Petition updateSOS Démocratie en périlL'armée israélienne détruit un immeuble abritant des médias à Gaza (Courrier international)
Collectif INTER-ORGANISATIONNELFrance
May 16, 2021

Conflit israélo-palestinien, l'armée israélienne détruit un immeuble abritant des médias à Gaza et Joseph Biden appelle Mahmoud Abbas

L’attaque contre les bureaux de l’agence d’Associated Press et d'al Jazeera, justifiée par la présence du Hamas dans l’immeuble, n’a pas fait de victime mais elle n’a pas échappé aux critiques, y compris aux Etats-Unis.

« Donnez-moi juste quinze minutes », a plaidé un journaliste d’Associated Press au téléphone avec un agent du renseignement israélien. Samedi 15 mai 2021, le journaliste a tenté d’obtenir un court délai afin de sauver des archives et du matériel avant le bombardement des bureaux de l’agence à Gaza, raconte al Jazeera.

Israël a prévenu les occupants de l’immeuble, l’un des plus hauts de l’enclave, environ une heure avant de l’attaquer. Le temps d’évacuer les équipes d’Associated Press et d’al Jazeera ainsi que les habitants de la soixantaine d’appartements du bâtiment. « Nous avons laissé l’ascenseur aux personnes âgées et aux enfants », explique Youmna al-Sayed, reporter free lance pour al Jazeera. Le bâtiment a été détruit comme prévu par un missile, sans faire de victime.

« Nous sommes choqués et horrifiés que les militaires israéliens aient ciblé et détruit l’immeuble hébergeant le bureau d’Associated Press et d’autres organisations », a commenté Gary Pruitt, le patron de l’agence dans un communiqué. « La décision de l’armée israélienne a provoqué une indignation internationale et la condamnation des défenseurs de la liberté de la presse », a écrit le Washington Post, citant Joel Simon, directeur du comité pour la protection des journalistes. Il y voit une volonté de perturber la couverture des souffrances humaines à Gaza.

Antonio Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), a rappelé que « toute attaque aveugle contre des structures médiatiques civiles viole le droit international et doit être évitée à tout prix. Je suis profondément perturbé par la destruction du gratte-ciel qui abritait plusieurs médias internationaux ».

Israël a justifié l’attaque par la présence de ressources militaires du Hamas dans le bâtiment. « Vous devez comprendre que Gaza est un terrain extrêmement compliqué », a déclaré à la presse le lieutenant Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée israélienne, « le Hamas fait tout son possible pour cacher son infrastructure militaire dans les infrastructures civiles ».

Al Jazeera note qu’il s’agit d’un argument classique dans ce genre de situation et que le porte-parole n’a fourni aucune preuve pour étayer ses propos. Le Washington Post souligne, de son côté, que, Vendredi 14 Mai 2021, Associated Press, par scepticisme, n’avait pas relayé des informations selon lesquelles l’armée israélienne s’apprêtait à entrer dans la bande de Gaza. L’armée israélienne, qui n’a finalement pas mené d’opérations au sol, a été accusée d’avoir volontairement trompé la presse étrangère. Les autorités ont avancé une confusion en interne, relève le quotidien américain.

Alors qu’Hady Amr, l’envoyé des Etats-Unis chargé d’aider à retrouver un calme durable, est arrivé samedi 15 mai 2021 dans la région après la pire semaine de violence à Gaza et en Israël depuis 2014, relève la British Broadcasting Corporation (BBC), Joseph Biden a appelé Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas. C’est la première fois qu’il a échangé avec son homologue palestinien dans son rôle de président.

Il a réitéré son fort soutien à Israël, indique Politico, tout en exprimant son inquiétude face au nombre de victimes civiles, cent cinquante morts du côté palestinien et une dizaine de morts dans le camp israélien depuis lundi 10 mai 2021.

Le New York Times observe d’ailleurs que des divisions au sein du Parti Démocrate sur la question israélo-palestinienne ont éclaté publiquement, accentuant la pression sur le locataire de la Maison Blanche. Le soutien indéfectible à Israël du Parti Démocrate est remis en cause par l’aile gauche du Parti Démocrate, le Moyen-Orient faisant écho à des problématiques américaines comme l’égalité raciale ou le traitement des migrants à la frontière mexicaine, précise le journal. Même le sénateur Bob Menendez, habituel défenseur d’Israël, a critiqué les frappes de l’armée israélienne.

Le Times of Israel s’est logiquement attardé sur l’intervention du premier ministre israélien, samedi 15 mai 2021 à la télévision. Benjamin Netanyahu a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas d’opération plus juste ou morale puisque le pays faisait face à une attaque totalement non-provoquée. Plus de deux mille trois cent roquettes ont été tirées contre Israël, mentionne le quotidien. « Vous savez et je sais qu’aucun pays ne tolérerait cela », a dit Benjamin Netanyahu, prévenant qu’il restait quelques jours de combat.

Mais le Jerusalem Post affirme que plusieurs haut-gradés invitent Benjamin Netanyahu et son ministre de la défense Benny Gantz à travailler sur un cessez-le-feu, écrivant que l’armée israélienne a atteint quasiment tous ses objectifs depuis le début de l’opération.

« L’opération pourrait aider Benjamin Netanyahu à atteindre son objectif vital qui est de rester au pouvoir », écrit le Wall Street Journal (WSJ). Il y a une semaine, ses opposants tentaient d’obtenir la formation d’un nouveau gouvernement. Les derniers jours de tension ont réduit l’effort à néant. « Benjamin Netanyahu a toujours prospéré dans un environnement d’incertitude, de chaos et de crise », explique au WSJ Mitchell Barack, spécialiste des sondages et directeur de Keevon Global Research.

Après les manifestations pour la Palestine dans le monde entier du samedi 15 mai 2021 avec quelques débordements à Londres, rapporte le Sun, à Berlin, comme le raconte le Welt, ou en France, la communauté internationale a rendez-vous à l’ONU, dimanche 16 mai 2021.

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit pour tenter de trouver une position commune sur le conflit alors que les Etats-Unis se sont retrouvés isolés au moment de défendre leur allié israélien, écrit le Guardian.

Les promesses de multilatéralisme et de défense des droits de l’homme formulées par l’administration de Joseph Biden semblent souffrir d’exceptions substantielles quand il s’agit d’Israël, poursuit le quotidien. Les Etats Unis ont par exemple été aux premières loges quand il a fallu faire honte à la Russie ou à la Chine dans des communiqués communs du Conseil de sécurité, mais ils ne montrent pas le même enthousiasme dans le cas d’Israël, conclut le Guardian.

https://www.courrierinternational.com/article/conflit-israelo-palestinien-tsahal-detruit-un-immeuble-abritant-des-medias-gaza-joe-biden

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