SOS handicapés en grande précarité !

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SOS Handicapés en grande précarité !
 
Déclaration Universelle des droits de l’Homme de 1948- Article 25 
 
« Toute personne a le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que les services sociaux nécessaires ; elle a le droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. » 
 
Il est des gens dont on parle peu. Que l’on voit peu. Et dont on ignore tout des difficultés. Les personnes en situation de handicap sont de ceux-là. Parce qu’ils sont peu ? Non, parce qu’ils sont invisibles, tout simplement. Parce qu’ils manifestent peu leur mécontentement par manque de possibilités de le faire en raison de leur état ; parce qu’ils n’entrent pas dans les préoccupations des hommes politiques, pas même lors des campagnes électorales ; parce qu’ils ne peuvent apporter leur force de travail, et donc économique, à la société, ils ne suscitent donc pas l’intérêt de nombreux tiers ; parce que les médias ne leur accordent qu'une toute petite place pétrie de clichés.  
 
Pour ceux qui sont concernés, vous vous reconnaitrez sans peine dans ces revendications. Pour les autres, vous découvrirez à quel point il est compliqué d’être en situation de handicap et combien la précarité est un facteur de préoccupation aussi important que le handicap lui-même. N’hésitez pas à signer et à vous joindre à nous pour défendre les droits des plus faibles, souvent oubliés.  
 
 
Pour le droit au respect, à la dignité et à une vie décente, nous demandons : 
 
- Que l’AAH soit augmenté à hauteur du minimum pauvreté. 
 
Aujourd’hui, l’AAH complète est de 829 depuis Avril 2018 et passera à 900 € en Janvier 2019. Cependant, le seuil de pauvreté est de 1015 €. Les personnes en invalidité resteront donc de 100 € sous le seuil de pauvreté malgré l'augmentation ! Si le seuil de pauvreté a été décrété de ce montant, et ce alors même que l’INSEE démontre qu’une personne seule en bonne santé a besoin de 1400 € mensuels pour vivre correctement, c’est bien qu’il est prouvé qu’il est très difficile de vivre avec moins d’argent et totalement impossible de vivre correctement. 
De plus, la situation de handicap n’est pas une situation transitoire comme peut l’être le chômage mais bien, dans bon nombre de cas, une situation définitive. Des jours meilleurs ne nous attendent pas ! On nous maintient donc dans une grande précarité sans que cette situation ne soit une parenthèse désenchantée et sans possibilité de s’en sortir à un moment donné.  
De nombreuses personnes en situation de handicap doivent, en plus des dépenses habituelles, faire face à des dépenses mensuelles dues à leur handicap qui ne sont pas prises en charge même dans le cadre de leur ALD (Affection Longue Durée: 100% des frais de santé liés à l'ALD sont remboursés par la Sécu mais dans les faits, il reste en moyenne 40 € mensuels à charge et parfois bien plus). Il ne faut pas non plus oublier que le handicap exige en lui-même certaines conditions de logement qui rendent celui-ci plus coûteux : immeuble avec ascenseur (charges supplémentaires donc), logement proche des commerces/hôpitaux en centre-ville (plus de demandes = plus cher)…etc  entre autres dépenses nécessaires mais jugées "de confort".
 
 
- Que le salaire du conjoint n’entre plus DU TOUT dans le calcul de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH). 
 
Préambule de la Constitution de 1946 –Alinéa 11 
 
« Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler, a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. La solidarité familiale et la responsabilité individuelle ne sauraient donc en aucun cas se substituer, à elles seules, à la solidarité nationale. » 
 
Actuellement, l’AAH est dégressive en fonction du salaire de votre conjoint jusqu’à la  suppression totale à partir de 2 195 € de salaire mensuel, que vous soyez mariés ou non.  
Lorsque vous êtes titulaires d’une Allocation Adulte Handicapé, si vous vivez en couple, celle-ci est calculée en fonction du salaire du conjoint. Votre AAH commence à décroître dès lors que la personne avec qui vous vivez par amour (nul besoin d'être marié, pacsé, en concubinage pour ce faire et par ailleurs, le salaire d'un parent ou d'un colocataire n'entre, heureusement !, pas dans le calcul. Seul l'amour est soustrait...), gagne 1126 € mensuels pour finir par être totalement supprimée à partir d’un salaire de 2 195 € mensuels touché par votre conjoint. Vous êtes donc totalement dépendant de votre conjoint financièrement alors même que votre handicap est, lui, toujours bien présent, avec les dépenses qui vont avec et alors même que vous n’avez aucune possibilité de travailler et de subvenir à vos besoins. Cette indexation ne concerne que l'AAH (Allocation Adulte Handicapé) et pas la Pension Invalidité que perçoivent les personnes qui ont déjà travaillées et sont désormais en invalidité de catégorie 2. Contrairement à la Pension d'Invalidité, l'AAH est touchée par les personnes en situation de handicap qui n'ont jamais pu travailler, du fait de leur handicap. Elle concerne ainsi nombre de personnes handicapées dès l'enfance et ces personnes se trouvent comme sanctionnées par l'État de n'avoir jamais pu travailler en devenant tributaires de leur conjoint dès lors qu'elles rencontrent enfin l'amour ! (seuls 21% des personnes en situation de handicap (dans la globalité sur les 12 millions de personnes handicapées que compte la France) sont en couple ! C'est déjà compliqué...). Il est à noter par ailleurs que l'AAH ne peut être perçue qu'à partir de 20 ans, soit 2 ans après la majorité !

