Petition updateSOS Démocratie en périlLa « doctrine Lallement » ou la conception illibérale de l’espace public (AOC)
Collectif INTER-ORGANISATIONNELFrance
Jun 1, 2022

Mercredi 1 juin 2022
Par Lucas Lévy-Lajeunesse, philosophe


Vivement critiqué pour sa gestion de la finale de la Ligue des champions samedi soir au Stade de France, le Préfet de police de Paris Didier Lallement réserve une place particulière aux Brigades de répression de l’action violente motorisées (BRAV-M) dans sa doctrine de maintien de l’ordre. Souvent comparées aux anciens « voltigeurs », responsables de la mort de Malik Oussekine, les BRAV-M sont effectivement animées par
une logique semblable, que l’on retrouve dans leurs interventions comme
dans la symbolique qui les accompagne, en cohérence avec l’imaginaire
liberticide qui se lit dans les prises de parole du Préfet Lallement.

Didier Lallement est vivement critiqué depuis samedi soir et la gestion de la finale de la Ligue des champions à Paris. Les interventions policières ont laissé sous le choc les supporters anglais et espagnols, qui ne connaissaient pas – à la différence des manifestants parisiens – la façon dont le préfet de police entend traiter l’espace public. Objet de polémiques et d’appels à la démission récurrents, Didier Lallement est notamment connu pour avoir créé, dès son arrivée à Paris en mars 2019, les BRAV (Brigades de répression de l’action violente), dont les BRAV-M (les BRAV motorisées), qui se sont illustrées samedi soir : ces policiers vêtus de noirs arrivent dans les manifestations par groupes sur de puissantes motos.

L’Observatoire parisien des libertés publiques (OPLP) a observé les
pratiques de maintien de l’ordre sur plus de soixante manifestations depuis mai 2019. Il en ressort le fait que la BRAV-M est détestée des
manifestants, qu’elle envenime les situations en usant de la violence de
manière insensée, et qu’elle cristallise à elle seule la plupart des caractéristiques qui font de la « doctrine Lallement » l’expression d’une conception illibérale de l’espace public[1].
La BRAV-M est pourtant emblématique de l’action du préfet, qui semble en être fier au point d’arborer l’écusson de cette unité sur son blouson
lors de sorties publiques. Elle est pourtant très décriée depuis sacréation, notamment à cause de sa ressemblance avec les voltigeurs, responsables de la mort de Malik Oussekine, en 1986. Que signifie alors
sa présence, depuis plus de trois ans, dans les manifestations ?
Pourquoi Didier Lallement, malgré les polémiques à répétition, est-il
maintenu en poste par le pouvoir exécutif ?
Les équipements, attitudes et positionnements donnent aux unités de
BRAV-M un « style » qui les distingue au premier coup d’œil d’autres
forces de l’ordre (FDO)[2] que l’on a l’habitude de voir sur la voie
publique.


La suite ici sur le site d'AOC.
https://aoc.media/opinion/2022/05/31/la-doctrine-lallement-ou-la-conception-illiberale-de-lespace-public/

 

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