Médias détruits à Gaza, Reporters Sans Frontières (RSF) demande à la procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI) de déterminer si ces bombardements constituent des crimes de guerre
A la suite des bombardements d’une vingtaine de médias dans la bande de Gaza par les forces israéliennes, RSF appelle la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, à inclure les bombardements des médias dans son enquête sur la situation.
Depuis une semaine, les locaux de vingt trois médias locaux et internationaux ont été détruits par des frappes aériennes israéliennes ciblées. Les derniers bombardements en date ont détruit, samedi 15 mai 2021, les bureaux de l’agence de presse américaine Associated Press et de la chaîne qatarie al Jazeera. L’armée israélienne justifie ces frappes en expliquant que des équipements du Renseignement militaire du Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, se trouvaient dans les immeubles visés.
« Cibler volontairement des médias relève d’un crime de guerre », dénonce le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, « en détruisant intentionnellement des médias, l’armée israélienne n’inflige pas seulement des dégâts matériels inacceptables à des rédactions, elle entrave plus généralement la couverture médiatique d’un conflit qui affecte directement la population civile. RSF demande à la procureure de la CPI de déterminer si ces bombardements constituent des crimes de guerre ».
Les premiers bombardements contre des médias palestiniens ont eu lieu après une série de tirs du Hamas contre Israël et ils ont visé dans la nuit du mardi 11 mai au mercredi 12 m:ai 2021, la tour Jawhara, qui abrite les bureaux de quatorze médias à Gaza, dont le quotidien Palestine Daily News et la chaîne de télévision panarabe al Araby. Jeudi 13 mai 2021, la tour al Shorouk a été également détruite, ainsi que les sept médias qui s’y trouvaient, notamment le groupe de radio et de télévision d’al Aqsa. L'armée israélienne a assuré avoir ciblé des entrepôts d'armes du Hamas cachés dans des bâtiments civils.
Israël occupe la quatre vingt sixième place du classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2021.