Outre l’humiliation qu’engendre cette dépendance à l’autre, cette suppression participe à la précarisation de la personne en situation de handicap.  
 
Et la perte d’autonomie financière peut avoir des conséquences dramatiques. On constate en effet que le pourcentage de femmes violentées en situation de handicap est nettement supérieur à la moyenne des femmes victimes de violences hors handicap jusqu’à atteindre 80% des femmes handicapées selon un rapport de l'ONU de 2012. Des violences psychologiques, physiques, des viols et de la prostitution forcée, détaille ce rapport, le plus souvent émanant des proches de la personne en situation de handicap. Ainsi, plus de 39 % des femmes en situation de handicap sont battues (et plus) par leur conjoint selon un rapport alarmant de l'ONDRP conjoint avec l'INSEE datant de juin 2016 (lien en dessous) ! Près de la moitié des femmes en situation de handicap vivant en couple sont des femmes battues !!! Et ce, en grande partie, à cause de décisions politiques… La dépendance financière partielle ou totale qui découle de l'indexation du calcul de l'AAH sur le salaire du conjoint est un facteur aggravant qui fait le terreau de situations dramatiques.
Cela s’explique entre autres choses par le fait qu’il y a un laps de temps très long entre chaque évaluation de situation.  
En résumé, et cela s’applique à toutes les situations (conjoint violent ou pas), vous vous retrouvez sans rien si vous quittez votre conjoint (ou êtes quitté) jusqu’à ce que votre dossier soit réévalué par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées qui décide de l’attribution ou non de ces aides). Comment vivre sans argent ?!  

A ce sujet, la MDPH du Nord a fermé en Février 2018 dans l'indifférence absolue laissant 7000 dossiers en attente. AUCUN média n'en a parlé !!!
 
Qu’est-ce qui justifie de calculer l’AAH en fonction du salaire du conjoint ??? Qui accepterait que son salaire soit calculé en fonction de celui de son compagnon/sa compagne ??? Certes l'AAH n'est pas un salaire mais elle se substitue à celui-ci lorsqu'une personne est en incapacité de travailler en raison d'un handicap.
 
L’Allocation Adulte Handicapé a ceci de particulier qu’elle est versée à des personnes qui sont dans l’impossibilité totale ou partielle d’exercer un travail et ceci sur une longue période voir la totalité de leur vie.  
Sur le million de personnes (1,6 millions précisément) qui perçoivent l’AAH, plus de 82% ne travaillent pas car ils n’en ont pas DU TOUT la possibilité. L’Allocation Adulte Handicapé est donc leur seul moyen de subsistance.  
La maladie/le handicap, très prégnant et/ou destructeur, empêche la personne en situation de handicap d’exercer une activité professionnelle quelle qu’elle soit. Cette allocation est belle et bien versée car la personne atteinte de ce handicap ne PEUT PAS travailler. L’allocation remplace donc le revenu et n’est donc pas une aide de transition comme l’est, par exemple, le RSA. L’AAH n’est donc pas, en ça, un minima social comme les autres mais d’avantage une pension de compensation.  

L'AAH, la Majoration pour la Vie Autonome et le Complément de ressource (ces deux derniers concernent 214 000 personnes en France) coûtent 8,6 milliards par an à l'État, soit bien moins que le cadeau fait aux multinationales par la suppression de l'impôts sur les sociétés qui devrait coûter à l'État plus de 11 milliards ! À ajouter aux 3,2 milliards minimum que coûtera la suppression de l'Impôt Sur la Fortune !

  Nous demandons aussi:


- Que le dossier d'obtention de l'AAH ne soit plus à renouveler aussi souvent pour les personnes dont le handicap n’est pas susceptible d’évoluer. 
 
Jusqu’ici, le dossier devait être soumis au maximum tous les 10 ans à la MDPH par la personne en situation de handicap afin de justifier de sa situation. Désormais, le maximum de temps accordé par la MDPH entre deux dossiers est de 5 ans. Il apparaît évidant que si vous êtes reconnu handicapé à 80% et plus, il y a peu de chance que votre situation évolue favorablement de telle sorte que votre handicap disparaisse ! Il vous est donc rajouté à votre handicap ce handicap administratif que constitue la confection du dossier de demande d’obtention de nouveaux droits pour percevoir votre Allocation Adulte Handicapé (là encore, la Pension d'Invalidité n'est pas concernée car attribuée jusqu'à l'âge de la retraite). Vous devez PROUVEZ que vous subissez toujours autant le courroux de votre maladie ou les conséquences de votre handicap. Hormis la pénibilité que représente ce tas de paperasse, l’inutilité aux vues de la non-évolution de situation pour beaucoup de bénéficiaires et les dépenses de gestion qui en découlent, cela n’est pas faire preuve de beaucoup de diplomatie que de remuer le couteau dans la plaie.  
 
