Actualización de la peticiónSOS Démocratie en périlBiélorussie: un mois de répression
Collectif INTER-ORGANISATIONNELFrancia
11 sept 2020

Condamnation d'un leader de la grève et arrestation d'un militant de l'opposition en Biélorussie (Associated Press)
Les autorités biélorusses ont condamné Lundi 31 Août 2020 un organisateur de grève d'usine à une peine de prison et elles ont arrêté un militant de l'opposition de premier plan, dans le cadre d'un effort méthodique visant à étouffer des semaines de manifestations contre le dirigeant autoritaire du pays après les élections présidentielles du Dimanche 9 Août 2020, que l'opposition affirme avoir été truquées.

Le président Alexander Lukashenko, qui a dirigé le pays de neuf millions cinq cent mille personnes d'une main de fer pendant vingt-six ans, a déclaré que les manifestants étaient des marionnettes occidentales et il a rejeté les offres de médiation de l'Union Européenne. Après une répression féroce contre les manifestants dans les premiers jours après le scrutin présidentiel du Dimanche 9 Août 2020 qui a provoqué l'indignation internationale, son gouvernement a évité les violences à grande échelle contre les manifestants et il est passé aux menaces et à l'emprisonnement sélectif de militants pour endiguer les manifestations.

Anatoly Bokun, qui dirige le comité de grève de Belaruskali, une immense usine de potasse à Soligorsk, a été arrêté par la police Lundi 31 Août 2020 et il a été condamné à quinze jours de prison pour avoir organisé une manifestation non autorisée. L’usine, qui représente un cinquième de la production mondiale d’engrais potassiques, est la principale source de revenus du pays.

Le porte-parole du comité de grève de Belaruskali, Gleb Sandras, a déclaré que les autorités avaient réussi à mettre un terme à une grève à l'usine qui avait commencé il y a deux semaines et que toutes ses mines de potasse fonctionnent maintenant. Il a déclaré que des agents du comité de sécurité de l'état du Bélarus, qui porte encore le nom du KGB de l'époque soviétique, avaient fait pression contre les travailleurs pour qu'ils mettent fin à la grève.

« Les agents du KGB ont investi l'usine, traquant les travailleurs les plus actifs et utilisant divers moyens de pression », a déclaré Gleb Sandras à Associated Press, « les autorités disposent d'instruments économiques puissants. Ils font chanter les travailleurs avec des licenciements massifs ».

Les grèves à Belaruskali et dans de nombreuses autres grandes usines industrielles ont lancé un défi sans précédent à Alexandre Loukachenko, qui a gardé l'essentiel de l'économie entre les mains de l’état et qui comptait sur les cols bleus comme principale base de soutien.

Le vice-premier ministre biélorusse Yuri Nazarov a reconnu Lundi 31 Août 2020 que les grèves posaient un problème, mais il a déclaré que toutes les grandes usines industrielles avaient repris leurs activités normales.

La détention d’Anatoly Bokun fait suite aux arrestations des leaders des grèves de deux autres grandes usines industrielles de Minsk la semaine dernière. L'organisateur de la grève de Grodno Azot, un important producteur d'engrais azotés, s'est enfui en Pologne pour échapper à la détention.

Cherchant à endiguer les manifestations, les procureurs biélorusses ont ouvert une enquête pénale contre le Conseil de Coordination de l’Opposition (CCO) créé pour négocier une transition de pouvoir, accusant ses membres de porter atteinte à la sécurité du pays.

La semaine dernière, les tribunaux biélorusses ont condamné deux membres du CCO à des peines de dix jours de prison et ils ont convoqué plusieurs autres pour interrogatoire, dont Svetlana Alexievich, qui a obtenu le prix Nobel de littérature en 2015. Un autre membre du CCO, Lilia Vlasova, a été arrêté, Lundi 31 Août 2020.

« C'est la réponse du gouvernement à nos actions pacifiques et à nos offres de dialogue », a déclaré Maria Kolesnikova, membre du CCO, à Associated Press, « cela signifie que les manifestations vont s'intensifier ».

