Actualización de la peticiónSoutenons le paysan Benoît Biteau ! Et demandons le règlement des primes aux agriculteurs bio !Guillaume Riou, agriculteur des Deux-Sèvres, dénonce le manque d’ambition pour l'agriculture bio
Gerard DUPINParis, Francia
5 mar 2019

Le président de la Fédération nationale d’agriculture biologique, exploitant dans les Deux-Sèvres, réagit vivement aux propos du ministre Didier Guillaume.

Les portes du 56e Salon de l’agriculture closes, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a donné une interview à l'AFP dans laquelle il évoque notamment la « transition agroécologique ».

Guillaume Riou est polyculteur-éleveur depuis seize ans dans les Deux-Sèvres. A la tête de la Fnab (Fédération nationale d’agriculture biologique) depuis avril 2018, il juge les annonces du ministre « catastrophiques et irresponsables ».
“ Un non-choix politique ” « Le ministre annonce le doublement des surfaces agricoles biologiques mais avec un “ en même temps ” qui annonce la réduction des aides à trois ans au lieu de cinq auparavant. Or, une conversion en trois ans c’est impossible, affirme l’agriculteur. Il s’agit donc d’un non-choix politique face à l’agriculture productiviste. » Son constat est sans appel : « Il va falloir qu’on s’habitue à travailler sans aides. » Or, le fait même de penser que ce serait techniquement possible révèle selon lui d’une « méconnaissance » de l’État.

« Derrière tout cela il y a une doctrine, martèle Guillaume Riou. Pour ce gouvernement, comme pour le précédent, le choix est celui d’un État qui ne doit pas intervenir. Si l’action publique ne peut rien en matière d’agriculture et d’aménagement du territoire alors je ne sais pas où l’État continuera à intervenir demain. »
Quant au doublement des surfaces d’ici à 2022, le président de la Fnab y voit une « ambition » accompagnée d’une « non-ambition budgétaire et donc d’un non-choix politique ». « Ils veulent réformer en douceur mais on n’a plus le temps de la douceur. C’est tragique pour les agriculteurs bio actuels, pour les futurs et pour les citoyens. »

Un constat que Guillaume Roux met en parallèle avec sa propre expérience au Salon de l’agriculture. Il y a passé plusieurs jours et, revenu ce dimanche sur ses terres deux-sévriennes, il en tire un bilan optimiste : « Je peux dire qu’il y a une prise de conscience collective des enjeux environnementaux. »

Son pessimisme est pourtant cultivé par les annonces gouvernementales. « Quand le ministre dit que l’agriculture biologique ne peut subvenir en quantité aux besoins alimentaires des Français, j’ai envie de lui rétorquer qu’il y a plusieurs projections agroalimentaires et scientifiques qui démontrent l’inverse, objecte-t-il.Ces études (comme celle publiée en novembre 2017 dans Nature Communications) affirment qu’il est possible de nourrir plus de 9 milliards d’humains en 2050 avec 100 % d’agriculture biologique à condition de modifier l’assiette de nos concitoyens. »

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