Au début de mai, trois jeunes ont été contrôlés, puis placés en garde à
vue pour des faits d’outrage et de rébellion. Eux dénoncent, au contraire, des violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l’autorité publique et des actes de torture.
Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui
C’est la deuxième plainte dans cette affaire de violences policières
présumées. Elle a été déposée auprès du parquet d’Evry par l’un des
trois jeunes interpellés à Athis-Mons (Essonne) au début de mai. Une
affaire dans laquelle l’IGPN a été saisie, a appris l’Agence France Presse (AFP), samedi 21 mai, auprès de maître Arié Alimi, l’avocat du plaignant.
Dans la nuit du 9 au 10 mai à Athis-Mons, ville de la banlieue sud
parisienne, trois jeunes alcoolisés ont été contrôlés par des fonctionnaires, puis placés en garde à vue à Juvisy-sur-Orge pour des
faits d’outrage et de rébellion.
Selon la plainte déposée vendredi pour « violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l’autorité publique », le jeune homme de 22 ans dénonce des violences qui auraient été commises lors de l’arrestation et dit avoir été « balayé au niveau des jambes » et a reçu, au sol, « plusieurs coups de pied par les fonctionnaires de la BAC/[brigade anticriminalité] ». Toujours selon la plainte, déposée par Me Arié Alimi, il aurait également reçu « une vingtaine de coups de poing » au visage avant d’être conduit en garde à vue, où il aurait entendu les « hurlements » du premier jeune à avoir déposé plainte.
Lire l’éditorial :La confiance en la police suppose un contrôle
indépendant
https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/15/la-confiance-en-la-police-suppose-un-controle-independant_6094742_3232.html
Première plainte déposée dimanche
Une première plainte a déjà été déposée auprès de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des violences lors de cette garde à vue. Un jeune homme de 19 ans s’est vu prescrire quatre jours d’ITT (Incapacité totale de travail), écrivait Libération
https://www.liberation.fr/societe/police-justice/violences-policieres-un-homme-de-19-ans-denonce-des-actes-de-torture-subis-au-commissariat-de-juvisy-sur-orge-20220515_Q5HJHDXPOJBZJLVAGFHBF7LPBY/?redirected=1/le
15 mai. Il a déposé une plainte avec constitution de partie civilecontre X pour « actes de torture commis par personnes dépositaires del’autorité publique, en réunion, avec usage d’armes » et avec la circonstance aggravante du mobile raciste, auprès du doyen des juges d’instruction du tribunal d’Evry. Il dénonce des faits de violences au cours de sa garde à vue, comme « un très grand nombre de coups de poing assenés au visage » et « plusieurs coups de Taser au bras et à l’épaule gauche ».
« De 1986 à 2022, rien n’a changé », avait réagi dimanche Me Arié
Alimi, faisant référence à l’affaire Malik Oussekine, matraqué à mort
par des policiers. « On torture dans les commissariats de la République,
et on se le permet sur les Arabes parce que pour eux les Arabes sontdes sous-hommes », a-t-il lancé.
Lire l’enquête :Article réservé à nos abonnés« Je sais quand un collègue essaie de me la faire à l’envers » : cinq enquêteurs de l’IGPN racontent leur quotidien
https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/08/06/je-sais-quand-un-collegue-essaie-de-me-la-faire-a-l-envers-cinq-enqueteurs-de-l-igpn-racontent-leur-quotidien_6090671_3224.html
Le Monde avec AFP