Soutien et assistance de l'Ordre à Me Alexis Deswaef
Soutien et assistance de l'Ordre à Me Alexis Deswaef
The Issue
Madame la Bâtonnière,
J’ai lu votre édito dans la lettre du Barreau de ce jour. La lecture de celui-ci m’a laissé un sentiment désagréable qui ne se dissipe pas. Je fais donc le choix de vous répondre et de le faire sous le format de cette lettre ouverte, parce que je crois qu'elle nous concerne tous.
Je ne vous réponds pas pour polémiquer, pas pour exciter l’opinion des uns et des autres, mais parce que je suis animé de la conviction la plus profonde que nous trahissons qui nous sommes si nous ne nous indignons pas lorsque le droit et la justice sont attaqués.
La situation de conflit en Palestine et en Israël est complexe, personne n’osera prétendre le contraire. Je crois pourtant que la situation de notre confrère Alexis Deswaef et celle des autres membres de la Flotilla ne relève pas du conflit politique. Elle relève du droit international, des Droits fondamentaux et de la Justice.
Comme avocat, je ne suis pas indigné par le fait que le combat politique de Me Deswaef ou l’expression de celui-ci ne soit pas partagé par tous. Cette indignation relève des conceptions philosophiques et politiques de chacun.
Aussi, je ne suis pas indigné que mon Ordre ne prenne pas position sur la légitimité de son action, son bien-fondé ou sa nécessité.
Comme avocat, je suis en revanche indigné par le fait que, des gens qui n’ont commis aucune infraction, soient arrêtés illégalement, dans les eaux internationales, en violation manifeste du droit international.
Le Droit et le respect du droit ne sont pas négociables et en ce sens, la primauté du droit est le cœur de ce que nous appelons l’État de droit.
Ce n’est pas une opinion politique, ce n’est pas un engagement militant, c’est la valeur la plus intrinsèquement liée à notre métier. C’est notre boussole morale et déontologique.
Cette indignation dépasse de très loin les inclinaisons politiques de chacun. Si nous ne sommes plus capables, comme avocats, de nous indigner du mépris du droit au détriment des individus, c’est que nous avons perdu ce qui doit nous animer. Nous nous élevons lorsqu’un être humain est exclu du droit et nous défendons pour que chacun soit traité dans le respect de ce que le droit prévoit. Jamais moins. En aucun cas, cela signifie que les avocats que nous sommes acquiescent aux actes, aux attitudes ou aux propos des justiciables que nous assistons.
Contrairement à ce que votre communication suggère, ne pas ajouter la voix de votre fonction à celles qui s’élèvent, ce n’est pas éviter les émotions et réactions contradictoires dans la société civile. Se taire, c’est prendre le risque d’accepter l’arbitraire et la force plutôt que le droit.
Nous célébrons chaque année la mémoire d’avocats qui se sont levés aux heures sombres de l’histoire pour défendre l’État de droit. Tâchons de ne pas nous contenter de célébrer les morts mais aussi de nous inquiéter du sort et du traitement des vivants.
La signature de cette lettre est ouverte aux confrères qui se retrouveront dans ces mots https://www.change.org/p/soutien-et-assistance-de-l-ordre-à-me-alexis-deswaef
Je vous prie de croire, Madame la Bâtonnière, en l’expression de mes salutations les plus déférentes et dévouées.
444
The Issue
Madame la Bâtonnière,
J’ai lu votre édito dans la lettre du Barreau de ce jour. La lecture de celui-ci m’a laissé un sentiment désagréable qui ne se dissipe pas. Je fais donc le choix de vous répondre et de le faire sous le format de cette lettre ouverte, parce que je crois qu'elle nous concerne tous.
Je ne vous réponds pas pour polémiquer, pas pour exciter l’opinion des uns et des autres, mais parce que je suis animé de la conviction la plus profonde que nous trahissons qui nous sommes si nous ne nous indignons pas lorsque le droit et la justice sont attaqués.
La situation de conflit en Palestine et en Israël est complexe, personne n’osera prétendre le contraire. Je crois pourtant que la situation de notre confrère Alexis Deswaef et celle des autres membres de la Flotilla ne relève pas du conflit politique. Elle relève du droit international, des Droits fondamentaux et de la Justice.
Comme avocat, je ne suis pas indigné par le fait que le combat politique de Me Deswaef ou l’expression de celui-ci ne soit pas partagé par tous. Cette indignation relève des conceptions philosophiques et politiques de chacun.
Aussi, je ne suis pas indigné que mon Ordre ne prenne pas position sur la légitimité de son action, son bien-fondé ou sa nécessité.
Comme avocat, je suis en revanche indigné par le fait que, des gens qui n’ont commis aucune infraction, soient arrêtés illégalement, dans les eaux internationales, en violation manifeste du droit international.
Le Droit et le respect du droit ne sont pas négociables et en ce sens, la primauté du droit est le cœur de ce que nous appelons l’État de droit.
Ce n’est pas une opinion politique, ce n’est pas un engagement militant, c’est la valeur la plus intrinsèquement liée à notre métier. C’est notre boussole morale et déontologique.
Cette indignation dépasse de très loin les inclinaisons politiques de chacun. Si nous ne sommes plus capables, comme avocats, de nous indigner du mépris du droit au détriment des individus, c’est que nous avons perdu ce qui doit nous animer. Nous nous élevons lorsqu’un être humain est exclu du droit et nous défendons pour que chacun soit traité dans le respect de ce que le droit prévoit. Jamais moins. En aucun cas, cela signifie que les avocats que nous sommes acquiescent aux actes, aux attitudes ou aux propos des justiciables que nous assistons.
Contrairement à ce que votre communication suggère, ne pas ajouter la voix de votre fonction à celles qui s’élèvent, ce n’est pas éviter les émotions et réactions contradictoires dans la société civile. Se taire, c’est prendre le risque d’accepter l’arbitraire et la force plutôt que le droit.
Nous célébrons chaque année la mémoire d’avocats qui se sont levés aux heures sombres de l’histoire pour défendre l’État de droit. Tâchons de ne pas nous contenter de célébrer les morts mais aussi de nous inquiéter du sort et du traitement des vivants.
La signature de cette lettre est ouverte aux confrères qui se retrouveront dans ces mots https://www.change.org/p/soutien-et-assistance-de-l-ordre-à-me-alexis-deswaef
Je vous prie de croire, Madame la Bâtonnière, en l’expression de mes salutations les plus déférentes et dévouées.
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Petition created on October 3, 2025