antiracisme. 

Enfin, Le Caucus des professeur.e.s et bibliothécaires Noir.e.s, Autochtones et Racisé.e.s  est pleinement engagé à travailler avec l'Université, mais non par l’entremise de ce  nouveau comité. Des changements structurels sont irrémédiablement nécessaires à  l'Université pour combattre le racisme systémique. Le caucus BIPOC est disposé à  coopérer avec l'administration universitaire pour mettre en œuvre des changements  structurels spécifiques en vue de faire progresser la l’antiracisme. Il est temps pour  l'Université de démontrer qu'elle est déterminée à faire ce travail. 

Nous appelons l'Université à s'engager immédiatement à mettre en œuvre les éléments  suivants:

1. Créer une politique officielle de lutte contre le racisme à l'échelle de l'Université  avec des lignes directrices concrètes, des principes des BIPOC (comme la justice  réparatrice) et des mesures de responsabilisation. Cette politique doit  spécifiquement s'appuyer sur les documents susmentionnés et le travail accompli  à ce jour par les membres de la communauté du BIPOC ayant des connaissances  antiracistes et une expérience vécue du racisme, plutôt que de remplacer et de  contredire leur important travail. 

2. Embaucher un responsable de la lutte contre le racisme du BIPOC au niveau  exécutif, avec ses propres fonds et personnel. Cette personne relèverait  directement du Conseil des gouverneurs. Le premier mandat de cet exécutif serait  de mettre sur pied un bureau de lutte contre le racisme doté de ressources  suffisantes et d'un effectif complet, doté d'un conseiller juridique indépendant à  l'Université d'Ottawa. Le responsable exécutif et le personnel du bureau de lutte  contre le racisme devraient démontrer leur engagement à travailler avec les  communautés et les personnes Noir.e.s, Autochtones et Racisé.e.s sur le campus,  et être considérés comme légitimes par celles-ci. 

3. Les personnes qui dirigent le travail antiraciste à l'Université devraient être issues  des communautés Noires, Autochtones et Racisées, avec des connaissances  antiracistes et une expérience vécue du racisme et de la lutte et de l'organisation  et des luttes antiracistes. L’Exécutif antiraciste devrait diriger ce travail. 

4. Que l’Université s’engage à embaucher 15 professeur.e.s Noir.e.s dans des  domaines tels que la lutte contre le racisme anti-Noir.e.s, les études carcérales  critiques noires, l'histoire des Noir.e.s, le féminisme noir, les études sur la diaspora  noire, la culture populaire noire, l'esthétique culturelle des Noir.e.s, les jeunes  filles noires et les enjeux en santé des Noir.e.s et en études juridiques critiques  noires. Il faudrait envisager la mobilité ascendante de ces professeur.e.s et de tous  les autres professeur.e.s BIPOC vers des postes d’administration universitaire. De  plus, une embauche groupée ne remplace pas la nécessité de réformer les  pratiques d'embauche, lesquelles doivent être effectuées simultanément. 

5. S'engager à fournir des rapports annuels publics sur les progrès de l'Université  dans la mise en œuvre des initiatives de lutte contre le racisme. 

6. Développer une formation antiraciste obligatoire pour tous les professeur.e.s et  le personnel, ainsi que pour l'administration et la direction de l'Université. 7. S'engager à entreprendre l’élaboration d’un plan pour dissoudre les services de  protection et les services de sécurité privés et à remplacer ces fonctions par un  nouveau système de sécurité du campus qui n'est pas ancré dans le modèle  carcéral. Les étudiants Noir.e.s, Autochtones et d'autres minorités racialisées sur  notre campus ont parlé avec force des pratiques de profilage racial par les services  de sécurité universitaires et privés et de l'impact du profilage racial sur le bien être et la sécurité des étudiant.e.s. L'Université doit répondre à ce problème de  toute urgence.

Statement of the Black, Indigenous and People of Colour (BIPOC) Professors and Librarians Caucus at the University of Ottawa on the Creation of  The New Antiracism Committee 

The BIPOC Caucus stands in solidarity with Indigenous and Black Students who  continue to face the most harmful effects of white supremacy on our campus. Anti-racism  and decolonization struggles are deeply interconnected and need to be the top priority of  our university administration. 

The BIPOC Caucus questions the need for another committee on systemic racism on  campus, when there is so much literature and knowledge on these issues. We are  concerned the committee is a means to avoid or to delay implementing the many  recommendations contained in the University’s own reports as well as those proposed by  BIPOC communities. BIPOC communities are exhausted with committees, discussions,  delays and the many ways our labour and time are exploited so that the University can  create an image of supporting anti-racist work through performative acts. 

The University of Ottawa does not need an Anti-Racism Committee. It needs university  administration to invest the time, money and resources that are needed to bring real  structural change. This statement is not a critique of any individuals who choose to be  involved in the new committee but a criticism of the university administration and its  inaction for too long. 

For many reasons, the BIPOC Caucus declines the invitation to participate in the newly formed University of Ottawa Action Committee on Anti-Racism and Inclusion. We  question the legitimacy of this new anti-racist committee and the dissolution of the old  anti-racism committee for the following reasons. 

• First, the creation of and the dissolution of the committees were done without  consultation with us or, to our knowledge, with anyone in the BIPOC community.  The university executive and central administration, including the Human Rights  Office, have taken unilateral action on determining the mandate of this new  committee, the chair, and the composition and membership of the committee  without consulting those it affects the most.  

