Accusé abusivement d'injures publiques pour un édito ironique où personne n'est nommé

Pétition fermée

Accusé abusivement d'injures publiques pour un édito ironique où personne n'est nommé

Cette pétition avait 534 signataires
Comité de Soutien de Christophe Goffette a lancé cette pétition adressée à Comité de Soutien de Christophe Goffette

Un procès exemplaire qu'il ne faut pas perdre : Christophe Goffette accusé abusivement d'injures publiques pour un édito ironique où personne n'est nommé

Il y a des affaires personnelles qui ont une portée universelle. Des procès dont les décisions en disent plus long sur la restriction de la liberté d’expression qui peu à peu grignote notre quotidien que bien des discours de lanceurs d’alerte. D’autant quand elles s’appuient sur une supposée injure publique, quand d’injure il n’y a trace, et qu’il s’agit tout simplement d’interdire toute critique, toute ironie, tout sarcasme, tout ce qui fait depuis des siècles l’un des charmes de la culture de ce pays.

C’est le cas de l’affaire dont il est question ici et qui touche Christophe Goffette, condamné pour un éditorial de la revue musicale Crossroads, qui date déjà de février 2009, et dans lequel, sans nommer quiconque, il épinglait avec l’humour caustique qu’on lui connaît, un ensemble de personnages, sous l’unique intitulé de « petit bonhomme rock star ». Quelqu’un se reconnaissant dans ce portrait pourtant général, l’attaqua pour injure publique. « Se reconnaissant » et non pas « reconnu », car peu d’autres l’avaient reconnu… faute de le connaître.

Au début, ce procès parut une mauvaise blague qui n’allait inspirer qu’un soupir amusé au magistrat qui en hériterait. Demander 50 000 € parce qu’on se dit injurié dans un texte où l’on n’est accusé de rien, et où son nom n’est jamais cité, présente un niveau de cocasserie certain. Mais la suite prouva que même l’absurde peut finir par se voir conforter par une institution aussi logique et rationnelle que la justice, puisque le plaignant obtint finalement, lors d’un appel cassant la décision prise en première instance, la condamnation de Christophe, qui lui coûte un montant total insensé de 15 à 20 000 euros (dommages et intérêts, article 700, constitution d’un avocat de cassation, plusieurs publications du jugement — !!!—, entiers dépens de l’instance, etc.).  Devant une telle décision qui, si elle devait être définitivement entérinée, hormis qu’elle le mettrait littéralement « à poil » comme il le dit lui-même (voir ci-après le lien vers son communiqué), permettrait pratiquement à quiconque de considérer que toute critique utilisant un trait de caractère ou physique, même si aucun nom n’est cité, peut valoir attaque pour injure publique. Pas besoin de dictature quand la loi peut, par jurisprudence, aboutir à ce que chacun puisse être votre dictateur.

Il est donc crucial de constituer ce comité de soutien à Christophe afin de montrer qu’il n’est pas seul dans ce combat, mais qu’il a derrière lui tous ceux qui veulent pouvoir user de leur droit à la critique, à la caricature, à la dérision envers ceux qu’ils pensent le mériter. Sinon, c’est un monde effrayant qui se dessine. Un monde où l’on n’osera plus rien dire, ni écrire. Situation paradoxale et d’autant plus incompréhensible quand partout sur les réseaux sociaux, les insultes ad nominem prolifèrent dans la plus parfaite impunité.

Pour cela, la dernière possibilité qui reste à Christophe est le pourvoi en cassation, un recours extraordinaire. Mais comme il n’est pas suspensif, il doit s’acquitter du montant du jugement, constituer un avocat au Conseil d’état et à la cour de cassation, soit la somme rondelette ci-dessus mentionnée et dans laquelle on trouve des dommages et intérêts dont le caractère fictif rend encore plus douloureux le paiement de cette somme.

Etre membre de ce comité et signer cette pétition, c’est non seulement apporter l’aide nécessaire à Christophe pour mener un combat qu’il se serait volontiers épargné et qui lui est imposé, mais aussi briser un mouvement néfaste et nuisible à la liberté d’expression. C’est montrer à ceux qui veulent instrumentaliser la justice pour soigner leur susceptibilité, qu’ils obtiennent l’effet inverse de ce qu’ils souhaitent. Ceci dissuadera peut être ceux qui voudraient les imiter.

 La cagnotte du comité de soutien (pour aider Christophe) : https://www.leetchi.com/c/solidarite-du-goof

Le communiqué de Christophe (pour avoir son propre point de vue) :

http://brazil3point0.com/mag/2016/06/a-poil-le-goof-communique/

Comité de soutien originel : dkelvin, Daniel Abecassis, Woody Alain, Cathy Arcangeli, Christel Bourgeois, Thierry Brioul, Thierry Busson, Eric Coubard, Sylvia Déhais, Marc Delavaud, Arnaud Delporte-Fontaine, Hervé Deplasse, Dominique Emonin, Cédric Janet, Thomas Lecuyer, Marie-Pierre Linet, Sam Lowry, Paco Mengual, Guillaume Nicolas, Stéphanie Petit, Cathy Rivington, Richard Sauvajon et Daniel Westin.

 

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