Non seulement ne plus exiger de refaire le dossier aussi régulièrement fluidifierait le système mais ce serait aussi apporter un sentiment de sécurité pour les personnes lourdement handicapées. L’accord ou pas de l’AAH pèse comme une épée de Damoclès sur la tête des personnes déjà très touchées dans leur vie alors même que leur taux de handicap est énorme et ne tend pas à décroitre. L’accord final dépend de la commission et le dossier rempli par le médecin spécialiste qui vous suit ne pèse parfois pas autant que la logique le voudrait.  Nombre de personnes au RSA dépendraient en fait de l'AAH ou de la Pension d'Invalidité ! Si vous saviez à quel point...
  
 
- Que le seuil à partir duquel l’AAH décroît lorsque la personne en situation de handicap travaille soit relevé et que les pensions ne soient plus prises en compte dans le calcul. 
 
Evidemment, lorsqu’une personne est en mesure de travailler et d’obtenir par son travail des revenus suffisant à sa subsistance, personne ne niera que celle-ci n’a plus besoin d’une aide compensatoire. Mais le seuil à partir duquel l’AAH commence à décroître est bas, dans la mesure où la personne n’effectue, pour cette faible rémunération, évidemment pas un travail à temps complet, principalement parce que son handicap ne le lui permet pas. Ainsi, sa situation est précaire, son implantation dans la vie active fragile et peut varier, dans certains cas, à tout moment.  
Autre problème, et non des moindres, pour les personnes qui arrivent à travailler un tout petit peu, histoire de s’occuper plus que de gagner de l’argent: si elles touchent 131 € (et moins) mensuels et percevaient précédemment la majoration pour la vie autonome, elles perdent cette majoration en plus de la baisse de leur AAH et disposent donc de moins d’argent qu'avant !  
 
Aux diverses difficultés évoquées ci-dessus s'ajoute le fait que chaque fois que l’AAH est amputée d’une partie de la somme pour quelques raisons que ce soit, les personnes en situation de handicap qui la percevaient auparavant en totalité sont susceptibles de perdre également les droits qui y sont liés (complément de ressource, majoration pour la vie autonome) qui ne sont attribués qu’à la condition d’avoir l’AAH complète. 1€ d'AAH en mpins suffit à faire perdre ces droits ! Cela ne représente donc pas juste quelques euros mais bien une suppression drastique des moyens de subsistance, plongeant dans une plus grande précarité encore des personnes déjà fragiles.    

Les pensions alimentaires décrétées par le juge sont également prises en compte pour diminuer le montant de l’Allocation Adulte Handicapé du bénéficiaire. Qu’un juge ait décidé que l’on vous verse une pension, soit lorsque vous êtes enfant et que vos parents divorcent, soit lorsque vous êtes adulte et que c’est vous qui divorcez, ne devrait pas entrer en considération dans le calcul d’une Allocation Handicap dans la mesure où l’infirmité n’est en aucun cas liée à la situation difficile qui a amenée cette décision de la part du juge. Cette situation difficile se rajoute à celle déjà compliquée du handicap et ne l’annule pas ! Les deux se conjuguent donc ou plutôt s’additionnent devrais-je dire.  
 

En résumé : tout est un bon prétexte pour diminuer l’AAH déjà peu élevée et dont le montant, rappelons-le, se trouve 200 € sous le seuil de pauvreté ! (De 100€ sous le seuil de pauvreté à partir de janvier 2019, mais toujours bien en-dessous !)
 
C’est non seulement injuste mais qui plus est dérisoire en terme de gain pour l’Etat. 
 
Nous demandons donc plus de justice sociale, tout simplement !  
 
Mais si nous voulons nous faire entendre, il faut être nombreux à manifester en même temps notre mécontentement. Alors signez la pétition et partagez-là massivement s’il vous plait !!! Merci ! :-) 
Nul besoin d’être directement concerné pour ce faire, toute signature est bienvenue ! 
 
N’hésitez pas à partager vos histoires et difficultés liées en commentaires.  

 Numéro d'écoute pour les femmes en situation de handicap violentées lancé par l'association FDFA (Femmes pour le Dire Femmes pour Agir) : 01 40 47 06 06

http://fdfa.fr/6-mars-lancement-officiel-du-n-dappel-telephonique-ecoute-violences-femmes-handicapees/

Étude ONDR-INSEE de juin 2016 sur les femmes battues: 

https://m.centre-hubertine-auclert.fr/outil/elements-de-profil-des-hommes-et-des-femmes-de-18-75-ans-ayant-declare-avoir-ete-victimes-de



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