• Second, the criticism that the old committee was not sufficiently action-oriented  rests with the university leadership, who for months refused to make the first  committee an action committee and eventually dissolved the committee in  response to this precise demand. Ultimately, responsibility should be borne by the  university’s leadership and not on those that engaged with the old committee. The  lack of substantive change at the university points to the lack of commitment,  resources and action on those that have the power to institute the concrete changes  long advocated for by BIPOC communities. BIPOC faculty, staff and students  spent numerous hours speaking about their experiences, giving their free labour and knowledge, and fully engaging in a committee that ultimately came to  nothing. We are disturbed by not only the trauma that was inflicted onto BIPOC,  but how their ideas and recommendations were ignored, set aside and otherwise  discarded. In an event on anti-black racism that took place this past weekend at  the university, students outlined their negative experiences of being a part of the  first anti-racism committee. 

• Third, we believe the time has come for implementing structural changes.  Instituting a new committee delays the implementation of structural changes we  believe need to be undertaken as soon as possible. What BIPOC communities  want is not a secret and well-known practices of how to combat racism at  universities already exist. We refer to the leadership of the university to the many  excellent recommendations that have been laboriously prepared in countless  reports that have been “well received” and promptly ignored, including their own  internal reports, the recommendations made by our own caucus and student  leaders on our campus, as well as the Canadian Federation of Students. Many of  these recommendations are the same, overlap and supplement one another. These  recommendations provide well-known strategies for how to combat racism at  universities, waiting to be implemented by our university administration. For  example, please refer to the following: 

• Canadian Federation of Students Final Report of the Task Force on Campus  Racism; 

• October 2020 Recommendations by the BIPOC Caucus to Address Systemic  Racist at the University of Ottawa; 

• University of Ottawa Students’ Union President Calls for Action following  Multiple Racist Incidents on Campus; 

• Open Letter to the Office of President Jacques Frémont from the UOSU,  BLSA, OPIRG, CUPE 2626, WISE & 16 student governments; 

• Letter from the Black, Indigenous, and People of Colour (BIPOC) Caucus of  the Association of Professors of the University of Ottawa; 

• The APUO-University of Ottawa Committee on Equity, Diversity and  Inclusion (EDIC) 2019-2020 Equity, Diversity and Inclusion Committee  (EDIC) Report; 

• The APUO-University of Ottawa Committee on Equity, Diversity and  Inclusion (EDIC) 2018-2019 Report of the Equity, Diversity and Inclusion  Committee (EDIC) Report 

• Fourth, this proposed new committee itself reproduces harm to BIPOC professors,  staff and students. Among other things, it tasks BIPOC, to take on extensive  unpaid work that needs to be done by full-time staff in an anti-racism office. The  tasks assigned to this committee expose BIPOC involved to a significant work  overload and the risk of professionally burning out. This committee continues the  pattern of making BIPOC communities run around in circles, have their  workloads substantially increased, and their work appropriated, only to have their recommendations eventually not only ignored but also discredited, when they call  on their institutions to combat systemic racism. 

• Fifth, when it came time to implement a policy on sexual harassment (policy 67)  to prevent sexual violence, the university did not require multiple committees or  the collection of more data or a Town Hall where survivors of sexual harassment  had to share their painful stories, reactivating trauma. By the same token, we ask  the University to take racism as seriously and act quickly to implement an anti racism policy. 

Finally, the BIPOC Caucus is fully committed to working with the university but  not through this new committee. Structural changes are desperately needed at the  university to combat systemic racism. The caucus is willing to collaborate with the  university administration on implementing specific structural changes to advance  anti-racism. It is time for the university to demonstrate that it is committed to doing  this work. 

We call on the university to immediately commit to implementing the following:

1. Create a university-wide official policy on anti-racism with concrete  guidelines, BIPOC-led principles (such as restorative justice), and  accountability measures. This policy must specifically build upon the  above-mentioned documents and work completed to date by BIPOC  community members with anti-racist knowledge and lived experience with  racism, rather than replacing and contradicting their important work.  

2. Hire a BIPOC Anti-Racism Officer at the executive level, with their own  funds and staff. This person would report directly to the Board of  Governors. The first mandate of this executive would be to establish a  well resourced and fully staffed Anti-Racism Office that has independent  legal counsel at the University of Ottawa. The executive officer and the  staff in the anti-racism office should demonstrate a commitment to  working with BIPOC communities on campus and be seen as legitimate  by them. 

3. The people leading anti-racist work at the University should be from  BIPOC communities, with anti-racist knowledge and lived experience  with racism and anti-racist struggle and organizing. The Anti-Racism  Executive should lead such work. 

4. Commit to a cluster hire of 15 Black professors in areas such as Anti Black Racism, Black Critical Carceral Studies, Black History, Black  Feminism, Black Diaspora Studies, Black Popular Culture, Black Cultural  Aesthetics, Black Girlhoods and Black Health Issues, Black Critical Legal  Studies. Consideration should be given to the upward mobility of these  and all other BIPOC professors into university administration positions.  Also, a cluster hire does not replace the need to reform hiring practices,  which must be done simultaneously. 

5. Commit to deliver public annual reports on the University’s progress in  implementing anti-racism initiatives.

6. Develop mandatory anti-racist education for all faculty and staff, as well  as for university administration and leadership. 

7. Commit to begin developing a plan to disband Protection Services and  private security services and replace these functions with a new campus  safety system that is not rooted in the carceral model. Black, Indigenous  and other racialized minority students on our campus have spoken  powerfully about practices of racial profiling by university and private  security services and the impact of racial profiling on student well-being  and safety. The university must respond to this issue with urgency.


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