Lundi 31 Août 2020, Alexandre Loukachenko a ordonné le renvoi de l'ambassadeur de Biélorussie en Espagne, Pavel Pustavy, qui, dans un message Facebook, avait appelé à un recomptage des voix des élections présidentielles et qui avait critiqué le passage à tabac de manifestants pacifiques. La Biélorussie avait précédemment renvoyé ses ambassadeurs en Slovaquie et en Inde pour avoir exprimé leur soutien aux manifestants.

Les autorités biélorusses ont également refusé Lundi 31 Août 2020 l'entrée en Biélorussie de Tadeusz Kondrusiewicz, archevêque de Minsk et Mohilev, âgé de soixante-quatorze ans, le faisant attendre des heures à la frontière avant de le renvoyer en Pologne. La semaine dernière, Tadeusz Kondrusiewicz avait vivement critiqué la police biélorusse.

Les États-Unis et l'Union Européenne ont critiqué les élections présidentielles du Dimanche 9 Août 2020 qui ont prolongé le pouvoir d’Alexandre Loukachenko comme n'étant ni libres ni équitables et ont exhorté les autorités bélarussiennes à parler avec l'opposition, des appels que le dirigeant de soixante-six ans a rejetés.

Lundi 31 Août 2020, les membres baltes de l’Union Européenne, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie, ont imposé des sanctions de voyage contre une trentaine de hauts responsables biélorusses, dont Alexandre Loukachenko. Les ministres des affaires étrangères de l'Union Européenne préparent leurs propres sanctions contre une vingtaine de hauts responsables biélorusses soupçonnés de fraude électorale et de violente répression contre les manifestants.

Le porte-parole du ministère biélorusse des affaires étrangères, Anatoly Glaz, a averti que Minsk exercerait des représailles. La semaine dernière, Alexandre Loukachenko a menacé de répondre en réorientant le flux des importations biélorusses dans les ports lituaniens et en bloquant le transit des marchandises européennes à travers la Biélorussie.

Outre les manifestations quotidiennes, l'opposition a organisé un autre rassemblement massif, Dimanche 30 Août 2020, qui a vu environ cent mille personnes envahir les rues de Minsk au milieu d'une forte présence policière.

Le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel, Steffen Seibert, a salué le courage des manifestants et il a exhorté Lundi 31 Août 2020 le président Alexandre Loukachenko à reconnaître la réalité du pays, « il faut un dialogue ouvert entre les dirigeants, les forces d'opposition et l'ensemble de la société biélorusse, pour une solution pacifique », a-t-il dit.

Pourtant, Lundi 31 Août 2020, Loukachenko a rejeté catégoriquement les efforts de l'opposition pour restaurer la constitution antérieure du pays, qui prévoyait de larges pouvoirs parlementaires.

La répression féroce contre des manifestants pacifiques après les élections présidentielles a fait près de sept mille arrestations, des centaines de blessés par des balles en caoutchouc de la police, des grenades assourdissantes et des passages à tabac, et au moins trois morts. La police a ensuite laissé les manifestations se dérouler sans entrave pendant les deux semaines suivantes, mais la semaine dernière a encore augmenté la pression contre les manifestants.

Au cours du week-end du Samedi 29 Août et du Dimanche 30 Août 2020, le gouvernement biélorusse a également sévèrement réprimé les médias d'information, expulsant certains journalistes étrangers et révoquant l'accréditation de nombreux journalistes biélorusses. Deux journalistes d'Associated Press basés à Moscou couvrant les manifestations en Biélorussie ont été expulsés en Russie, Samedi 29 Août 2020. En outre, les journalistes bélarussiens d’Associated Press ont été informés que leurs accréditations de presse avaient été révoquées.

L’association bélarussienne des journalistes a déclaré que les droits d’accréditation avaient également été retirés à dix-sept biélorusses travaillant pour d’autres médias, dont la télévision allemande ARD, la British Broadcasting Corporation (BBC), Reuters et l’Agence France Presse (AFP). La radio Free Europe Radio Liberty, financée par les États-Unis, a vu cinq journalistes perdre leur accréditation.

Les États-Unis et l'Union Européenne ont fermement condamné la répression du gouvernement biélorusse contre les médias.

https://www.houstonchronicle.com/business/article/Strike-leader-detained-in-Belarus-as-crackdown-15526792.php

http://www.fischer02003.over-blog.com/2020/09/un-mois-de-repression-en-bielorussie.html

 

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