Ne touchez pas aux régimes autonomes de retraite

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Nous sommes avocats, hôtesses, stewards et pilotes, libéraux - médecins, paramédicaux (infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes, pédicures podologues …).

Nous sommes 700 000 professionnels qui tous les jours transportons, soignons et défendons nos concitoyens, occupés à nos missions de services dans l’intérêt du public, nous n’avons pas l’habitude de nous opposer aux réformes gouvernementales.

Aujourd’hui, le rapport Delevoye nous impose d’absorber tous nos régimes de retraites pour nous fondre dans un seul régime universel. Actuellement nos régimes de retraites sont autonomes depuis 1945 (1951 pour le personnel navigant), et ce à la demande de l’État. Pas spéciaux, autonomes. Cette réforme est une étatisation des régimes de retraites qui mettra dans les seules mains de l’État  les capacités contributives et les hauteurs des niveaux de retraite de chacun. Cela est à l’opposé de nos choix d’être professions indépendantes.

L’objectif poursuivi par cette pétition est donc le maintien des caisses autonomes de retraite.

C'est la base même de notre engagement de vie qui est foulé au pied : notre indépendance.

 

Pour ceux qui souhaitent plus d’explications:

La réforme des retraites engagée par le gouvernement prévoit la fusion de 42 régimes de retraite en un seul et la mise en œuvre d’un régime par points, dans un but annoncé d’équité.

Cette réforme aboutirait à l’absorption par le régime général des caisses autonomes de retraite des professionnels libéraux et du personnel navigant.

Or nos régimes sont:

-Autonomes : depuis plus de 60 ans, nous avons garanti et servi nos retraites sans jamais demander 1 euro aux contribuables.

-Autonomes : depuis 60 ans nous n’avons jamais réclamé l’aide ni la solidarité du régime général des salariés. Au contraire, nous contribuons chaque année à ce régime général en reversant des sommes importantes (à titre d’exemple: 80 millions d’euros versés par an par les avocats et 170 millions par les médecins).

  Cette “nationalisation” de nos régimes autonomes n’est pas neutre : elle impliquerait pour certaines de nos professions un doublement des cotisations retraite (de 14% des revenus à 28% pour une grande partie des paramédicaux, ainsi que les avocats) une baisse des pensions, et une disparition des provisions que nous avons constituées pour faire face à l’enjeu démographique.

Or, un tel alignement ne tient pas compte des différences de couverture sociale qui existent entre salarié du public, du privé et des professionnels libéraux. Les professionnels libéraux ne bénéficient ni de sécurité de l’emploi, ni d’une réelle protection sociale (absence de droits à une assurance chômage, à des congés payés, à des congés parentaux, à la limitation du temps de travail, au paiement des heures supplémentaires, délai de carence en cas de maladie de 90 jours contre 3 jours dans le privé et 1 jour dans le public)L’absence de réelle protection sociale pour les professionnels libéraux rend injuste l’application d’un taux unique de cotisation retraite.

Cette augmentation par doublement est financièrement insupportable pour de nombreux cabinets d’avocats et de paramédicaux (kinésithérapeutes, infirmiers, orthophonistes…). Elle entraînera la fermeture et la perte d'emploi des salariés de ces cabinets. Les conséquences seront la désagrégation de l’offre des professionnels libéraux sur l’ensemble du territoire, l'augmentation du chômage dans les domaines d'activité concernés et la casse des missions de service public assurées par eux.

On nous parle de lissage et de compensation, lissage de l'augmentation de nos cotisations afin la rendre supportable sur 15-20 ans en utilisant nos réserves qui ont été constituées pour payer les pensions, répondant à la nécessité d'adaptation de l'évolution de notre démographie. Qu'en adviendra il après la reforme ?

La compensation passerait par la baisse de notre CSG. Qui compensera ce manque à gagner pour l'état ?

Pourquoi cette triple peine ?

Peut-être parce que nous avons réussi là où les gouvernements successifs ont failli : nos régimes autonomes sont tous équilibrés, alors que le régime général est gravement déficitaire.

Peut-être parce que nous avons été prévoyants là où les gouvernements successifs ont procrastiné : nos régimes autonomes ont anticipé le choc démographique à venir, y compris en prenant des mesures contraignantes, là où les gouvernements successifs ont toujours reporté les réformes nécessaires.

Peut-être enfin parce que l’État se désintéresse de ces professions qui vous défendent, qui vous soignent, qui vous transportent.

Nous protégeons nos patients et nos clients, nous attendons la même chose de l’état.